vendredi 27 janvier 2023

La société burundaise entre conservatisme, progressisme et développement

 La société burundaise   entre conservatisme, progressisme et développement 

 La société burundaise   entre conservatisme, progressisme et développement


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0.     INTRODUCTION GENERALE: APPROCHES CONCTUELLES DE LA SOCIETE ET DU DEVELOPPEMENT COMMUN

1. Société

0.1.1. Définition et caractéristiques

Pour bien comprendre ce qu’est une société en tant qu’une unité irréductible, nous ferons allusion à un agrégat social ou de groupe. Du point de vues des personnes  qui la constitue, une société est définit comme le plus grand nombre d’êtres humains qui interagissent pour satisfaire leurs besoins sociaux et partagent une culture commune. La présente définition différencie la société du groupe de la société à l’échelle culturelle.

La première c’est-à-dire le groupe n’embrasse qu’un segment d’une société tandis que la seconde embrasse la culture commune d’une société et, est plus beaucoup large que celle d’une personne singulière ou d’un groupe. La société est finalement définit comme un réseau de groupe majeurs interconnectes, envisage comme une unité et partage une culture commune.

En effet, tenant compte de la définition complète de la société, celle-ci comprend les éléments suivant[1]:

-       Les personnes qui composent une société constituent  ensemble une unité géographique c’est-à-dire une population totale ;

-       La société comprend une aire géographique commune, avec des frontières ;

-       Une société est faite de groupes majeurs qui sont différencies par leurs fonctions ;

-       La société est composée de groupe similaire au point de vue culturel: langue commune ;

-       La société doit se faire reconnaitre comme une unité fonctionnant en tant qu’ensemble, mais des différentiations fonctionnelles internes.

 

0.1.2. Fonctions essentielles de la société

Quand une société fonctionne d’une manière normale et adéquate, tout se fait de façon plus efficace et plus satisfaisante qu’elles ne pourraient l’être si elles étaient faites par des individus isolés. Par exemple, une personne peut se retrouver handicapée, déprimée et frustrée ; s’il lui arrive de vouloir faire quelque chose seule, sans l’aide d’autrui, soit elle échoue, soit elle le fait maladroitement. Par conséquent, il est clair que la société existe pour des personnes. Elle exerce un certains nombres de fonctions générales qui opèrent à travers toutes les fonctions plus spécifiquement définies comme celles des groupes majeurs. Ces fonctions générales sont les suivantes selon Fichter[2]:

-       La société rassemble les gens dans le temps et dans l’espace de telle manière qu’il leur possible d’avoir entre eux des relations humaines. Le temps et l’espace forment une condition préalable pour que fonctionne la société.

-       La société procure aux gens des moyens de communication systématique et adéquates en sorte que par le langage et par d’autres symboles communs, ils soient capables de se comprendre entre eux

-       La société épargne le temps et l’énergie des individus en développant et en maintenant des schèmes communs de comportements que les membres de la société partagent et auxquels ils se conforment.

-       La société procure un système des stratifications de statuts et de classes qui donne à chaque individu une position relative, stable et reconnaissable dans la structure sociale.

De l’autre cote, la société incarne des fonctions spécifiques pour répondre aux besoins sociaux primaires[3]:

·       La société a sa manière ordonnée et efficace de renouveler son propre personnel ;

·       La société pourvoit a la socialisation, au développement, a l’endoctrinement de ses membres par son système schématise et organise d’éducation formelle et informelle ;

·       La société produit et distribue des biens matériels et physique ainsi que les services pessaire a la vie des individus ;

·       Par ces divers groupes, la société pourvoit d’une manière sociale aux besoins religieux et spirituels ;

·       Le besoin humain fondamentale de sécurité extérieur et d’ordre est satisfait par la société aux moyens de son administration politique et ses divers groupes civiques.

0.2. Développement commun

Pour parler du développement commun, nous partirons d’une autre idée qui semble parallèle ; celle du bien commun car impossible est de parler du développement d’une entité quelconque sans parler du bien commun pour les composantes de celle-ci.

Tout d’abord, notons que le développement est fonde sur deux paradigmes[4] qui légitiment l’ensemble des pratiques professionnelles des  développeurs  quelles que soient leurs orientations idéologiques, morales ou politiques :

 

a)     Le développement a pour objet le bien des autres (paradigme altruiste). D’où il découle que le développement a une forte connotation morale

b)    Le développement implique progrès technique et économique (paradigme modernisateur). D’où il découle que le développement a une forte connotation évolutionniste et techniciste.

 

Que signifie le bien commun?  Tout d’abord le bien commun signifie le bien de tous, donc non pas un bien particulier ou un bien pour peu de gens. Il suppose donc un bien collectif qui présuppose l’organisation de la vie commune.  Le bien commun comprend toutes les choses, aussi quelque chose de plus et de plus profond, de plus concret et de plus humains. Car il renferme aussi et surtout la somme ou l’intégration sociale de tout ce qu’il a de conscience civique, de prospérité matérielle et de richesse de l’esprit, de sagesse héréditaire mise consciemment en œuvre, de rectitude morale, de justice, d’amitié, de bonheur et de vertu et d’héroïsme, dans les vie individuelles des membres de la communauté, en tant que tout cela soit, en une certaine mesure communicable et se repend en une mesure, sur chacun, et aide ainsi chacun a compléter sa vie et sa liberté de personne. Tout cela constitue la bonne vie humaine de la multitude[5].

Mais concrètement, quels sont les biens de tous dont la société doit se préoccuper? Saint Thomas d’Aquin l’indique par divers formule: «bien-vivre», « vivre selon la vertu»,             « tranquillité de l’ordre», etc. Autrement pour dire: Pour qu’une personne ait une bonne existence, il y a deux conditions: l’une est principale consiste dans l’agir selon la vertu (la vertu en effet ce par quoi l’on vit bien) ; l’autre secondaire et quasi-instrumentale, c’est d’avoir mené une action vertueuse». L’unité de l’homme, toutefois, est donnée  déjà par la nature, tandis que l’unité sociale, qui est appelée ‘‘ paix’’ est réalisée par l’action souverain.  Par conséquent, notons trois facteurs qui se postulent  pour instaurer une bonne existence sociale: 1) d’abord que l’on constitue une communauté unie dans la paix ; 2) ensuite, que la société, unie par le lien de la paix soit instruite a agir bien. En effet comme l’homme ne pourrait rien faire de bien, sinon qu’en présupposant que ses parties sont unies, de même une communauté humaine qui manque de la paix, dévastée par des luttes, n’a pas d’agir bien ; 3) en fin, il faut que l’on dispose en quantité suffisante le nécessaire pour bien vivre. Ainsi établie une vie bonne dans la société[6].

«La vie bonne», «vivre bien» pour Saint Thomas signifie vivre secundum virtutem: c'est-à-dire la dimension morale de la société y compris aussi l’économie, la technique, l’organisation sociale, l’exercice du pouvoir, la science et l’art, la culture et l’instruction, toujours sous la conduite de la raison inspirée par de sains principes moraux. Tout l’ensemble de ces valeurs est, justement, le bien commun auquel se subordonne non seulement la matérialité de l’individu humain, mais aussi la rationalité et la spiritualité de la personne, car la personne elle-même, en agissant pour le bien commun se réalise elle-même mieux dans la collectivité comme union harmonique des  personnes.  

Pour terminer, entrons dans ce contexte que le bien commun est un bien universelle ; il est dirigé a l’homme en tant que homme au plein accomplissement de la même dimension de coexistence. Ainsi, celui-ci vise a garantir la dignité de l’homme:« (…) elle peut concerner tous les hommes en tant qu’homme ; il vise au bien plus universel (bien de l’homme comme homme: dignité, liberté) ; ce bien doit être obtenu pour tous, autrement il ne le sera pour personne. Le rapport social plus indéterminé, donc le plus vaste, le plus multiplie et aussi le plus complexe ; rapport qui tend au bien social bien élevé»[7]. Il en est de même pour le développement commun qui incarne le rapport entre l’homme et la société, principalement mettant l’accent sur le prima de la personne: le principe de liberté.

Toutefois,  la recherche et la sauvegarde du bien comment supposent donc quelques postulants[8] tels que:

1)    Ethique et culture: reconnaissance de l’identité c'est-à-dire  le moi personnel et le moi-communautaire.

2)    La culture de la vérité (ordre morale): prévoit le respect et l’ordre de la société. La vérité ne connait pas de dosage, de réduction, elle n’est ou n’est pas ; dans ce sens, elle est absolue,

3)    Conscience nationale (culturelle): reconnaissance sa famille,  ses origines, sa nation et en être fière: ceci renvoie aussi au sens de la vie.

4)    Solidarité et vie en communauté: la vie en communauté exige le respect des règles et normes sociales et promouvoir la cohésion du groupe.

5)    Concertation et entente (promotion du dialogue): le dialogue réduit les tensions et ouvre la voie aux solutions durables.

6)    Justice et équité: répartition du gâteau commun c'est-à-dire la répartition des richesses équitablement et éviter des inégalités de tous genres ; sources de tensions sociales.

Par la, comprenons que le développement commun  renvoie au bien-être et a la sécurité de la population[9] ; la fin des violences n’importe lesquelles.

Partant de l’idée générale de la société et du bien  et /ou développement commun ci-haut évoquée, nous allons essayer de faire un pas vers la particularité où nous allons, systématique nous intéresser de notre société burundaise en l’attribuant au cas nécessaire de certains éléments nous permettant de comprendre l’état de lieux de cette dernière.  Pour y arriver et avoir une idée claire, nous allons nous focaliser sur certaines valeurs de base culturelles pour ne pas faire un voyage sans limite car difficile est d’embrasser tous les domaines de la vie d’où une certaine délimitation au sens méthodologique.  La démarche qualitative est à notre porte au sens où toute recherche ou analyse « devrait principalement avoir, pour objet d’étude, ce qui est caché, car souvent important, plus essentiel que ce qui est visible, apparent ou à la porte de chacun, (…) étudie les choses dans leur cadre naturel telles qu’elles sont, avec une grande importance accordée au processus »[10].  Le choix de certaines valeurs principales repose sur le principe selon lequel pour étudier les ensembles sociaux comme des totalités spécifiques, différentes de la somme de leurs parties, il faut envisager l’étude de certains éléments constitutifs[11]. Une documentation lointaine et prochaine est à la portée comme technique. Celle-ci est aussi accompagnée d’une projection plus poussée nous rappelant certains éléments fondamentaux à la base de la culture burundaise, qui par leur intégration et interprétation sociale, contribuent à satisfaire le bien- être de la société.  

