vendredi 20 janvier 2023

Genre et développement en Afrique

Genre et développement en Afrique


Genre et développement en Afrique

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Introduction et présentation du cours

Le présent cours met en évidence certains éléments fondamentaux susceptibles permettant l’appropriation des différentes notions relatives au genre et développement. L’ensemble de cette unité va nous familiariser avec les notions telles que : genre, égalité, équité développement et développement durable. Le cours focalise son attention sur l’intégration de l’approche genre et développement aux sein des politiques de développement. C’est-à-dire mobiliser toutes les notions fondamentales avec l’approche genre afin de l’intégrer d’une façon systématique dans toutes les étapes d’un projet de développement.

Le cours ici présent est formé de quatre chapitres à caractère interactif et évolutif. Chacun de ses chapitres est une entité complète en elle-même et constitue cependant un pré-requis pour la compréhension et l’utilisation adéquate de la part des étudiants et déroule suivant l’approche interactionniste. 

Plan du cours

Les quatre chapitres qui encadre le présent cours sont les suivants :

1.     Théorie du genre et de l‘équité : les principes de base

2.     Approche genre et développement

3.   Genre, équité et développement en Afrique

4.     Intégration de la dimension genre à la lutte contre la pauvreté, objectifs du millénaire pour le développement et participation de la femme dans les instances de décision et d’intervention


 

CHAP. I. THEORIE DU GENRE ET DE L‘EQUITE : LES PRINCIPES DE BASE

1.    Différence entre le genre et le sexe

Le « genre » (issu de l’anglais gender) est un concept sociologique, utilisé dans une acception différente de la grammaire. Il se traduit en français par : « rapports sociaux des sexes » ou encore « rapports socialement et culturellement construits entre femmes et hommes ». Lorsqu’on parle de genre, on parle du sexe social, construit socialement par la socialisation, et qui induit certains comportements ou certaines attitudes. Le genre est une notion qui fait référence à une construction politique et sociale de la différence des sexes. Il est interactif et transversal, il opère dans toutes les sphères de la société. Autrement dit, le genre renvoie à la classification sociale et culturelle entre masculin et féminin.

 Le concept de genre sous-entend que le rapport entre femme et homme est construit par l’ensemble du processus de socialisation. Pour reprendre Simone de Beauvoir, on ne nait pas femme, on le devient, de même on ne nait pas homme. Mais on le devient par l’ensemble du processus de socialisation familiale, scolaire, professionnelle. Le genre permet d’analyser les choses en mettant en évidence que les rapports entre femme et homme sont des rapports sociaux, ils sont fruit d’une construction sociale, ils ne sont pas naturels. Ainsi, les différences systématiques entre femmes et hommes ne sont-elles pas le produit d’un déterminisme biologique, mais bien d’une construction sociale.

Les rapports sociaux de sexe s’expriment à travers la division du travail. Cette division prend deux formes : la séparation et la hiérarchisation. En effet, si les travaux féminins et masculins semblent séparés dans toutes les sociétés, ce ne sont pas partout les mêmes. En revanche, l’anthropologue Margaret Mead le faisait déjà remarquer en 1948 : quels que soient ces travaux, seuls les travaux masculins sont valorisés. Le travail domestique souvent invisible, est l’une des formes sexuelles du travail, rencontrée cependant aussi dans le monde professionnel. 

Le genre renvoie aux catégories sociales (féminin et masculin) et non aux catégories sexuelles (hommes et femmes). Les relations de genre sont dynamiques et non pas fixes, elles sont variables et peuvent se transformer, évoluer, s’inscrire dans le changement social. Mais le terme de genre se réfère aux différences sociales et aux relations sociales entre les hommes et les femmes. Celles-ci sont apprises et varient considérablement d’une société, d’une culture et d’une époque à l’autre.

 

Cependant, le « sexe » est l’ensemble des caractéristiques biologiques, héréditaires et génétiques qui organisent les individus en deux catégories : mâle et femelle. Le sexe fait référence aux différences anatomiques et biologiques entre hommes et femmes, mâles et femelles. Ainsi, lorsqu’on parle du sexe, il s’agit du sexe biologique. Ce qui différencie au niveau biologique le mâle de la femelle (chromosomes, anatomie).

 

 En résume, le sexe renvoie à la distinction biologique entre mâles et femelles, tandis que le genre renvoie à la distinction culturelle entre les rôles sociaux, les attributs psychologiques et les identités des hommes et des femmes. Le premier est une donnée invariante, le second est contingent et peut être modifie par l’action politique.  Le genre se réfère aux rôles et responsabilités des femmes et des hommes que construit la société au sein d’une culture ou dans un espace donnent. Les rapports sociaux de sexe s’expriment à travers la division du travail. Cette division prend deux formes : la séparation et la hiérarchisation. En effet, si les travaux féminins et masculins semblent séparés dans toutes les sociétés, ce ne sont pas partout les mêmes. En revanche, l’anthropologue Margaret Mead le faisait déjà remarquer en 1948 : quels que soient ces travaux, seuls les travaux masculins sont valorisés. Le travail domestique, souvent invisible, est l’une des formes de cette division sexuelle du travail, rencontrée cependant aussi dans le monde professionnel. Le genre renvoie aux catégories sociales (féminin et masculin) et non aux catégories sexuelles (hommes et femmes). Les relations de genre sont dynamiques et non pas fixes, elles sont variables et peuvent se transformer, évoluer, s’inscrire dans le changement social.

Il est important de retenir que l’emploi du concept de genre désigne les relations sociales entre les sexes. C’est la construction sociale et culturelle de ces relations qui est à la base des inégalités et de l’iniquité dans nos sociétés.

 

1.1. Les différentes approches du genre

1.2.1. Egalite femme – homme

L’égalité des genres, ou l’égalité entre hommes et femmes, recouvre la notion selon laquelle tous les êtres humains, hommes et femmes, sont libres de développer leurs aptitudes personnelles et de faire leurs propres choix, sans qu’ils ne soient brides par les stéréotypes, la division rigide des rôles et les préjuges. Ce qui signifie que les comportements, les aspirations et les besoins différents des hommes et des femmes sont, de manière égale, pris en compte, valorisés et encouragés. Cela ne signifie pas que les hommes et les femmes doivent devenir identiques, mais que leurs droits, leurs responsabilités et leurs chances ne dépendront plus du fait d’être né de l’un ou l’autre sexe. Concrètement parler de l’Egalite signifie assurer l’accès et des hommes aux mêmes chances, droits, occasions de choisir, conditions matérielles par exemples, même accès aux soins médicaux, partage des ressources économiques mêmes participation à l’exercices du pouvoir politique tout en respectant leurs spécificités.

 

1.2. Exemples de manifestation d’inégalité dans nos sociétés

Ø  Restrictions des libertés et des droits fondamentaux :

La société attribue généralement plus de libertés aux hommes qu’aux femmes. Dans de nombreux pays, les femmes doivent demander la permission à leur époux, compagnon ou frères aînés avant de sortir de la maison, ou d’entreprendre une activité économique. Dans le cas contraire, leurs entreprises sont tout simplement confisquées et leurs libertés limitées, la pire des conséquences étant les « crimes d’honneur ».

Pour la plupart des pays africains, les femmes n’ont pas droit à la propriété, plutôt, elles sont plutôt considérées comme un bien qui appartient à leur famille d’abord, puis à celle de leur mari ensuite.  Les femmes sont souvent considérées moins aptes à prendre des décisions et à occuper des postes à responsabilités. L’investissement dans l’éducation des filles et celle des garçons n’est pas équivalent sous-prétexte que les filles n’ont pas besoin d’instruction puisque adultes, elles resteront au foyer.

Ø  Non reconnaissance et sous-évaluation du travail féminin :

Le travail de la femme, parce qu’il se déroule en majorité dans le cadre domestique, n’est pas reconnu à sa juste valeur dans nos sociétés. On peut schématiquement diviser le travail des femmes en trois fonctions ; reproductive, productive et communautaire :

 

·       Le travail reproductif comprend les activités liées à la reproduction biologique : faire des enfants, s’occuper de la famille et prendre en charge toutes les tâches d’éducation, d’alimentation et de santé.

·       Le travail communautaire regroupe toutes les activités qui se réalisent dans la communauté. Il permet d’assurer la défense et l’amélioration des conditions de vie, ainsi que l’organisation communautaire.

·       Le travail productif comprend les activités générant des revenus financiers, des biens ou des services. Ces bénéfices sont utilisés pour la consommation propre, familiale ou réinjectés dans un commerce.

 

Exemple d’une typologie d’inégalités :

·       Inégalités économiques

·         Inégalité monétaire : différences de revenu ou de consommation (en dépit de l’intitulé, cette catégorie inclut aussi les revenus non-monétaires qui représentent un volume considérable dans les pays en développement)

·         Inégalité des conditions de vie : différences dans les possibilités d’accéder aux services collectifs et de satisfaire des besoins considérés comme essentiels (alimentation, logement, santé, éducation, etc.)

 

·         Inégalité des capacités : différences dans les moyens disponibles dont les équipements et infrastructures, les actifs financiers, l’état sanitaire et le niveau d’éducation (repris sous le terme de capital humain), la disponibilité en temps (« capital-temps »), l’adhésion à des réseaux sociaux (capital social), etc. Ce type d’inégalité traduit une inégalité des chances


·         Inégalité sociale : différences liées à des aspects sociaux (exemple : marginalisation des veuves)

·         Inégalité culturelle : différences liées à des aspects culturels (exemple : asymétrie des droits et obligations du mariage) Ces deux types d’inégalité traduisent des formes d’exclusion, il n’est donc pas facile d’opérer des distinctions. Le même phénomène peut avoir des origines diverses selon le contexte (plutôt culturel ou plutôt social).

·         Inégalité politique : différences dans les possibilités de prendre des décisions de manière autonome et de participer aux prises de décision collective

·         Inégalité d’éthique : différences dans les normes morales qui ne s’appliquent pas de manière identique aux femmes et aux hommes

Tous ces types d’inégalités se trouvent aggravés pour les femmes, à des degrés très variable en fonction de chaque société, voire à l’intérieur de chaque société en fonction de la classe, l’ethnie, l’âge, etc. des femmes en question.

Si l’égalité existe de façon formelle dans le principe, elle est loin d’être acquise dans les faits. L’égalité de jure (de droits) ne mène pas automatiquement à une égalité de facto (de fait) - d’où la nécessité de mettre en œuvre des démarches d’équité (cf. ci-dessous).

L’objectif d’égalité suppose la mise en œuvre de politiques en faveur de "l’égalité des   chances" entre les femmes et les hommes. L’égalité des chances doit permettre aux femmes et aux hommes de bénéficier des mêmes conditions pour avoir un accès égal aux mêmes ressources (vie quotidienne, familiale, marché de l’emploi, responsabilités politiques, etc.). Plus que de "chance", il faudrait parler d’égalité des opportunités.

Exemple. L’égalité professionnelle est le fait pour les femmes et les hommes d’avoir les mêmes droits et avantages en matière d’accès à l’emploi, d’accès à la formation professionnelle, de qualification, de classification, de promotion et de conditions de travail. Ainsi l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes est obligatoire pour un même travail ou un travail de valeur égal.

 

 

1.3. Equité femme – homme

L’équité des genres signifie qu’un traitement impartial doit être accordé aux hommes et aux femmes, en fonction de leurs besoins respectifs. Ce traitement peut être identique ou différent, mais il doit être équivalent en termes de droits, d’avantages, d’obligations et de possibilités.

L’équité représente l’idée de ‘ce qui est juste’. Sa démarche vise à corriger des inégalités de départ pour arriver à l’équivalence des chances (ou opportunités) entre femmes et hommes, en tenant compte de leurs besoins et intérêts spécifiques. Pour des raisons historiques, sociales ou biologiques, ces besoins et intérêts peuvent s’exprimer de façon différente.

Équité : Notion de la justice naturelle dans l’appréciation de ce qui est dû à chacune. On parle donc d’une conception de la justice naturelle qui n’existe pas dans les lois en vigueur. Cette notion exigerait qu’on traite de la même manière celles et ceux qui sont semblables, et de manière différente celles et ceux qui sont différents, ce au nom de la justice. Notion ambiguë qui renvoie à un monde hiérarchisé l’on recherche l’amélioration des conditions et non leur transformation. C’est au nom de l’équité que l’on demande la parité, l’égalité des salaires pour un travail de valeur égal.

