Genre et développement en Afrique
Genre et développement en Afrique
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Introduction et présentation du cours
Le présent cours met en évidence
certains éléments fondamentaux susceptibles permettant l’appropriation des
différentes notions relatives au genre et développement. L’ensemble de cette
unité va nous familiariser avec les notions telles que : genre, égalité,
équité développement et développement durable. Le cours focalise son attention
sur l’intégration de l’approche genre et développement aux sein des politiques
de développement. C’est-à-dire mobiliser toutes les notions
fondamentales avec l’approche genre afin de l’intégrer d’une façon systématique
dans toutes les étapes d’un projet de développement.
Le
cours ici présent est formé de quatre chapitres à caractère interactif et
évolutif. Chacun de ses chapitres est une entité complète en elle-même et
constitue cependant un pré-requis pour la compréhension et l’utilisation
adéquate de la part des étudiants et déroule suivant l’approche interactionniste.
Plan
du cours
Les quatre chapitres qui encadre le présent cours
sont les suivants :
1.
Théorie du genre et de l‘équité :
les principes de base
2.
Approche genre et développement
3. Genre, équité et développement en Afrique
4.
Intégration de la dimension genre
à la lutte contre la pauvreté, objectifs du millénaire pour le développement et
participation de la femme dans les instances de décision et d’intervention
CHAP.
I. THEORIE DU GENRE ET DE L‘EQUITE : LES PRINCIPES DE BASE
1.
Différence
entre le genre et le sexe
Le « genre » (issu
de l’anglais gender) est un concept sociologique, utilisé dans
une acception différente de la grammaire. Il se traduit en français par : «
rapports sociaux des sexes » ou encore « rapports socialement et
culturellement construits entre femmes et hommes ». Lorsqu’on parle de
genre, on parle du sexe social, construit socialement par la socialisation, et
qui induit certains comportements ou certaines attitudes. Le genre est une
notion qui fait référence à une construction politique et sociale de la
différence des sexes. Il est interactif et transversal, il opère dans toutes
les sphères de la société. Autrement dit, le genre renvoie à la classification
sociale et culturelle entre masculin et féminin.
Le concept de genre sous-entend que le rapport
entre femme et homme est construit par l’ensemble du processus de
socialisation. Pour reprendre Simone de Beauvoir, on ne nait pas femme, on le devient, de même on ne nait pas homme.
Mais on le devient par l’ensemble du processus de socialisation familiale,
scolaire, professionnelle. Le genre permet d’analyser les choses en mettant en
évidence que les rapports entre femme et homme sont des rapports sociaux, ils
sont fruit d’une construction sociale, ils ne sont pas naturels. Ainsi, les
différences systématiques entre femmes et hommes ne sont-elles pas le produit
d’un déterminisme biologique, mais bien d’une construction sociale.
Les rapports sociaux de
sexe s’expriment à travers la division
du travail. Cette division prend deux formes : la séparation et la hiérarchisation. En effet, si les
travaux féminins et masculins semblent séparés dans toutes les sociétés, ce ne
sont pas partout les mêmes. En revanche, l’anthropologue Margaret Mead le
faisait déjà remarquer en 1948 : quels que soient ces travaux, seuls les travaux masculins sont valorisés.
Le travail domestique souvent invisible, est l’une des formes sexuelles
du travail, rencontrée cependant aussi dans le monde professionnel.
Le genre renvoie aux catégories sociales (féminin
et masculin) et non aux catégories
sexuelles (hommes et femmes). Les relations de genre sont dynamiques et non pas fixes, elles sont variables et peuvent se transformer,
évoluer, s’inscrire dans le changement social. Mais le terme de genre
se réfère aux différences sociales et aux relations sociales entre les hommes
et les femmes. Celles-ci sont apprises
et varient considérablement
d’une société, d’une culture et d’une époque à l’autre.
Cependant, le « sexe » est l’ensemble des caractéristiques
biologiques, héréditaires et génétiques qui organisent les individus en deux
catégories : mâle et femelle. Le sexe fait référence aux différences
anatomiques et biologiques entre hommes et femmes, mâles et femelles. Ainsi, lorsqu’on
parle du sexe, il s’agit du sexe biologique. Ce qui différencie au niveau
biologique le mâle de la femelle (chromosomes, anatomie).
En résume, le sexe renvoie à la distinction biologique entre mâles et femelles,
tandis que le genre renvoie à la
distinction culturelle entre les rôles sociaux, les attributs psychologiques et
les identités des hommes et des femmes. Le premier est une donnée invariante, le second est contingent et peut être modifie par
l’action politique. Le genre se réfère
aux rôles et responsabilités des femmes et des hommes que construit la société
au sein d’une culture ou dans un espace donnent. Les rapports sociaux de sexe s’expriment
à travers la division du travail.
Cette division prend deux
formes : la séparation et la hiérarchisation. En effet, si les travaux féminins et masculins semblent
séparés dans toutes les sociétés, ce ne sont pas partout les mêmes. En revanche,
l’anthropologue Margaret Mead le faisait
déjà remarquer en 1948 : quels
que soient ces travaux, seuls les travaux
masculins sont valorisés. Le travail domestique, souvent
invisible, est l’une des formes de cette division sexuelle
du travail, rencontrée cependant aussi dans le monde professionnel.
Le genre renvoie aux catégories sociales (féminin et masculin) et non aux
catégories sexuelles (hommes et
femmes). Les relations de genre sont dynamiques et non pas fixes, elles sont variables et peuvent se transformer, évoluer,
s’inscrire dans le changement social.
Il est important
de retenir que l’emploi du concept de genre désigne les relations sociales entre les
sexes. C’est la construction sociale et culturelle de ces relations qui est à
la base des inégalités et de l’iniquité
dans nos sociétés.
1.1. Les différentes approches du genre
1.2.1. Egalite femme
– homme
L’égalité des genres,
ou l’égalité entre hommes et femmes, recouvre la notion selon laquelle
tous les êtres humains, hommes et femmes, sont libres de développer leurs
aptitudes personnelles et de faire leurs propres choix, sans qu’ils ne soient
brides par les stéréotypes, la division rigide des rôles et les préjuges. Ce
qui signifie que les comportements, les aspirations et les besoins différents
des hommes et des femmes sont, de manière égale, pris en compte, valorisés
et encouragés. Cela ne signifie pas que les hommes et
les femmes doivent devenir identiques,
mais que leurs droits, leurs responsabilités et leurs chances ne dépendront plus du fait d’être né de l’un ou l’autre sexe. Concrètement parler de l’Egalite signifie
assurer l’accès et des hommes aux mêmes chances, droits, occasions de choisir,
conditions matérielles par exemples, même accès aux soins médicaux, partage des
ressources économiques mêmes participation à l’exercices du pouvoir politique
tout en respectant leurs spécificités.
1.2. Exemples de manifestation d’inégalité dans nos sociétés
Ø
Restrictions
des libertés et des droits fondamentaux :
La société attribue généralement plus de libertés
aux hommes qu’aux femmes. Dans de nombreux pays, les femmes doivent demander
la permission à leur époux, compagnon
ou frères aînés avant de sortir de la maison, ou d’entreprendre une activité
économique. Dans le cas contraire, leurs
entreprises sont tout simplement confisquées et leurs libertés limitées,
la pire des conséquences étant les « crimes d’honneur ».
Pour la plupart des pays africains, les femmes n’ont pas droit à la propriété, plutôt, elles sont
plutôt considérées comme un bien qui appartient à leur famille
d’abord, puis
à celle de leur mari ensuite. Les
femmes sont souvent considérées moins
aptes à prendre des décisions et à occuper des
postes à responsabilités. L’investissement dans
l’éducation des filles et celle
des garçons n’est pas équivalent sous-prétexte
que les filles n’ont pas besoin d’instruction puisque adultes, elles resteront au foyer.
Ø
Non
reconnaissance et sous-évaluation du travail féminin :
Le travail de la femme, parce qu’il se
déroule en majorité dans le cadre domestique, n’est pas reconnu à sa juste valeur dans nos sociétés. On peut
schématiquement diviser le travail
des femmes en trois fonctions ; reproductive, productive et communautaire :
· Le travail reproductif comprend les activités liées à la
reproduction biologique : faire des enfants,
s’occuper de la famille et prendre en charge toutes les tâches d’éducation,
d’alimentation et de santé.
· Le travail communautaire regroupe toutes les activités qui se
réalisent dans la communauté. Il permet d’assurer la défense et l’amélioration
des conditions de vie, ainsi que l’organisation communautaire.
· Le travail productif comprend
les activités générant des revenus financiers, des biens ou des services. Ces bénéfices sont utilisés
pour la consommation propre, familiale ou réinjectés
dans un commerce.
Exemple d’une typologie d’inégalités :
·
Inégalités économiques
·
Inégalité monétaire : différences de revenu ou de
consommation (en dépit de l’intitulé,
cette catégorie inclut aussi les revenus non-monétaires qui représentent un volume
considérable dans les pays en développement)
·
Inégalité des conditions
de vie : différences dans les possibilités d’accéder aux services
collectifs et de satisfaire des besoins considérés comme essentiels (alimentation, logement, santé, éducation, etc.)
·
Inégalité des capacités : différences dans les moyens disponibles dont les équipements et infrastructures, les actifs financiers, l’état sanitaire et le niveau d’éducation
(repris sous le terme de capital humain), la disponibilité en temps (« capital-temps »), l’adhésion à des réseaux
sociaux (capital social), etc. Ce type d’inégalité
traduit une inégalité des chances
·
Inégalité sociale : différences liées à des aspects sociaux
(exemple : marginalisation des veuves)
·
Inégalité culturelle : différences liées à des aspects culturels
(exemple : asymétrie des droits et obligations du
mariage) Ces deux types d’inégalité traduisent
des formes d’exclusion, il n’est donc pas facile d’opérer des distinctions.
Le même phénomène peut avoir des origines diverses
selon le contexte
(plutôt culturel ou plutôt social).
·
Inégalité politique : différences dans les possibilités de prendre des décisions de manière autonome
et de participer aux prises de décision collective
·
Inégalité d’éthique : différences dans les normes morales qui ne s’appliquent pas de manière identique aux femmes et aux
hommes
Tous ces types d’inégalités se trouvent aggravés pour les femmes, à des
degrés très variable en fonction de chaque société, voire à l’intérieur de
chaque société en fonction de la
classe, l’ethnie, l’âge, etc. des femmes
en question.
Si l’égalité existe de
façon formelle dans le principe, elle est loin d’être acquise dans les faits. L’égalité de jure (de
droits) ne mène pas automatiquement à une égalité de facto (de fait) - d’où la nécessité de mettre en œuvre des
démarches d’équité (cf. ci-dessous).
L’objectif
d’égalité suppose la mise en œuvre de politiques en faveur de "l’égalité
des chances" entre les femmes et les
hommes. L’égalité des chances doit permettre aux femmes et aux hommes de bénéficier des mêmes conditions pour avoir un accès égal aux mêmes ressources (vie quotidienne, familiale, marché de l’emploi,
responsabilités politiques, etc.). Plus que de "chance", il faudrait parler d’égalité des opportunités.
Exemple. L’égalité
professionnelle est le fait pour les femmes et les hommes d’avoir les mêmes droits et avantages en matière
d’accès à l’emploi, d’accès à la formation professionnelle,
de qualification, de classification, de promotion et de conditions de travail.
Ainsi l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes est obligatoire pour un même travail ou un travail
de valeur égal.
1.3. Equité
femme – homme
L’équité des genres signifie qu’un traitement impartial doit être accordé
aux hommes et aux femmes, en fonction
de leurs besoins respectifs. Ce traitement peut être identique ou différent, mais il doit être équivalent en termes
de droits, d’avantages, d’obligations et de possibilités.
L’équité représente l’idée de ‘ce qui est juste’. Sa démarche vise à
corriger des inégalités de départ
pour arriver à l’équivalence des chances (ou opportunités) entre femmes et hommes,
en tenant compte de leurs besoins et intérêts spécifiques. Pour des raisons historiques, sociales ou biologiques, ces
besoins et intérêts peuvent s’exprimer de façon différente.
Équité : Notion de la justice naturelle dans l’appréciation de ce qui est
dû à chacune. On parle donc d’une
conception de la justice naturelle qui n’existe pas dans les lois en vigueur. Cette notion exigerait qu’on
traite de la même manière celles et ceux qui
sont semblables, et de manière
différente celles et ceux qui sont différents, ce au nom de la justice. Notion ambiguë qui renvoie à un monde hiérarchisé où l’on recherche
l’amélioration des conditions et non leur transformation. C’est au nom de l’équité
que l’on demande la parité,
l’égalité des salaires pour un travail de valeur égal.