§  La présente réflexion va s’articuler  en quatre moments dont l’introduction générale qui nous a mis dans le contexte.  Le second moment  nous donne l’idée sur  l’organisation de la société burundaise pour le rétablissement de l’ordre et de la cohésion sociale et juridique. Delà, nous allons faire une lecture synthétique et comparative tenant compte de l’évolution dans le temps de notre société burundaise: de la société autochtone a la société étatique.  Quant au troisième moment, nous allons engager une réflexion sur la culture burundaise  entre conservatisme et progressisme. Ici nous allons mettre notre attention sur certains aspects du patrimoine burundais où nous allons voir les enjeux et défis ainsi que leurs apport dans le développement ; qu’est-ce qu’il faut faire, sauvegarder ou non. Quant au dernier moment, nous parlerons de la mentalité, c'est-à-dire le rapport entre la mentalité sociale et le développement. Nous allons entrer ici dans le contexte de mutation sociale et de l’entrepreneuriat culturel.

Nous espérons que la réflexion ici présente va incarner dans l’esprit des étudiants, des nouveaux horizons en matière du développement. Un esprit des leaderships n’excluant pas les valeurs culturelles locales, que ces dernières soient les bases solide pour l’orientation de leurs projets. Et d’ailleurs la culture  est comme notre seconde nature. Sa maitrise constitue la maitrise de toutes les manières de faire pour répondre, de façon satisfaisante, aux soucis de la société. Dans cette logique, nous épousons  l’idée suivante: « Si les valeurs fondamentales de notre société constituent notre miroir, nous gagnons toujours à élargir notre champs de vision en adoptant par choix préférentiel, d’autres valeurs qui s’intègrent harmonieusement avec les notre»[12].

Le document du cours qui sera remis aux étudiants, est un support de cours : une synthèse non exhaustive sur les thèmes choisis. Un ou deux articles seront donnés aux étudiants pour l’approfondissement des notions vue en classe. 

I.ORGANISATION STRUCTURELLE DE LA SOCIETE BURUNDAISE: DE LA SOCIETE TRADITIONNELLE A LA SOCIETE ETATIQUE

Le présent chapitre a pour objectif de faire une lecture synthétique et comparative envie d’identifier différentes modèles structurelles de l’organisation de la société burundaise. Il est question de mettre l’accent sur certains principes innovateurs et potentiellement légitimes ayant la vocation de mieux gérer les interactions soit issues de la société traditionnelle, soit la société étatique. Suivant la ligne directrice ce chapitre souligne les différentes manières de gestions des interactions relevant  de la culture et les systèmes juridiques adéquates, aussi que les différentes modèles ou pratiquer permettant de mieux gérer les cas de façon juridique.

1. Tableau synthétique des modèles et principes de l’organisation de la société burundaise pour le rétablissement de l’ordre et de la cohésion sociale et juridique: valeur, principe, règles et acteurs

1.1. Comprendre la société burundaise en mutation: les valeurs sociales

Société

Institution

Valeur sociales

Finalité

Autochtone

Bashingantahe

Renvoient à la : justice, intégrité, bonne, moralité, probité, responsabilité, maturité, clairvoyance, honneur, compassion, courage

Preuve du sens de la: vérité, équité, sacrifice, discrétion

 

-       Assurer la justice et la vérité,

-       Trancher les litiges eus égard à leurs sens aigues de la justice et de la vérité.

-       Protéger des biens et des personnes

 

Etatique

Constitution

Inspire par l’ordre de la: justice, démocratie, bonne gouvernance, pluralisme, pluralisme, respect des libertés et

des droits fondamentaux de l’individu, l’unité, de solidarité, compréhension mutuelle,

tolérance et coopération entre les différents groupes ethniques de notre société,

-       Unir, rassurer et réconcilier tous les Burundais,

-       Garantir un retour à une société stable et réconciliée

-       Réhabilitation de l’ordre d’Ubushingantahe

-       Assurer la cohésion sociale

 

 

1.2. Comprendre la société burundaise en mutation: les principes sociaux

Société

Institution

Principes

Finalité

Autochtone

Bashingantahe

Médiation, Conciliation, Arbitrage

-       Assurer l’harmonie et la paix

-       Garantir la cohésion social

-       Mettre en œuvre les valeurs du Bushingantahe.

Etatique

Constitution

Pluralisme,

les cours et les tribunaux, justice impartiale et

indépendante,

Unité et Réconciliation nationale 

-       Incarner les valeurs de justice et de cohésion nationale

-       assurer justice, étatique,

-       Incarner les valeurs de la cohésion nationale et de la réconciliation nationale

 

1.3. Comprendre la société burundaise en mutation: les règles sociales

Société

Institution

Règles

Finalité

Autochtone

Bashingantahe

-       Modèles de conduite et de comportement: manière de faire et d’être

-       Expérience de vie et de savoir-faire

 

-Régulation des rapports existants

Etatique

Constitution/ tribunaux/COCPJ

-       Code de l’organisation, de la compétence et de la procédure judiciaire

-recrutement et nomination: l’équilibre ethnique, régional et l’équilibre entre genres

Appliquer le principe de la réconciliation nationale

 

1.4. Comprendre la société burundaise en mutation: les acteurs sociaux

Société

Institution

Acteurs

Finalité

Autochtone

Bashingantahe

Les Bashingantahe

 

Etatique

COCPJ

-Les tribunaux de grande instance, Les tribunaux de résidence,

-Les Conseils de colline ou de quartier,

-Commission Vérité et Réconciliation

Sauvegarde de la paix,

l’arbitrage, la médiation, la conciliation ainsi que le règlement des

conflits de voisinage »


1.5. Comprendre la société burundaise en mutation: les processus

Société

Institution

Processus

Finalité

Autochtone

Bashingantahe/ justice traditionnelle

-Orale, contradictoire, accusatoire et se tient dans un lieu public,

-Bashingantahe jouent différents rôles de juge, d’avocat ou encore de

Procureur

-Pression psychologique du groupe

 

 

- Résolution pacifique des

Différends

Etatique

Constitution/ tribunaux

-Majorité des voix

- Le droit écrit

-Concurrence entre droit institutionnel et pratiques coutumières.

 

- Faciliter une

Entente

 

L’extrait en annexe du présent chapitre, constitue l’idée détaillée sur  des différents des modèles et principes de l’organisation de la société burundaise pour le rétablissement de l’ordre et de la cohésion sociale et juridique: la société burundaise en mutation.

II.            LA CULTURE BURUNDAISE  ENTRE CONSERVATISME ET PROGRESSISME ([13])

La culture peut être définie comme l’ensemble constitué d’éléments qui ont modelé l’identité d’un peuple ou d’une communauté au cours du temps. Elle est l’ensemble des valeurs et normes socioculturelles, reflète la conscience d’une nation, oblige de se demander continuellement en quoi consiste son caractère spécifique, de chercher et de consolider sans cesse ses frontières politiques et spirituelles répondant précisément à ce processus historique[14].  Pour saisir la nature essentielle de la culture, il faut d'abord résoudre une série de paradoxes[15] apparents. Ils sont susceptibles d'expressions différentes, mais nous les présenterons sous la forme suivante :

1)    La culture est universelle en tant qu'acquisition humaine, mais chacune de ses manifestations locales ou régionales peut être considérée comme unique.

 

«Tout d'abord, tous les groupes humains se procurent leur subsistance. Ils y parviennent au moyen de procédés techniques qui leur permettent d'arracher à leur milieu naturel les moyens de pourvoir à leurs besoins et de se livrer à leurs activités quotidiennes. D'une façon ou d'une autre ils distribuent ce qu'ils ont produit et possèdent un système économique qui leur permet de tirer le plus grand parti possible des « ressources limitées » dont il leur faut disposer».

 La culture est stable, mais elle est aussi dynamique et manifeste des changements continus et constants.

«Si l'on met en regard la stabilité et le changement qui se manifestent dans la culture, il nous faut de prime abord reconnaître que tout prouve le dynamisme de la culture. Les seules cultures entièrement statiques sont celles qui sont mortes. Nous n'avons d'ailleurs qu'à avoir recours à notre propre expérience pour constater que les changements se produisent devant nous, souvent si lentement que nous ne les percevons qu'en opposant le présent au passé. Une photographie vieille de quelques années nous révèle les changements de la mode. Surtout n'allons pas croire que cette tendance au changement est l'apanage de notre propre culture. La même constatation peut être faite chez d'autres peuples, quels que soient leur nombre, leur isolement et la simplicité de leurs coutumes. Le changement ne se manifeste peut-être que dans quelque détail infime de leur culture, telle par exemple une variation dans le style d'un ornement ou dans une nouvelle recette pour préparer un aliment traditionnel. Ces changements sont toujours perceptibles si l'on peut observer une société pendant un certain temps, ou si l'archéologie nous renseigne sur son passé ou si on peut la comparer à des groupes voisins et apparentés dont la culture est semblable à la leur, mais avec des variantes de détail»[16].

 

«La culture est à la fois stable et toujours en changement. Le changement culturel ne peut être perçu que comme une partie du problème de la stabilité culturelle; on ne peut comprendre la stabilité culturelle qu'en mesurant le changement par rapport au conservatisme. De plus, les deux termes ne sont pas seulement connexes, mais il faut aussi considérer leurs relations réciproques. Les conclusions obtenues concernant la permanence et le changement dans une culture donnée dépendent dans une grande mesure de la manière dont l'observateur insiste sur le conservatisme ou la flexibilité de cette culture. La difficulté essentielle vient peut-être du fait qu'il n'existe pas de critères objectifs de la permanence et du changement»[17].

 

3)     La culture remplit, et dans une large mesure détermine, le cours de nos vies,  s'impose rarement à notre pensée consciente.

 

«Notre troisième paradoxe - la culture pénètre notre vie sans que nous en ayons conscience dans l'ensemble - diffère des précédents en ce qu'il comporte plus qu'une simple alternative. Nous nous trouvons ici face à des problèmes essentiellement psychologiques et philosophiques. Nous devons chercher à résoudre le problème psychologique et découvrir comment les êtres humains acquièrent leur culture et agissent en tant que membres de la société, et la question philosophique de savoir si la culture est ainsi une fonction de la mentalité humaine ou si elle existe en soi et par soi»[18].

 

« C'est un domaine infiniment complexe, où une conduite manifeste peut prendre des significations différentes selon les relations qu'elle entretient avec les autres. Les formes de la conduite sont contraignantes et inconscientes ; le sujet normal ne peut donc observer ni concevoir des conduites aux fonctions similaires dans les sociétés étrangères, ou même dans des complexes culturels inconnus, sans leur prêter des formes familières. Autrement dit, on retrouve toujours inconsciemment ce qu'on subit inconsciemment»[19].