1.4. Parité femme – homme

La parité signifie que chaque sexe est représenté à égalité. C’est un instrument au service de l’égalité. La parité est souvent une condition nécessaire de l’égalité, mais non suffisante. Ainsi, une assemblée peut être paritaire, mais si les hommes occupent toutes les fonctions de décision et les femmes celles d’exécution, elle ne sera pas égalitaire. C’est le cas dans beaucoup de gouvernements ou de parlement les femmes restent cantonnées à des délégations ou des commissions traditionnellement affectées à leur "genre" : famille, enfances, affaires sociales...

Parité entre femmes et hommes : Représentation égale de femmes et d’hommes dans les structures de l’État, en particulier dans les institutions élues. On parle alors de démocratie paritaire.

 

 

 

2.  Evolution du concept genre

2.1. Classification du féminisme par courant politique

2.1.1. L’histoire du féminisme, évolution vers le concept genre

              Qu’est- ce que le féminisme ?

Selon le dictionnaire, le féminisme « est une doctrine fondée sur l’égalité des sexes ». Les objectifs du féminisme sont les suivants.

·     La défense des intérêts des femmes dans la société ;

·     Amélioration et extension de leurs droits ;

·     La fin de l’oppression et des discriminations dont les femmes sont   victimes au quotidien ;

·     Leur émancipation.

La théorie féministe met au centre de ses préoccupations la distribution du pouvoir et des ressources entre hommes et femmes et les images et symboles associés aux deux sexes et à leurs relations. Elle met en question la séparation entre famille et travail ou entre domaine privé et domaine public qui fonda l’approche structuro- fonctionnaliste des rôles sexuels. Elle considère le genre comme une dimension fondamentale de toute organisation, au même titre que la classe, et comme une catégorie construite socialement aussi bien sur le lieu de travail, dans la famille, à l’école que dans les sphères économiques, politiques et culturelles (R. Boudhon et al, 2003). Seulement, toutes les féministes ne formulent pas la même critique, selon qu’elles insistent sur les normes sociales qui gouvernent différemment chaque rôle de sexe, ou selon qu’elles vont plus loin en montrant aussi comment ces rôles s’articulent hiérarchiquement. C’est ainsi qu’on peut distinguer plusieurs courants du féminisme.

-          Egalitarisme : il s’agit de rendre la femme en toute égale a l’homme en terme de rôle social, avec pour conséquence la déconstruction de la différence anthropologique entre les sexes.

-          Dualisme : ce féminisme reconnait, dans une certaine mesure, la spécificité féminine mais il dialectise l’homme contre la femme

-          Libéralisme : les féministes libérales ont cherché à s’accaparer de plus de pouvoirs sociopolitique et économique en y accordant une valeur absolue.

-          Marxisme, socialisme : les féministes socialistes ont mené une lutte de sexe pour libérer la femme de l’oppression masculine à travers le travail et l’acquisition du pouvoir économique féminin.

-          Eco-féminisme : elles sont généralement pour la stabilisation démographique dans un but écologique.

-          Protectionnisme : ces féministes se rencontrent sur l’acquisition de protection légale pour les femmes par exemple dans le domaine du divorce.

-          Postmodernité : le courant féministe post- moderne actuel postule que tout est construction sociale et il nie que les mots homme, femme, mariage, identité aient un contenu claire et stable.

Les vagues féministes allant de la fin du IX eme siècle à aujourd’hui.  

 

Période

Thèmes principaux / revendications / stratégies d'action

Résultats / Droits obtenus

 

 

Période Pré- féministe

1789-1830

Droits des femmes et de la citoyenne.

 

Émancipation par la formation et l’éducation.

La suppression des associations féministes (1794) ainsi que la répression des associations présocialistes (Les Saint Simoniens) et l’adoption du code civil napoléonien freinent pour longtemps toute

acquisition des droits pour les filles et les femmes adultes.

 

 

Première vague

Fin 19ième et 20ième siècle

Égalité des droits civils, économiques et des droits politiques.

 

Lutte pour l’accès des femmes à toutes les sphères de la société et pour la représentation des femmes.

Égalité civile, égalité de l’homme et de la femme dans le mariage, dans l’éducation.

 

Égalité des droits politiques : droit de vote et éligibilité.

 

Égalité salariale et égalité dans la profession.

 

 

Deuxième vague

Le néo-féminisme débute après 1968, en

France, dans les années 70’

L’autonomie est le mot clé de cette période.

 

Auto-organisation et indépendance politiques, sociales et économiques, refus de la représentation politique : la démocratie est une production patriarcale, il faut refonder la démocratie autrement, en incluant les femmes.

Droit à l’avortement, droit à la contraception.

 

Reconnaissance de la violence dans la sphère privée (exprimée notamment par le slogan de

mai 68 : Le privé est politique)

 

Le modèle familial éclate : reconnaissance d'autres modes de vie pour les femmes (le célibat, la cohabitation, les lesbiennes).

 

 

 

 

 

Libération sexuelle et individuelle.

Mise en évidence de la double journée : une discrimination injustifiable qui a de grandes

conséquences.

 

 

Troisième vague

Depuis les années 80

Reconnaissance de l'existence

d'une violence d'État, notamment à travers la tolérance des États

pour les violences privées.

Reconnaissance spécifique du droit des femmes au travers des droits de l'homme (que l'on devrait voir systématiquement appelés

droits humains puisque le mot existe).

 

 

 

 

 

Développement du concept d'empowermentet de genre.

La mondialisation, les rapports nord/sud élaborent des concepts qui intègrent les femmes comme agents de développement

prioritaire.

 

 

 

3. DU courant féminisme au concept genre

1.     Décennie des femmes (1975-1986)

La décennie 1970 a été importante pour les femmes. C’est pendant cette période que les femmes s’organisent en mouvement, partout à travers le monde. Le milieu du développement international n’échappe pas a l’influence croissant du mouvement féministe. La préoccupation des femmes dans le développement apparaît pour une première fois comme une préoccupation mondiale avec la proclamation en 1975, de l’Année internationale des femmes, et du déroulement de la première Conférence internationale des femmes à Mexico. Celle-ci a été suivie de la proclamation de la Décennie internationale des femmes (1976-1985).

Cette approche découle des travaux d’une économiste, Ester Boserup, qui, dans un ouvrage qui fait date, Women’sRole in EconomicDevelopment (1970), a expliqué qu’on méconnaissait les contributions des femmes et que le développement en souffrait. Il s’agissait de rendre le développement plus efficace et plus réel en faisant participer les femmes aux processus existants de développement.

Au cours des années soixante-dix, les Nations Unies abandonnent leurs stratégies basées sur la modernisation des économies du tiers-monde. Ils réalisent que            « l’oubli » des femmes pourrait être à l’origine de leur échec. Ils voient dans l’engagement des femmes une façon de mettre en œuvre de nouvelles stratégies de développement (St-Hilaire, C. dans Relais-Femmes, 1997).

L’amélioration de la productivité des femmes devient alors un des buts du développement traditionnel. En 1976, les Nations Unies créent un Fond de développement réservé aux femmes (UNIFEM), afin de permettre aux femmes l’accès aux grandes conventions et conférences internationales. C’est à partir de cette période que le féminisme au Sud a pris son vol. Depuis la Décennie internationale des femmes, on considère, face à la pauvreté des femmes, que l’exclusion de celles-ci du processus de développement constitue un véritable problème. Diverses approches sont alors apparues pour tenter de remédier au problème. L’approche de « l’intégration des femmes dans le développement » (IFD), comme son nom l’indique, vise à intégrer les femmes au processus de développement, sans pour autant remettre en question le modèle de développement dans lequel on voulait les intégrer. Cette approche est liée à « l’approche anti- pauvreté » qui, reconnaissant le rôle de production des femmes, vise à améliorer leurs conditions de vie à travers de petits projets générateurs de revenus, en lien avec leur rôle traditionnel. Désormais, la formation en matière de genre et l’analyse de la problématique hommes-femmes sont considérés comme des outils indispensables du développement.

 


 

CHP. II. APPROCHE GENRE ET DEVELOPPEMENT

Durant les années 1980, apparaît une deuxième approche, celle du genre et du développement (GED) ou « Gender and Development » (GAD).   Elle se focalise sur les relations entre les hommes et les femmes comme objet, sur les relations inégales comme problème, sur le développement soutenable et équitable comme objectif et sur le pouvoir des groupes désavantagés (avec un accent sur les besoins stratégiques du genre) (Moser, 1993 ; Razavi et Miller, 1995).

 

1.   L’approche Genre Et Développement comporte quatre principes

1)    La remise en cause biologique : ce principe postule sur le rapport entre les sexes sont des rapports socialement construits, c’est-à-dire établis par les humains et peuvent, de ce fait, être charge pour le bien entre des femmes et des hommes. Les rôles et les relations sociaux de sexe sont déterminants. Chaque personne se comporte selon ce que la société attend elle en fonction de son âge et de son sexe.

2)    L’Egalite de sexe/ équité entre les femmes et les HOMMES : hommes et femmes doivent jouir équitablement des fruits du développement. Ce principe vise à donner de chance égale aux hommes et aux femmes bénéficiant d’un projet ou d’une activité.

3)    La participation de tous, homme comme femme a la prise de décision ou POUVOIR : Ce principe énonce et critique que les relations de pouvoir inégalent entre homme et femme constitue un frein au développement des différentes sociétés. L’approche GED ne vise pas seulement à dénoncer et à transformer les inégalités basées sur le sexe, elle s’attaque également à d’autres inégalités fondées sur la culture, la race, l’ethnie, etc.

L’approche GED distingue quatre types de pouvoir :

1.     Le pouvoir sur : source de divergences, de conflits et d’intérêts entre deux x ou plusieurs acteurs. C’est relation dans laquelle chacun des acteurs va chercher à maximiser sa marque de manœuvre et minimiser celle de l’autre ou des autres. Il est l’enjeu de stratégies de personnes ou groupes de personnes dans des positions sociales inégales.

2.    Le pouvoir avec : fait appel aux compétences d’une tierce personne c’est-à-dire des personnes qui s’unissent pour une cause sans nature, s’exprime bien par l’adage UNION FAIT LA FORCE.

3.     Le pouvoir de : C’est la capacité de comprendre, de faire, de créer, de réagir. Il rend apte à faire face aux différentes situations rencontrées en société.

4.     Le pouvoir intérieur : Il est d’ordre spirituel et développe l’esprit de soi et des autres

 

 

4)  La TRANSVERSALITE : principe qui considère que la problématique des rapports sociaux de sexe (rapport homme/femme) intervient dans tous les domaines, tous les secteurs et concerne les catégories sociales.

2. La Conférence mondiale sur les femmes (Pékin, 1995)

La quatrième Conférence mondiale sur les femmes, qui a eu lieu à Pékin en septembre 1995, s’est attachée à élaborer un nouveau programme d’action afin de réaliser ou d’approfondir les objectifs fixés depuis 1975. Une importante mobilisation de certains gouvernements et des organisations de la société civile a permis des acquis essentiels.

Véritable charte refondatrice des droits des femmes, la Déclaration de Pékin consolide et précise le travail engagé vingt ans plus tôt. Les gouvernements reconnaissent que « l’égalité des droits, des chances et de l’accès aux ressources, le partage égal des responsabilités familiales et un partenariat harmonieux entre les femmes et les hommes sont essentiels à leur bien-être et à celui de leurs familles ainsi qu’à l’affermissement de la démocratie ». La Conférence de Pékin proclame que l’égalité entre les femmes et les hommes est une condition essentielle du développement durable, de la paix et de la démocratie.

Douze objectifs stratégiques sont identifiés, qui requièrent des actions spécifiques des gouvernements.

Souvent appelé aussi « Plateforme de Pékin », le Programme d’action, adopté à l’unanimité les189 Etats présents, définit douze domaines prioritaires d’intervention, qui se déclinent en un ensemble d’objectifs stratégiques et de mesures à prendre.