1.4. Parité
femme – homme
La parité signifie que chaque sexe est représenté à égalité. C’est un
instrument au service de l’égalité.
La parité est souvent une condition nécessaire de l’égalité, mais non suffisante. Ainsi, une assemblée
peut être paritaire, mais si les hommes occupent toutes les fonctions de décision et
les femmes celles d’exécution, elle ne sera
pas égalitaire. C’est le cas dans
beaucoup de gouvernements ou de parlement où les femmes restent
cantonnées à des délégations ou des commissions traditionnellement affectées à leur "genre" : famille, enfances, affaires sociales...
Parité entre femmes et hommes : Représentation égale de femmes et
d’hommes dans les structures de
l’État, en particulier dans les institutions élues. On parle alors de démocratie paritaire.
2.
Evolution du concept genre
2.1. Classification du féminisme
par courant politique
2.1.1. L’histoire du féminisme, évolution vers le concept genre
Qu’est- ce que le féminisme
?
Selon
le dictionnaire, le féminisme « est une doctrine
fondée sur l’égalité des sexes
». Les objectifs du féminisme sont les suivants.
· La
défense des intérêts
des femmes dans la
société ;
· Amélioration et extension de leurs droits ;
· La
fin de l’oppression et des discriminations dont les femmes
sont victimes au quotidien ;
· Leur
émancipation.
La théorie féministe met au centre de ses préoccupations la distribution
du pouvoir et des ressources entre
hommes et femmes et les images et symboles associés aux deux sexes et à leurs relations. Elle met en question la
séparation entre famille et travail
ou entre domaine privé et domaine public qui fonda l’approche structuro- fonctionnaliste des rôles sexuels. Elle considère le genre comme une
dimension fondamentale de toute
organisation, au même titre que la classe, et comme une catégorie construite socialement aussi bien sur le lieu de
travail, dans la famille, à l’école que dans
les sphères économiques, politiques et culturelles (R. Boudhon
et al, 2003). Seulement,
toutes les féministes ne formulent pas la même critique, selon qu’elles insistent sur les normes sociales qui
gouvernent différemment chaque rôle de sexe,
ou selon qu’elles vont plus loin en montrant aussi comment ces rôles
s’articulent hiérarchiquement. C’est ainsi qu’on
peut distinguer plusieurs
courants du féminisme.
-
Egalitarisme :
il s’agit de rendre la femme en toute égale a l’homme en terme de rôle social,
avec pour conséquence la déconstruction de la différence anthropologique entre
les sexes.
-
Dualisme : ce
féminisme reconnait, dans une certaine mesure, la spécificité féminine mais il
dialectise l’homme contre la femme
-
Libéralisme : les
féministes libérales ont cherché à s’accaparer de plus de pouvoirs
sociopolitique et économique en y accordant une valeur absolue.
-
Marxisme, socialisme
: les féministes socialistes ont mené une lutte de sexe pour libérer la femme
de l’oppression masculine à travers le travail et l’acquisition du pouvoir
économique féminin.
-
Eco-féminisme :
elles sont généralement pour la stabilisation démographique dans un but
écologique.
-
Protectionnisme :
ces féministes se rencontrent sur l’acquisition de protection légale pour les
femmes par exemple dans le domaine du divorce.
-
Postmodernité : le
courant féministe post- moderne actuel postule que tout est construction sociale
et il nie que les mots homme, femme, mariage, identité aient un contenu claire
et stable.
Les vagues féministes allant de la fin du
IX eme siècle à aujourd’hui.
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Période |
Thèmes principaux / revendications / stratégies
d'action |
Résultats / Droits
obtenus |
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Période Pré- féministe |
1789-1830 |
Droits des femmes
et de la citoyenne. Émancipation
par la formation et l’éducation. |
La
suppression des associations féministes
(1794) ainsi que la répression des
associations présocialistes (Les
Saint Simoniens) et l’adoption du
code civil napoléonien freinent pour
longtemps toute acquisition
des droits pour les filles et les femmes
adultes. |
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Première vague |
Fin 19ième
et 20ième siècle |
Égalité des droits
civils, économiques et des droits politiques. Lutte pour l’accès des femmes à toutes les sphères de la société et pour la représentation des femmes. |
Égalité
civile, égalité de l’homme et de la
femme dans le mariage, dans l’éducation. Égalité des
droits politiques : droit de vote
et éligibilité. Égalité
salariale et égalité dans la profession. |
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Deuxième vague |
Le néo-féminisme débute après 1968, en France, dans les années 70’ |
L’autonomie est le mot
clé de cette période. Auto-organisation
et indépendance politiques, sociales et économiques, refus de la représentation politique : la démocratie est une production patriarcale, il faut refonder la démocratie autrement, en incluant les femmes. |
Droit à
l’avortement, droit à la contraception. Reconnaissance
de la violence dans la sphère
privée (exprimée notamment par le
slogan de mai 68 : Le privé
est politique) Le modèle
familial éclate : reconnaissance d'autres modes de vie
pour les femmes (le célibat, la cohabitation, les lesbiennes). |
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Libération
sexuelle et individuelle. |
Mise en
évidence de la double journée : une
discrimination injustifiable qui a de grandes conséquences. |
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Troisième vague |
Depuis les années 80 |
Reconnaissance de l'existence d'une
violence d'État, notamment à
travers la tolérance des États pour les violences privées. |
Reconnaissance
spécifique du droit des femmes au
travers des droits de l'homme (que l'on devrait voir systématiquement appelés droits humains puisque le mot existe). |
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Développement du
concept d'empowermentet de genre. |
La
mondialisation, les rapports nord/sud élaborent
des concepts qui intègrent les femmes
comme agents de développement prioritaire. |
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3. DU
courant féminisme au concept genre
1.
Décennie des femmes (1975-1986)
La décennie 1970 a été importante pour les femmes.
C’est pendant cette période que les femmes s’organisent en mouvement, partout à travers
le monde. Le milieu du développement international
n’échappe pas a l’influence croissant du mouvement féministe. La préoccupation des femmes dans le développement apparaît pour une première
fois comme une préoccupation mondiale
avec la proclamation en 1975, de l’Année internationale des femmes, et du déroulement de la première Conférence internationale des
femmes à Mexico. Celle-ci a été suivie de
la proclamation de la
Décennie internationale des femmes
(1976-1985).
Cette approche découle des travaux d’une économiste, Ester Boserup, qui,
dans un ouvrage qui fait date, Women’sRole in EconomicDevelopment (1970),
a expliqué qu’on méconnaissait les contributions des femmes et que le développement en souffrait. Il s’agissait de rendre le développement plus
efficace et plus réel en faisant participer les femmes aux processus existants
de développement.
Au cours des années soixante-dix, les Nations Unies abandonnent leurs
stratégies basées sur la modernisation des économies du tiers-monde. Ils réalisent que « l’oubli »
des femmes pourrait
être à l’origine de leur échec. Ils voient dans l’engagement des femmes une façon de mettre en œuvre de nouvelles stratégies de développement (St-Hilaire, C. dans Relais-Femmes, 1997).
L’amélioration de la productivité des femmes devient
alors un des buts du développement traditionnel. En 1976, les Nations Unies créent un Fond de développement réservé
aux femmes (UNIFEM),
afin de permettre aux femmes l’accès
aux grandes conventions et conférences internationales. C’est à partir de cette période
que le féminisme au Sud
a pris son vol. Depuis la
Décennie internationale des femmes, on considère, face à la pauvreté des femmes, que l’exclusion de celles-ci du
processus de développement constitue un véritable
problème. Diverses approches sont alors apparues pour tenter de remédier au problème. L’approche de « l’intégration des femmes dans le développement » (IFD), comme son nom l’indique, vise à intégrer
les femmes au processus de développement,
sans pour autant remettre en question le modèle de développement dans lequel on voulait les intégrer. Cette
approche est liée à « l’approche
anti- pauvreté » qui, reconnaissant
le rôle de production des femmes, vise à améliorer leurs conditions de vie à travers de petits projets générateurs
de revenus, en lien avec leur rôle
traditionnel. Désormais, la formation en matière de genre et l’analyse de la problématique hommes-femmes sont considérés comme des outils indispensables du développement.
CHP. II. APPROCHE GENRE ET DEVELOPPEMENT
Durant les années 1980, apparaît
une deuxième approche, celle du genre et du développement
(GED) ou « Gender and Development » (GAD).
Elle se focalise sur les
relations entre les hommes et les femmes comme objet, sur les relations inégales comme problème, sur le
développement soutenable et équitable comme objectif
et sur le pouvoir des groupes désavantagés (avec un accent sur les besoins stratégiques du genre) (Moser,
1993 ; Razavi et Miller, 1995).
1.
L’approche Genre Et Développement comporte quatre
principes
1)
La remise en cause
biologique : ce principe postule sur le rapport entre les sexes
sont des rapports socialement construits, c’est-à-dire établis par les humains
et peuvent, de ce fait, être charge pour le bien entre des femmes et des
hommes. Les rôles et les relations sociaux de sexe sont déterminants. Chaque
personne se comporte selon ce que la société attend elle en fonction de son âge
et de son sexe.
2)
L’Egalite de sexe/
équité entre les femmes et les HOMMES : hommes et
femmes doivent jouir équitablement des fruits du développement. Ce principe
vise à donner de chance égale aux hommes et aux femmes bénéficiant d’un projet
ou d’une activité.
3)
La participation de
tous, homme comme femme a la prise de décision ou POUVOIR : Ce principe énonce et critique que les relations de
pouvoir inégalent entre homme et femme constitue un frein au développement des
différentes sociétés. L’approche GED ne vise pas seulement à dénoncer et à
transformer les inégalités basées sur le sexe, elle s’attaque également à
d’autres inégalités fondées sur la culture, la race, l’ethnie, etc.
L’approche GED distingue quatre types de pouvoir :
1.
Le pouvoir sur :
source de divergences, de conflits et d’intérêts entre deux x ou plusieurs
acteurs. C’est relation dans laquelle chacun des acteurs va chercher à
maximiser sa marque de manœuvre et minimiser celle de l’autre ou des autres. Il
est l’enjeu de stratégies de personnes ou groupes de personnes dans des
positions sociales inégales.
2.
Le pouvoir avec :
fait appel aux compétences d’une tierce personne c’est-à-dire des personnes qui
s’unissent pour une cause sans nature, s’exprime bien par l’adage UNION FAIT LA FORCE.
3.
Le pouvoir de : C’est la
capacité de comprendre, de faire, de créer, de réagir. Il rend apte à faire
face aux différentes situations rencontrées en société.
4.
Le pouvoir intérieur : Il
est d’ordre spirituel et développe l’esprit de soi et des autres
4) La TRANSVERSALITE : principe qui considère que la problématique des rapports
sociaux de sexe (rapport homme/femme) intervient dans tous les domaines, tous
les secteurs et concerne les catégories sociales.
2. La Conférence mondiale
sur les femmes (Pékin, 1995)
La quatrième Conférence mondiale sur les femmes, qui a eu lieu à Pékin en septembre
1995, s’est attachée à élaborer un nouveau programme d’action afin de réaliser ou d’approfondir les objectifs
fixés depuis 1975. Une importante mobilisation
de certains gouvernements et des organisations de la société civile a
permis des acquis essentiels.
Véritable charte refondatrice des droits des femmes, la Déclaration de Pékin consolide
et précise le travail engagé vingt ans plus tôt. Les gouvernements reconnaissent que « l’égalité des droits, des chances et de
l’accès aux ressources, le partage
égal des responsabilités familiales et un partenariat harmonieux entre les femmes et les hommes sont essentiels à
leur bien-être et à celui de leurs familles ainsi qu’à l’affermissement de la démocratie ». La Conférence de Pékin proclame
que l’égalité entre les femmes et les hommes est une condition
essentielle du développement durable, de la paix et de
la démocratie.
Douze objectifs stratégiques sont identifiés,
qui requièrent des actions spécifiques des gouvernements.
Souvent appelé aussi « Plateforme de Pékin », le Programme d’action,
adopté à l’unanimité les189 Etats présents,
définit douze domaines
prioritaires d’intervention, qui se déclinent en un ensemble
d’objectifs stratégiques et de mesures
à prendre.