D’où la culture au vrai sens, désigne le système des valeurs et de normes transmis et intégrés par la socialisation de génération en génération.  C’est la société qui précède et prime sur l’individu. Et d’ailleurs, si la socialisation incarne « un processus par lequel chaque individu forge son identité et sa personnalité tout en s'intégrant à son environnement social, sous des formes variées, elle se concrétise en un apprentissage et un ajustement qui se poursuivent durant toute la vie. Elle est, au moins en partie, une contrainte exercée sur l'individu par le cadre social»[20].

Le patrimoine culturel constitue à son tour l’ensemble des éléments matériels et non matériels qui contribuent à maintenir et à développer l’identité culturelle d’un peuple ou d’une communauté dans le temps et dans l’espace. Il s’agit notamment des éléments suivants: la langue, les croyances, les mœurs, les connaissances techniques, les fondements de l’organisation sociale, le patrimoine orale et physique dont les expressions musicales, folkloriques et artistiques etc.

Le patrimoine culturel se réfère notamment aux traditions et expressions orales, à la poésie, aux arts du spectacle, aux pratiques sociales, aux rituels et événements festifs, aux connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ainsi qu'aux savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel.

Au Burundi, le patrimoine culturel est très riche, très ancien et très original même si les traces physiques du passé ne sont pas toujours visibles dans certaines localités. Presque tous les aspects dudit patrimoine se retrouvent dans toutes les régions, parfois avec des variantes, voire des spécificités assez marquées selon régions naturelles.

1. Quelques aspects du patrimoine culturel du Burundi

Comme les composantes du patrimoine culturel burundais sont très variées, il ne serait pas possible de les décrire toutes. Dans les lignes qui suivent, il est décrit quelques aspects d'illustration des enjeux et défis qu'il y a quand on analyse la culture burundaise confrontée au conservatisme d’une part ou au progressisme d’autre part.  Notons que tenant compte de sa souveraineté, « chaque nation se reconnait singulière, unique grâce à son patrimoine culturel propre qui fait partie d’un ensemble à l’échelle planétaire. Les affinités des citoyen d’un pays sont avant tout d’ordre culturel»[21].

1.1.  Le kirundi, langue nationale, langue maternelle                                           

Le Kirundi, en tant que langue nationale, langue maternelle constitue une culture partagée par l’ensemble de la population. Le kirundi est une langue parlée et comprise par l’ensemble de la population, toutes ethnies confondues sur l’ensemble du territoire avec des variations régionales au niveau des accents et mots de vocabulaires très mineures. Margé l’officialisation du français, le kirundi reste une langue précise, quelque peu complexe et est utilisée avec circonspection dont chaque mot peut avoir plusieurs significations

1.2.  L'habillement

Très anciennement, les Burundais portaient des vêtements confectionnés à partir d'écorces de bois. Actuellement, ces modes d'habillement ne se voient qu'à l'occasion des cérémonies et festivals ou autres évènements rituels ou folkloriques. La colonisation et d'autres références ont beaucoup influencé les normes vestimentaires des Burundais qui ont adopté le mode oriental, pour les femmes, et occidental, pour les hommes. L'accoutrement des femmes, en milieu rural, dit "imvutano" serait d'inspiration indienne. Le port de la culotte/du pantalon et de la chemise et éventuellement avec une veste ou un tricot sont une imitation de l'habillement occidental. La mini-jupe qui n'est pas bien vue surtout en milieu rural est aussi une imitation de l'occident. Le pantalon et la chemise cousus dans un même tissu, connu sous le nom d'"ensemble" ou "abacost" seraient une un style de la création africaine que les Burundais ont beaucoup appréciée et adoptée.

1.3.  Les croyances, les mœurs et les connaissances techniques

Comme tous les peuples, les Burundais ont leurs croyances. Bien qu'une infime partie de la population soit considérée comme animiste, les croyances des Burundais se réfèrent essentiellement à celles des ancêtres, au christianisme et à l'islam dans une moindre mesure. Une grande majorité des Burundais sont, en effet, familiers des croyances ancestrales et du christianisme et partagent plusieurs points : une croyance en un esprit créateur souverain sur les esprits. Cependant cet être suprême est rarement la cause de tout évènement. Le nom de Dieu créateur est proche du mot « Père ». Certains groupes le voient comme étant partout, omniprésent, d'autres le voient comme siégeant dans le ciel. On notera que dans le Burundi traditionnel, le lien avec le Dieu créateur était assuré par un certain Kiranga. Une croyance en une force essentielle qui anime le corps mais qui le quittera à la mort pour devenir un esprit ancestral. Cette force continue à être active parmi les vivants de la même famille, soit en les punissant soit en leur faisant du bien. Des cultes sont régulièrement organisés à l'attention de certains anciens esprits ancestraux. (Plus tard, un chapitre sera réserve religion traditionnel. Il sera question de l’analyser en comparaison avec le christianisme.)

1.4. L’artisanat

Le patrimoine culturel burundais, c’est aussi l'artisanat très riche et fin qui est une importante forme d'art au Burundi. Il s'agit d'une tradition plastique englobant les domaines de la création picturale et la sculpture sur bois. La peinture et la sculpture de tradition burundaise s’orientent essentiellement vers les objets utilitaires obtenus à partir des techniques artisanales telles la vannerie, la forge, la poterie, etc. Les principaux bijoux traditionnels du Burundi étaient de cuivre, de coquillage ou de corne.

Des coopératives des jeunes entrepreneurs à kayanza ont revitalise cette tradition où plusieurs objet de beauté pour les hommes et pour les femmes, les tasse et les sous-tasses, les assiettes, les gobelets, et autre objets à caractère décoratifs. Il est de même pour la fabrication des sandales, les chaussures, la ceinture à partir des peaux des animaux, les chèvres par exemples. Certains articles conjuguent leurs efforts pour la fabrication de plusieurs objets à partir des ressources naturelles et locales. Lors d’une exposition organisée récemment, février 2022 à kayanza,  par le Ministère de l’éducation nationale et de la recherche scientifique, pas mal des coopératives ont été primées sur base de leurs objets artisanaux.

 La vannerie est l’art des Burundais par excellence. La poterie est une activité essentiellement féminine et une spécialité de l’ethnie des Batwa. Avec le modernisme, certaines croyances, mœurs et connaissances techniques changent. A titre d'illustration, l'usage des ustensiles métalliques a affecté la vannerie

1.5.  Les expressions folkloriques et musicales

Sur le plan culturel le Burundi est surtout connu à travers le monde pour ses célèbres tambours qui ont joué un rôle extrêmement important dans la construction du Burundi monarchique. Le mot « ingoma » signifie à la fois « tambour » et « royaume ». Les tambours étaient le symbole du pouvoir royal. Les tambourinaires du Burundi sont devenus très célèbres à travers le monde. L'UNESCO a inscrit l'art des tambourinaires sur la liste du patrimoine mondial.

En dehors du tambour, le folklore burundais reste très varié avec des spécificités régionales assez marqués telles la danse Intore en Province de Kirundo, l'Agasimbo et l'Umuyebe en province Makamba, l'Umutsibo dans la région de Buyogoma, l'Umuhanga dans la province Bururi, l'Ihuruma et l'Ubudemera dans la région de Kumoso, l'Urwedengwe en province de Ngozi etc. Une grande richesse est également observée au niveau de la poésie pastorale, la poésie épique et des berceuses,

1.6.  Sites historiques, musées, monuments et aires protégées

Les sites historiques du Burundi sont liés à plusieurs aspects dont le pouvoir monarchique et le culte de "Kiranga" qui, selon la croyance des Burundais servait d'intermédiaire entre Dieu et les hommes.

Le Burundi compte plusieurs monuments répartis sur tout le territoire national entre autre les ibigabiro royaux et d’autre monument entre autre le mausolée Prince Louis Rwagasore, le mausolée de l’unité, la pierre dressée pour commémorer la rencontre des explorateurs Stanley et Livingstone à 10 km de Bujumbura vers le sud, la pyramide érigée sur la source la plus méridionale du fleuve Nil à plus de 2.000 m d’altitude à 114 km de la capitale, l'ancien château Mauss transformé en hôtel restaurant, à Rumonge, l'ancien palais du roi Mwambutsa Bangiricenge à Gitega, le sanctuaire de la Vierge Marie de Mugera, les chuttes de mwishanga, etc.

1.7.  Les rituels et rites y associés

Deux rituels ont marqué l'histoire du Burundi. Il s'agit de l'intronisation du roi et de la cérémonie dite "Umuganuro". Selon les historiens, l'intronisation du roi comportait plusieurs phases dont le choix d’une vestale pour le culte complexe du tambour "Karyenda" (le tambour égide du Burundi), qui était conservé sur le flanc ouest du mont Saga (Mbuye). Pendant la colonisation, la cérémonie d' "Umuganuro", appelée aussi "fête des semailles" était la plus importante des fêtes rituelles de la monarchie. La cérémonie avait lieu annuellement au mois de décembre et au cours de laquelle le roi donnait l’autorisation de commencer les semailles de sorgho. Soulignons que c'est en 1929 que l’administration coloniale interdit cette fête sacrée et actuellement peu nombreux sont les Burundais qui en connaissent la substance. On notera  aussi quelques  fêtes nationales et jours fériés sont notamment : la fête du travail célébrée le 1er mai, la fête de l'Unité nationale célébrée le 5 février, la fête de l'Indépendance nationale célébrée le 1er juillet, la fête de l'Assomption, célébrée le 15 août, la commémoration de l'assassinat du Prince Louis Rwagasore, héros de l'indépendance, le 13 octobre, la commémoration de l'assassinat du Président Melchior Ndadaye, héros de la démocratie, le 21 octobre, la fête de la Toussaint, célébrée le 1er novembre, la commémoration de la naissance de Jésus Christ, le 25 décembre, l'Aid-al-Fitr, ou fin du Ramadan, et l'Aïd el kebir, ou fête du mouton qui n'ont pas de dates précises, etc.

2. La sauvegarde de la culture burundaise: enjeux et défis

2.1. La culture nationale comme valeur à sauvegarder jalousement

A part que le patrimoine culturel peut contribuer à la consolidation de l'Etat-Nation, il représente aussi une immense valeur socioéconomique. La sauvegarde de la culture nationale doit donc faire partie des préoccupations des pouvoirs publics et d'autres parties prenantes, en l'occurrence les privés. Ces préoccupations se situent dans un cadre national, régional et même international. Il est intéressant de noter la prise en compte de la sauvegarde du patrimoine culturel dans les principaux textes de planification et dans les différentes manifestations auxquelles des privées prennent une part active. En effet, des initiatives privées s'associent aux pouvoirs publics pour sauvegarder et faire progresser la culture nationale.