1.     Lutter contre la pauvreté croissante des femmes.

2.     Favoriser l’égal accès à l’éducation et à la formation.

3.     Favoriser l’égal accès aux soins et aux services sanitaires.

4.     Lutter contre la violence à l’égard des femmes.

5.     Combattre les effets des conflits armés sur les femmes.

6.     Promouvoir l’égalité au sein des structures et des politiques économiques, l’égal accès à toutes les formes d’activité de production et aux ressources.

7.   Encourager le partage du pouvoir et la prise de décision.

8.     Promouvoir les mécanismes de promotion de la femme.

9.     Assurer le respect des droits fondamentaux des femmes et les carences de la promotion et de la protection de ces droits.

10.  Lutter contre l’image stéréotypée de la femme et l’inégalité d’accès et de participation des femmes dans la communication (notamment les médias).

11.  Favoriser l’égal accès à la gestion des ressources naturelles et à la préservation de l’environnement.

12.  Abolir la discrimination à l’égard des petites filles et les violations de leurs droits fondamentaux

 

 

 

Si certains de ces objectifs par exemple en faveur de la santé de la reproduction ou de la lutte contre les violences faites aux femmes - font l’objet de controverses dans leur formulation et/ou dans leur contenu idéologique, le Programme d’action adopté à Pékin constitue toutefois un progrès fondamental dans la mesure où il met en avant l’importance de l’égalité des genres dans le processus de développement.

Ce Programme devient alors un cadre de référence, tant pour l’action gouvernementale nationale, que pour celle des organisations de la société civile et des partenaires du développement. Pour la première fois, les signataires s’engagent à inclure effectivement l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines de leur action gouvernementale. L’approche intégrée ou transversale de

L’égalité des genres consiste à reconnaître qu’en raison de facteurs historiquement et socialement construits, les femmes et les hommes ont des besoins et des priorités différentes, qu’ils et elles font face à des contraintes différentes et qu’en raison de facteurs sociaux, économiques, culturels, leurs aspirations et contributions au développement ne s’expriment pas automatiquement de la même façon. Or, cette prise en compte transversale des relations entre femmes et hommes ne doit pas exclure le renforcement des appuis spécifiques en direction des femmes.

 

3. OMD comme cadre de référence international en 2000

En continuité de l’approche GED et après la Plateforme de Pékin, la question de l’égalité des genres est intégrée à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). En l’an 2000, lors du Sommet du Millénaire, l’Organisation des Nations Unies et ses États membres ont adopté huit grandes orientations pour l’élimination de l’extrême pauvreté dans le monde. Ces OMD sont liés à des cibles à atteindre dans un délai précis, soit quinze ans. Les cibles permettent de mesurer les progrès dans la lutte contre la pauvreté. Ces progrès sont évalués du point de vue de la diminution de la famine et de la mortalité infantile, de l’augmentation de la richesse et du niveau d’éducation pour tous. Ils se mesurent également par l’amélioration des conditions de santé ainsi que par la promotion de l'égalité des sexes, du respect de l'environnement et de la mise en place d’un partenariat mondial pour le développement. Les 191 États membres de l’ONU, les agences de l’ONU et les instances commerciales et financières internationales encouragent les OMD en souscrivant aux termes mis en place pour l’atteinte des OMD en 2015. (ONU, 2010)

 

 

 

 

4. L’OMD comme promotion de l’égalité des sexes et autonomisation des femmes

Cet objectif énonce de façon claire que sans l’égalité entre les sexes, il est impossible de réellement diminuer la pauvreté, la faim et la maladie. Il mentionne que les femmes doivent avoir des pouvoirs décisionnels sur leur vie équivalent à ceux des hommes pour leur permettre d’accéder à une autonomie complète. Sachant que le taux de scolarisation est beaucoup plus faible chez les jeunes filles que chez les garçons, l’ONU considère qu’il fallait se fixer des cibles dans ce domaine. La cible proposée en l’an 2000 visait à éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaires et secondaires pour 2005 si possible, et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard. L’ONU propose de mesurer cette cible à l’aide de trois indicateurs. Le premier étant le calcul du nombre de garçon versus le nombre de filles dans les systèmes d’éducation primaire, secondaire et tertiaire.

Le second indicateur propose de calculer le nombre de femmes ayant une rémunération dans le secteur non agricole. Le dernier porte sur la proportion de femmes détenant des sièges dans les parlements nationaux. Sur le site Internet de l’ONU où l’on retrouve l’information sur les OMD, une mention fait état du fait les femmes sont peu rémunérées pour leur travail, qu’elles travaillent dans de nombreux secteurs non officiels et que la pauvreté est un obstacle sérieux par rapport à l’éducation des filles, ce qui est un frein majeur à l’autonomisation des femmes (ONU, 2010).

Depuis que les OMD ont été conçus, les mouvements de femmes et les agences spécialisées des Nations Unies rappellent inlassablement les limites de l’OMD. En effet, les OMD ignorant la dimension genre constituent un recul par rapport aux droits élaborés dans la Plateforme d’Action de Beijing et la Déclaration du Caire.

En outre, l’objectif 3 a été traduit de manière très sélective et partielle en quatre indicateurs et une seule cible. Enfin, aucun des autres objectifs ne tient compte de la dimension du genre, ni dans l’analyse des causes des problèmes, ni dans la présentation de réponses adéquates pour les populations dans leur ensemble.

En sommes, entre 1975 et 1995, quatre conférences mondiales sur les femmes sont organisées par l’ONU. En parallèle de chaque conférence, un forum des ONG est organisé par les femmes des sociétés civiles du monde entier. Les conférences de Beijing sont considérées comme des tournants historique dans la promotion de l’’égalité entre les sexes et la reconnaissance des droits des femmes. Le tableau suivant représente l’idée centrale et l’attention de ces quatre conférences.

 

 

 

 

 

Femmes et développement

Genre et développement

Centre d’attention

Les femmes

Les relations inégalitaires entre les femmes et les hommes

Problème de départ

Exclusion des femmes du processus de développement

Les différences de l’accès et le contrôle aux ressources, qui empêchent pleine participation des femmes

Objectif

Intégrer les femmes dans le processus de développement via leur entrée dans le marché économique

Améliorer l’accès des femmes aux ressources,  transformes les relations et promouvoir la redistribution des pouvoirs

Stratégies

Le montage de projets        «femmes»

-L’augmentation de la productivité économique des femmes

-Le renforcement des compétences de femmes au sein des foyers

-Identification des différents besoins pratique formules par les femmes et les hommes

-Mise en évidence et prise en compte des intérêts stratégique des femmes

-Renforcement de l’autonomie des femmes à tous les niveaux (économiques, sociaux, et politique

Source: www. Adequations.org


CHAP. III. GENRE, EQUITE ET DEVELOPPEMENT EN AFRIQUE

     

III.1. DE LA DEMYSTIFICATION DES IDEES REÇUES AU DEVELOPPEMENT DURABLE

Le genre est à la base de la construction des inégalités sociales, elles-mêmes basées sur des mythes tels que : « Les femmes sont incapables de prendre des décisions et d’occuper des postes de pouvoir » ; « Les femmes ne sont pas aptes à pratiquer certaines activités comme diriger une pirogue, ou aller à la chasse » ;   Les filles à la cuisine avec leur mère et les garçons au salon avec leur père » ; « Les garçons ne sont pas aptes aux tâches ménagères et les filles aux tâches mécaniques et électroniques » ; « Les hommes possèdent la connaissance scientifique et les femmes la connaissance empirique ou pratique».

Autrement dit, les femmes sont incapables tel ou tel autre travail. Pourtant, si les garçons ne savent faire la cuisine, c’est simplement parce qu’on ne le leur a pas appris et non pas parce qu’ils en sont incapables ; de même pour les filles pour tel ou tel autre tâche ou responsabilité. Les hommes et les femmes détiennent des connaissances dans divers domaines, sans que l’on puisse dire qu’elles sont inaccessibles ou incompréhensibles pour l’autre sexe. Le point de départ de toute action doit donc être la démystification de ces idées reçues. Une fois cette étape réalisée, il faut s’engager dans la promotion des idées nouvelles, ainsi que dans leur diffusion afin de ne pas contribuer à la perpétuation des conceptions traditionnelles.

III.2. Considération de l’équité au sens du développement

L’équité vise l’accès équitable des hommes et des femmes au développement de leur capacité, indifféremment de leur sexe, genre, classe sociale, religion et âge. L’objectif est d’éliminer des barrières qui font obstacles aux opportunités économiques, juridiques et politiques, et de donner accès à l’éducation et aux services basiques. L’équité signifie aussi la justice : donner à chaque ce qu’il lui appartient de droit, tout en reconnaissant les conditions et/ ou les caractéristiques spécifiques de chaque personne. Enfin, l’équité est la reconnaissance de la diversité sans discrimination.

L’équité entre les sexes a souvent tendance à être assimilée ou confondue avec les femmes, car ce sont elles qui ont souffert et continuent d’endurer la plupart des inégalités. Néanmoins, le concept est en réalité plus large que cette seule question et peut s’appliquer aux hommes, aux jeunes filles et garçons, aux vieillards, aux chrétiens, aux musulmans, aux bouddhistes, aux animistes, etc.

L’approche soucieuse d’équité entre les sexes reconnaît que chaque homme et chaque femme à une part de responsabilité dans la réalisation du développement humain durable. Les enfants, les jeunes, les adultes et les personnes âgées des deux sexes peuvent et doivent contribuer, par leur expérience, à la promotion et au développement de la communauté. L’objectif est d’œuvrer pour l’épanouissement concret de chaque femme

 

 

et de chaque homme, de permettre à chacun de se perfectionner, d’améliorer sa qualité de vie et, du même coup, celle de l’ensemble de la communauté en effaçant les inégalités. Reconnaître la validité théorique de cette approche exige l’engagement d’agir afin d’impulser les transformations sociales nécessaires pour ne pas consolider les inégalités et contribuer à leur perpétuation

 

III.3. Le développement durable, un travail dans une perspective d’équité entre les sexes

Travailler dans une perspective d’équité va au-delà de la promotion et de l’inclusion « d’activités de femmes pour les femmes ». Les objectifs principaux consistent à :

·       Générer une prise de conscience du rôle des femmes et des hommes comme gestionnaires et sujets du développement ;

·       Mettre en place un processus permanent et libérateur, qui inclut les hommes, les femmes, les jeunes et les personnes âgées des deux sexes dans les différentes phases du projet.

·       La reconnaissance préalable des inégalités de pouvoir entre les genres ;

·       La reconnaissance du rôle des femmes dans la connaissance, la conservation, l’utilisation et la gestion des ressources naturelles ;

·       La promotion de processus sociaux démontant la construction actuelle des identités de genre ;

·       L’établissement d’une offre de services équilibrant les opportunités dans les activités et introduisant l’autonomie des femmes.

D’où l’introduction progressive d’une nouvelle façon de sentir et vivre la réalité, basée sur des relations d’équité et d’autonomie entre les genres. En effet, ces derniers détiennent et exerce véritablement le pouvoir dans nos sociétés. L’expérience a démontré que les efforts pour corriger les inégalités au moyen d’actions orientées exclusivement vers les femmes, peuvent occasionner une réaction négative de certains hommes. Ainsi, en Afrique, les contraintes socioculturelles et religieuses peuvent influencer négativement le succès de projets destinés aux femmes et produire l’effet contraire à celui recherché.

Les projets d’appui et de développement des femmes doivent ainsi analyser chaque contexte, tenir compte des contraintes qui pèsent sur les femmes, apporter des garanties d’accompagnement, des moyens pour prévenir les frustrations et les crispations, mais aussi apporter des outils et des solutions pour que celles-ci bénéficient pleinement des fruits de leur participation au développement.

Les hommes doivent être formés, sensibilisés et intégrés dans le processus de changement, à travers, par exemple, la mise en place d’ateliers sur des sujets tels que l’identité masculine, le machisme et le droit des femmes. Ils doivent aussi avoir accès aux biens et aux ressources générés par le projet, pour le développement de la communauté.