1.
Lutter contre
la pauvreté croissante des femmes.
2.
Favoriser l’égal accès à l’éducation et à la formation.
3.
Favoriser l’égal accès aux soins et aux services sanitaires.
4.
Lutter contre la violence à l’égard
des femmes.
5.
Combattre les effets
des conflits armés
sur les femmes.
6.
Promouvoir
l’égalité au sein des structures et des politiques économiques, l’égal accès
à toutes les formes
d’activité de production et aux ressources.
7. Encourager
le partage du pouvoir et la prise de décision.
8.
Promouvoir les mécanismes de promotion de la femme.
9.
Assurer le respect des droits fondamentaux des femmes
et les carences de la promotion et de
la protection de ces droits.
10. Lutter contre l’image stéréotypée de la femme et l’inégalité d’accès et de participation des femmes dans la communication (notamment les médias).
11. Favoriser
l’égal accès à la gestion des ressources naturelles et à la préservation de l’environnement.
12. Abolir la discrimination à l’égard
des petites filles et les violations de leurs droits fondamentaux
Si certains de ces objectifs par exemple en faveur de la santé de la
reproduction ou de la lutte contre
les violences faites aux femmes - font l’objet de controverses dans leur formulation et/ou dans leur contenu
idéologique, le Programme d’action adopté à
Pékin constitue toutefois un progrès fondamental dans la mesure où il
met en avant l’importance de l’égalité des genres dans le processus de développement.
Ce Programme devient
alors un cadre de référence, tant pour l’action
gouvernementale nationale, que pour celle des organisations de la
société civile et des partenaires du
développement. Pour la première fois, les signataires s’engagent à inclure
effectivement l’égalité entre les
femmes et les hommes dans tous les domaines de leur action
gouvernementale. L’approche intégrée
ou transversale de
L’égalité des genres consiste à reconnaître
qu’en raison de facteurs historiquement et socialement construits, les femmes et les hommes ont des besoins et des
priorités différentes, qu’ils et elles font face
à des contraintes différentes et qu’en raison de facteurs sociaux, économiques, culturels, leurs aspirations et
contributions au développement ne s’expriment pas automatiquement de la même façon. Or, cette prise en compte
transversale des relations entre
femmes et hommes ne doit pas exclure le renforcement des appuis spécifiques en direction des femmes.
3. OMD comme
cadre de référence international
en 2000
En continuité de l’approche GED et après la Plateforme de Pékin, la
question de l’égalité des genres est
intégrée à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). En l’an 2000, lors du
Sommet du Millénaire, l’Organisation des
Nations Unies et ses États membres ont adopté huit grandes orientations pour l’élimination de l’extrême pauvreté dans
le monde. Ces OMD sont liés à des cibles à atteindre
dans un délai précis, soit quinze ans. Les cibles permettent de mesurer les progrès dans la lutte contre la pauvreté.
Ces progrès sont évalués du point de vue de
la diminution de la famine et de la mortalité infantile, de
l’augmentation de la richesse et du
niveau d’éducation pour tous. Ils se mesurent également par l’amélioration des conditions de santé ainsi que par la
promotion de l'égalité des sexes, du respect de l'environnement et de la mise en place d’un partenariat mondial pour le développement.
Les 191 États membres de l’ONU, les agences de l’ONU et les instances
commerciales et financières internationales encouragent les OMD en souscrivant aux termes mis en place pour l’atteinte des OMD en 2015. (ONU,
2010)
4. L’OMD comme promotion
de l’égalité des sexes et autonomisation des femmes
Cet objectif énonce de façon claire que sans l’égalité
entre les sexes, il est impossible
de réellement diminuer la pauvreté, la faim et la maladie. Il mentionne que les femmes doivent avoir des pouvoirs
décisionnels sur leur vie équivalent à ceux des
hommes pour leur permettre d’accéder à une autonomie complète. Sachant que le taux de scolarisation est beaucoup plus
faible chez les jeunes filles que chez les garçons,
l’ONU considère qu’il fallait se fixer des cibles dans ce domaine. La cible proposée
en l’an 2000 visait à éliminer les disparités
entre les sexes dans les enseignements primaires et secondaires pour 2005 si possible, et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus
tard. L’ONU propose de mesurer cette cible à
l’aide de trois indicateurs. Le premier étant le calcul du nombre de
garçon versus le nombre de filles
dans les systèmes d’éducation primaire, secondaire et tertiaire.
Le second indicateur propose de
calculer le nombre de femmes ayant une rémunération dans le secteur non agricole. Le dernier porte sur la
proportion de femmes détenant des
sièges dans les parlements nationaux. Sur le site Internet de l’ONU où l’on retrouve l’information sur les OMD, une
mention fait état du fait les femmes sont peu
rémunérées pour leur travail, qu’elles travaillent dans de nombreux
secteurs non officiels et que la
pauvreté est un obstacle sérieux par rapport à l’éducation des filles, ce qui est un frein majeur à l’autonomisation des femmes (ONU, 2010).
Depuis que les OMD ont été conçus, les mouvements de femmes et les
agences spécialisées des Nations Unies
rappellent inlassablement les limites de l’OMD. En effet, les OMD ignorant la dimension genre
constituent un recul par rapport aux droits élaborés dans la Plateforme d’Action de Beijing
et la Déclaration du Caire.
En outre, l’objectif 3 a été traduit de manière très sélective et
partielle en quatre indicateurs et
une seule cible. Enfin, aucun des autres objectifs ne tient compte de la dimension
du genre, ni dans l’analyse
des causes des problèmes, ni dans la présentation de réponses adéquates pour les populations dans leur ensemble.
En sommes, entre 1975 et 1995, quatre conférences mondiales sur les
femmes sont organisées par l’ONU. En parallèle de chaque conférence, un forum
des ONG est organisé par les femmes des sociétés civiles du monde entier. Les
conférences de Beijing sont considérées comme des tournants historique dans la promotion de l’’égalité entre
les sexes et la reconnaissance des droits des femmes. Le tableau suivant
représente l’idée centrale et l’attention de ces quatre conférences.
|
Femmes et développement |
Genre et développement |
|
Centre d’attention |
Les femmes |
Les relations
inégalitaires entre les femmes et les hommes |
|
Problème de départ |
Exclusion des femmes du
processus de développement |
Les différences de
l’accès et le contrôle aux ressources, qui empêchent pleine participation des
femmes |
|
Objectif |
Intégrer les femmes
dans le processus de développement via leur entrée dans le marché économique |
Améliorer l’accès des
femmes aux ressources, transformes les
relations et promouvoir la redistribution des pouvoirs |
|
Stratégies |
Le montage de
projets «femmes» -L’augmentation de la
productivité économique des femmes -Le renforcement des
compétences de femmes au sein des foyers |
-Identification
des différents besoins pratique formules par les femmes et les hommes -Mise en évidence et
prise en compte des intérêts stratégique des femmes -Renforcement de
l’autonomie des femmes à tous les niveaux (économiques, sociaux, et politique |
Source: www. Adequations.org
CHAP. III. GENRE, EQUITE ET DEVELOPPEMENT EN AFRIQUE
III.1. DE LA
DEMYSTIFICATION DES IDEES REÇUES AU DEVELOPPEMENT DURABLE
Le genre est à la base de la construction des inégalités sociales,
elles-mêmes basées sur des mythes
tels que : « Les femmes sont incapables de prendre des décisions et d’occuper des postes de pouvoir » ; « Les femmes ne sont pas aptes à pratiquer
certaines activités comme
diriger une pirogue,
ou aller à la chasse
» ; Les filles à la cuisine avec leur mère et les garçons au salon
avec leur père » ; « Les garçons
ne sont pas aptes
aux tâches ménagères
et les filles aux tâches mécaniques et électroniques » ; « Les hommes possèdent la connaissance scientifique et les femmes la connaissance empirique ou pratique».
Autrement dit, les femmes sont incapables tel ou tel
autre travail. Pourtant, si les garçons ne savent faire la cuisine,
c’est simplement parce qu’on ne le leur a pas appris et non pas parce qu’ils en sont incapables
; de même pour les filles pour tel ou
tel autre tâche ou responsabilité. Les hommes et les femmes détiennent des connaissances
dans divers domaines, sans que l’on puisse dire qu’elles sont inaccessibles ou incompréhensibles pour l’autre sexe. Le
point de départ de toute action doit donc être la démystification de ces idées reçues. Une fois cette étape réalisée, il faut s’engager dans la promotion des
idées nouvelles, ainsi que dans leur
diffusion afin de ne pas contribuer à la perpétuation des conceptions traditionnelles.
III.2. Considération de l’équité au sens du
développement
L’équité vise l’accès équitable des
hommes et des femmes au développement de leur capacité, indifféremment de leur
sexe, genre, classe sociale, religion et âge. L’objectif est d’éliminer des
barrières qui font obstacles aux opportunités économiques, juridiques et
politiques, et de donner accès à l’éducation et aux services basiques. L’équité
signifie aussi la justice : donner à chaque ce qu’il lui appartient de droit,
tout en reconnaissant les conditions et/ ou les caractéristiques spécifiques de
chaque personne. Enfin, l’équité est la reconnaissance de la diversité sans
discrimination.
L’équité
entre les sexes a souvent tendance à être assimilée ou confondue avec les
femmes, car ce sont elles qui ont souffert et continuent d’endurer
la plupart des inégalités. Néanmoins,
le concept est en réalité plus large que cette seule question et peut
s’appliquer aux hommes, aux jeunes
filles et garçons, aux vieillards, aux chrétiens, aux musulmans, aux bouddhistes, aux animistes, etc.
L’approche
soucieuse d’équité entre les sexes reconnaît que chaque homme et chaque femme à une part de responsabilité dans la
réalisation du développement humain durable. Les enfants, les jeunes, les adultes et les personnes âgées des deux
sexes peuvent et doivent contribuer,
par leur expérience, à la promotion et au développement de la communauté. L’objectif est d’œuvrer pour
l’épanouissement concret de chaque femme
et de chaque homme, de permettre à chacun de se
perfectionner, d’améliorer sa qualité de vie et, du même coup, celle de l’ensemble de la communauté en effaçant les inégalités. Reconnaître la validité théorique de cette approche exige
l’engagement d’agir afin d’impulser les transformations sociales nécessaires pour ne pas consolider les inégalités et contribuer à leur perpétuation
III.3. Le
développement durable, un travail dans une perspective d’équité entre les sexes
Travailler dans une perspective
d’équité va au-delà de la promotion et de l’inclusion « d’activités de femmes pour les femmes
». Les objectifs principaux
consistent à :
·
Générer une prise de conscience du rôle des femmes et des hommes comme gestionnaires et sujets du développement ;
·
Mettre en place un
processus permanent et libérateur, qui inclut les hommes, les femmes, les
jeunes et les personnes âgées des deux sexes dans les différentes phases du projet.
·
La reconnaissance préalable des inégalités de pouvoir entre les genres ;
·
La
reconnaissance du rôle des
femmes dans la connaissance, la conservation, l’utilisation et la gestion
des ressources naturelles
;
·
La promotion
de processus sociaux
démontant la construction actuelle des identités
de genre ;
·
L’établissement d’une offre de services équilibrant les opportunités dans les activités
et introduisant l’autonomie des femmes.
D’où l’introduction progressive d’une nouvelle façon de sentir et vivre la réalité, basée
sur des relations d’équité et d’autonomie entre les genres. En effet, ces derniers
détiennent et exerce véritablement le pouvoir dans nos sociétés. L’expérience a démontré que les efforts pour corriger les
inégalités au moyen d’actions orientées
exclusivement vers les femmes, peuvent occasionner une réaction négative de certains hommes.
Ainsi, en Afrique, les contraintes
socioculturelles et religieuses peuvent influencer négativement le succès de projets destinés aux femmes et
produire l’effet contraire à celui recherché.
Les projets d’appui et
de développement des femmes
doivent ainsi analyser chaque contexte, tenir compte des contraintes qui
pèsent sur les femmes, apporter des garanties d’accompagnement,
des moyens pour prévenir les frustrations et les crispations, mais aussi apporter des outils et des solutions pour que celles-ci
bénéficient pleinement des
fruits de leur participation au développement.
Les
hommes doivent être formés,
sensibilisés et intégrés
dans le processus de changement, à travers, par exemple, la mise en place d’ateliers sur des
sujets tels que l’identité masculine, le machisme et le droit
des femmes. Ils doivent aussi avoir accès aux biens et aux ressources générés
par le projet, pour le développement de la communauté.