2.1.1. La culture nationale dans les textes de planification

Selon la Vision 2025, le pays est bâti sur une société de droit qui jouit de son patrimoine culturel riche et diversifié. En outre, la Vision « Burundi 2025 » se donne comme objectif de valoriser la richesse culturelle du Burundi afin qu’il devienne le pays phare de la culture sous régionale à travers différentes manifestations socio-culturelles propres au terroir burundais. Pour concrétiser cet objectif,   la Vision 2025 prévoit que le kirundi sera renforcé notamment en renouant avec la littérature burundaise composée essentiellement de contes, de proverbes (les bitito, les migani, les bisokozo, etc..) de poésie, de théâtres. C’est pour cet effet que l’université du Burundi a instauré l’académie rundi dans le but de renforcer la langue maternelle.[22]

Le PNDB 2018-2027  note d'abord les performances réalisées dans le domaine de la culture, dont :

i)               l’inscription du Tambour sur la liste du patrimoine mondial,

ii)             la préparation des textes d’adhésion sur la protection des œuvres littéraires et artistiques et d’autres traités internationaux,

iii)           la validation de la Politique Nationale de la Propriété Intellectuelle

iv)            la mise à jour de l’inventaire du patrimoine culturel immatériel burundais. [23]

Malgré les performances enregistrées dans le domaine, le PNDB relève certains enjeux à mettre en évidence : la visibilité des activités culturelles et des beaux-arts du Burundi ; l’augmentation des centres d’exposition des objets d’art ; le soutien aux orchestres traditionnels (inanga, ikembe, etc.) et le rétablissement, la revalorisation et la sauvegarde du patrimoine et de l’industrie culturels. Le pays capitalisera sur les initiatives des clubs culturels qui ont fait connaître et aimer les danses folkloriques en mettant en relief les spécificités régionales.

Comme perspectives, le PNDB se fixe l'objectif de promouvoir et protéger le patrimoine culturel et naturel. Il se donne le programme de rétablissement, de revalorisation et de sauvegarde du patrimoine culturel et naturel et développement de l'industrie culturelle et créative. Il prévoit des projets de :

i)      redynamisation des valeurs culturelles burundaises au service de la cohésion sociale, au développement et au changement des mentalités,

ii)    aménagement des infrastructures culturelles, réhabilitation et restauration des musées, des sites historiques et des monuments,

iii)  appui à la créativité artistique et littéraire, les spectacles et les loisirs, promotion et protection du droit d’auteur,

iv)   promotion des archives et revalorisation de la bibliothèque nationale.

A ces textes de planification, il faut ajouter l’adoption en 2005 de la loi relative aux droits d’auteur, du document de Politique Culturelle en 2007, de la mise en place de l’office burundais du droit d’auteur : comité d’éthique.

2.1.2. Etude des cas  pour l’authenticité du patrimoine culturel: cas des contes pour l’éducation des enfants et l’épanouissement des liens sociaux

2.1.2.1.  Education: interprétation interactionniste des contes

Selon l’anthropologue A. NTABONA, l’école familiale du soir avait pour but l’évaluation, expériences vécues, personnes rencontrées, succès, et échecs de la journée[24].

Selon lui, les parents aidaient les enfants à interposer ce qu’ils avaient vécu en l’insérant dans ce grand ensemble de la société, à travers un récit qui mettait en scène un personnage. Une fois assimilait la narration, l’enfant apprenait sans effort ni violence à remettre en question certaines de ses attitudes et en améliorer certains autres. L’objectif de la narration était de situer les évènements de la vie quotidienne, de façon que le présent intègre le passe pour préparer l’avenir.

«(…) visiblement, la véritable veillée au coin feu (igiteramo), était très souvent une soirée littéraire. C’était par exemple le meilleur moyen d’acquérir un hôte. Et ce d’une part de transmettre un patrimoine culturel et d’autre part pour vérifier le présent et lui donner un sens» [25].

Pour A.  Petitat[26], dans la culture burundaise, la culture de l’enfant est envisagée à partir d’une analyse de la dynamique du voilement et dévoilement dans les interactions. Les contes sont des mises en scène drôle ou dramatique de nos virtualités relationnelles, Le conte est considéré comme un voyage symbolique, mobilisant les ressources de l’imaginaire dans les virtualités de la réversibilité.

L’intériorisation des contes renvoie aux trois axes symboliques:

1)    Les représentations mentales visibles et invisibles ; recours à la virtualité du dit et du non-dit sans explication

2)    Métamorphose imaginaires et jeux avec le réfèrent ; autonomie entre signes et réfèrent

3)    Respect/ transgression des convention ;  « l’enfant  (adulte) reçoit dans les conte l’image finalement assez réaliste de la condition d’homme symbolique, c'est-à-dire d’homme dont la liberté et l’apprentissage de la liberté passent par un jeu de voilement/ dévoilement autours de règles, dont le respect et la défense des convention s’effectuent à travers des transgressions et des érosions permutantes dans une fragilité et une incertitude qui fournissent trame de nos drames et de nos amusements quotidien»[27].

 



2.1.2.2 Rituels: rapports sociaux ou devoir de proximité

 

Historiens et sociologues affirment et observent  une dé-ritualisation de nos société par des influences extérieures, or la vie humaine était traditionnellement décrite par des rites de passage:

1)    A la naissance : assistance familiale ; présentation des cadeaux et félicitations aussi pour le rétablissement de la mère. Dans les milieux urbains (chez les évolués, « intellectuels »), l’évènement prend une autre allure sous l’angle  de soutien moral et matériel : « bride baby[28] ».

2)    Au tour du mariage : soutien ; moral et matériel ; contribution à la réussite du mariage. Le « bride[29] » sert de cette utilité chez les jeunes contemporains.

3)    A la mort: tout pour rendre à la famille endeuillée la douleur moins atroce, mais aussi éviter de signifier par son absence que l’on auteur de la mort qui a semé la terreur autour de soin. Assistance et aux cérémonies d’enterrement, frais nécessaire.  Pratique méritant  l’hommage traditionnellement dit « udukwi », « ibidyazagu ».

4)    Travaux communautaire: tout le monde est impliqué ; car tout le monde s’attend  à bénéficier des mêmes avantages, se désintéresser d’une seule action, c’est se montrer insociable, ennemi de la solidarité et nuire pour la mise à la bonne relation de la société.[30] « Guhinda ikibiri » dans le langage traditionnel.

2.2.  Défis de la sauvegarde du patrimoine culturel burundais

Progressisme et dégradation de la culture burundaise

Plus haut, le kirundi a été décrit comme la langue nationale parlée et comprise par l’ensemble de la population. Nombreux sont les Burundais qui sont très fiers de leur langue et la considèrent comme une aubaine. Toutefois, le "progressisme" fait que certains Burundais, une minorité certes, surtout ceux que l'on considère comme des "intellectuels" encouragent leurs enfants à apprendre le français ou l'anglais au détriment du kirundi. Au salon, certains parents sont très fiers quand leurs enfants savent s'exprimer en français impeccable, devant des visiteurs, même s'ils sont incapables de formuler une seule phrase en kirundi.

Le même "progressisme" fait que dans certains ménages des milieux urbains, les parents ne sont pas inquiets quand leurs enfants ne parlent que d’autre langue que le Kirundi. Bien évidemment, moins nombreux sont des parents qui disposent mois de connaissances et compétences à propos des contes, "imigani" la poésie dite "ibicuba" pour les apprendre à leurs enfants. Les chansons, les poèmes, les contes, les proverbes et les dictons qui étaient déclamés le soir, autour du feu « kuziko », par les ancêtres en faveur de leurs enfants, de leurs petits-fils et petites-filles, ne le sont plus à grande échelle comme c'était autrefois.

Cependant, la connaissance des langues n’est pas à ignorer car à côte de la fierté nationale, nous avons besoins d’autres compétences et performances.

Le "progressisme"  est aussi observé au niveau de la croyance où les guérisseurs ou les tradi-praticiens sont considères comme de purs charlatans qui ne devraient même pas exercer leur métier en face de la médecine moderne.

Dans la vie quotidienne,  certains rites et cérémonies sont dépouilles de sens d’où la pire dégradation ritualiste.

Avant la dot, les deux familles des futurs époux organisent la fameuse pré-dot, « gusaba amarembo » en kirundi qui est une fête qui n'est pas des moins considération. Au départ, ce premier contact avait pour but de fixer le montant de la dot. Aujourd'hui, ce sont les fiancés qui se mettent d'accord entre eux pour fixer ce montant. Les parents à peine sont informés de la date du mariage précédée pour la plus part des cas de la dote la matinée dans un endroit autre que dans leur familles : « salle de réception ».

La cérémonie du mariage et d’autre y relatives entre autre la fête de levée de voile sont n’ont en aucun cas de raison d’être. Au fond on n’y trouve aucune réalité. Les aspects extérieurs tels que location de la salle de fête, les véhicules, les décorations, la sonorisation, etc. Sont devenus prioritaires. 

Dans le passé la cérémonie de levée de voile avait généralement lieu le lendemain du mariage. Aujourd'hui, il y a des familles qui, voulant faire des économies, battent le record d'organiser la dot, le mariage civil, le mariage religieux et la levée de voile le même jour. Elles réussissent cet exploit mais nombreux sont ceux qui estiment qu'une telle organisation est une dénaturation des cérémonies. C'est une atteinte à la culture nationale.

La levée de deuil ; normalement la levée de deuil se fait en temps : la levée provisoire qui consiste à honorer la mémoire du défunt pendant une semaine et la levée deuil définitive qui est organisée intervient en général une année après. Pour l'Abbé Adrien Ntabona, les gens ont détourné le sens symbolique du rituel. Auparavant, les invités offraient des cadeaux utiles en nature (vivres, bois de chauffage, poules, chèvres) pour soutenir la famille éprouvée et attirer sur elle la bénédiction divine ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

 Référence Bibliographique:

République du Burundi 2006. Monographies des provinces de Gitega, Bururi, Makamba et Ngozi, Bujumbura: Ministère de la Planification du Développement et de la Reconstruction Nationale.

Kinezero, M et Gasunzu, P 20l2. A la découverte du Burundi, Cœur d'Afrique. Bujumbura.