 

 

Il est également important d’identifier et de soutenir les hommes déjà ralliés à l’égalité et de démontrer ainsi la valeur d’une réduction de l’inégalité entre les sexes. Ceci n’écarte pas la nécessité d’entreprendre des actions ou des programmes s’adressant exclusivement aux femmes dans les contextes ils s’avèrent indispensables.

Par exemple selon les propositions de Lorena Aguilar et al (2002), l’incorporation d’une femme dans les projets des conservations va lui rapporte des revenus et nécessiter qu’elle passe du temps hors de ce foyer. Ceci peut générer des conflits dans sa famille est être une raison pour que ses tâches familiales augmentent. Il est donc important que simultanément aux activités de participations et de renforcement des capacités, des actions de prévention et de diminution des conflits relatifs au changement soient prévus. De telles actions peuvent prendre la forme d’ateliers, de réunions et de campagnes de sensibilisation sur la violence domestique, la sante, les droits des femmes et des hommes, l’éducation des enfants la distribution équitable des taches domestique.  

 

A cet effet, différents blocages socioculturels et socioreligieux affectent et retardent l’applicabilité du développement durable :

·       Le manque de volonté politique des Etats ;

·       L’ignorance de l’existence de ces textes et les difficultés pour leur mise en œuvre ;

·       Le poids des contraintes sociales, des traditions, des coutumes et de la religion ;

·       Le manque d’information des autorités traditionnelles qui demeurent très souvent les juges informels de la plupart des conflits sur la ques tion du genre ;

·       Le manque de sensibilité des acteurs judiciaires et extrajudiciaires aux problèmes des femmes ;

·       Le lourd taux d’analphabétisme féminin, le manque de solidarité entre les femmes dans la défense de leurs droits, l’absence de planification familiale ;

·       L’accès difficile aux institutions judiciaires, la méconnaissance et la complexité des procédures, la lenteur de l’appareil judiciaire dans le règlement des conflits, le coût élevé des frais de justice, les difficultés d’interprétation des textes de loi par les personnes non spécialisées en droit ;

·       Les vides juridiques ou le peu d’accent mis dans les codes pénaux sur les violations spécifiques des droits des femmes telles que le harcèlement sexuel, le mariage forcé, les mutilations génitales, le bannissement de la veuve de la famille de son ex-mari, le viol conjugal, la violence conjugale, le bannisse- ment de la femme ou de la fille refusant le mariage forcé ;

·       La non effectivité des mesures répressives envers les coupables qui contribue à perpétuer certaines violations, renforçant ainsi le sentiment de manque de protection chez les victimes ;

·       L’exclusion sociale pour sorcellerie, le refus de paternité du géniteur, le refus de remplir les obligations familiales ;

 

·       La pression fiscale pesant plus lourdement sur les femmes ;

 

·       Le privilège de la masculinité dans l’accès à la terre surtout à la bonne terre, etc.

Sur le plan politique, les femmes sont très largement sous-représentées dans les instances de décision. De nombreux efforts restent encore à faire en termes de militantisme et d’implication des femmes dans les prises de décisions politiques. Pourtant, en Guinée-Bissau exceptée, la part de population féminine est légèrement supérieure à la part masculine dans toute l’Afrique.

L’implication et la participation des femmes en politique se heurtent à des obstacles tels que l’absence d’obligation pour les partis politiques de placer les femmes en position éligible, le refus des candidatures individuelles, le manque de formation politique, le manque de sou- tien financier aux candidatures féminines, l’absence de critères fiables pour accéder à certains postes de décision, la faible budgétisation et l’inégale répartition des ressources allouées à la promotion féminine. Des pays comme le Sénégal ou le Burkina se sont néanmoins fixé des objectifs en termes de candidatures féminines mais ceux-ci s’avèrent difficiles à appliquer.

Même s’ils restent encore timides face à l’ampleur de la question, des efforts louables sont faits dans la majorité des pays de la sous-région concernant :

·       La scolarisation obligatoire et gratuite des filles jusqu’à 14 ans et l’octroi des bourses d’études aux jeunes filles ;

·       La concession de droits sociaux à la femme ;

·       Le respect de l’égalité salariale ;

·       La sensibilisation sur la question de l’équité ;

·       La mise en place de stratégies nationales de promotion de la femme et de la fille ;

·       L’active volonté de certains Etats de promouvoir la question des droits des femmes de façon transversale ;

·       La création des ministères de la Femme et de l’Enfance ;

·       La promotion des réseaux de lobbying sur les droits de la femme ;

·       L’augmentation progressive du nombre de femmes aux postes de gouvernance ;

·       La formation de cadres nationaux féminins représentant l'administration et la société civile ;

·       La mise en place de groupes de suivi, de comités multisectoriels « genre », etc.

 

Cependant ces bonnes initiatives restent encore confinées aux seules zones urbaines et sont insuffisamment diffusées en zone rurale, là où sont situées la majorité des Aires Protégées. Comme nous pouvons le constater sur l’ensemble de la sous-région, ce ne sont pas les lois qui font défaut, mais bien leur mise en application. Celle-ci est bloquée par des mentalités encore dominées par des

 

 

traditions séculaires souvent discriminatoires. Promouvoir l’équité entre les sexes se présente alors comme un réel défi pour les sociétés d’Afrique : Il s’agit en effet de militer pour mettre en place un véritable processus de changement de mentalités. L’instauration progressive de la question de l’équité au niveau de tous les secteurs économiques et sociaux permettra à la femme et aux groupes discriminés une participation à part entière au processus de développement et de bénéficier de ses retombées.

 


CHAP. IV.        INTEGRATION DE LA DIMENSION GENRE A LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE, OBJECTIFS DU MILLENAIRE POUR LE DEVELOPPEMENT ET PARTICIPATION DE LA FEMME DANS LES INSTANCES DE DECISION ET D’INTERVENTION

 

En septembre 2000, lors du Sommet du Millénaire des Nations Unies, 189 gouvernements du monde se sont engagés à unir leurs efforts pour réduire la pauvreté mondiale de moitié à horizon 2015. La Déclaration du Millénaire énonçait plusieurs objectifs majeurs du développement s’inscrivant dans la droite ligne de ses valeurs fondamentales. En plus de la réduction de la pauvreté et de la faim, ces objectifs engageaient les États à promouvoir le développement humain, maintenir un environnement durable et mettre sur pied des partenariats pour le développement. En outre, ils établissaient explicitement l’égalité entre les genres comme une fin en soi : « Aucune personne, aucune nation ne doit être privée des bienfaits du développement. L’égalité des droits et des chances des femmes et des hommes doit être assurée. »

Le présent et dernier chapitre fait le point sur les résultats des recherches théoriques et empiriques entourant les progrès réalisés par rapport aux objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) du point de vue de l’égalité des genres. Pour être dans les limites du cours, nous allons focaliser notre attention sur le continent africain en générale, en passant par quelques particularités. Trois traits caractéristiques pour justifier l’orientation de ce chapitre :

Premièrement, s’il existe dans certaines sociétés des formes d’inégalité socioéconomique qui dépassent le genre, l’inégalité intergenres est la plus omniprésente de toutes. Sous différents visages, elle marque les relations sociales dans toutes les sociétés ou presque. Par conséquent, toutes les sociétés du monde, les riches comme les pauvres, devraient avoir à cœur de bien comprendre les causes et les impacts de l’inégalité hommes–femmes.

Deuxièmement, l’inégalité intergenres est présente dans les différents groupes qui évoluent à l’intérieur des sociétés. Comme elle recoupe d’autres formes d’inégalité, elle touche les groupes riches aussi bien que les pauvres, les groupes raciaux dominants aussi bien que les subordonnés, les groupes privilégiés aussi bien que les castes « intouchables ». Dans une société donnée, l’inégalité des genres se manifeste de manières différentes selon la couche sociale ou le groupe considéré. Souvent, mais pas toujours, elle est plus marquée chez les pauvres. Par conséquent, l’inégalité sexospécifique s’ajoute au dénuement économique : au total, les femmes sont touchées par des formes de pauvreté plus extrêmes que celles auxquelles les hommes sont soumis. L’inégalité des genres fait partie intégrante des mécanismes qui causent et aggravent la pauvreté dans la société. Elle doit par conséquent faire aussi partie intégrante des mesures mises en œuvre pour éradiquer la pauvreté.

Enfin, troisièmement, l’inégalité intergenres structure les relations de la production et de la reproduction dans les sociétés. Dans la plupart des régions du monde, les hommes assument une part importante des moyens d’existence des ménages. Par contre, ils ne jouent en général qu’un rôle négligeable dans le travail reproductif non rémunéré de la sphère domestique. À l’inverse, les femmes assument l’essentiel du travail

 

non rémunéré se rapportant aux soins prodigués aux membres de la famille. Variable selon la région, c’est toutefois dans les ménages les plus pauvres que leur présence dans la sphère productive atteint généralement son apogée. Cependant, les hommes et les femmes sont très loin de bénéficier d’un accès égal aux ressources qui leur sont nécessaires pour s’acquitter de leurs responsabilités. La valeur que la société reconnaît à leurs apports respectifs ainsi que les capacités dont ils et elles disposent pour agir et déterminer leurs propres destinées sont aussi très inégalitaires.

Le constant majeur est que les femmes continuent d’être largement assimilées à leurs rôles reproductifs, ce qui explique que les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) n’établissent pas explicitement de lien entre l’inégalité sexospécifi que et la lutte contre la pauvreté. Les OMD abordent l’égalité des genres essentiellement sous l’angle de la santé et de l’instruction. Le discours politique continue de sous-estimer, voire d’ignorer, les capacités d’action économiques des femmes en tant que moteurs possibles de la lutte contre la pauvreté.

Pour approfondir notre réflexion, nous nous intéressons aux cibles des OMD qui concernent le développement humain. Il s’agit donc d’examiner le genre sous l’angle d’indicateurs fondamentaux du développement humain. Ceci situe son attention sur le rapport aux activités permises ou interdites aux filles et aux femmes dans les différentes régions du monde et par rapport aux réussites ou échecs des gouvernements dans la réalisation de l’égalité. Les analyses montrent que l’amélioration de l’accès des femmes aux ressources constitue l’une des voies privilégiées de la concrétisation des OMD se rapportant au développement humain, y compris ceux qui concernent les inégalités intergenres.

 

1.     Rappel

1.1.        Intégration de la dimension genre

Approche consistant à « évaluer les incidences pour les femmes et pour les hommes de toute action envisagée, notamment dans la législation, les politiques ou les programmes, dans tous les secteurs et à tous les niveaux. Il s’agit d’une stratégie visant à incorporer les préoccupations et les expériences des femmes, aussi bien que celles des hommes, dans l’élaboration, la mise en œuvre, la surveillance et l’évaluation des politiques et des pro grammes dans tous les domaines – politique, économique et social de manière que les femmes et les hommes bénéficient d’avantages égaux et que l’inégalité ne puisse se perpétuer. Le but ultime est d’atteindre l’égalité entre les sexes. » (Conclusion concertée du Conseil économique et social des Nations Unies 1997)

 

1.2.       Genre, égalité et inégalité des genres

Le « genre » d’une personne est défi ni par les règles, normes, coutumes et pratiques qui expriment les différences biologiques entre les deux sexes sous la forme de différences socialement construites entre hommes et femmes (et entre garçons et filles).  Les deux genres ainsi définis ne sont pas valorisés de la même façon et ne bénéficient pas de possibilités égales d’évolution et d’action. Dans la présente réflexion, l’égalité des genres recouvre l’égalité de traitement en vertu de la loi mais aussi l’égalité des possibilités. (On utilisera également les expressions « égalité hommes– femmes » et « égalité des sexes », en gardant présent à l’esprit que le terme « sexe » désigne alors le genre.) En outre, puisque ces deux catégories n’englobent pas les inégalités concrètes enracinées dans les structures, l’égalité des genres recouvre aussi l’égalité substantielle et l’égalité des capacités réelles d’action.