Il est également important
d’identifier et de soutenir les
hommes déjà ralliés à l’égalité et de démontrer
ainsi la valeur d’une réduction de l’inégalité entre les sexes. Ceci n’écarte
pas la nécessité d’entreprendre des
actions ou des programmes s’adressant exclusivement aux femmes dans les contextes où ils s’avèrent
indispensables.
Par exemple selon les propositions de Lorena Aguilar et al (2002), l’incorporation d’une femme dans les projets des conservations va lui rapporte des revenus et nécessiter
qu’elle passe du temps hors de ce foyer. Ceci peut générer des conflits dans sa
famille est être une raison pour que ses tâches familiales augmentent. Il est
donc important que simultanément aux activités de participations et de
renforcement des capacités, des actions de prévention et de diminution des
conflits relatifs au changement soient prévus. De telles actions peuvent
prendre la forme d’ateliers, de réunions et de campagnes de sensibilisation sur
la violence domestique, la sante, les droits des femmes et des hommes,
l’éducation des enfants la distribution équitable des taches domestique.
A cet effet, différents blocages
socioculturels et socioreligieux affectent et retardent l’applicabilité du
développement durable :
·
Le manque
de volonté politique des Etats ;
·
L’ignorance de l’existence de ces textes et les difficultés pour leur mise en œuvre ;
·
Le poids des
contraintes sociales, des traditions, des coutumes et de la religion
;
·
Le manque d’information des autorités traditionnelles qui demeurent très souvent les juges informels de la plupart des
conflits sur la ques tion du genre ;
·
Le manque de
sensibilité des acteurs judiciaires et extrajudiciaires aux problèmes des femmes ;
·
Le
lourd taux d’analphabétisme féminin, le manque
de solidarité entre les femmes dans
la défense de leurs droits,
l’absence de planification familiale ;
·
L’accès difficile
aux institutions judiciaires, la méconnaissance et la complexité des procédures, la lenteur de l’appareil judiciaire dans le règlement
des conflits, le coût élevé des frais de justice,
les difficultés d’interprétation des textes de loi par les personnes non spécialisées en droit ;
·
Les
vides juridiques ou le peu d’accent mis dans les codes pénaux sur les
violations spécifiques des droits des femmes telles que le harcèlement sexuel, le mariage forcé, les mutilations
génitales, le bannissement de la veuve de la
famille de son ex-mari, le viol
conjugal, la violence conjugale, le bannisse-
ment de la femme ou de la fille refusant le mariage forcé ;
·
La
non effectivité des mesures répressives envers les coupables qui contribue à perpétuer certaines violations,
renforçant ainsi le sentiment de manque de protection chez les victimes ;
·
L’exclusion sociale
pour sorcellerie, le refus
de paternité du géniteur, le refus de remplir les obligations
familiales ;
·
La pression fiscale
pesant plus lourdement sur les femmes ;
·
Le
privilège de la masculinité dans l’accès à la terre surtout à la bonne terre, etc.
Sur le plan politique, les femmes sont très
largement sous-représentées dans les instances
de décision. De nombreux efforts
restent encore à faire en termes de militantisme et d’implication
des femmes dans les prises de décisions politiques. Pourtant, en Guinée-Bissau exceptée, la part de population féminine est
légèrement supérieure à la part masculine dans
toute l’Afrique.
L’implication et la participation des femmes en politique
se heurtent à des obstacles tels que l’absence d’obligation pour les partis
politiques de placer les femmes en position éligible, le refus des candidatures
individuelles, le manque de formation politique, le manque de sou- tien
financier aux candidatures féminines, l’absence de critères fiables pour
accéder à certains
postes de décision, la faible budgétisation et l’inégale répartition des
ressources allouées à la promotion féminine. Des pays comme le Sénégal ou le
Burkina se sont néanmoins fixé des objectifs en termes de candidatures
féminines mais ceux-ci s’avèrent difficiles à appliquer.
Même s’ils restent encore timides face à l’ampleur de la question,
des efforts louables
sont faits dans la majorité des pays de la sous-région concernant :
· La scolarisation obligatoire et gratuite
des filles jusqu’à 14 ans et l’octroi des bourses d’études aux jeunes filles ;
· La concession de droits sociaux à la femme ;
· Le respect de l’égalité
salariale ;
· La sensibilisation sur la question
de l’équité ;
· La mise en place de stratégies
nationales de promotion
de la femme et de la fille ;
· L’active volonté de certains
Etats de promouvoir la question des droits des femmes de façon transversale ;
· La création
des ministères de la Femme et de l’Enfance ;
· La promotion
des réseaux de lobbying sur les droits
de la femme ;
· L’augmentation progressive du nombre de femmes aux postes de gouvernance ;
· La formation
de cadres nationaux
féminins représentant l'administration et la société
civile ;
· La mise en place de groupes de suivi, de comités multisectoriels « genre », etc.
Cependant ces bonnes initiatives
restent encore confinées aux seules zones urbaines et sont insuffisamment diffusées en zone rurale,
là où sont situées la majorité des Aires Protégées. Comme nous pouvons le constater sur l’ensemble de la sous-région, ce ne sont pas
les lois qui font
défaut, mais bien leur mise en application. Celle-ci est bloquée par des
mentalités encore dominées par des
traditions séculaires
souvent discriminatoires. Promouvoir l’équité
entre les sexes se présente
alors comme un réel défi pour les sociétés d’Afrique : Il s’agit en effet de militer pour mettre en place un
véritable processus de changement de mentalités. L’instauration progressive de la question de l’équité au niveau de tous les secteurs économiques et sociaux permettra à la femme et
aux groupes discriminés une participation à part entière
au processus de développement et de bénéficier de ses retombées.
CHAP. IV. INTEGRATION DE LA
DIMENSION GENRE A LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE, OBJECTIFS DU MILLENAIRE POUR LE
DEVELOPPEMENT ET PARTICIPATION DE LA FEMME DANS LES INSTANCES DE DECISION ET
D’INTERVENTION
En septembre 2000, lors du Sommet du Millénaire des Nations
Unies, 189 gouvernements du monde se sont engagés à unir leurs efforts pour
réduire la pauvreté mondiale de moitié à horizon 2015. La Déclaration du
Millénaire énonçait plusieurs objectifs majeurs du développement s’inscrivant
dans la droite ligne de ses valeurs fondamentales. En plus de la réduction de la pauvreté et de la faim, ces objectifs
engageaient les États à promouvoir le
développement humain, maintenir un
environnement durable et mettre sur pied des partenariats pour le développement.
En outre, ils établissaient explicitement l’égalité
entre les genres comme une fin en soi :
« Aucune personne, aucune nation ne doit être privée des bienfaits du
développement. L’égalité des droits et des chances des femmes et des hommes
doit être assurée. »
Le présent et dernier chapitre fait le point sur les résultats
des recherches théoriques et empiriques entourant les progrès réalisés par
rapport aux objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) du point de vue
de l’égalité des genres. Pour être dans les limites du cours, nous allons
focaliser notre attention sur le continent africain en générale, en passant par
quelques particularités. Trois traits caractéristiques pour justifier
l’orientation de ce chapitre :
Premièrement, s’il existe dans certaines
sociétés des formes d’inégalité socioéconomique qui dépassent le genre,
l’inégalité intergenres est la plus omniprésente de toutes. Sous différents
visages, elle marque les relations sociales dans toutes les sociétés ou
presque. Par conséquent, toutes les sociétés du monde, les riches comme les
pauvres, devraient avoir à cœur de bien comprendre les causes et les impacts de
l’inégalité hommes–femmes.
Deuxièmement, l’inégalité intergenres
est présente dans les différents groupes qui évoluent à l’intérieur des
sociétés. Comme elle recoupe d’autres formes d’inégalité, elle touche les
groupes riches aussi bien que les pauvres, les groupes raciaux dominants aussi
bien que les subordonnés, les groupes privilégiés aussi bien que les castes « intouchables ». Dans une société donnée,
l’inégalité des genres se manifeste de manières différentes selon la couche
sociale ou le groupe considéré. Souvent, mais pas toujours, elle est plus
marquée chez les pauvres. Par conséquent, l’inégalité sexospécifique s’ajoute
au dénuement économique : au total, les femmes sont touchées par des formes de
pauvreté plus extrêmes que celles auxquelles les hommes sont soumis.
L’inégalité des genres fait partie intégrante des mécanismes qui causent et
aggravent la pauvreté dans la société. Elle doit par conséquent faire aussi
partie intégrante des mesures mises en œuvre pour éradiquer la pauvreté.
Enfin, troisièmement, l’inégalité intergenres
structure les relations de la production et de la reproduction dans les
sociétés. Dans la plupart des régions du monde, les hommes assument une part
importante des moyens d’existence des ménages. Par contre, ils ne jouent en
général qu’un rôle négligeable dans le travail reproductif non rémunéré de la
sphère domestique. À l’inverse, les femmes assument l’essentiel du travail
non rémunéré se rapportant aux soins prodigués aux membres de la
famille. Variable selon la région, c’est toutefois dans les ménages les plus
pauvres que leur présence dans la sphère productive atteint généralement son
apogée. Cependant, les hommes et les femmes sont très loin de bénéficier d’un
accès égal aux ressources qui leur sont nécessaires pour s’acquitter de leurs
responsabilités. La valeur que la société reconnaît à leurs apports respectifs
ainsi que les capacités dont ils et elles disposent pour agir et déterminer
leurs propres destinées sont aussi très inégalitaires.
Le constant majeur est que les femmes continuent d’être largement
assimilées à leurs rôles reproductifs, ce qui explique que les objectifs du
Millénaire pour le développement (OMD) n’établissent pas explicitement de lien
entre l’inégalité sexospécifi que et la lutte contre la pauvreté. Les OMD
abordent l’égalité des genres essentiellement sous l’angle de la santé et de
l’instruction. Le discours politique continue de sous-estimer, voire d’ignorer,
les capacités d’action économiques des femmes en tant que moteurs possibles de
la lutte contre la pauvreté.
Pour approfondir notre réflexion, nous nous intéressons aux
cibles des OMD qui concernent le développement humain. Il s’agit donc
d’examiner le genre sous l’angle d’indicateurs fondamentaux du développement
humain. Ceci situe son attention sur le rapport aux activités permises ou interdites aux filles et aux femmes dans
les différentes régions du monde et par
rapport aux réussites ou échecs des gouvernements dans la réalisation de
l’égalité. Les analyses montrent que l’amélioration
de l’accès des femmes aux ressources constitue l’une des voies privilégiées de
la concrétisation des OMD se rapportant au développement humain, y compris
ceux qui concernent les inégalités intergenres.
1. Rappel
1.1.
Intégration de la dimension genre
Approche
consistant à « évaluer les incidences pour les femmes et pour les hommes de
toute action envisagée, notamment dans la législation, les politiques ou les
programmes, dans tous les secteurs et à tous les niveaux. Il s’agit d’une
stratégie visant à incorporer les préoccupations et les expériences des femmes,
aussi bien que celles des hommes, dans l’élaboration, la mise en œuvre, la
surveillance et l’évaluation des politiques et des pro grammes dans tous les
domaines – politique, économique et social de manière que les femmes et les
hommes bénéficient d’avantages égaux et que l’inégalité ne puisse se perpétuer.
Le but ultime est d’atteindre l’égalité entre les sexes. » (Conclusion
concertée du Conseil économique et social des Nations Unies 1997)
1.2.
Genre,
égalité et inégalité des genres
Le
« genre » d’une personne est défi ni par les règles, normes, coutumes et
pratiques qui expriment les différences biologiques entre les deux sexes
sous la forme de différences socialement construites entre hommes
et femmes (et entre garçons et filles).
Les deux genres ainsi définis ne sont pas valorisés de la même façon et
ne bénéficient pas de possibilités égales d’évolution et d’action. Dans la
présente réflexion, l’égalité des genres recouvre l’égalité de traitement en
vertu de la loi mais aussi l’égalité des possibilités. (On utilisera également
les expressions « égalité hommes– femmes » et « égalité des sexes », en gardant
présent à l’esprit que le terme « sexe » désigne alors le genre.) En outre,
puisque ces deux catégories n’englobent pas les inégalités concrètes enracinées
dans les structures, l’égalité des genres recouvre aussi l’égalité
substantielle et l’égalité des capacités réelles d’action.