Culture du Burundi, http://fr.m.wikipedia.org, consulté le 25 juin 2019. La culture burundaise, sauvegarde des dictons, des proverbes et des contes, www.ppbdi.com, consultée le 26 juin 2019


III.         GERNERALITE SUR LE RAPPORT ENTRE LA MENTALITE SOCIALE ET LE DEVELOPPEMENT

Dans le domaine du développement, la mentalité est au cœur. Son évolution (le changement) constitue un fil conducteur à la base du développement. Selon l’organisation de la société civile,PARCEME

,« tous les pays qui ont réussi le développement ont d’abord fait évoluer la mentalité de leurs peuples: siècle des lumières en Europe, révolution Meiji au Japon, valeurs sur lesquelles se fonde la grande puissance américaine » [31]. En effet, poser la question des mentalités, c’est poser une question  concernant la vie d’un peuple dont la morale liée a sa culture est l’un des aspects principales et moteur du développement. Il s’agit d’une question de société du pays cible qui nous pousse à nous demander relatives à la vie ordinaire des gens, leurs exigences de vie d’où une série de questions qui s’impose: Comment les gens vivent actuellement? Comment doivent-ils vivre ? De quelle manière les mentalités nous positionnent-elles par rapport à la culture politique du développement et répondent  au besoin profond de formation d’un  leadership politique, économique, religieux et intellectuel vertueux ? De quelle façon nous situent-elles par rapport aux questions et défis actuels que suscite la gouvernance nationale ou mondiale? En effet, poser la question des mentalités, c’est poser une question  concernant la vie d’un peuple dont la morale liée à sa culture est l’un des aspects principales et moteur du développement. Il s’agit d’une question de société du pays cible qui nous pousse à nous demander relatives à la vie ordinaire des gens, leurs exigences de vie d’où une série de questions qui s’impose: Comment les gens vivent actuellement? Comment doivent-ils vivre ? De quelle manière les mentalités nous positionnent-elles par rapport à la culture politique du développement et répondent  au besoin profond de formation d’un  leadership politique, économique, religieux et intellectuel vertueux ? De quelle façon nous situent-elles par rapport aux questions et défis actuels que suscite la gouvernance nationale ou mondiale?

Toutes ces questions ne peuvent pas trouver de solutions appropriées  sans d’abord prendre connaissance de la raison de la mentalité, sa raison d’être, son  (r)évolution face à une culture ou société donnée. Le présent chapitre nous aide à comprendre la place de la mentalité dans le secteur du développement. Et pour parler de la mentalité, il nous  faut parler et analyse la société dans laquelle nous sommes, et il est question ici de la société burundaise pouvant influencer le développement.

1. Approche conceptuelles

1.1. Qu’est qu’une mentalité?

Le concept de mentalités (mindset en anglais) ou le mental collectif est compris comme un état d’esprit propre à un peuple, à une collectivité ou à un individu. Cet état d’esprit féconde des représentations, des expressions, des acquisitions de savoirs et de savoir-faire, ainsi qu’une logique des pensées et des actes. Ce contenu structure la cohérence interne d’un peuple ou des individus. 

En effet, la mentalité n’a pas d’être ontologiquement; plutôt elle renvoi à l’être d’un peuple. Elle est  le reflet de la manifestation d’un peuple ou d’un individu. Au sens concret,  parler de mentalité d’un peuple, c’est parler de  son âme. Sur cette fondation, nous nous plongeons dans  la mentalité de la société burundaise, pour enfin l’orienter dans le sens du développement. Il nous faut  d’abord apprécier, renforcer et orienter cette mentalité dans le sens de l’organisation socio-politico-économique vers le développent, voire quel est son apport ou en quoi elle peut constituer un handicap. Notons que comme le souligne Symphorien, « réfléchir sur les mentalités nous amène donc à réfléchir sur nos relations avec nous-mêmes comme peuple, nos relations avec les autres peuples, et notre relation avec le monde dans son ensemble, en nous interrogeant sur notre vécu et notre avenir»[32].C’est réfléchir sur l’adaptabilité aux mutations sociales, ainsi pour dire la dynamité d’un peuple.

1.2. Qu’est que le développement ?

Beaucoup de perspectives de développement échouent parce qu’elles ne sont pas couchées sur une base anthropologique bien établie. Donc le développement économique que sur ce fondement essentiel. Dans ce processus, nous nous appuyons  de la perspective de l’approche par capabilités dont les racines remontent à Aristote (au 4ème siècle), Adam Smith (18ème siècle) et Karl Marx (19ème siècle). L’avantage de cette approche est qu’elle nous rapproche intelligemment de la conception de l’Eglise catholique du développement authentique comme développement intégral ou le développement de tout l’homme et de tout homme, et donc le développement humain.

Le développement revêt plusieurs sens et est loin d’avoir une convergence conceptuelle.  Pour certains, le développement renvoie a ;

·       la  prospérité matérielle (avoir beaucoup d’argent, terre ou maison, beaucoup de biens matériels),

·       la libération de l’oppression ;

·       le néocolonialisme (Kabou 1991 ; Goldsmith 1997),

·       projet holistique du progrès social et spirituel personnel (Alkire & Deneulin 2009 : 3-4).

·       la satisfaction des biens de base ; la santé, l’éducation, l’emploi, le logement, le débat démocratique, etc.[33]

Le développement économique est un aspect ou plutôt l’effet de l’auto-transcendance humaine, une dimension de ce que l’homme est une créature  qui aspire à être, un être-en-avant-de-soi, un être en devenir. Nous pouvons même le percevoir dans la définition que Raymond Barré a proposée treize ans après l’usage du concept en économie :

Louis Joseph Lebret, l’architecte de l’idée du développement authentique comme développement intégral de tout homme et de tout l’homme : Il y a toujours eu dans l’humanité une aspiration à un état meilleur ; que cet état meilleur soit obtenue par le « plus avoir », le « plus savoir », le « plus valoir » ou le « plus être » (Lebret 1967 :33).

A cet effet, le Pape Paul VI (1967)  parle de la vocation au progrès qui pousse les hommes d’aujourd’hui « à faire, connaitre, et avoir plus pour être plus » à condition que cela s’inscrive dans le cadre de l’épanouissement et de la promotion de tout homme et tout l’homme (Caritas in Veritate, 18). Dans l’encyclique Caritas in Veritate. Le Pape Benoit XVI (2009) parle du développement comme une vocation parce que le développement « … naît d’un appel transcendant…incapable de se donner par lui-même son sens propre ultime » Benoit XVI 2009 : par.16. Martha Nussbaum parle du développement économique comme le déploiement des pouvoirs, (une réalisation de soi) que les êtres humains apportent avec eux dans le monde (Nussbaum 2012 :43).

Ainsi, le développement économique incarne trois valeurs qui structurent la vie humaine s’il est vraiment humain, à savoir :

La Survie: Il s’agit de la capacité d’avoir les biens de base (alimentation, logement, santé et sécurité, bref toutes les conditions matérielles et matérialisables). En l’absence de ces biens de base, les gens vivent dans les conditions de sous-développement ou dans l’indigence, et peuvent mourir. Sur ce point, le développement veut promouvoir la qualité de la vie.

L’estime de soi (être une personne) : Le développement doit renforcer la fierté, la dignité, le respect de soi et des autres. Le disciple de Lebret, Denis Goulet, disait que « le Développement est légitime parce qu’il est une voie importante et même indispensable  d’accroitre l’estime »[34].

La liberté: La liberté consiste en la capacité de choisir. Le développement doit éliminer les conditions de servitude de la nature ou des autres gens, de la misère, de l’exploitation, de l’oppression, et de la pauvreté (Todaro & Smith 2009 : 20-21).

Qui plus est,  le développement peut se définir aussi comme «comme l’ensemble des processus sociaux induits par des opérations volontaristes de transformation d’un milieu social, entreprises par le biais d’institutions ou d’acteurs extérieurs à ce milieu mais cherchant à mobiliser ce milieu, et reposant sur une tentative de greffe de ressources et/ ou techniques et/ ou savoirs»[35].

 Pour ce faire, on pourrait attribuer  aux processus de changement social et de développement quatre  propriétés[36]  principales qui infléchissent : 

1)     Les processus de changement social et de développement mettent nécessairement en rapport des normes hétérogènes, des cultures et des sous-cultures hétérogènes, des systèmes de valeurs hétérogènes, des configurations de savoirs et de représentations hétérogènes, des systèmes d‘action hétérogènes, des stratégies et logiques sociales hétérogènes.

2)    Les processus de changement social et de développement mobilisent des structures intermédiaires informelles transversales : des réseaux  des affinités, des clientèles, des sociabilités locales, professionnelles, familiales.

3) Les processus de changement social et de développement sont par définition diachroniques, et cette dimension est trop souvent oubliée par les écoles anthropologiques classiques (fonctionnalisme, culturalisme, structuralisme, symbolisme.. .), qui ont eu une forte propension à jeter le bébé historique avec l’eau du bain évolutionniste.

 Les processus de changement social et de développement se situent à l’interface entre anthropologie et sociologie d’un côté, et ethnographie et sociographie de l’autre. Autrement dit, à l’interface entre les pesanteurs structurelles et l’action des agents sociaux. Les faits de changement social et de développement mettent en valeur simultanément les contraintes externes et l’autonomie ou les capacités d’initiative (ou de résistance) des individus et des groupes locaux.

1.2.1. C’est quoi la capabilité ?

La capabilité est simplement une aptitude à la réalisation. Ainsi, l’approche par capabilité commence par une simple question : qu’est-ce que les gens sont réellement capables de faire et d’être (Nussbaum 2012 :10).  Il s’agit de combiner agir et devenir, ou plutôt agir pour devenir. Par exemple, être en mouvement, pouvoir lire, écrire, être informé, participer dans la vie de la communauté, ne pas avoir honte de soi, etc. En peu de mots, les capabilités sont tous les aspects de la vie, qui nous permettent de fonctionner comme être humain individuellement et collectivement comme société. Comme nous pouvons le pressentir, il n’y a pas de capabilités sans libertés. D’ailleurs, Sen parle de capabilités comme étant des libertés substantielles, un ensemble de possibilités de choisir et d’agir, ou mieux encore des opportunités réelles dont une personne dispose au regard de la vie qu’elle souhaite mener. La capabilité est une sorte de libertéde choisir la vie que l’on souhaite mener.

1.2.2. Capabilités et notre développement comme Africains

En regardant le panorama du développement en Afrique, nous pouvons remarquer au moins quatre choses qui débilitent le développement[37].

·       la dépendance: Il s’agit d’une dépendance en développement. Le développement de l’Afrique est tourné vers l’extérieur : les modèles de développement sont venus d’ailleurs, les moyens nous les attendons d’ailleurs, les ressources humaines sont venues d’ailleurs, etc. Comment le cadre définitionnel que nous venons de proposer peut nous aider à résoudre ce problème de la dépendance ?

·       des conceptions égoïstes du développement: le développement dirigé par l’Etat (le dirigisme économique ;) sous l’influence des idéologies socialistes et communistes. et le développement prôné par le marché et prêché par les néolibéraux du Consensus de Washington.

·       la conception du développement comme une sorte d’entité autonome est aussi un problème en soi, celui de la définition même du développement. Sous entends ici l’expansion des capabilités

·       la dualité dans les processus du développement. Par rapport à la dualité « développement de haut en bas/ de bas en haut (cf deuxième question), comment les grands acteurs du développement, à savoir, l’Etat, la population et le marché peuvent travailler ensemble en synergie comme des agents qui participent au processus de développement d’où ils sortent renforcés mutuellement  (voir Ntibagirirwa 2010)?