Pour réaliser l’égalité substantielle, il faut tenir compte des dimensions contextuelles de la vie des hommes et des femmes ainsi que de leurs caractéristiques respectives dans les mesures d’éradication des injustices sexospécifiques. Par exemple, quand un homme et une femme présentent tous deux les qualifications requises pour un emploi donné, la femme risque de ne pas pouvoir l’accepter si elle n’a pas accès à des services de garde d’enfants. Pour que l’égalité des capacités réelles d’action soit réalisée, il faut que les hommes et les femmes interviennent d’une manière égale dans leur propre devenir (ce rôle d’agent consistant à prendre les décisions stratégiques touchant leur existence) et qu’ils contribuent d’une manière égale à la détermination des conditions dans lesquelles ces décisions se prennent.

L’inégalité des genres est instaurée et confirmée par les lois et les règlements officiels de la société, mais aussi par ses normes non écrites et par les clichés et les consensus, même implicites, qui la parcourent. Si elle est extrêmement présente entre les sociétés, elle constitue aussi la forme la plus répandue de désavantage social à l’intérieur de chaque société. L’inégalité des genres recoupe toutes les autres formes d’inégalité, par exemple entre classes, castes et races. En outre, puisque le genre détermine en grande partie l’organisation de la production et de la reproduction, les femmes se situent « au point de jonction […] de la croissance économique et du développement humain. » La lutte contre les inégalités entre les genres se justifie donc par le fait que ces inégalités existent dans toutes les sociétés, mais aussi à tous les niveaux de ces sociétés. Elles rendent les conséquences de la pauvreté plus pénibles encore pour les femmes que pour les hommes et elles déterminent en partie les formes prises par la croissance économique.

 Par conséquent, ceci nous amène à tirer la conclusion suivante :

1)    La pauvreté des femmes a des impacts très différents sur les politiques publiques selon que l’on considère leur pauvreté absolue ou relative.

2)    Les modèles sociaux dominants de la féminité mais aussi de la masculinité influent sur les besoins (et les priorités) des ménages pauvres et sur leur capacité à y faire face. Ils peuvent donc empêcher les membres de ces ménages de sortir de la pauvreté.

 

3)    Les femmes sont plus désavantagées que les hommes dans certains contextes ou par rapport à certaines dimensions de la pauvreté.

 

1.3. Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)

Consécutivement à la convention mondiale, les pays développés comme les pays en développement y adhèrent. Ces objectifs se rapportent principalement à l’insuffisance des revenus, au développement humain, à l’égalité entre les genres, au maintien d’un environnement durable et à l’instauration d’un partenariat mondial. À chacun d’eux correspondent des cibles et des indicateurs permettant de mesurer le chemin parcouru.

1.3.1. Les objectifs du Millénaire pour le développement : cibles et indicateurs

 

Objectifs et Cibles

Indicateurs

Objectif 1 : Réduire l’extrême pauvreté et la faim

Cible 1 : Entre 1990 et 2015, réduire de moitié la proportion

de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour

Cible 2 : Entre 1990 et 2015, réduire de moitié la proportion de la population qui souffre de la faim

1. Proportion de la population disposant de moins d’un dollar par jour

2. Indice d’écart de la pauvreté (incidence de la pauvreté x degré de pauvreté)

3. Part du cinquième le plus pauvre de la population

dans la consommation nationale

4. Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans présentant une insuffisance pondérale

5. Proportion de la population n’atteignant pas le niveau minimal d’apport calorique

Objectif 2 : Assurer l’éducation primaire pour tous

Cible 3 : D’ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires

6. Taux net de scolarisation dans le primaire

7. Proportion d’écoliers commençant la première année

d’études d’un enseignement primaire et achevant la cinquième

8. Taux d’alphabétisation des 15 à 24 ans

Objectif 3 : Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes

Cible 4 : Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005 si possible, et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard

9. Rapport filles/garçons dans l’enseignement primaire,

secondaire et supérieur, respectivement

10. Taux d’alphabétisation des femmes de 15 à 24 ans

par rapport à celui des hommes

11. Part des femmes dans l’emploi salarié non agricole

 

12. Proportion de sièges occupés par des femmes au

parlement national

 

Objectif 4 : Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans

Cible 5 : Entre 1990 et 2015, réduire de deux tiers le

taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans

13. Taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans

14. Taux de mortalité infantile

15. Proportion d’enfants de 1 an vaccinés contre la

Rougeole

Objectif 5 : Améliorer la santé maternelle

Cible 6 : Entre 1990 et 2015, réduire de trois quarts le

taux de mortalité maternelle

16. Taux de mortalité maternelle

17. Proportion d’accouchements assistés par du personnel de santé qualifiée

Objectif 6 : Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies

Cible 7 : D’ici à 2015, avoir stoppé la propagation du VIH/sida et commencé à inverser la tendance actuelle

Cible 8 : D’ici à 2015, avoir maîtrisé le paludisme et

d’autres maladies, et avoir commencé à inverser la

tendance actuelle

18. Taux de prévalence du VIH parmi les femmes enceintes âgées de 15 à 24 ans

19. Taux d’utilisation de la contraception

20. Nombre des enfants orphelins du VIH/sida

21. Taux de prévalence du paludisme et taux de mortalité lié à cette maladie

22. Proportion de la population vivant dans les zones à risque qui utilise des moyens de protection et des

traitements efficaces contre le paludisme

23. Taux de prévalence de la tuberculose et taux de

mortalité lié à cette maladie

24. Proportion de cas de tuberculose détectés et soignés dans le cadre de traitements de courte durée sous surveillance directe

Objectif 7 : Assurer un environnement durable

Cible 9 : Intégrer les principes du développement durable dans les politiques nationales et inverser la tendance actuelle à la déperdition des ressources

environnementales

Cible 10 : D’ici 2015, réduire de moitié le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable

Cible 11 : D’ici 2020, améliorer sensiblement la vie d’au moins 100 millions d’habitants de taudis

25. Proportion de zones forestières

26. Superficie des terres protégées pour préserver la

biodiversité

27. PNB par unité d’énergie consommée (indicateur

utilisé comme approximation du rendement énergétique)

28. Émissions de dioxyde de carbone (par habitant), ainsi que deux mesures de la pollution atmosphérique planétaire : l’appauvrissement de la couche d’ozone et l’accumulation de gaz à effet de serre

 

29. Proportion de la population ayant accès de façon

durable à une source d’eau meilleure

30. Proportion de la population ayant accès à un meilleur

système d’assainissement

31. Proportion de la population ayant accès à la sécurité

d’occupation des logements (La ventilation de certains

des indicateurs ci-dessus en population urbaine et

population rurale peut s’avérer pertinente pour

l’évaluation des améliorations apportées à la qualité

de vie des habitants des taudis.) Certains des indicateurs ci-après seront évalués séparément

pour les pays les moins avancés (PMA)[1], de

l’Afrique, des pays sans littoral (États enclavés) et des petits États insulaires en développement.

Objectif 8 : Mettre en place un partenariat mondial pour le développement

Cible 12 : Poursuivre la mise en place d’un système

commercial et financier multilatéral ouvert, fondé sur des règles, prévisible et non discriminatoire. Cela suppose un engagement en faveur d’une bonne gouvernance, du développement et de la lutte contre la pauvreté, aux niveaux tant national qu’international.

Cible 13 : S’attaquer aux besoins particuliers des pays les moins avancés. La réalisation de cet objectif suppose l’admission en franchise et hors contingents des produits exportés par les PMA ; l’application du programme renforcé d’allégement de la dette et l’annulation des dettes bilatérales envers les créanciers officiels ; et l’octroi d’une APD plus généreuse aux pays qui démontrent

leur volonté de lutter contre la pauvreté.

Cible 14 : Répondre aux besoins particuliers des pays enclavés et des petits États insulaires en développement (en appliquant le Plan d’action de la Barbade et les conclusions de la vingt-deuxième session extraordinaire de l’Assemblée générale)

Cible 15 : Traiter globalement le problème de la dette des pays en développement, par des mesures d’ordre national et international propres à rendre leur endettement viable à long terme

Cible 16 : En coopération avec les pays en développement, formuler et appliquer des stratégies qui permettent aux jeunes de trouver un travail décent et utile

Cible 17 : En coopération avec l’industrie pharmaceutique, rendre les médicaments essentiels disponibles et abordables dans les pays en développement

Cible 18 : En coopération avec le secteur privé, faire en sorte que les avantages des nouvelles technologies, en particulier les technologies de  l’information et de la communication, soient accessibles à tous

Aide publique au développement

32. APD nette, en pourcentage du PNB des pays donateurs membres du CAD (cibles : 0,7 % du total et 0,15 % pour les PMA)

33. Proportion de l’APD consacrée aux services sociaux de base (éducation de base, soins de santé primaires, nutrition, eau salubre et assainissement)

34. Proportion de l’APD qui est déliée

35. Proportion de l’APD qui est consacrée à l’environnement

dans les petits États insulaires en développement

36. Proportion de l’APD qui est consacrée au secteur des transports dans les pays sans littoral

Accès aux marchés

37. Proportion des exportations (en valeur et à l’exclusion des armes) admises en franchise de droits et hors contingents

38. Taux moyen de droits et contingents appliqués aux produits agricoles, textiles et vêtements

39. Subventions agricoles nationales et à l’exportation dans les pays de l’OCDE

40. Proportion de l’APD allouée au renforcement des

capacités commerciales

Viabilité de la dette

41. Proportion de la dette bilatérale des PPTE envers les créanciers officiels qui a été annulée

42. Service de la dette, en pourcentage des exportations de biens et services

43. Proportion de l’APD fournie au titre de l’allégement de la dette

44. Nombre de pays ayant atteint les points de décision et d’achèvement de l’Initiative PPTE

45. Taux de chômage des 15 à 24 ans

46. Proportion de la population ayant durablement accès à des médicaments de base d’un coût abordable

47. Nombre de lignes téléphoniques pour 1 000 habitants

48. Nombre de micro-ordinateurs pour 1 000 habitants

 

2.     La dimension genre dans le Rapport mondial sur le développement humain (RMDH) : Les cinq étapes du PNUD vers l’égalité entre les sexes

Ayant déterminé que l’égalité hommes-femmes ne saurait se faire sans l’intervention des gouvernements, le Rapport mondial sur le développement humain 1995 propose une stratégie en cinq points pour accélérer la concrétisation de cet objectif.

1)    Mobilisation des forces internationales pour réaliser l’Egalite juridique dans un délai convenu

2)    Amendement des pratiques économiques et institutionnelles en vue de multiplier les opportunités d’actions qui s’offrent aux femmes et aux hommes dans leurs milieux de travail (par exemple, congés de maternité, mais aussi de paternité ; horaires flexibles ; systèmes de taxation favorables aux familles ; programmes sociaux) ;

3)    Mise en œuvre des mesures ciblées visant à ce qu’au moins 30% des postes des décisions soient confiés aux femmes ;

4)    Implantation des programmes d’instructions universelles pour les filles et les femmes, d’amélioration de la santé génésique (mère et enfant) et d’augmentation des crédits pour les femmes ;

5)    Mise en œuvre des programmes nationaux et internationaux pour assurer une plus grande accessibilité aux possibilités d’évolutions économiques et politique, notamment pour les femmes par exemple : service sociaux élémentaires universels, soins des sante maternelle et infantile, instrument de crédit les personnes défavorisées ; réduction de la pauvreté ; renforcement des capacités des initiatives et de l’autonomisation (contrôle des personnes sur leur destinée).

3.     Genre et taux d’activité dans les années 1980 et 1990

Il est malaisé de comparer le taux d’activité des femmes dans les différents pays du globe. Aux difficultés que représente la comptabilisation des emplois irréguliers ou occasionnels dans l’économie informelle s’ajoute la diversité des définitions retenues pour mesurer les phénomènes en question.