Pour
réaliser l’égalité substantielle, il faut tenir compte des dimensions
contextuelles de la vie des hommes et des femmes ainsi que de leurs
caractéristiques respectives dans les mesures d’éradication des injustices
sexospécifiques. Par exemple, quand un
homme et une femme présentent tous deux les qualifications requises pour un
emploi donné, la femme risque de ne pas pouvoir l’accepter si elle n’a pas
accès à des services de garde d’enfants. Pour que l’égalité des capacités réelles d’action soit réalisée, il
faut que les hommes et les femmes interviennent d’une manière égale dans leur
propre devenir (ce rôle d’agent consistant à prendre les décisions
stratégiques touchant leur existence) et qu’ils contribuent d’une manière égale
à la détermination des conditions dans lesquelles ces décisions se prennent.
L’inégalité des genres est instaurée et
confirmée par les lois et les règlements
officiels de la société, mais aussi par ses normes non écrites et par les
clichés et les consensus, même implicites, qui la parcourent. Si elle est
extrêmement présente entre les sociétés, elle constitue aussi la forme la plus
répandue de désavantage social à l’intérieur
de chaque société. L’inégalité des genres recoupe toutes les autres formes
d’inégalité, par exemple entre classes, castes et races. En outre, puisque le
genre détermine en grande partie l’organisation de la production et de la
reproduction, les femmes se situent « au point de jonction […] de la croissance
économique et du développement humain. » La lutte contre les inégalités entre
les genres se justifie donc par le fait que ces inégalités existent dans toutes
les sociétés, mais aussi à tous les niveaux de ces sociétés. Elles rendent les
conséquences de la pauvreté plus pénibles encore pour les femmes que pour les
hommes et elles déterminent en partie les formes prises par la croissance
économique.
Par
conséquent, ceci nous amène à tirer la conclusion suivante :
1)
La pauvreté
des femmes a des impacts très différents sur les politiques publiques selon que
l’on considère leur pauvreté absolue ou relative.
2) Les modèles sociaux dominants
de la féminité mais aussi de la masculinité influent sur les besoins (et les
priorités) des ménages pauvres et sur leur capacité à y faire face. Ils peuvent
donc empêcher les membres de ces ménages de sortir de la pauvreté.
3) Les femmes sont plus
désavantagées que les hommes dans certains contextes ou par rapport à certaines
dimensions de la pauvreté.
1.3. Les objectifs du Millénaire pour le
développement (OMD)
Consécutivement
à la convention mondiale, les pays développés comme les pays en développement y
adhèrent. Ces objectifs se rapportent principalement à l’insuffisance des revenus, au développement humain, à l’égalité
entre les genres, au maintien d’un environnement durable et à l’instauration
d’un partenariat mondial. À chacun d’eux correspondent des cibles et des
indicateurs permettant de mesurer le chemin parcouru.
1.3.1. Les objectifs du Millénaire pour le développement :
cibles et indicateurs
|
Objectifs et Cibles |
Indicateurs |
|
Objectif 1 : Réduire l’extrême pauvreté et la faim Cible 1 : Entre 1990 et 2015, réduire de moitié la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par
jour Cible 2 : Entre 1990 et 2015, réduire
de moitié la proportion de la population qui souffre de la faim |
1.
Proportion de la population disposant de moins d’un dollar par jour 2.
Indice d’écart de la pauvreté (incidence de la pauvreté x degré de pauvreté) 3.
Part du cinquième le plus pauvre de la population dans
la consommation nationale 4.
Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans présentant une insuffisance pondérale 5.
Proportion de la population n’atteignant pas le niveau minimal d’apport
calorique |
|
Objectif
2 : Assurer l’éducation primaire
pour tous Cible 3 : D’ici à 2015, donner à tous
les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d’achever un
cycle complet d’études primaires |
6.
Taux net de scolarisation dans le primaire 7.
Proportion d’écoliers commençant la première année d’études
d’un enseignement primaire et achevant la cinquième 8.
Taux d’alphabétisation des 15 à 24 ans |
|
Objectif 3 : Promouvoir l’égalité des sexes et
l’autonomisation des femmes Cible 4 : Éliminer les disparités entre
les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005 si possible,
et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard |
9.
Rapport filles/garçons dans l’enseignement primaire, secondaire
et supérieur, respectivement 10.
Taux d’alphabétisation des femmes de 15 à 24 ans par
rapport à celui des hommes 11.
Part des femmes dans l’emploi salarié non agricole 12.
Proportion de sièges occupés par des femmes au parlement
national |
|
Objectif 4 : Réduire la mortalité des enfants de
moins de 5 ans Cible 5 : Entre 1990 et 2015, réduire
de deux tiers le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans |
13.
Taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans 14.
Taux de mortalité infantile 15.
Proportion d’enfants de 1 an vaccinés contre la Rougeole |
|
Objectif 5 : Améliorer la santé maternelle Cible 6 : Entre 1990 et 2015, réduire de trois quarts le taux de mortalité maternelle |
16.
Taux de mortalité maternelle 17.
Proportion d’accouchements assistés par du personnel de santé qualifiée |
|
Objectif 6 : Combattre le VIH/sida, le paludisme
et d’autres maladies Cible 7 : D’ici à 2015, avoir stoppé la
propagation du VIH/sida et commencé à inverser la tendance actuelle Cible 8 : D’ici à 2015, avoir maîtrisé
le paludisme et d’autres maladies, et avoir commencé à inverser la tendance actuelle |
18.
Taux de prévalence du VIH parmi les femmes enceintes âgées de 15 à 24 ans 19.
Taux d’utilisation de la contraception 20.
Nombre des enfants orphelins du VIH/sida 21.
Taux de prévalence du paludisme et taux de mortalité lié à cette maladie 22.
Proportion de la population vivant dans les zones à risque qui utilise des
moyens de protection et des traitements
efficaces contre le paludisme 23.
Taux de prévalence de la tuberculose et taux de mortalité
lié à cette maladie 24.
Proportion de cas de tuberculose détectés et soignés dans le cadre de traitements
de courte durée sous surveillance directe |
|
Objectif 7 : Assurer un environnement durable Cible 9 : Intégrer les principes du développement durable dans les
politiques nationales et inverser la tendance actuelle à la déperdition des
ressources environnementales Cible 10 : D’ici 2015, réduire de moitié
le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à un
approvisionnement en eau potable Cible 11 : D’ici 2020, améliorer
sensiblement la vie d’au moins 100 millions d’habitants de taudis |
25.
Proportion de zones forestières 26.
Superficie des terres protégées pour préserver la biodiversité 27.
PNB par unité d’énergie consommée (indicateur utilisé
comme approximation du rendement énergétique) 28.
Émissions de dioxyde de carbone (par habitant), ainsi que deux mesures de la
pollution atmosphérique planétaire : l’appauvrissement de la couche d’ozone et
l’accumulation de gaz à effet de serre 29.
Proportion de la population ayant accès de façon durable
à une source d’eau meilleure 30.
Proportion de la population ayant accès à un meilleur système
d’assainissement 31.
Proportion de la population ayant accès à la sécurité d’occupation
des logements (La ventilation de certains des
indicateurs ci-dessus en population urbaine et population
rurale peut s’avérer pertinente pour l’évaluation
des améliorations apportées à la qualité de
vie des habitants des taudis.) Certains des indicateurs ci-après seront
évalués séparément pour
les pays les moins avancés (PMA)[1],
de l’Afrique,
des pays sans littoral (États enclavés) et des petits États insulaires en
développement. |
|
Objectif 8 :
Mettre en place un partenariat mondial
pour le développement Cible 12 : Poursuivre la mise en place d’un système commercial et financier multilatéral ouvert, fondé sur des
règles, prévisible et non discriminatoire. Cela suppose un engagement en faveur
d’une bonne gouvernance, du développement et de la lutte contre la pauvreté,
aux niveaux tant national qu’international. Cible 13 : S’attaquer aux besoins
particuliers des pays les moins avancés. La réalisation de cet objectif
suppose l’admission en franchise et hors contingents des produits exportés
par les PMA ; l’application du programme renforcé d’allégement de la dette et
l’annulation des dettes bilatérales envers les créanciers officiels ; et
l’octroi d’une APD plus généreuse aux pays qui démontrent leur volonté de lutter contre la pauvreté. Cible 14 : Répondre aux besoins
particuliers des pays enclavés et des petits États insulaires en
développement (en appliquant le Plan d’action de la Barbade et les conclusions
de la vingt-deuxième session extraordinaire de l’Assemblée générale) Cible 15 : Traiter globalement le
problème de la dette des pays en développement, par des mesures d’ordre national
et international propres à rendre leur endettement viable à long terme Cible 16 : En coopération avec les pays
en développement, formuler et appliquer des stratégies qui permettent aux
jeunes de trouver un travail décent et utile Cible 17 : En coopération avec
l’industrie pharmaceutique, rendre les médicaments essentiels disponibles et abordables
dans les pays en développement Cible 18 : En coopération avec le
secteur privé, faire en sorte que les avantages des nouvelles technologies,
en particulier les technologies de l’information et de la communication, soient
accessibles à tous |
Aide publique
au développement 32.
APD nette, en pourcentage du PNB des pays donateurs membres du CAD (cibles :
0,7 % du total et 0,15 % pour les PMA) 33.
Proportion de l’APD consacrée aux services sociaux de base (éducation de base,
soins de santé primaires, nutrition, eau salubre et assainissement) 34.
Proportion de l’APD qui est déliée 35.
Proportion de l’APD qui est consacrée à l’environnement dans
les petits États insulaires en développement 36.
Proportion de l’APD qui est consacrée au secteur des transports dans les pays
sans littoral Accès aux
marchés 37.
Proportion des exportations (en valeur et à l’exclusion des armes) admises en
franchise de droits et hors contingents 38.
Taux moyen de droits et contingents appliqués aux produits agricoles,
textiles et vêtements 39.
Subventions agricoles nationales et à l’exportation dans les pays de l’OCDE 40.
Proportion de l’APD allouée au renforcement des capacités
commerciales Viabilité de
la dette 41.
Proportion de la dette bilatérale des PPTE envers les créanciers officiels
qui a été annulée 42.
Service de la dette, en pourcentage des exportations de biens et services 43.
Proportion de l’APD fournie au titre de l’allégement de la dette 44.
Nombre de pays ayant atteint les points de décision et d’achèvement de
l’Initiative PPTE 45.
Taux de chômage des 15 à 24 ans 46.
Proportion de la population ayant durablement accès à des médicaments de base
d’un coût abordable 47.
Nombre de lignes téléphoniques pour 1 000 habitants 48.
Nombre de micro-ordinateurs pour 1 000 habitants |
2.
La
dimension genre dans le Rapport mondial sur le développement humain
(RMDH) : Les cinq étapes du PNUD vers
l’égalité entre les sexes
Ayant
déterminé que l’égalité hommes-femmes ne saurait se faire sans l’intervention
des gouvernements, le Rapport mondial sur le développement humain
1995 propose une stratégie en cinq points pour accélérer la concrétisation
de cet objectif.
1) Mobilisation des forces
internationales pour réaliser l’Egalite juridique dans un délai convenu
2) Amendement des pratiques
économiques et institutionnelles en vue de multiplier les opportunités
d’actions qui s’offrent aux femmes
et aux hommes dans leurs milieux de travail (par exemple, congés de maternité,
mais aussi de paternité ; horaires flexibles ; systèmes de taxation favorables
aux familles ; programmes sociaux) ;
3) Mise en œuvre des mesures ciblées visant à
ce qu’au moins 30% des postes des décisions soient confiés aux femmes ;
4) Implantation des programmes d’instructions
universelles pour les filles et les femmes, d’amélioration de la santé génésique
(mère et enfant) et d’augmentation des crédits pour les femmes ;
5) Mise en œuvre des programmes
nationaux et internationaux pour assurer une plus grande accessibilité aux
possibilités d’évolutions économiques et politique, notamment pour les femmes
par exemple : service sociaux élémentaires universels, soins des sante
maternelle et infantile, instrument de crédit les personnes défavorisées ;
réduction de la pauvreté ; renforcement des capacités des initiatives et
de l’autonomisation (contrôle des personnes sur leur destinée).
3.
Genre et taux d’activité dans les années
1980 et 1990
Il
est malaisé de comparer le taux d’activité des femmes dans les différents pays
du globe. Aux difficultés que représente la comptabilisation des emplois
irréguliers ou occasionnels dans l’économie informelle s’ajoute la diversité des définitions retenues pour
mesurer les phénomènes en question.