2. Changement de mentalité, chemin vers le développement

2.1. La Conscience et connaissance de soi et connaissance du contexte spatio-temporel

Les mentalités d’un peuple évoluent en fonction de la conscience et de la connaissance de soi. Il s’agit d’arriver à un niveau où l’être humain individuellement et collectivement s’interroge et réfléchit sur lui-même en se regardant dans le miroir de lui-même. Cette énigme empreinte  deux problématiques principales.

La première concerne l’autoréflexion, un retour sur son identité et ses implications en termes de certitude de son être et de son existence et son affirmation d’une part, et d’autre part la volonté de vivre et de survivre[38].

 C’est toute la question « qui suis-je ?» (question fondamentale de la métaphysique de Kant) qui se retrouve chez les peuples de toutes les cultures de tous les temps. Cette énigme trouve son fondement à l’énigme socratique « connais-toi toi-même » : le regard intérieur, l’introspection. Dans ce processus de la conscience et la connaissance de soi, l’être humain pense, agit et  vit autrement qu’il a vécu. Selon Jean Mbarga, le sens de la question « qui suis-je » est « se promouvoir » c’est-à-dire la prise de conscience et du changement personnel de mentalité. La personne humaine doit d’abord se construire elle-même. En agissant sur elle-même, elle peut atteindre un rayonnement personnel et devenir ainsi le témoin du progrès. Elle opte pour une nouvelle vision de son rôle dans son milieu et se forge une personnalité nouvelle[39]. Or la dynamique des individus dans la société affecte la dynamique de la société, et vice-versa.  

·       Pour se transformer, la connaissance de soi est essentielle, sans vous connaître vous-mêmes il ne peut y avoir de transformation (Krishnamurti) ;

·       Le véritable lieu de naissance est celui où l’on a porté, pour la première fois, un coup d’œil  intelligent sur soi-même (Marguerite Yourcenar) ;

·       La connaissance de soi est une naissance à sa propre lumière, à son propre soleil (Marie- Madeleine Davy) ;

·       La connaissance de soi est un grand pouvoir qui nous permet de comprendre et bien orienter notre vie (Vernon Howard).

La deuxième concerne une réflexion sur la temporalité et l’environnement  spatio-temporel. Il s’agit de la question «Où sommes-nous ? », celle de l’espace et le temps. Le lieu où l’on vit nous modèle et contribue à ce que nous sommes et devenons. C’est dans l’espace que nous agissons et que nous rencontrons les autres ou que les autres viennent nous rencontrer, que nous apprenons et que les autres apprennent de nous. C’est l’espace d’échanges de toutes sortes. C’est l’espace où se vit l’histoire.

Quant au concept temps ici, il faut moins comprendre du temps quantitatif ou le temps chronométrique. Il faut plutôt comprendre du temps existentiel. Le temps est écoulé mais il reste cependant une réalité parce qu’il y a certaines possibilités qui peuvent être reprises, appréciées pour être utiles dans le présent comme dans l’avenir. Le futur est plein de nos possibilités connues et inconnues, pensées et impensées, le temps des rêves. Martin Heidegger était convaincu que nous vivons une existence historique, venant du passé en route vers l’avenir que nous construisons par nos choix présents. Par exemple, la manière dont nous avons vécu au Burundi il y a 50 ans ne peut plus être la même. Tout comme le Burundi d’il y a 50 ans doit être différent du Burundi d’aujourd’hui et de demain.

2.2.  De l’auto-transcendance

L’être humain est une créature qui a «à être », qui aspire à être, un être-en-avant-de-soi. L’homme est toujours un projet en tant qu’il cherche toujours à « être plus, avoir plus et valoir plus »[40]. Il s’agit d’une créature essentiellement et toujours en mouvement, ou, plus fondamentalement, une créature en devenir d’où l’auto-transcendance humaine qui consiste en un saut du dedans de soi, mais aussi un saut au-delà de soi.

Cependant le mouvement d’auto-transcendance peut  être retardé, freiné, voire même arrêté par des circonstances notamment :

1.     Le manque de biens de base (la nourriture, le logement, l’éducation, la santé, la sécurité, etc.) qui nous donnent la survie ;

2.     Une situation d’exploitation, l’oppression, la violence et le manque d’opportunité qui peuvent nous dérober de l’estime de soi,

3.     Un environnement qui ne permet pas aux gens de jouir de vies longues, saines et créatives dans la liberté.

3. Solidarité sociale, un creuset du développement

3.1. La  solidarité pour un développement commun

La pratique de l’économie solidaire découle de la mentalité traditionnelle. La culture burundaise en témoigne par l’exemple à travers de la pratique d’Ikibiri selon laquelle les barundi conjuguent leurs efforts pour bonne réussite du travail laborieux. En réalité, le travail quotidien des barundi traditionnelles mettait l’accent sur l’aspect coopératif qui est revitalisé dans les temps actuels. Le secteur coopératif actuel n’a d’autre sens contraire que celui de jadis. Le prince Louis RWAGASORE, reprenait l’aspect coopératif dans les programmes de l’UPRONA. Cet aspect a comme valeurs ; renforcement des liens sociaux, et le soutien morale que matériel.  La théorisation du secteur coopératif distingue quelques mouvements  pour enfin souligner leurs caractères dynamiques ayant la finalité de  promouvoir le développement.

 Mouvement modernes de coopération et de mutualisme: le résultat de métissage de l’endogène et de l’allogène (sociétés étrangère). Ces formes s’incarnent dans les systèmes locaux ;

2)    Mouvement de coopérations  bureaucratiques et technocratiques : fonde sur le  transfert de connaissances et sur les messages ou des solutions décidées à l'extérieur du milieu socioculturel des bénéficiaires, les approches participatives de type indigène ou endogène  insistent sur le développement de la capacité des bénéficiaires à évaluer, choisir, planifier, créer, organiser, prendre des initiatives et décider sur les solutions à implanter ;

3)    Le mouvement associatif ou communautaire constitue aujourd'hui l'un des centres principaux d'intégration sociale des individus et de développement des collectivités locales. Fondée sur une philosophie centrée sur les besoins psychologiques et sociaux de la personne ou des groupes; située entre les structures sociales (famille, parenté, clan, tribu) et les institutions (coopératives, associations et mutuelles). Le  mouvement communautaire se présente comme un laboratoire où l'on peut puiser des valeurs et des pratiques sociales qui doivent inspirer les politiques sociales et le volontarisme collectif de lutte contre l'exclusion sociale et de combat pour la promotion de la solidarité[41].

3.2. La solidarité comme valeur fondatrice du développement

Selon NTABONA, les Barundi étaient habitues de par la tradition, a des travaux en commun, a des coopératives spontanées mais toujours dans un climat de solidarité[42]. La solidarité est l’une des valeurs cardinales fondatrice traditionnelle. Durkheim donne à cette dernière un caractère bipolaire pour parler de  la solidarité mécanique et la solidarité organique. Ainsi pour souligner son apport inestimable.

Le premier type de solidarité est fondé sur une grande conscience collective qui représente l'ensemble des croyances et des sentiments moraux communs aux membres du groupe. Le second type de solidarité (organique) est fondé sur la primauté de la division du travail. Le progrès technique et l'émancipation générale des individus permettent que  l'ordre social repose non plus sur une uniformité mécanique et sur la répressive collective, mais sur l'articulation organique d'individus libres dont les fonctions sont à la fois différentes et complémentaires. La solidarité organique permet à l'homme de s'affranchir des contraintes traditionnelles imposées par la parenté, par l'appartenance à une classe ainsi qu'à un lieu.

Selon J-M Katubadi, l’économie solidaire qui constitue le mode de production et de consommation dans les organisations économiques populaires (coopératives, mutuelles ou associations), comme le montre le tableau ci-dessous, se ressource prioritairement à ces deux types de solidarité. Elle ne peut être opérationnalisé qu’en s’inspirant des principes normatifs suivants : principe de démocratie, principe de  transparence, principe de solidarité, principe de développement durable, principe de développement local, principe de justice économique.

Ces six principes normatifs sont les indications par lesquelles les organisations économiques populaires mettent l’économie solidaire en pratique. L’économie solidaire veut produire, consommer, employer, décider, échanger et créer de la richesse autrement, c’est-à-dire en privilégiant l’utilité sociale, la qualité des rapports entre usagers et producteurs, entre salariés et entrepreneurs, tout en respectant l’humain et son environnement. Elle fonde les initiatives économiques et solidaires sur les valeurs suivantes. D’abord l’éthique dans les relations humaines. Ces initiatives agissent pour une économie qui place l’humain, et non le profit, au centre de sa démarche. Elles promeuvent des échanges équitables entre les acteurs économiques;  Ensuite la gouvernance démocratique.

Les initiatives économiques et solidaires agissent à travers des organisations et des projets, qui permettent à tout individu de s’exprimer, d’être écouté, d’être acteur de son devenir social (principe de démocratie). Les initiatives économiques et solidaires agissent de façon transparente envers leurs salariés, leurs usagers et leurs partenaires.

Les projets, les initiatives économiques et solidaires sont menés dans un esprit de développement durable, dans le respect de l’environnement, et en solidarité avec les générations futures (principe de développement durable). Les initiatives économiques et solidaires favorisent les actions qui répondent aux besoins des populations locales en coopération avec les acteurs de terrain (principe de développement local). Au-delà de leurs spécificités, ces initiatives reposent sur l’égalité entre les membres, œuvrent pour la justice sociale, à travers le commerce équitable, entre le Sud et le Nord, ou la défense de l’accession de tous aux services ou à l’emploi (principe de justice économique).

3.3. Grandes familles de l’économie solidaire

 

Association

Coopérative

Mutuelle

Objectif (avec priorité à l’utilité sociale de l’activité sur sa rentabilité)

Offre de service aux membres et ou à la collectivité

Offre de biens et services aux membres (ex coopérative de travail) ou à la collectivité (coopérative de solidarité)

Offre de service aux membres et a leur famille

Activité

Biens et services collectifs sur le marché (public ou prive)

Biens et services marchands

Services collectives de protection sociale

Organisation démocratique ou répartition du pouvoir

Conseil d’administration élu et assemblée  générale des membres (une personne, une voix)

Assemblée générales des membres (une personne, une voix)

Assemblée générale des membres (une personne, une voix)

Mode d’affectation du surplus

Réinvestissement dans l’organisation

Ristourne aux membres et réinvestissement dans l’organisation

Réinvestissement dans l’organisation et  fonds de réserve

Acteurs ou porteurs de projets

Regroupement de personnes  (qui ne détiennent pas de capital)

Regroupement des personnes (qui ne détiennent pas de capital)

Regroupement de personnes (qui ne détiennent pas de capital)

Source: Louis  Favreau, L’économie sociale et solidaire: Pôle éthique de la mondialisation?