 

 

3.1.Estimation du taux d’activité économique des femmes et du pourcentage des femmes dans la population active totale : cas de l’Afrique

 

          

                        Taux d’activité économique des femmes                                          Pourcentage des femmes

            de 15 ans et plus (%)                                                                      dans la population active totale

                 

                                                        1970                   1990                  1980                                  1999

 

MOYEN-ORIENT/AFRIQUE DU NORD

 

Égypte                                                             6                           9                           26,5                                    30,1

Algérie                                                            4                          8                           21,4                                    27

Koweït                                                            11                         24                         13,1                                    31,3

Oman                                                              6                           9 6,                       2                                       16,4

Arabie saoudite                                                5                           9                           7,6                                      15,5

É. A. U.                                                           9                           18 5,                     1                                        14,5

Rép. du Yémen                                                6                           10                         32,5                                     28

AFRIQUE DE L’OUEST

 

Ghana                                                              59                         51                         51                                      50,5

Cameroun                                                        51                         41                         36,8                                    37,9

Burkina Faso                                                    85                         77                         47,6                                    46,5

Côte d’Ivoire                                                    64                         48                         32,2                                    33,3

Mali                                                                17                         16                         46,7                                    46,2

Gambie                                                            65                         58                         44,8                                    45

Sénégal                                                            60                         53                         42,2                                    42,6

AFRIQUE DE L’EST

 

Tanzanie                                                                        89                         77                         49,8                                            49,2

Kenya                                                             65                         58                         46                                       46,1

Ouganda                                                                        68                         62                         47,9                                            47,6

 

Le constant réel est que le taux d’activité des femmes a augmenté plus rapidement que celui des hommes dans presque toutes les régions du monde sauf l’Afrique, où il était déjà élevé. Ces changements résultent de plusieurs facteurs.

·       La transition démographique (passage de taux de natalité et de mortalité élevés à des taux faibles) qui s’est produite dans la plupart des régions ainsi que la baisse des taux de fécondité ont permis à un nombre plus élevé de femmes de travailler à l’extérieur de la maison.

·       L’augmentation du nombre des jeunes hommes fréquentant un établissement d’enseignement secondaire ou universitaire ainsi que l’augmentation de l’accessibilité des retraites pour les hommes plus âgés expliquent en partie la baisse du taux d’activité des hommes.

·       L’évolution des marchés de l’emploi s’est traduite par une « double féminisation » de la main-d’œuvre au niveau international : la part des femmes dans l’emploi a augmenté ; et l’emploi lui-même a développé certaines des caractéristiques du travail informel traditionnellement effectué par les femmes.

Ces dernières décennies ont également été marquées par un changement majeur dans la répartition de la population active entre les différents secteurs de l’économie : la population active féminine est restée largement concentrée dans le secteur agricole en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, mais pas dans les autres régions du monde. Ainsi, dans les pays de l’Est et du Sud-Est asiatique, non seulement le taux d’activité des femmes est élevé mais, de plus, les travailleuses se sont réparties d’une manière plus uniforme entre les secteurs agricole, industriel et tertiaire). Les femmes représentaient plus d’un tiers de la main-d’œuvre dans chacun de ces secteurs de 1970 à 1990 et leur part dans le tertiaire a augmenté pendant cette période. On observe évidemment certaines variations géographiques. Limitons notre attention sur l’espace africain.

3.2. Répartition de l’emploi par secteur économique : cas de l’Afrique

AGRICULTURE

INDUSTRIE

SERVICE

 

            % PAM                        % PAF                  %PAM                   % PAF                   % PAM         %PAF

             1980                      1980                     1980                1980                 1980                       1980

AFRIQUE DU NORD

Maroc       48                            72                            23                            14                           29                                    14

Égypte      45                            10                            21                            13                           33                                    69

Algérie      27                            69                           33                              6                            40                                  25

AFRIQUE DE L’OUEST

Ghana      66                             57                            12                              14                           22                            29

Cameroun 65                             87                            11                             2                          24                                   11

Burkina F.  92                            93                             3                               2                          5                                    5

Côte d.I      60                            75                            10                              5                            30                             20

Mali            86                             92                             2                            1                            12                                     7

Gambie     78                             93                            10                             3                             13                             5

Sénégal     74                             90                             9                              2                             17                             8

Nigéria       52                             57                            10                             5                           38                                    38

AFRIQUE DE L’EST

Tanzanie                    80                             92                             7                               2                          13                                 7

Kenya          23                             25                            24                              9                           53                                    65

Ouganda                    84                             91                             6                                    2                     10                              8

AFRIQUE AUSTRALE

Zimbabwe   29                             50                                31                                   8                              40                                42

Zambie        69                            85                             13                                   3                       19                                    13

Mozambique 72                           97                             14                                   1                       14                                     2

Malawi        78                            96                             10                                   1                               12                                 3

Source : Les femmes dans le monde 2000, Division de la statistique des Nations Unies

 

3.3.L’emploi des femmes en Afrique subsaharienne

En Afrique subsaharienne, la part des femmes dans la main d’œuvre de l’économie formelle a augmenté de 1970 à 1985, passant de 6 % à 25 % au Botswana, de 1,5 % à 6 % au Malawi, de 9 % à 20 % au Swaziland, et de 0,6 % à 2 % en Tanzanie. En Zambie, les femmes n’occupaient que 7 % des emplois salariés du secteur formel. En Guinée Bissau, les femmes représentaient 3,6 % de l’emploi dans le secteur formel.

 

3.4.Classification des contraintes déterminées par le genre

Les contraintes accentuées par le genre reflètent l’inégalité de la répartition des ressources et des possibilités d’action entre hommes et femmes dans le ménage.

Un exemple ougandais de contraintes accentuées par le genre

En Ouganda, les femmes produisent 80 % des denrées alimentaires et fournissent environ 70 % du travail agricole. Une enquête sur la pauvreté dans ce pays montre que les responsabilités domestiques sexospécifiques des femmes, conjuguées à la pauvreté des ménages, accroissent le désavantage féminin dans le secteur agricole. Les femmes travaillent principalement dans le secteur de subsistance non rémunéré et accomplissent leurs tâches agricoles sans bénéficier des innovations technologiques ni des ressources, financières ou autres. S’il est vrai que la plupart de ces problèmes touchent également les agriculteurs pauvres de sexe masculin, les hommes n’ont pas à subir la contrainte additionnelle des responsabilités qui incombent spécifiquement aux femmes, alourdissant d’autant leur charge de travail.

 

4.   Inégalité des genres et pauvreté des ménages en Afrique subsaharienne

 

 En Afrique subsaharienne, les recherches s’intéressent de très près à l’agriculture de subsistance mais négligent les marchés. Cependant, des études montrent l’importance de l’agriculture dans le secteur d’économie pour les ménages ruraux.

Une méta-recherche regroupant 23 études réalisées sur le terrain en Afrique subsaharienne aboutit à la constatation suivante : en moyenne, 45 % du revenu des ménages ruraux proviennent du secteur non agricole. En outre, ces revenus non agricoles sont générés par des sources très diverses : travail salarié ; travail autonome ; migration. Très souvent, les activités rémunératrices non agricoles sont plus importantes que les activités rémunératrices agricoles. Dans la sphère non agricole, les revenus du travail salarié sont supérieurs à ceux du travail autonome. Enfin, à l’exception des régions situées à proximité de mines ou de marchés urbains, l’emploi local dans le secteur non agricole génère des revenus supérieurs à ceux qui proviennent des migrants.

 

 

 

 

4.1. Genre et activité économique dans les zones rurales

Tous les observateurs s’accordent à considérer que les femmes jouent un rôle de premier plan dans l’agriculture africaine. On note toutefois chez eux une tendance certaine à associer les femmes aux cultures alimentaires et les hommes aux cultures marchandes. Or, la réalité est loin d’être aussi uniforme, non seulement pour l’Afrique subsaharienne dans son ensemble, mais aussi, très souvent, entre régions voisines. Dans certains secteurs de ce sous-continent, les femmes font effectivement pousser les cultures alimentaires de base pour la consommation familiale tandis que les hommes s’occupent des cultures alimentaires destinées à la vente ; dans d’autres, les hommes sont chargés des cultures industrielles et des cultures d’exportation et, parfois, des cultures alimentaires de base. On relève également beaucoup d’autres formules de répartition du travail. Les femmes fournissent incontestablement un pourcentage élevé du travail de production alimentaire, aussi bien pour la consommation familiale que pour la vente. Leur apport s’échelonne de 30 % (Soudan) à 80 % (Congo).

 

En outre, les femmes produisent et vendent des cultures en vue d’acheter d’autres aliments. Les ménages les plus pauvres manquent souvent de céréales parce que leurs parcelles sont trop petites. L’une des stratégies de survie éprouvées consiste à vendre des aliments d’une valeur économique et nutritionnelle plus élevée, par exemple des légumineuses, pour acheter des céréales de valeur moindre. Quand les femmes s’occupent des récoltes secondaires tandis que les hommes font pousser les céréales alimentaires de base, la production des femmes peut être destinée au marché dans une plus grande proportion que celle des hommes. Les rendements du travail de la terre dépendent d’autres facteurs de production : main-d’œuvre et intrants matériels (animaux de trait ; outils plus perfectionnés ; etc.). Ils dépendent également de la capacité du ménage à faire pousser des récoltes présentant une valeur élevée et de ses possibilités d’accès sur le marché du travail.

 

4.2.La pauvreté des femmes dans les ménages

Les ménages du nord-est du Ghana regroupent souvent de nombreuses personnes et s’articulent en relations complexes.

Dans certains cas, ils comprennent plusieurs femmes mariées présentant une grande disparité dans leurs revenus et dans le montant de leurs économies. En effet, le niveau de pauvreté/ prospérité de la femme ne correspond pas forcément à celui de son mari. Il dépend plutôt des transferts consentis par le mari pour aider son épouse et du réseau auquel la femme peut faire appel pour recueillir le capital indispensable au démarrage de son entreprise (par exemple, sa famille natale). Les femmes les plus exposées à la pauvreté sont celles qui présentent les caractéristiques suivantes :

a)     L’âge les empêche de travailler et elles ne peuvent pas compter sur leur parenté pour faire face à leurs besoins matériels ;

 

b)    Elles sont en mauvaise santé et doivent par conséquent s’en remettre à leur mari ou à leur père pour survivre. En d’autres termes, une femme peut être pauvre alors que son mari ne l’est pas. Cependant, l’inverse ne semble pas se produire : les hommes pauvres chefs de famille n’ont pas d’épouses qui bénéficient d’un revenu élevé ou d’actifs solides.

 

Du point de vue de leur impact sur les politiques publiques, les constatations présentées dans ce chapitre se regroupent en deux axes :

a)     Les femmes contribuent d’une manière importante aux moyens d’existence des ménages, surtout les pauvres ;

b)    L’extrême pauvreté et la faiblesse des rendements du travail féminin sont corrélés entre eux.

 

Il convient par conséquent d’accorder une attention plus soutenue aux contributions économiques des femmes dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques, et ce, pour au moins deux raisons :

 

a.     Les recherches établissent que cette contribution féminine occupe une place majeure dans les moyens d’existence des ménages à faible revenu ; et

b.      Elles révèlent par ailleurs que l’amélioration des revenus masculins n’entraîne pas nécessairement une amélioration équivalente des conditions d’existence des personnes qui constituent le ménage. L’égalisation hommes–femmes des possibilités économiques ainsi que l’accroissement des capacités d’action économiques et des capacités salariales des femmes qui en résulterait constitueraient un moyen efficace de faire reculer la pauvreté salariale des ménages, mais aussi d’accroître les capacités humaines des personnes qui les composent – y compris, évidemment, les femmes.

 

5.     Égalité des genres et développement humain : l’accroissement des capacités

Comme nous l’avons souligné, les OMD établissent différentes cibles qui concernent le développement humain. Elles touchent deux types de besoins :

·       Les besoins « primaires », c’est-à-dire dont la satisfaction est indispensable à la survie (par exemple, l’alimentation et la santé) ;

·       Les besoins « secondaires », c’est-à-dire ceux qui améliorent la qualité de vie et accroissent les capacités (par exemple l’accès à la contraception, à l’instruction, aux possibilités d’action économiques et à la représentation politique).

Ces dimensions du développement humain sont toutes reliées entre elles-ainsi que les OMD, leurs cibles et indicateurs correspondants. Par exemple, les recherches montrent que l’instruction et la fécondité (le nombre d’enfants par femme) sont négativement corrélées. Plusieurs mécanismes expliquent ce phénomène :

(a) les femmes instruites sont plus réceptives au concept de planification des naissances ;

(b) elles bénéficient d’un meilleur accès à des moyens contraceptifs efficaces ;

(c) plus les familles investissent dans l’instruction de leurs enfants, moins elles peuvent se permettre d’en avoir.