3.1.Estimation du taux d’activité économique des femmes et du
pourcentage des femmes dans la population active totale : cas de l’Afrique
Taux d’activité
économique des femmes
Pourcentage des femmes
de 15 ans et plus (%) dans la population active totale
1970 1990 1980 1999
MOYEN-ORIENT/AFRIQUE DU NORD
Égypte
6
9 26,5 30,1
Algérie
4 8 21,4 27
Koweït
11
24 13,1 31,3
Oman
6
9 6, 2 16,4
Arabie
saoudite 5
9 7,6 15,5
É.
A. U. 9
18 5, 1 14,5
Rép.
du Yémen 6
10 32,5 28
AFRIQUE
DE L’OUEST
Ghana 59
51 51 50,5
Cameroun 51
41 36,8 37,9
Burkina Faso 85 77 47,6 46,5
Côte d’Ivoire 64 48 32,2 33,3
Mali
17
16 46,7 46,2
Gambie
65
58 44,8 45
Sénégal
60
53 42,2 42,6
AFRIQUE
DE L’EST
Tanzanie
89 77 49,8
49,2
Kenya
65 58 46
46,1
Ouganda
68 62 47,9
47,6
Le
constant réel est que le taux d’activité des femmes a augmenté plus rapidement
que celui des hommes dans presque toutes les régions du monde sauf l’Afrique,
où il était déjà élevé. Ces
changements résultent de plusieurs facteurs.
·
La
transition démographique (passage de taux de natalité et de mortalité élevés à
des taux faibles) qui s’est produite dans la plupart des régions ainsi que la
baisse des taux de fécondité ont permis à un nombre plus élevé de femmes de
travailler à l’extérieur de la maison.
·
L’augmentation
du nombre des jeunes hommes fréquentant un établissement d’enseignement
secondaire ou universitaire ainsi que l’augmentation de l’accessibilité des
retraites pour les hommes plus âgés expliquent en partie la baisse du taux
d’activité des hommes.
·
L’évolution
des marchés de l’emploi s’est traduite par une « double féminisation » de la
main-d’œuvre au niveau international : la part des femmes dans l’emploi a
augmenté ; et l’emploi lui-même a développé certaines des caractéristiques du
travail informel traditionnellement effectué par les femmes.
Ces
dernières décennies ont également été marquées par un changement majeur dans la
répartition de la population active entre les différents secteurs de l’économie
: la population active féminine est restée largement concentrée dans le secteur
agricole en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, mais pas dans les autres
régions du monde. Ainsi, dans les pays de l’Est et du Sud-Est asiatique, non
seulement le taux d’activité des femmes est élevé mais, de plus, les
travailleuses se sont réparties d’une manière plus uniforme entre les secteurs
agricole, industriel et tertiaire). Les femmes représentaient plus d’un tiers
de la main-d’œuvre dans chacun de ces secteurs de 1970 à 1990 et leur part dans
le tertiaire a augmenté pendant cette période. On observe évidemment certaines variations
géographiques. Limitons notre attention sur l’espace africain.
3.2. Répartition de l’emploi par secteur économique
: cas de l’Afrique
|
AGRICULTURE |
INDUSTRIE |
SERVICE |
% PAM % PAF %PAM
% PAF % PAM %PAF
1980 1980 1980 1980 1980 1980
AFRIQUE
DU NORD
Maroc
48 72 23 14 29 14
Égypte
45 10 21 13 33 69
Algérie
27 69 33 6 40 25
AFRIQUE DE L’OUEST
Ghana
66
57 12 14 22 29
Cameroun 65 87 11
2 24 11
Burkina F. 92 93 3 2 5 5
Côte d.I 60
75 10 5 30 20
Mali
86 92 2 1 12 7
Gambie
78 93 10 3 13 5
Sénégal
74 90 9 2 17 8
Nigéria
52 57 10 5 38 38
AFRIQUE DE L’EST
Tanzanie 80 92 7 2 13 7
Kenya
23 25 24 9 53 65
Ouganda 84 91 6 2 10 8
AFRIQUE AUSTRALE
Zimbabwe 29 50 31 8 40 42
Zambie 69 85 13 3 19 13
Mozambique
72 97 14 1 14 2
Malawi 78
96 10 1 12 3
Source
: Les femmes dans le monde 2000, Division de la statistique des Nations Unies
3.3.L’emploi des femmes en Afrique
subsaharienne
En Afrique subsaharienne, la part des femmes dans la main d’œuvre de l’économie formelle a augmenté de 1970 à 1985, passant de 6 % à 25 % au Botswana, de 1,5 % à 6 % au
Malawi, de 9 % à 20 % au Swaziland, et de 0,6
% à 2 % en Tanzanie. En Zambie, les femmes
n’occupaient que 7 % des emplois salariés du
secteur formel. En Guinée Bissau, les femmes représentaient 3,6 % de l’emploi
dans le secteur formel.
3.4.Classification des contraintes déterminées
par le genre
Les
contraintes accentuées par le genre reflètent l’inégalité de la répartition des
ressources et des possibilités d’action entre hommes et femmes dans le ménage.
Un exemple ougandais de contraintes accentuées par le genre
En Ouganda, les femmes produisent 80 % des denrées alimentaires et
fournissent environ 70 % du travail agricole. Une enquête sur la pauvreté dans ce pays montre
que les responsabilités domestiques sexospécifiques des femmes, conjuguées à la
pauvreté des ménages, accroissent le désavantage féminin dans le secteur
agricole. Les femmes travaillent principalement dans le secteur de subsistance
non rémunéré et accomplissent leurs tâches agricoles sans bénéficier des innovations
technologiques ni des ressources, financières ou autres. S’il est vrai que la
plupart de ces problèmes touchent également les agriculteurs pauvres de sexe
masculin, les hommes n’ont pas à subir la contrainte additionnelle des
responsabilités qui incombent spécifiquement aux femmes, alourdissant d’autant
leur charge de travail.
4.
Inégalité des genres et pauvreté des
ménages en Afrique subsaharienne
En Afrique subsaharienne, les recherches
s’intéressent de très près à l’agriculture de subsistance mais négligent les
marchés. Cependant, des études montrent l’importance de l’agriculture dans le
secteur d’économie pour les ménages ruraux.
Une méta-recherche
regroupant 23 études réalisées sur le terrain en Afrique subsaharienne aboutit
à la constatation suivante : en moyenne, 45 % du revenu des ménages ruraux
proviennent du secteur non agricole. En outre, ces revenus non agricoles sont
générés par des sources très diverses : travail salarié ; travail autonome ;
migration. Très souvent, les activités rémunératrices non agricoles sont plus
importantes que les activités rémunératrices agricoles. Dans la sphère non
agricole, les revenus du travail salarié sont supérieurs à ceux du travail
autonome. Enfin, à l’exception des régions situées à proximité de mines ou de
marchés urbains, l’emploi local dans le secteur non agricole génère des revenus
supérieurs à ceux qui proviennent des migrants.
4.1. Genre et activité économique dans les zones rurales
Tous
les observateurs s’accordent à considérer que les femmes jouent un rôle de premier plan dans l’agriculture africaine.
On note toutefois chez eux une tendance certaine à associer les femmes aux
cultures alimentaires et les hommes aux cultures marchandes. Or, la réalité est
loin d’être aussi uniforme, non seulement pour l’Afrique subsaharienne dans son
ensemble, mais aussi, très souvent, entre régions voisines. Dans certains
secteurs de ce sous-continent, les
femmes font effectivement pousser les cultures alimentaires de base pour la
consommation familiale tandis que les hommes s’occupent des cultures
alimentaires destinées à la vente ; dans d’autres, les hommes sont chargés des
cultures industrielles et des cultures d’exportation et, parfois, des cultures
alimentaires de base. On relève également beaucoup d’autres formules de répartition
du travail. Les femmes fournissent incontestablement
un pourcentage élevé du travail de production alimentaire, aussi bien pour la
consommation familiale que pour la vente. Leur apport s’échelonne de 30 %
(Soudan) à 80 % (Congo).
En
outre, les femmes produisent et vendent des cultures en vue d’acheter d’autres
aliments. Les ménages les plus pauvres manquent souvent de céréales parce que
leurs parcelles sont trop petites. L’une
des stratégies de survie éprouvées consiste à vendre des aliments d’une valeur
économique et nutritionnelle plus élevée, par exemple des légumineuses, pour
acheter des céréales de valeur moindre. Quand les femmes s’occupent des récoltes secondaires tandis que les
hommes font pousser les céréales alimentaires de base, la production des femmes
peut être destinée au marché dans une plus grande proportion que celle des
hommes. Les rendements du travail de la terre dépendent d’autres facteurs
de production : main-d’œuvre et intrants matériels (animaux de trait ; outils
plus perfectionnés ; etc.). Ils dépendent également de la capacité du ménage à
faire pousser des récoltes présentant une valeur élevée et de ses possibilités
d’accès sur le marché du travail.
4.2.La pauvreté des femmes dans les
ménages
Les ménages du nord-est du Ghana regroupent souvent de nombreuses
personnes et s’articulent en relations complexes.
Dans certains cas, ils comprennent plusieurs femmes mariées
présentant une grande disparité dans leurs revenus et dans le montant de leurs
économies. En effet, le niveau de pauvreté/ prospérité de la femme ne correspond
pas forcément à celui de son mari. Il dépend plutôt des transferts consentis
par le mari pour aider son épouse et du réseau auquel la femme peut faire appel
pour recueillir le capital indispensable au démarrage de son entreprise (par
exemple, sa famille natale). Les femmes les plus exposées à la pauvreté sont
celles qui présentent les caractéristiques suivantes :
a)
L’âge les empêche de travailler
et elles ne peuvent pas compter sur leur parenté pour faire face à leurs
besoins matériels ;
b)
Elles sont en mauvaise santé et
doivent par conséquent s’en remettre à leur mari ou à leur père pour survivre.
En d’autres termes, une femme peut être pauvre alors que son mari ne l’est pas.
Cependant, l’inverse ne semble pas se produire : les hommes pauvres chefs de famille
n’ont pas d’épouses qui bénéficient d’un revenu élevé ou d’actifs solides.
Du
point de vue de leur impact sur les politiques publiques, les constatations
présentées dans ce chapitre se regroupent en deux axes :
a)
Les femmes
contribuent d’une manière importante aux moyens d’existence des ménages,
surtout les pauvres ;
b)
L’extrême
pauvreté et la faiblesse des rendements du travail féminin sont corrélés entre
eux.
Il
convient par conséquent d’accorder une attention plus soutenue aux contributions économiques des femmes
dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques, et ce, pour au moins deux raisons :
a.
Les
recherches établissent que cette contribution féminine occupe une place majeure
dans les moyens d’existence des ménages à faible revenu ; et
b.
Elles révèlent par ailleurs que l’amélioration
des revenus masculins n’entraîne pas nécessairement une amélioration
équivalente des conditions d’existence des personnes qui constituent le ménage.
L’égalisation hommes–femmes des possibilités économiques ainsi que
l’accroissement des capacités d’action économiques et des capacités salariales
des femmes qui en résulterait constitueraient un moyen efficace de faire
reculer la pauvreté salariale des ménages, mais aussi d’accroître les capacités
humaines des personnes qui les composent – y compris, évidemment, les femmes.
5.
Égalité des genres et développement humain
: l’accroissement des capacités
Comme
nous l’avons souligné, les OMD établissent différentes cibles qui concernent le
développement humain. Elles touchent deux types de besoins :
·
Les
besoins « primaires », c’est-à-dire
dont la satisfaction est indispensable à la survie (par exemple, l’alimentation
et la santé) ;
·
Les
besoins « secondaires »,
c’est-à-dire ceux qui améliorent la qualité de vie et accroissent les capacités
(par exemple l’accès à la contraception, à l’instruction, aux possibilités
d’action économiques et à la représentation politique).
Ces
dimensions du développement humain sont toutes reliées entre elles-ainsi que
les OMD, leurs cibles et indicateurs correspondants. Par exemple, les
recherches montrent que l’instruction et la fécondité (le nombre d’enfants par
femme) sont négativement corrélées. Plusieurs mécanismes expliquent ce
phénomène :
(a)
les femmes instruites sont plus réceptives au concept de planification des
naissances ;
(b)
elles bénéficient d’un meilleur accès à des moyens contraceptifs efficaces ;
(c)
plus les familles investissent dans l’instruction de leurs enfants, moins elles
peuvent se permettre d’en avoir.