Ce qu’il faut retenir

·       trois types des organisations économiques populaires: priorité à l'utilité sociale de l'activité.

·       mode d’opérationnalisation : basé sur le partage et la solidarité, et non sur la recherche du gain maximum.

·       Mise en commun et participation active: gestion des biens reçus au nom du double principe de démocratie et de justice économique.

Pour réussir au développement, la solidarité recourt sur d’autres valeurs secondaires:

·       La réciprocité: les ressources réciprocitaires sont présentes dès l'émergence de l'initiative;

·       le lien social constitue l'"impulsion réciprocitaire" faisant émerger des pratiques économiques.

·       La consolidation:

3.4. L’humanisme africain comme modèle de l’économie solidaire

Pour comprendre l’humanisme africain, le socialisme africain de Julius Nyerere nous sert d’exemple. Celui-ci  en délivre quelques idées de base  parmi lesquelles nous retenons deux:

Ø  l’éradication de toute forme d’exploitation de l’homme par l’homme ; la promotion de l’égalité fondamentale entre les hommes et leur union fraternelle,

Ø  la construction de la famille de base  (Ujamaa) où les gens vivent et pensent avant tout comme membres d’une société (cité par Van Parys 1995).

Aujourd’hui, avec la tradition africaine, on parle de plus en plus d’Ubuntu comme une nouvelle forme de l’humanisme africain. Ubuntu est perçu comme la définition de la personne incarnant les vertus de compassion, de générosité, d‘honnêteté, de magnanimité, d’empathie, de compréhension et de  pardon.

Dans la culture bantoue,  le concept signifie: ‘‘sans  l’autre je n’existe pas, sans l’autre je ne suis rien, ensemble nous ne  faisons qu’un.

De façon simple, le concept d’Ubuntu veut dire ‘‘je suis parce que nous sommes’’. Le ‘‘Je’’ et le ‘‘nous’’ sont inextricablement liés ; l’un et l’autre ne peuvent s’épanouir que dans une dimension relationnelle qui veut que chacun de deux n’existe que grâce à l’autre. 

Du point de vue économique, le peuple de l’Ubuntu 43] exige un espace nouveau où la division du travail est fondée sur le respect minimal de l’être humain. L’espace économique qui en est l’émanation est régulé par la loi ‘‘de l’ouverture empathique aux autres’’. La Charte de Mandéla qui fait état de cette ouverture déclare: «Que chacun veille sur son prochain. Que chacun entretienne et pourvoie aux besoins des membres de sa famille» (La Charte de Mandé 2017). Dans la pensée de Kant[44], le métaphore de l’arbre et du foret illustre et renforce l’utilité de la société et la solidarité. C’est dans la société l’homme développe ses dispositions et aucun progrès n’est possible hors l’effort commun.

4. Ubuntu et la culture des droits humains

Le concept d’ubuntu et le langage des droits humains se croisent dans la finalité de faire valoir la vie et la dignité humaine.  Le couple met en évidence  la recherche des fondements locaux de la culture des droits humains. Les deux terminologies  sont presque la même chose car ils ont la même finalité: «là où ubuntu prévaut, là prévalent les droits humains. L’être humain vit selon son identité ou mieux, son être. Parler des droits humains, c’est faire triompher l’humanité» (S. Ntibagirirwa, 2020). C’est l’esprit même d’ubuntu.

L’anthropologue A. NTABONA souligne que la dénaturation d’ubuntu engendre des contre valeurs dramatiques tels que la massification, la tendance à la globalisation et  à la diabolisation, la vengeance, l’unanimisme du groupe, etc.[45]  Par cet effet, la personne humaine est réellement dépossédée de sa vocation d’homme, elle considérée selon l’anthropologue, comme une feuille d’arbre. Selon lui, ceci n’épargne personne et ses conséquences sont sans toutefois encadrer la vie du pays.

5. Ubushingantahe, gouvernance et la culture du leadership

Dans la culture burundaise, le concept d’Ubushingantahe nous réfère aux valeurs d’intégrité, de de justice, d’équité et de vérité. Le mot« intahe » veut dire ce qui rentre ! Intahe vient du verbe gutaha veut dire rentrer,  « établir » ou fixer. C’est donc une baguette qu’on se sert pour rendre la justice ou établir ou témoigner de la vérité. Ainsi « gushinga intahe » veut dire témoigner pour asseoir ou établir la vérité comme base de la justice. En somme « ubushingantahe » veut dire, le fait d’asseoir la vérité comme base de la justice et de l’équité.

En effet, Ubushingantahe au sens vrai de la tradition burundaise est une philosophie de vie, une voie vers être soi-même et un style de vie dans la communauté. Il implique un ensemble de vertus, de qualités, qui sont acquises à travers l’éducation, l’expérience de vie, l’obéissance aux valeurs, aux coutumes et lois de la communauté et un engagement personnel à servir les autres et le bien commun. Lorsque cette philosophie s’implante au cœur  et dans l’âme de toute personne, les meilleurs fruits de bonne gouvernance et une culture du leadership s’enracine conséquemment dans le quotidien de l’organisation de la société.

Comprenons cela sur base de deux perspectives témoignant l’être d’un mushingantahe qui par conséquent orienter la bonne gouvernance et le leadership.

«   le témoignage ; c'est-à-dire l’essence même du mushingantahe: Le témoignage d’un Mushingantahe est à deux niveaux: la réflexion extérieure d’abord de ce qu’il vit intérieurement. Il s’agit ici de l’éthique de l’être. Il est source de l’ordre parce qu’il est ordonné en lui-même en premier lieu. Sa parole  et/ou son discours est  modelé, cohérent,  distingue l’essentiel de l’accidentel et suit un ordre logique pour éviter d’embrouiller l’accès à la vérité comme base de la justice. Bref sa conclusion synthétique est valide mais aussi valable, cohérente et consistante. D’où l’unité, la cohérence et la consistance de sa parole  et/ou son discours sont des caractéristiques clés des leaders intègres.  

Et puis la responsabilité, c'est-à-dire la capacité de répondre et rendre compte de sa parole, de son agir et de son comportement. Son statut est considéré comme un catalyseur de l’ordre social, capable d’aviser l’ordre politique et renforcer l’harmonie dans la société. Dans l’ordre politique, les bashingantahe formaient un noyau qui aidait l’autorité légitime à assurer la gouvernance dans le sens d’une démocratie consensuelle. D’où le proverbe « umwami agirwa n’abagabo » au sens où  les conseillers sont les piliers de l’autorité royale.

«   l’ordre des valeurs. actuellement le leadership est devenu une matière d’enseignement et met l’accent sur les compétences puisque le monde d’aujourd’hui est  à la recherche des leaders moraux et intègres, les hommes et les femmes témoins selon la pensée du Pape François.  Non seulement les leaders mais, de bons leaders. Deux aspects caractérisent un bon leadership: l’aspect technique et l’aspect moral.

En outre,   Z,  MANIRAKIZA énonce quatre fonctions nous permettant de bien comprendre cet élan des Mushingantahe :

·       «Ils sont les gardiens de la coutume et des moeurs. Ils servent de modèle au milieu,

·       Ils veillent à la sécurité des personnes et des biens, à la concertation et à la concorde dans leurs milieux,

·       Ils instruisent et tranchent les palabres dans un esprit non répressif, mais de conciliation,

·       Ils constituent une régulation du pouvoir suivant un réseau de Conseillers allant  de la colline jusqu’à la Cour du Roi».[46] 

Selon cette même source, sept conditions étaient nécessaires pour remplir correctement la fonction d’Ubushingantahe :

·       «La maturité humaine (ugutandukana n’ubwana),

·       Le sens de la vérité (ukuba imvugakuri)

·       L’Intelligence lucide (ubwenge butazindwa)

·       Le sens de l’honneur et de la dignité (ukugira agateka mu bandi)

·       L’amour du travail et la capacité de subvenir à ses besoins (ubwira mu kwimara ubukene)

·       Le sens de la justice (ukuba intungane)

·       Le sens de la responsabilité sociale (ukurwanira intano, uguha itiro inyakamwe)». 

En résumé, l’Ubushingantahe n’était pas une fonction mais un état. Puis Selon le Professeur Th. Laely,

« Au-delà du domaine juridique, les Bashingantahe étaient au niveau local les gardiens de la coutume et de la tradition. Premières autorités morales, conseillers, éducateurs et modèles pour la communauté, un rôle prépondérant dans la construction et la consolidation du système de valeurs leur revenait. Leurs tâches ne se réduisaient pas à des aspects juridiques et normatifs. En tant que chefs de file des groupes à base territoriale, responsables de la consolidation de l’ordre interne et de la représentation vers l’extérieur, les Bashingantahe acquièrent, en plus de leurs devoirs étroits de régleurs de conflits, des fonctions politiques éminentes. Ils étaient les premiers interlocuteurs de l’autorité politique locale »[47].

5.1. Etat de lieu de certains dérapages historique dans la mise en place des Bashingantahe

Dans l’habituel de l’institution des Bashingantahe, des moments propices des recrutements de nouveaux hommes se voulant être investis étaient préétablie. Outre les conditions d’amissions, certaines étapes devraient aussi respecter pour en vie de bien étudier de tous les cotes le candidat. C’étaient des étapes d’apprentissage et d’observation. Pour cet effet, cinq étapes doivent être respectes:

1)    Umukungu w’inyuma : le moment opportun pour un jeune marie en qui on a perçu des qualités. C’est l’étape la plus éloigné.

2)    Umukungu w’imbere (aspirant): moment d’être leader parmi les jeunes pairs ; l’aspirant est choisi lors des fêtes pour distribuer équitablement la bière a ses paires, celui-ci  est nommé également isonga rigaba urwaruka ; javelot pointu qui gouverne les jeune.

3)    Umunyamutamana (postulant): c’est le moment ou la requête de l’aspirant est acceptée. A cette étape, le futur investi reçoit un parrain qui le guide dans cette période de stage.  Dans cette période, il peut assister à la délibération des procès ou partager la bière avec les ainés. Néanmoins,  il ne lui est permis de prendre ou toucher l’intahe.

4)    L’investiture proprement dit: la grande cérémonie d’ukwatirwa.

5)    Etre un notable rassis et fort respectes (ukuba igicocoro): à ce moment, il peut être délègue des autres notables pour procéder au rituel d’investiture des postulants.

Cependant, certains évènements moroses qu’a connu historiquement notre société ont entaché l’institution des bashingantahe d’où certains dérapages (J. Ntamahungiro, 2007) qui ont eu lieu et bouleverse l’institution de par sa philosophie, son essence et son étant:

1)    De la probité au diplôme et à l’élitisme

2)    Une lecture partiale et partisane de l’histoire du Burundi

3)    Une justification du crime

4)    Des Bashingantahe nommés et pas élus et sur des critères plus que douteux

5)    Des Bashingantahe investis à la sauvette

6)    Des Bashingantahe accusés de corruption

 

 

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

1)    A. Ntabona, L’ubuntu (Humanité réussi) et sa revitalisation au Burundi, Editions du CRID, Bujumbura 2021.