 

De la même façon, la baisse du taux de fécondité et l’amélioration de l’accès aux services de santé génésique (mère et enfant) font diminuer le taux de mortalité maternelle. Or, l’accessibilité de l’instruction et de l’information aident les hommes et les femmes à prendre des décisions plus éclairées, ce qui contribue à la baisse du taux de fécondité et à l’accroissement de l’accessibilité des soins de santé génésique. Autrement dit, toutes les dimensions du développement humain interagissent les unes sur les autres par des relations de synergie car, le niveau d’instruction contribue par exemple à l’applicabilité de la planification familiale d’où l’amélioration du niveau de vie.  Les chercheurs avancent plusieurs explications à ce phénomène : (a) L’instruction retarde le mariage des femmes et donc, leur première grossesse ; (b) Elle facilite leur accès à la contraception et aux services de santé et accroît leur capacité à les utiliser efficacement (tant la contraception que les services de santé) ; (c) Elle leur permet de bénéficier d’un meilleur traitement de la part des professionnels de la santé.

 

Qui plus est, Un nombre considérable d’observations empiriques confirme cette interprétation. Au Kenya, une étude montre que les femmes comprennent les instructions d’administration des produits réhydratants par voie orale si elles disposent d’au moins quatre années de scolarité. Au Nigéria, l’instruction accroît la capacité des femmes à traiter avec le monde extérieur, y compris les professionnels de la santé. Dans les régions rurales, les femmes sans instruction préfèrent éviter d’accoucher à l’hôpital à cause de la manière dont les infirmières les traitent des traitements désagréables auxquels les femmes plus instruites ne sont pas soumises. Plusieurs études montrent en outre que l’élévation du niveau d’instruction de la mère induit une augmentation systématique du taux de probabilité des variables suivantes :

·       Fréquentation d’une clinique prénatale par la mère ;

·       Supervision de l’accouchement par un personnel médical qualifié ;

·       Vaccinations complètes de l’enfant ;

·        Mise en œuvre de soins médicaux efficaces et rapides si l’enfant tombe malade

 

6.     Égalité des genres et autonomisation des femmes

Le troisième objectif du Millénaire pour le développement (OMD) est de « promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes » à part entière, ce double objectif est donc explicitement considéré comme une fin en soi, et non comme un simple instrument de concrétisation d’autres buts.

6.1.L’autonomisation : capacités réelles d’action, ressources, réalisations

Il convient tout d’abord de clarifier le sens du terme « autonomisation » tel que nous l’entendons ici. Le pouvoir peut être défi ni comme étant la capacité de choisir. À l’inverse, l’autonomisation désigne les processus qui confèrent la capacité de choisir à des personnes qui en étaient privées jusque-là. Autrement dit, l’autonomisation suppose une évolution, un changement. Les personnes qui bénéficient de nombreuses possibilités de choix peuvent en retirer une grande puissance. On ne peut cependant pas dire qu’elles ont suivi un parcours d’autonomisation si elles n’ont jamais été privées de la capacité de choisir.

La notion de choix repose sur deux réalités :

1)    Choisir une voie, cela suppose que l’on puisse en choisir une autre, agir autrement. La pauvreté et le manque d’autonomie vont par conséquent de pair. En effet, l’incapacité de combler ses propres besoins fondamentaux entraîne la subordination par rapport à des personnes possédant le pouvoir de les satisfaire. Elle élimine donc la possibilité d’un véritable choix. Or, cette absence de choix ne touche pas les hommes et les femmes de la même façon, car les inégalités sexospécifiques aggravent en général les impacts de la pauvreté.

2)    Pour choisir véritablement, il faut donc disposer de plusieurs possibilités d’action. Mais il faut aussi avoir conscience de ces différentes possibilités d’action. Les relations de pouvoir sont plus efficaces quand elles ne sont pas perçues comme telles. Les prérogatives des hommes et des femmes, respectivement, reposent souvent sur l’acceptation pleine et entière des relations de pouvoir telles qu’elles sont. Par exemple, les femmes peuvent accepter sans protester la violence de leurs maris ou la répartition inéquitable des ressources dans leur ménage parce que toute autre attitude est inconcevable pour elles, impossible à entrevoir. Les comportements de ce type peuvent être considérés comme des « choix ». En réalité, ils témoignent au contraire d’une absence de choix.

 

L’autonomisation peut être analysée sous trois angles connexes l’un à l’autre : les capacités réelles d’action, les ressources, les réalisations. Les capacités réelles d’action conditionnent la mise en œuvre des choix. À ce titre, elles constituent l’un des pivots du processus d’autonomisation. Les ressources sont les outils qui permettent d’exercer les capacités réelles d’action. Les réalisations sont les produits des capacités réelles d’action telles qu’elles ont été mises en œuvre. Nous allons maintenant examiner chacune de ces trois dimensions et les relations qu’elles entretiennent entre elles dans le contexte de l’autonomisation.

 

6.1.1.     Capacités réelles d’action

Les capacités réelles d’action (ou « capacités d’action ») recouvrent les actes observables dans l’exercice d’un choix (prise de décision, protestations, négociations) ainsi que les motivations, significations et intentions dont la personne investit son action. Or, ces motivations, significations et intentions dépendent en grande partie de la manière dont cette personne est perçue par son entourage et par la société dans laquelle elle vit. La notion de « capacité réelle d’action » peut être teintée d’une connotation positive ou négative.

·       Dans le sens positif, la capacité d’action correspond au pouvoir personnel d’agir, de définir sa propre vie – y compris contre l’avis d’autrui.

·       Dans son sens négatif, la capacité d’action correspond à l’emprise que certains acteurs peuvent avoir sur d’autres et qui leur permet de court-circuiter leur volonté d’agir, par exemple par l’autorité, la violence ou autre forme de coercition.

 

Dans l’optique de l’autonomisation, les capacités réelles d’action consistent non seulement à choisir activement, mais à choisir d’une manière qui remette en cause les relations de pouvoir. Comme les croyances, les convictions et les valeurs jouent un rôle central dans la légitimation de l’inégalité, le processus d’autonomisation est généralement centrifuge : il part de l’intérieur de l’individu pour gagner graduellement son environnement. Pour qu’il advienne, il faut d’abord que les personnes concernées posent un regard différent sur elles-mêmes (leur estime de soi) et sur leurs possibilités d’action.

 

6.1.2.     Ressources

Les capacités réelles d’action ne s’exercent pas dans l’abstrait : elles nécessitent la mobilisation de ressources les outils du pouvoir. La répartition de ces ressources est déterminée par les institutions et par les relations qui sous-tendent la société.

 

6.1.3.     Réalisations

Les ressources et les capacités réelles d’action définissent les possibilités des gens, le potentiel dont ils disposent pour mener l’existence à laquelle ils aspirent. Elles constituent donc les fruits de leurs efforts. En ce qui concerne l’autonomisation, les réalisations doivent être examinées à l’aune des capacités d’action mises en œuvre mais aussi des conséquences de ces actions.

6.2.  Instruction et autonomisation des femmes

Les recherches de la première catégorie constatent que l’instruction favorise le changement selon différents mécanismes.

Premièrement, elle a des incidences sur la cognition et sur le comportement des individus. Or, ces incidences sont pertinentes pour tous les groupes marginalisés de la société car elles accroissent leurs capacités d’action dans le sens positif du terme (le pouvoir d’agir, de s’autodéterminer).

Deuxièmement, l’instruction favorise l’accès à la connaissance, à l’information, aux idées nouvelles et elle développe la capacité d’utiliser ces ressources d’une manière efficace. Retenons donc que :

 

·       L’instruction aide et incite les femmes à se préoccuper de leur propre qualité de vie, mais aussi celle de leur famille.

·       L’instruction peut également avoir des impacts sur les relations de pouvoir qui s’exercent dans la famille ou à l’extérieur d’elle.

·       L’instruction semble par ailleurs garantir aux femmes une certaine protection contre la violence familiale. Une enquête effectuée en Inde souligne que les femmes instruites sont mieux à même de traiter avec leurs maris violents.

 

 

 

6.3.Travail rémunéré et autonomisation des femmes

Le travail salarié a des impacts encore plus marqués sur la qualité de vie des femmes et sur leurs possibilités d’évolution.  Plusieurs avantages du travail sont à retenir :

1)    Accès à de nouveaux réseaux sociaux grâce au travail en usine ;

2)    Accroissement de leur influence dans les décisions familiales

3)    Augmentation du respect qui leur est témoigné par leur entourage familial, y compris leur mari ;

4)    Amélioration de leur estime de soi et de leurs possibilités de développement personnel ;

5)    Accroissement de leur liberté et de leur autonomie.

                        

Toutefois, l’accès des femmes au travail rémunéré suscite aussi d’autres types de changements dans les relations intergenres.

1)    Il induit une évolution des mentalités dans la valeur que les femmes s’accordent à elles-mêmes (estime de soi) mais aussi dans la valeur que leur entourage familial ou social élargi leur reconnaît (respect d’autrui dans les sphères privée et publique).

2)    Il multiplie les ressources dont les femmes disposent et leur donne les moyens d’intervenir plus activement dans les décisions intrafamiliales

3)     Il permet aux femmes de prendre certaines décisions stratégiques par rapport à leur propre existence, par exemple retarder leur mariage ou investir dans les chances de survie et dans l’instruction de leurs enfants (réduisant souvent, par la même occasion, l’écart sexospécifi que dans ces deux domaines).

4)    Le travail rémunéré aide aussi certaines femmes à quitter leurs maris violents ou à renégocier les conditions de leur relation matrimoniale.

5)    Enfin, il fournit aux jeunes femmes les outils nécessaires pour concevoir leur propre destinée au lieu que leur avenir soit tracé par leurs proches en position de domination.

6.4.Participation politique, représentation et autonomisation des femmes

Le pourcentage des femmes dans les parlements nationaux du monde s’élevait en moyenne à 13,8 % en 2000, ce qui est extrêmement peu. La structure du politique détermine en partie le nombre des femmes candidates aux postes de pouvoir ainsi que le nombre des élues. Les possibilités de représentation féminine dépendent notamment des caractéristiques suivantes des partis politiques :

·       Leur degré d’institutionnalisation ;

·       L’existence (ou l’absence) de règles encadrant la sélection des candidatures et, le cas échéant, le degré de précision et de clarté de ces règles ;

·       L’intérêt du parti considéré envers certaines questions politiques précises ;

·       La compatibilité (ou l’incompatibilité) de la culture politique ambiante avec la promotion de la participation féminine : force ou faiblesse de l’idéologie patriarcale ; degré de pluralisme des organisations ; impact de l’opposition religieuse aux réformes sexospécifiques.