De
la même façon, la baisse du taux de fécondité et l’amélioration de l’accès aux
services de santé génésique (mère et enfant) font diminuer le taux de mortalité
maternelle. Or, l’accessibilité de l’instruction et de l’information aident les
hommes et les femmes à prendre des décisions plus éclairées, ce qui contribue à
la baisse du taux de fécondité et à l’accroissement de l’accessibilité des
soins de santé génésique. Autrement dit, toutes les dimensions du développement
humain interagissent les unes sur les autres par des relations de synergie car,
le niveau d’instruction contribue par exemple à l’applicabilité de la
planification familiale d’où l’amélioration du niveau de vie. Les chercheurs avancent plusieurs
explications à ce phénomène : (a)
L’instruction retarde le mariage des femmes et donc, leur première grossesse ; (b) Elle facilite leur accès à la
contraception et aux services de santé et accroît leur capacité à les utiliser
efficacement (tant la contraception que les services de santé) ; (c) Elle leur permet de bénéficier d’un
meilleur traitement de la part des professionnels de la santé.
Qui
plus est, Un nombre considérable d’observations empiriques confirme cette
interprétation. Au Kenya, une étude montre que
les femmes comprennent les instructions d’administration des produits
réhydratants par voie orale si elles disposent d’au moins quatre années de
scolarité. Au Nigéria, l’instruction
accroît la capacité des femmes à traiter avec le monde extérieur, y compris les
professionnels de la santé. Dans les régions rurales, les femmes sans
instruction préfèrent éviter d’accoucher à l’hôpital à cause de la manière dont
les infirmières les traitent des traitements désagréables auxquels les femmes
plus instruites ne sont pas soumises. Plusieurs
études montrent en outre que l’élévation du niveau d’instruction de la mère
induit une augmentation systématique du taux de probabilité des variables
suivantes :
·
Fréquentation
d’une clinique prénatale par la mère ;
·
Supervision
de l’accouchement par un personnel médical qualifié ;
·
Vaccinations
complètes de l’enfant ;
·
Mise en œuvre de soins médicaux efficaces et rapides si l’enfant
tombe malade
6. Égalité des genres et
autonomisation des femmes
Le troisième objectif du Millénaire pour le
développement (OMD) est de « promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation
des femmes » à part entière, ce double objectif est donc explicitement
considéré comme une fin en soi, et non comme un simple instrument de
concrétisation d’autres buts.
6.1.L’autonomisation : capacités réelles
d’action, ressources, réalisations
Il
convient tout d’abord de clarifier le sens du terme « autonomisation » tel que nous l’entendons ici. Le pouvoir peut être
défi ni comme étant la capacité de
choisir. À l’inverse, l’autonomisation désigne les processus qui
confèrent la capacité de choisir à des personnes qui en étaient privées
jusque-là. Autrement dit, l’autonomisation suppose une évolution, un changement.
Les personnes qui bénéficient de nombreuses possibilités de choix peuvent en
retirer une grande puissance. On ne peut cependant pas dire qu’elles ont suivi
un parcours d’autonomisation si elles n’ont jamais été privées de la capacité
de choisir.
La notion de choix repose sur deux réalités
:
1)
Choisir une
voie, cela suppose que l’on puisse en choisir une autre, agir autrement. La
pauvreté et le manque d’autonomie vont par conséquent de pair. En effet,
l’incapacité de combler ses propres besoins fondamentaux entraîne la
subordination par rapport à des personnes possédant le pouvoir de les
satisfaire. Elle élimine donc la possibilité d’un véritable choix. Or, cette
absence de choix ne touche pas les hommes et les femmes de la même façon, car
les inégalités sexospécifiques aggravent en général les impacts de la pauvreté.
2)
Pour
choisir véritablement, il faut donc disposer de plusieurs possibilités
d’action. Mais il faut aussi avoir conscience de ces différentes
possibilités d’action. Les relations de pouvoir sont plus efficaces quand elles
ne sont pas perçues comme telles. Les prérogatives des hommes et des femmes,
respectivement, reposent souvent sur l’acceptation pleine et entière des
relations de pouvoir telles qu’elles sont. Par exemple, les femmes peuvent
accepter sans protester la violence de leurs maris ou la répartition
inéquitable des ressources dans leur ménage parce que toute autre attitude est
inconcevable pour elles, impossible à entrevoir. Les comportements de ce type
peuvent être considérés comme des « choix ». En réalité, ils témoignent au contraire
d’une absence de choix.
L’autonomisation
peut être analysée sous trois angles connexes l’un à l’autre : les capacités réelles d’action, les ressources, les réalisations. Les
capacités réelles d’action conditionnent la mise en œuvre des choix. À ce titre,
elles constituent l’un des pivots du processus d’autonomisation. Les ressources
sont les outils qui permettent d’exercer les capacités réelles d’action. Les
réalisations sont les produits des capacités réelles d’action telles qu’elles
ont été mises en œuvre. Nous allons maintenant examiner chacune de ces trois
dimensions et les relations qu’elles entretiennent entre elles dans le contexte
de l’autonomisation.
6.1.1.
Capacités réelles d’action
Les capacités réelles d’action (ou « capacités d’action ») recouvrent
les actes observables dans l’exercice d’un choix (prise de décision,
protestations, négociations) ainsi que les motivations, significations et
intentions dont la personne investit son action. Or, ces motivations,
significations et intentions dépendent en grande partie de la manière dont
cette personne est perçue par son entourage et par la société dans laquelle
elle vit. La notion de « capacité réelle d’action » peut être teintée d’une
connotation positive ou négative.
·
Dans
le sens positif, la capacité d’action correspond au pouvoir personnel d’agir,
de définir sa propre vie – y compris contre l’avis d’autrui.
·
Dans
son sens négatif, la capacité d’action correspond à l’emprise que certains
acteurs peuvent avoir sur d’autres et qui leur permet de court-circuiter leur
volonté d’agir, par exemple par l’autorité, la violence ou autre forme de
coercition.
Dans
l’optique de l’autonomisation, les capacités réelles d’action consistent non
seulement à choisir activement, mais à choisir d’une manière qui remette en
cause les relations de pouvoir. Comme les croyances, les convictions et les
valeurs jouent un rôle central dans la légitimation de l’inégalité, le
processus d’autonomisation est généralement centrifuge : il part de l’intérieur
de l’individu pour gagner graduellement son environnement. Pour qu’il advienne,
il faut d’abord que les personnes concernées posent un regard différent sur
elles-mêmes (leur estime de soi) et sur leurs possibilités d’action.
6.1.2.
Ressources
Les
capacités réelles d’action ne s’exercent pas dans l’abstrait : elles
nécessitent la mobilisation de ressources les outils du pouvoir. La répartition
de ces ressources est déterminée par les institutions et par les relations qui
sous-tendent la société.
6.1.3.
Réalisations
Les ressources et les capacités réelles
d’action définissent les possibilités des gens, le potentiel dont ils disposent
pour mener l’existence à laquelle ils aspirent. Elles constituent donc les
fruits de leurs efforts. En ce qui concerne l’autonomisation, les réalisations
doivent être examinées à l’aune des capacités d’action mises en œuvre mais
aussi des conséquences de ces actions.
6.2. Instruction
et autonomisation des femmes
Les
recherches de la première catégorie constatent que l’instruction favorise le
changement selon différents mécanismes.
Premièrement, elle a des incidences sur la cognition et
sur le comportement des individus. Or, ces incidences sont pertinentes pour
tous les groupes marginalisés de la société car elles accroissent leurs
capacités d’action dans le sens positif du terme (le pouvoir d’agir, de
s’autodéterminer).
Deuxièmement, l’instruction favorise l’accès à la
connaissance, à l’information, aux idées nouvelles et elle développe la
capacité d’utiliser ces ressources d’une manière efficace. Retenons donc que :
·
L’instruction
aide et incite les femmes à se préoccuper de leur propre qualité de vie, mais
aussi celle de leur famille.
·
L’instruction
peut également avoir des impacts sur les relations de pouvoir qui s’exercent
dans la famille ou à l’extérieur d’elle.
·
L’instruction
semble par ailleurs garantir aux femmes une certaine protection contre la
violence familiale. Une enquête effectuée en Inde souligne que les femmes
instruites sont mieux à même de traiter avec leurs maris violents.
6.3.Travail rémunéré et autonomisation des
femmes
Le
travail salarié a des impacts encore plus marqués sur la qualité de vie des
femmes et sur leurs possibilités d’évolution.
Plusieurs avantages du travail sont à retenir :
1) Accès à de nouveaux réseaux
sociaux grâce au travail en usine ;
2) Accroissement de leur influence
dans les décisions familiales
3) Augmentation du respect qui
leur est témoigné par leur entourage familial, y compris leur mari ;
4) Amélioration de leur estime de
soi et de leurs possibilités de développement personnel ;
5) Accroissement de leur liberté
et de leur autonomie.
Toutefois, l’accès des femmes au travail rémunéré suscite aussi
d’autres types de changements dans les relations intergenres.
1) Il induit une évolution des
mentalités dans la valeur que les femmes s’accordent à elles-mêmes (estime de
soi) mais aussi dans la valeur que leur entourage familial ou social élargi
leur reconnaît (respect d’autrui dans les sphères privée et publique).
2) Il multiplie les ressources
dont les femmes disposent et leur donne les moyens d’intervenir plus activement
dans les décisions intrafamiliales
3) Il permet aux femmes de prendre certaines décisions stratégiques
par rapport à leur propre existence, par exemple retarder leur mariage ou
investir dans les chances de survie et dans l’instruction de leurs enfants
(réduisant souvent, par la même occasion, l’écart sexospécifi que dans ces deux
domaines).
4) Le travail rémunéré aide aussi
certaines femmes à quitter leurs maris violents ou à renégocier les conditions
de leur relation matrimoniale.
5) Enfin, il fournit aux jeunes
femmes les outils nécessaires pour concevoir leur propre destinée au lieu que
leur avenir soit tracé par leurs proches en position de domination.
6.4.Participation politique, représentation et
autonomisation des femmes
Le pourcentage
des femmes dans les parlements nationaux du monde s’élevait en moyenne à 13,8 %
en 2000, ce qui est extrêmement peu. La structure du politique détermine en
partie le nombre des femmes candidates aux postes de pouvoir ainsi que le
nombre des élues. Les possibilités de représentation féminine dépendent
notamment des caractéristiques suivantes des partis politiques :
·
Leur
degré d’institutionnalisation ;
·
L’existence
(ou l’absence) de règles encadrant la sélection des candidatures et, le cas
échéant, le degré de précision et de clarté de ces règles ;
·
L’intérêt
du parti considéré envers certaines questions politiques précises ;
·
La
compatibilité (ou l’incompatibilité) de la culture politique ambiante avec la
promotion de la participation féminine : force ou faiblesse de l’idéologie
patriarcale ; degré de pluralisme des organisations ; impact de l’opposition
religieuse aux réformes sexospécifiques.