2)    B. BARBUSSE et D. GLAYMANN, Introduction à la sociologie, Sup'Foucher, Paris, 2004.

3)    B. Zuure, L’ame du Murundi, edition Beaucherne et fils, 1932

4)     C-B.MFOUNGUE, Le mariage africain, entre tradition et modernité: étude socio-anthropologique du couple et du mariage dans la culture gabonaise, Université Paul Valéry - Montpellier III, 2012 p. 10 ; Disponible en ligne sur : http : // tel.archives-ouvertes.fr/tel-00735563.

5)    Culture du Burundi, http://fr.m.wikipedia.org, consulté le 25 juin 2019. La culture burundaise, sauvegarde des dictons, des proverbes et des contes, www.ppbdi.com, consultée le 26 juin 2019

6)    E. NORBERT trad. par K. PIERRE, La civilisation des moeurs, Calmann-Lévy, S.L, 1969.

7)    Edward Sapir (1921),  Anthropologie Tome 1 : culture et personnalité, Paris : Éditions de Minuit, 1967. Un document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales" Site web: http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html

8)    J. Martin, La persona e il benne comune, Brescia, 1963.

9)    J. Ntamahungiro, Séminaire du 27/8/2007 à Bruxelles sur le thème  «Les manières de ‘faire’ la paix en Afrique »

10) J. Y. Calvez, Intructiozone alla vita politica, Morcelliana, Brescia 1968.

11) Jean- Pierre Olivier de Sardan, Anthropologie et développement. Essais en socio-anthropologie du changement social, KARTHALA, Paris 1995, p. 7.

12) J-H. Fichter, La philosophie des sciences sociales. De 1860 à nos jours, Histoire de la philosophie, T.VII, Hachette, Paris, 2000.

13) J-M. Katubadi, «Construire une économie éthique en Afrique un développement dans le creuset de l’économie solidaire», In Ethique et societe, Les Organisation Non-Gouvernementales et la question de la gouvernance, Vol 16, 2020

14) Kant, Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, Bordas, Paris 2016, pp 89-90.

15) Kinezero, M et Gasunzu, P 20l2. A la découverte du Burundi, Cœur d'Afrique. Bujumbura.

16) Léa HAVARD et al. Etat et cultures juridiques autochtones: un droit en quête de légitimité. Les Bashigantahe au Burundi, 2015.

17)  Lebret, L.-J  Dynamique concrète du développement. Editions Economie et Humanisme/Editions Ouvrières Paris. 1967.

18) L-J. Lebret, Dynamique concrète du développement, Paris, Editions Economie et Humanisme/Edition Ouvrières,  1967

19) Mathias Kinezero,  «La culture  burundaise  entre conservatisme et progressisme”, In Ethique et société, Potentiel et défis des mentalités burundaise dans le contexte du monde en mutation, vol. 15Nos 1-2, 2019.

20) Melville J. HERSKOVITS (1950) Les bases de l’anthropologie culturelle, Paris : François Maspero Éditeur, 1967. Un document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales" Site web: http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html

21) Plan National de Développement du Burundi 2018-2027. Bujumbura : République du Burundi.

22) R. Nakarutimana, Contraste entre la tradition et la modernité. Regard socio-anthropologique de la perception du recours aux méthodes contraceptives pour la régulation des naissances, Editions Universitaires Européennes, SL,  2022.

23) République du Burundi 2006. Monographies des provinces de Gitega, Bururi, Makamba et Ngozi, Bujumbura: Ministère de la Planification du Développement et de la Reconstruction Nationale.

24) République du Burundi 2011. Vision Burundi 2025. Bujumbura : Ministère du Plan et du Développement Communal/Cellule prospective. République du Burundi 2018.

25) S. Ntahuga, La conscience de l’essentiel, Régie de Production Pédagogique, Bujumbura, 1997

26) S. Ntahuga, La conscience de l’essentiel, Régie des productions Pédagogique (RPP), Bujumbura, 1997.

27) S. Ntibagirirwa  «Au cœur des mentalités burundaises : l’optimisme de l’heur au-delà des lueurs», In Ethique et société, Potentiel et défis des mentalités burundaise dans le contexte du monde en mutation, vol. 15 Nos 1-2, 2019.

28) Thomas d’Aquin, De regimine principium.

29) Xxx, La civilisation ancienne des peuples des grands lacs, Karthala, Paris, 1998.

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] J-H. Fichter, La philosophie des sciences sociales. De 1860 à nos jours, Histoire de la philosophie, T.VII, Hachette, Paris, 2000, pp. 94-95.

[2] Idem

[3] Ibidem, p.96.

[4] Jean-Pierre Olivier de Sardan, Anthropologie et développement. Essais en socio-anthropologie du changement social, KARTHALA, 1995, p,58.

[5] J. Martin, La persona e il benne comune, Brescia, 1963, p.32.

[6] Thomas d’Aquin, De regimine principium.

[7] J. Y. Calvez, Intructiozone alla vita politica, Morcelliana, Brescia 1968, pp. 40-41.

[8] S. Ntahuga, Op.cit.

[9] S. Ntahuga, Op.cit., p, 73.

[10] P, N’DA, 2015 cite in R. Nakarutimana, Contraste entre la tradition et la modernité. Regard socio-anthropologique de la perception du recours aux méthodes contraceptives pour la régulation des naissances, Editions Universitaires Européennes, SL,  2022.

[11] R. Ntakarutimana, Op.cit.

[12] S. Ntahuga, La conscience de l’essentiel, Régie des productions Pédagogique (RPP), Bujumbura, 1997, p. 43.

[13] Mathias Kinezero,  «La culture  burundaise  entre conservatisme et progressisme”, In Ethique et société, Potentiel et défis des mentalités burundaise dans le contexte du monde en mutation, vol. 15Nos 1-2, juin-aout 2019.

[14] E. NORBERT trad. par K. PIERRE, La civilisation des moeurs, Calmann-Lévy, S.L, 1969, p.16.

[15] Melville J. HERSKOVITS (1950) Les bases de l’anthropologie culturelle, Paris :François Maspero Éditeur, 1967. Un document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales"

Site web: http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html

[16] Ibid. p. 11

[17] Ibid. p. 12

[18] Idem.

[19] Edward Sapir (1921),  Anthropologie Tome 1 : culture et personnalité, Paris : Éditions de Minuit, 1967. Un document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales" Site web: http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html

[20] B. BARBUSSE et D. GLAYMANN, Introduction à la sociologie, Sup'Foucher, Paris, 2004, p. 86. Cité par, C-B.MFOUNGUE, Le mariage africain, entre tradition et modernité: étude socio-anthropologique du couple et du mariage dans la culture gabonaise, Université Paul Valéry - Montpellier III, 2012 p. 10 ; Disponible en ligne sur : http : // tel.archives-ouvertes.fr/tel-00735563.

[21] S. Ntahuga, La conscience de l’essentiel, RPP,Bujumbura, 1997, p. 42.

[22] République du Burundi 2011. Vision Burundi 2025. Bujumbura : Ministère du Plan et du Développement Communal/Cellule prospective. République du Burundi 2018.

[23] Plan National de Développement du Burundi 2018-2027. Bujumbura : République du Burundi.

 

[24] A. NTABONA cite in Xxx, La civilisation ancienne des peuples des grands lacs, Karthala, Paris, 1998.

[25] B. Zuure, L’ame du Murundi, edition Beaucherne et fils, 1932

[26]  A. Petitat, cit in La civilisation ancienne des peuples des grands lacs, Karthala, Paris, 1998.

[27] idem

[28] Les proches de la mère s’organisent et mettent ensemble leurs moyens qui servent d’acheter pour elle l’équipement nécessaire répondant aux besoins du nouveau-né composé des habits et autres. Le soutien (le matériel en matière) lui sera donné et fait de la surprise le jour d’accouchement dans la cérémonie traditionnellement dite de « gukeza umuvyeyi ».

[29] Les amis proches de la jeune mariée s’organisent et mettent ensemble leurs moyens qui servent d’acheter pour elle l’équipement nécessaire dont elle doit disposer dans son nouveau foyer. Le soutien (le matériel en matière) lui sera donné et fait de la surprise à la veille du mariage dans la cérémonie traditionnellement dite « gusiga umugeni ».

[30] A. NTABONA, cite in Xxx, La civilisation ancienne des peuples des grands lacs, Op.cit,p. 216

[31] S. Ntibagirirwa  «Au cœur des mentalités burundaises : l’optimisme de l’heur au-delà des lueurs», In Ethique et société, Potentiel et défis des mentalités burundaise dans le contexte du monde en mutation, vol. 15 Nos 1-2, 2019.

 

[32] S. Ntibagirirwa , Op.cit.

[33] S. Ntibagirirwa, «L’esprit du developpement economique ou l’economie de l’esprit», Ethique et societe, Op.cit.

 

[34]  Lebret, L.-J  Dynamique concrète du développement. Editions Economie et Humanisme/Editions Ouvrières Paris. 1967.

[35] Jean- Pierre Olivier de Sardan, Anthropologie et développement. Essais en socio-anthropologie du changement social, KARTHALA, Paris 1995, p. 7.

[36] Ibidem, pp. 47-48.

[37] S. Ntibagirirwa, Op.cit.

[38] J.Mbaraga cit in S. Ntibagirirwa , Op.cit.

[39]  Ibidem

[40]  L-J. Lebret, Dynamique concrète du développement, Paris, Editions Economie et Humanisme/Edition Ouvrières,  1967

[41]  J-M. Katubadi, «Construire une économie éthique en Afrique un développement dans le creuset de l’économie solidaire», In Ethique et societe, Les Organisation Non-Gouvernementales et la question de la gouvernance, Vol 16, 2020

[42] A. Ntabona, L’ubuntu (Humanité réussi) et sa revitalisation au Burundi, Editions du CRID, Bujumbura 2021

[43] Ubuntu est une philosophie humaniste africaine fondée sur une éthique du solidarisme reposant sur la relation à l’autre. Cette philosophie est la pensée qui a inspirée Nelson Mandela  pour sa politique de « vérité et réconciliation».

[44] Kant, Idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, Bordas, Paris 2016, pp 89-90.

[45] A. Ntabona, Op.cit.

[46] Z. Manirakiza,  cite par J. Ntamahungiro, Séminaire du 27/8/2007 à Bruxelles sur le thème  «Les manières de ‘faire’ la paix en Afrique »

[47] T. Laely cit par J. Ntamahungiro, Op.cit.


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