 

6.5.      Les femmes dans la vie politique en Afrique

 

Pourcentage des sièges occupés                  Pourcentage des femmes occupant

par une femme au parlement                      un poste décisionnel au gouvernement

 

Niveau ministériel       Niveau sous-ministériel

 

  1987  1995        1999                                    1994      1998                 1994       1998

 

AFRIQUE DU NORD

Maroc                                     0           1               1                                                    0              0                              0                 8

Égypte                                    4           2                2                                                    4             6                              0                 4

Algérie                                   2           7                3                                                    4             0                              8                10

AFRIQUE DE L’OUEST

Ghana                                    0             8               9                                                    11           9                              12               9

Cameroun                             14          12               6                                                     3            6                               5                6

Burkina Faso                                        4               8                                                     7           10                           14               10

Côte d’Ivoire                         6             5               8                                                     8            3                              0                 3

Mali                                       4             2              12                                                   10           21                            0                 0

Gambie                                  8                              2                                                     0            29                             7               17

Sénégal                                 11           12             12                                                    7            7                              0               15

Nigéria                                                                                                                          3            6                              11               4

AFRIQUE DE L’EST

Tanzanie                                             11            16                                                      13         13                            4                 11

Kenya                                   2             3              4                                                        0           0                              4                  9

Ouganda                               1              7             18                                                       10         13                       7                 13

 

AFRIQUE AUSTRALE

Zimbabwe                         11          15              14                                                      3          12                       25                6

Zambie                              3            7                 9                                                       5           3                              9                12

Mozambique                     16          25               25                                                      4            0                              9                15

Malawi                              10          6                 8                                                        9            4                         9                4

 Source : Les femmes dans le monde 2000, Division de la statistique des Nations Unies

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Gouvernance nationale au Burkina Faso en 2007

 

Total

H

F

% population

 

49%

51%

Députés

111

88,3%

11,7%

Ministres

32

90,6%

9,4%

Prés. Insti. Judiciaires

 

4

 

75%

 

25%

Maires des Communes

 

49

 

97,6%

 

2,4%

Conseillers municipaux

 

1902

 

88%

 

12%

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gouvernance nationale au Bénin3 en 2007

 

Total

H

F

% population

 

48%

52%

Députés

82

93,9%

6,1%

Ministres

23

78,3%

21,7%

Conseillers municipaux

 

1152

 

95,9%

 

4,1%

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gouvernance nationale en Guinée en 2007

 

Total

H

F

% population

 

50%

50%

Députés

114

83,3%

16,7%

Ministres

19

84,2%

15,8%

Ambassadeurs

22

95,4%

4,6%

Sec. Général Ministères

 

22

 

100%

 

0%

Maires des Communes

 

38

 

92,1%

 

7,9%

Leaders des partis politiques

 

46

 

97,8%

 

2,2%

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zone de Texte: Gouvernance en Guinée-Bissau en 2007
	Total	H	F
% population		56%	44%
Députés	100	87%	13%
Ministres	21	76,2%	24,8%
Secrétaire d’état	
9	
100%	
0%

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 


Gouvernance nationale au Mali en 2007

 

Total

H

F

% population

 

48%

52%

Députés

151

97,3%

2,7%

Ministres

29

86,2%

13,8%

Ambassadeurs

22

83,4%

13,6%

Cour constitutionnelle

 

9

 

66,7%

 

33,3%

Maires des Communes

 

701

 

98,4%

 

1,6%

Conseillers municipaux

 

8415

 

96,7%

 

3,3%

Conseil économique et social

 

 

47

 

 

93,6%

 

 

6,4%

Hauts commissaires

 

9

 

100%

 

0%

Préfets

56

100%

0%

 

Gouvernance nationale en Mauritanie en 2007

 

Total

H

F

% population

 

48%

52%

Parlement

120

95%

5%

Ministres

24

91,7%

8,3%

Ministres délégués

 

6

 

83,3%

 

16,7%

Resonsables dans la fonction publique

 

 

93%

 

7%

Conseillers municipaux

 

3333

 

99,7%

 

0,3%

 

7.     Participation politique de la femme et représentation dans les instances de prise de décision : Cas du Burundi

7.1 Note d’information[2]

Au Burundi, les femmes ayant commencé à voter en 1961, la première femme entre à l’Assemblée Nationale en 1965. Sa représentation dans cette instance évolue lentement de 2,04% à 16,07% en 1998, atteint 20,18% durant la période de transition, pour bondir jusqu’à plus de 30% avec les élections de 2005. Celles-ci interviennent en effet après l’instauration dans la Constitution mise en place la même année d’un quota d’au moins 30% de femmes à l’Assemblée Nationale, au Gouvernement et au Sénat. Celui-ci se retrouve en conséquence avec 34,6% de femmes, contre 19,2% durant la période de transition. Mais l’évolution est plus spectaculaire au niveau du Gouvernement. N’ayant intégré cette instance qu’en 1982, les femmes ont progressivement chuté de 12,5 à 4,5 % en 1998. Elles n’ont jamais été plus de 2 avant la mise en place du quota qui a fait bondir leur représentation à 8 femmes sur 26 ministres, soit 30%.

 

Selon le rapport de l’O.A. G, L’égalité de participation entre les hommes et les femmes aux sphères de prises de décision n’est pas assurée. Or, l’égalité de participation aux prises de décision n’est pas une simple question de justice et de démocratie mais c’est également une condition nécessaire pour que les intérêts et les préoccupations des femmes soient pris en considération. En effet, comme le souligne Roland Colin, le fait d’avoir part à quelque chose suppose que l’on « subisse un processus dans lequel on est impliqué », ce qui implique une certaine passivité dans l’action. En revanche, le fait de prendre part à quelque chose signifie que l’on « exerce sa part de responsabilité dans la réalisation d’un processus », ce qui suppose au contraire une véritable action positive. Les femmes devraient donc « prendre part », de façon visible, à la gestion des affaires publiques et non « avoir part ».

 

 La question d’égalité entre les hommes et les femmes a été soulevée depuis les années 1970 lors de grandes conférences de l’Organisation des Nations Unies (ONU). L’an 1975 a été proclamée « Année Internationale de la Femme » et la période 1976-1985 a été déclarée «

Décennie Internationale de la Femme » par l’Assemblée Générale des Nations Unies. Des Conférences de l’ONU ont été organisées à Mexico en 1975, à Copenhague en 1980, à Nairobi en 1985 et à Beijing en 1995 sur le thème « Egalité, Développement et Paix ».

 

La quatrième Conférence Mondiale sur les Femmes qui a eu lieu à Beijing visait à évaluer les progrès réalisés et les obstacles à la promotion de la femme. A l’issu de cette conférence, les Gouvernements, dont le Burundi, qui avaient participé, se sont engagés à éliminer toute forme discrimination, de prôner l’équité et l’égalité entre les sexes et de promouvoir la femme. Ils ont pris l’engagement de traduire en actions ce programme de Beijing. Les Gouvernements ont reconnu que la question d’égalité des genres est une question de droits humains et d’équité entre les hommes et les femmes. Sans une participation effective des femmes à tous les niveaux de prise de décision, les objectifs de développement et de paix deviennent irréalisables. Malheureusement, dans beaucoup de pays, les femmes sont largement sous représentées dans les sphères de prise de décisions et à tous les niveaux.

Au Burundi, les femmes sont sous-représentées au niveau des postes de décisions sauf au Parlement et au Gouvernement où la Constitution prévoit un quota minimal de 30% des femmes. Le taux de participation des femmes est aux environs de 12,7% dans les autres postes de décision  l’existence d’un certain nombre de facteurs favorables à la promotion de l’égalité de genre aussi bien au niveau national, régional qu’international[3].

 

 

7.2. Des entraves majeures à l’intégration de la femme dans les instances de prises de décision

 

Selon l’OAG, même si les femmes instruites sont peu nombreuses par rapport aux hommes, la situation présente est telle qu’il y a la diversité des femmes et des jeunes filles qualifiées dans différents domaines. Ainsi, la faible participation des femmes dans les postes de prises de décisions s’explique par les principales contraintes suivantes :

 

1)    Une faible volonté politique

2)    Le poids de la tradition

3)    La faible participation des femmes dans les partis politiques

4)    Absence d’une plateforme des organisations féminines

5)    Insuffisance d’expérience des femmes dans certaines responsabilités suite au faible niveau de formation et au retard de femmes à fréquenter l’école.

 

Pour faire la relève a toutes ces défis, il faudrait une conjugaison d’efforts entre  de toutes les parties prenante afin d’assurer d’abord l’égalité et l’équité entre les genres dans la société burundaise,  promouvoir la scolarisation sans exception aucune et encourager les femmes. Ensuite, Les femmes leaders, les hommes et les organisations acquis à l’égalité de genres et à la promotion de la femme devraient se mobiliser pour éveiller les autres femmes à participer activement dans la vie politique du pays et pour contribuer au renforcement de leur capacité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7.3. Etat des lieux sur la place de la femme dans les instances de prises de décisions.

 

Zone de Texte: Tableaux en annexes

 

 

Source : O.A.G, 2012

 

 

 

 

Et après tout, qu’est-ce qu’il faut retenir ?

Au vrai sens, la prise en compte du principe d’équité « vise l’accès équitable des hommes et des femmes au développement de leurs capacités, indifféremment de leur sexe, genre, classe sociale, religion et âge ». Ce principe d’équité, qui constitue souvent le gage d’un certain bien-être social des individus, est aussi, dans la plupart des cas, un facteur de stabilité des communautés.

En outre, la prise en compte du principe d’équité procède d’une démarche de développement durable qui vise à concilier les dimensions économique, environnementale, mais aussi sociale du développement des sociétés. Autrement dit, négliger le principe d’équité homme-femme en ne conviant et n’écoutant que les hommes dans les processus d’élaboration des projets de gestion des ressources naturelles, c’est ne pas bénéficier des précieux savoirs des femmes et oublier plus de la moitié des forces vives des sociétés.

 

En ce qui concerne les instances chargées de l’élaboration des politiques, il est à souligner que l’accroissement des capacités d’action des femmes peut jouer un rôle déterminant dans la concrétisation de la plupart des OMD voire aussi les ODD. Or, ces instances peuvent améliorer l’accès à tous les genres aux ressources et amener la société à mieux valoriser leur apport de genre. De telles mesures généreraient sans aucun doute des impacts positifs très importants sur le plan du développement.


 

Références bibliographiques

1.     ACHIN Catherine et LEVEQUE Sandrine, Femmes en politique, Paris, La Découverte, 2006

2.     Banque mondiale, Rapport sur le développement dans le monde : Combattre la pauvreté, Oxford, Oxford University Press , 200.

3.     BARD Christine et al., Les femmes dans la société française au 20ème siècle, Paris, Armand Colin, 2001

4.     BERENI et alIntroduction aux Gender Studies. Manuel des études sur le genre, de Boeck Bruxelles, (2008),

5.     BIHR Alain et PFEFFERKORN Roland, Hommes, femmes, quelle égalité ? Ecole, travail, couple et espace public, Paris, Editions de l’Atelier / Editions Ouvrières, Paris, 2002

6.     Boltanski (Luc). « Les usages sociaux du corps », in Annales E.S.C., vol. 26, n° 1, 1971, pp. 205-229

7.     Boserup, E., La femme face au développement économique, Paris, Éditions Presses universitaires de France, 1983 Collection Sociologie d’aujourd’hui (traduit de l’anglais par Marie-Catherine Marache ; publication originale anglaise : 1970).

8.     BOURDIEU Pierre. La Domination masculine, Paris, Seuil, 1998.

9.     BOZON Michel, Sociologie de la sexualité, Paris, Armand Colin, 2005

10.  Détrez (Christine). La Construction sociale du corps, Paris, Seuil, coll. Points Essais Inédit, 2002.Bateson (Gregory). « Les usages sociaux du corps à Bali », in Actes de la Recherche en Sciences Sociales, n° 14, 1977.

11.  EPHESIA, La place des femmes. Les enjeux de l’identité et de l’égalité au regard des sciences sociales, Paris, La Découverte, coll. « Recherches », 1995

12.  Julienne N. Anoko, Genre et équité dans les Aires Protégées en Afrique de l’Ouest, FIBA/UICN,2008

13.  LAVAU Janine, Quand les femmes s’en mêlent. Genre et pouvoir, Paris, La Martinière, 2004

14.  Massiah, J., Les Femmes chefs de ménage dans les Caraïbes : structures familiales et condition de la femme, , UNESCO. Paris 1983

15.  Naila KABEER, Intégration de la dimension genre à la lutte contre la pauvreté et objectifs du Millénaire pour le développement. Manuel à l’intention des instances de décision et d’intervention, L’Harmattan, Paris, 2005.

16.  O.A.G, Burundi : Faible représentation de la femme dans les organes de prise de décision, Bujumbura 2012

17.  Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Rapport mondial sur le développement humain 1990, Paris, Economica.

18.  ——, Rapport mondial sur le développement humain 1995, Paris.

19.  ——, Rapport mondial sur le développement humain 2000, Paris.

20.  ——, Genre et développement économique : vers l’égalité des sexes dans les droits, les ressources et la participation, Montréal, Éditions Saint-Martin, Paris 2003 (publication originale anglaise : 2001

 



[1] APD : Aide Publique au Développement

OCDE : Organisation de Coopération et développement économique

PPTE : Pays Pauvres Très Endettes

PMA : Pays Moins Avances

PNB : Produit National Brut

[2] COCAFAM/ GL, Analyse sur la participation politique de la femme ainsi que sa protection contre les VBSG dans les provinces cibles du GEWEP au Burundi, Bujumbura, 2017

[3] OAG, Burundi: faible représentation de la femme dans les organisations de prise de décision, Bujumbura 2012


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