6.5. Les
femmes dans la vie politique en Afrique
Pourcentage des sièges occupés Pourcentage des femmes occupant
par
une femme au parlement un
poste décisionnel au gouvernement
Niveau
ministériel Niveau sous-ministériel
1987 1995 1999 1994
1998 1994 1998
AFRIQUE
DU NORD
Maroc 0 1 1 0 0 0 8
Égypte 4 2
2 4 6 0 4
Algérie 2 7
3 4 0 8 10
AFRIQUE DE L’OUEST
Ghana 0 8 9 11 9 12 9
Cameroun 14 12 6 3 6 5 6
Burkina Faso 4 8 7
10 14 10
Côte d’Ivoire 6 5 8 8 3 0 3
Mali 4 2 12 10 21 0 0
Gambie 8 2 0
29 7 17
Sénégal 11 12
12 7 7 0 15
Nigéria 3 6 11 4
AFRIQUE DE L’EST
Tanzanie 11 16 13 13 4 11
Kenya 2 3 4 0 0 4 9
Ouganda
1 7 18 10
13 7 13
AFRIQUE
AUSTRALE
Zimbabwe 11 15 14 3
12 25 6
Zambie 3 7 9 5 3 9 12
Mozambique 16 25 25 4
0 9 15
Malawi
10 6 8 9
4 9 4
Source : Les femmes dans le monde 2000,
Division de la statistique des Nations Unies
|
Gouvernance nationale au Burkina Faso en 2007 |
|||
|
|
Total |
H |
F |
|
% population |
|
49% |
51% |
|
Députés |
111 |
88,3% |
11,7% |
|
Ministres |
32 |
90,6% |
9,4% |
|
Prés. Insti. Judiciaires |
4 |
75% |
25% |
|
Maires des Communes |
49 |
97,6% |
2,4% |
|
Conseillers municipaux |
1902 |
88% |
12% |
|
Gouvernance nationale au Bénin3 en 2007 |
|||
|
|
Total |
H |
F |
|
% population |
|
48% |
52% |
|
Députés |
82 |
93,9% |
6,1% |
|
Ministres |
23 |
78,3% |
21,7% |
|
Conseillers municipaux |
1152 |
95,9% |
4,1% |
|
Gouvernance nationale en Guinée en 2007 |
|||
|
|
Total |
H |
F |
|
% population |
|
50% |
50% |
|
Députés |
114 |
83,3% |
16,7% |
|
Ministres |
19 |
84,2% |
15,8% |
|
Ambassadeurs |
22 |
95,4% |
4,6% |
|
Sec. Général
Ministères |
22 |
100% |
0% |
|
Maires des
Communes |
38 |
92,1% |
7,9% |
|
Leaders des partis politiques |
46 |
97,8% |
2,2% |

|
Gouvernance nationale au Mali
en 2007 |
|||
|
|
Total |
H |
F |
|
% population |
|
48% |
52% |
|
Députés |
151 |
97,3% |
2,7% |
|
Ministres |
29 |
86,2% |
13,8% |
|
Ambassadeurs |
22 |
83,4% |
13,6% |
|
Cour constitutionnelle |
9 |
66,7% |
33,3% |
|
Maires des Communes |
701 |
98,4% |
1,6% |
|
Conseillers municipaux |
8415 |
96,7% |
3,3% |
|
Conseil économique et social |
47 |
93,6% |
6,4% |
|
Hauts commissaires |
9 |
100% |
0% |
|
Préfets |
56 |
100% |
0% |
|
Gouvernance nationale en Mauritanie en 2007 |
|||
|
|
Total |
H |
F |
|
%
population |
|
48% |
52% |
|
Parlement |
120 |
95% |
5% |
|
Ministres |
24 |
91,7% |
8,3% |
|
Ministres délégués |
6 |
83,3% |
16,7% |
|
Resonsables dans la fonction publique |
|
93% |
7% |
|
Conseillers municipaux |
3333 |
99,7% |
0,3% |
7.
Participation
politique de la femme et représentation dans les instances de prise de décision
: Cas du Burundi
7.1 Note
d’information[2]
Au Burundi, les femmes ayant commencé à voter en 1961, la
première femme entre à l’Assemblée Nationale en 1965. Sa représentation dans
cette instance évolue lentement de 2,04% à 16,07% en 1998, atteint 20,18%
durant la période de transition, pour bondir jusqu’à plus de 30% avec les
élections de 2005. Celles-ci interviennent en effet après l’instauration dans
la Constitution mise en place la même année d’un quota d’au moins 30% de femmes
à l’Assemblée Nationale, au Gouvernement et au Sénat. Celui-ci se retrouve en
conséquence avec 34,6% de femmes, contre 19,2% durant la période de transition.
Mais l’évolution est plus spectaculaire au niveau du Gouvernement. N’ayant
intégré cette instance qu’en 1982, les femmes ont progressivement chuté de 12,5
à 4,5 % en 1998. Elles n’ont jamais été plus de 2 avant la mise en place du
quota qui a fait bondir leur représentation à 8 femmes sur 26 ministres, soit
30%.
Selon le rapport de l’O.A. G, L’égalité de participation entre les hommes et les femmes aux
sphères de prises de décision n’est pas assurée. Or, l’égalité de participation
aux prises de décision n’est pas une simple question de justice et de
démocratie mais c’est également une condition nécessaire pour que les intérêts
et les préoccupations des femmes soient pris en considération. En effet, comme
le souligne Roland Colin, le fait d’avoir
part à quelque chose suppose que l’on « subisse un processus dans lequel on
est impliqué », ce qui implique une certaine passivité dans l’action. En
revanche, le fait de prendre part à quelque chose signifie que l’on «
exerce sa part de responsabilité dans la réalisation d’un processus », ce qui
suppose au contraire une véritable action positive. Les femmes devraient donc «
prendre part », de façon visible, à la gestion des affaires publiques et non «
avoir part ».
La question d’égalité entre les hommes et
les femmes a été soulevée depuis les années 1970 lors de grandes conférences de
l’Organisation des Nations Unies (ONU). L’an 1975 a été proclamée « Année
Internationale de la Femme » et la période 1976-1985 a été déclarée «
Décennie
Internationale de la Femme » par l’Assemblée Générale des Nations Unies. Des
Conférences de l’ONU ont été organisées à Mexico en 1975, à Copenhague en 1980,
à Nairobi en 1985 et à Beijing en 1995 sur le thème « Egalité, Développement et
Paix ».
La
quatrième Conférence Mondiale sur les Femmes qui a eu lieu à Beijing visait à
évaluer les progrès réalisés et les obstacles à la promotion de la femme. A l’issu de cette conférence, les
Gouvernements, dont le Burundi, qui avaient participé, se sont engagés à
éliminer toute forme discrimination, de prôner l’équité et l’égalité entre les
sexes et de promouvoir la femme. Ils ont pris l’engagement de traduire en
actions ce programme de Beijing. Les Gouvernements ont reconnu que la question
d’égalité des genres est une question de droits humains et d’équité entre les
hommes et les femmes. Sans une participation effective des femmes à tous les
niveaux de prise de décision, les objectifs de développement et de paix
deviennent irréalisables. Malheureusement, dans beaucoup de pays, les femmes
sont largement sous représentées dans les sphères de prise de décisions et à
tous les niveaux.
Au
Burundi, les femmes sont sous-représentées au niveau des postes de décisions
sauf au Parlement et au Gouvernement où la Constitution prévoit un quota
minimal de 30% des femmes. Le taux de participation des femmes est aux environs
de 12,7% dans les autres postes de décision
l’existence d’un certain nombre de facteurs favorables à la promotion de
l’égalité de genre aussi bien au niveau national, régional qu’international[3].
7.2.
Des entraves majeures à l’intégration de la femme dans les instances de prises
de décision
Selon
l’OAG, même si les femmes instruites sont peu nombreuses par rapport aux
hommes, la situation présente est telle qu’il y a la diversité des femmes et
des jeunes filles qualifiées dans différents domaines. Ainsi, la faible
participation des femmes dans les postes de prises de décisions s’explique par
les principales contraintes suivantes :
1)
Une faible volonté
politique
2)
Le poids de la tradition
3)
La faible participation des femmes dans les partis politiques
4)
Absence d’une plateforme des organisations féminines
5)
Insuffisance d’expérience des femmes dans certaines responsabilités
suite au faible niveau de formation et au retard de femmes à fréquenter l’école.
Pour
faire la relève a toutes ces défis, il faudrait une conjugaison d’efforts
entre de toutes les parties prenante
afin d’assurer d’abord l’égalité et l’équité entre les genres dans
la société burundaise, promouvoir la scolarisation sans exception
aucune et encourager les femmes. Ensuite, Les femmes leaders, les hommes et
les organisations acquis à l’égalité de genres et à la promotion de la femme
devraient se mobiliser pour éveiller les autres femmes à participer activement
dans la vie politique du pays et pour contribuer au renforcement de leur
capacité.
7.3. Etat
des lieux sur la place de la femme dans les instances de prises de décisions.







Source :
O.A.G, 2012
Et après tout, qu’est-ce qu’il faut
retenir ?
Au vrai sens, la prise en
compte du principe d’équité « vise
l’accès équitable des hommes et des femmes au développement de leurs capacités,
indifféremment de leur sexe, genre, classe sociale, religion et âge ». Ce
principe d’équité, qui constitue souvent le gage d’un certain bien-être social des individus, est aussi, dans la plupart des cas, un
facteur de stabilité des communautés.
En outre, la prise en
compte du principe d’équité procède
d’une démarche de développement durable qui vise à concilier les dimensions économique, environnementale,
mais aussi sociale du développement des sociétés. Autrement dit, négliger le principe d’équité homme-femme en ne conviant
et n’écoutant que les hommes dans les processus d’élaboration des projets de gestion des ressources
naturelles, c’est ne pas bénéficier des précieux savoirs des femmes et oublier plus de la moitié des forces vives des sociétés.
En ce qui concerne les instances chargées de l’élaboration des politiques,
il est à souligner que l’accroissement des capacités d’action des femmes peut
jouer un rôle déterminant dans la concrétisation de la plupart des OMD voire
aussi les ODD. Or, ces instances peuvent améliorer l’accès à tous les genres
aux ressources et amener la société à mieux valoriser leur apport de genre. De
telles mesures généreraient sans aucun doute des impacts positifs très
importants sur le plan du développement.
Références
bibliographiques
1. ACHIN
Catherine et LEVEQUE Sandrine, Femmes en
politique, Paris, La Découverte, 2006
2. Banque
mondiale, Rapport sur le développement
dans le monde : Combattre la pauvreté, Oxford, Oxford University Press ,
200.
3. BARD
Christine et al., Les femmes dans la
société française au 20ème siècle, Paris, Armand Colin, 2001
4. BERENI
et alIntroduction aux Gender Studies.
Manuel des études sur le genre, de Boeck Bruxelles, (2008),
5. BIHR
Alain et PFEFFERKORN Roland, Hommes,
femmes, quelle égalité ? Ecole, travail, couple et espace public, Paris,
Editions de l’Atelier / Editions Ouvrières, Paris, 2002
6. Boltanski
(Luc). « Les usages sociaux du corps », in Annales E.S.C., vol. 26, n° 1, 1971,
pp. 205-229
7. Boserup,
E., La femme face au développement
économique, Paris, Éditions Presses universitaires de France, 1983
Collection Sociologie d’aujourd’hui (traduit de l’anglais par Marie-Catherine
Marache ; publication originale anglaise : 1970).
8. BOURDIEU
Pierre. La Domination masculine,
Paris, Seuil, 1998.
9. BOZON
Michel, Sociologie de la sexualité,
Paris, Armand Colin, 2005
10. Détrez
(Christine). La Construction sociale du
corps, Paris, Seuil, coll. Points Essais Inédit, 2002.Bateson (Gregory). «
Les usages sociaux du corps à Bali », in Actes de la Recherche en Sciences
Sociales, n° 14, 1977.
11. EPHESIA,
La place des femmes. Les enjeux de
l’identité et de l’égalité au regard des sciences sociales, Paris, La
Découverte, coll. « Recherches », 1995
12. Julienne
N. Anoko, Genre et équité dans les Aires
Protégées en Afrique de l’Ouest, FIBA/UICN,2008
13. LAVAU
Janine, Quand les femmes s’en mêlent.
Genre et pouvoir, Paris, La Martinière, 2004
14. Massiah,
J., Les Femmes chefs de ménage dans les
Caraïbes : structures familiales et condition de la femme, , UNESCO. Paris
1983
15. Naila
KABEER, Intégration de la dimension genre
à la lutte contre la pauvreté et objectifs du Millénaire pour le développement.
Manuel à l’intention des instances de décision et d’intervention,
L’Harmattan, Paris, 2005.
16. O.A.G,
Burundi : Faible représentation de
la femme dans les organes de prise de décision, Bujumbura 2012
17. Programme
des Nations Unies pour le développement (PNUD), Rapport mondial sur le développement humain 1990, Paris, Economica.
18. ——,
Rapport mondial sur le développement
humain 1995, Paris.
19. ——,
Rapport mondial sur le développement humain
2000, Paris.
20. ——,
Genre et développement économique : vers
l’égalité des sexes dans les droits, les ressources et la participation,
Montréal, Éditions Saint-Martin, Paris 2003 (publication originale anglaise :
2001
[1] APD : Aide Publique au Développement
OCDE : Organisation de Coopération et développement
économique
PPTE : Pays Pauvres Très Endettes
PMA : Pays Moins Avances
PNB : Produit National Brut
[2] COCAFAM/ GL, Analyse sur la participation politique de la
femme ainsi que sa protection contre les VBSG dans les provinces cibles du
GEWEP au Burundi, Bujumbura, 2017
[3] OAG, Burundi: faible représentation de la femme dans les organisations de
prise de décision, Bujumbura 2012

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