Le fruit de la patience
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ETUDE SOCIO-ANTHROPOLOGIQUE DE LA
PERCEPTION DU RECOURS AUX METHODES CONTRACEPTIVES POUR LA REGULATION DES
NAISSANCES AU BURUNDI : Cas de la Commune Bukeye si utile, contacter au: regisntakarutimana@gmail.com ou +257 79 744 780 (WhatsApp) |
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FACULTE DES LETTRES ET SCIENCES HUMAINES MASTER EN SOCIO-ANTHROPOLOGIE ---------------------------------------------------------------------- |
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Mémoire Soutenu et défendu
publiquement en vue de l’obtention d’un diplôme de maîtrise en Socio-anthropologie ---------------------------------------------------------------------------- ---------------------------------------------------- |
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Par : Régis NTAKARUTIMANA |
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UNIVERSITE DU BURUNDI |
Identification des membres du jury:
Président :
Pr. Nicodème BUGWABARI Directeur :
Dr Aloys TOYI Secrétaire :
M.A Jean Berchmans NDIHOKUBWAYO |
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Bujumbura,
octobre 2021 ----------------------------------------------- |
IDENTIFICATION DES MEMBRES DU JURY
Président : Pr. Nicodème BUGWABARI
Directeur : Dr Aloys TOYI
Secrétaire : M.A Jean Berchmans
NDIHOKUBWAYO
DEDICACE
A nos parents,
pour votre soutien et votre amour, pour nous avoir fait aimer l’école ;
A notre épouse,
pour nous avoir compris ;
A nos frères et
sœurs, pour votre fraternité et collaboration intime ;
A tous les
couples ayant la conscience d’une progéniture réfléchie.
REMERCIEMENTS
Au
Directeur de mémoire, Monsieur TOYI Aloys, qui sans son apport, le travail ici
présent n’aurait pas été réalisé ainsi. Vous avez fourni tant de conseils,
accordé votre disponibilité et patience. Que vous sentiez ici l’expression de
notre reconnaissance.
A
Madame Oda, pour votre soutien matériel. Ce travail est le couronnement de
votre générosité. Le moment est venu pour vous adresser nos vives
reconnaissances.
A
notre nièce Huguette Christie HABONIMANA, pour avoir mis à notre disposition au
moment opportun l’outil de travail. Sans votre détachement, nous ne verrions
pas le présent travail réalisé ainsi. Recevez nos remerciements.
A
nos chers interlocuteurs (hommes et femmes), vous avez facilité avec dynamisme
nos entretiens. Sans vous, notre travail n’aurait pas raison d’être. Veillez
accepter ici mes sincères remerciements.
Enfin,
à tous qui, sans être cité ici, sachiez que sans votre clémence et générosité,
nous arriverions à faire le travail ici présent. Vos soutiens nous ont marqué
durant le moment de la formation. Que vous trouviez ici l’expression de nos
vives reconnaissances.
NTAKARUTIMANA
Régis
RESUME
Le présent travail porte sur la planification familiale et ses méthodes
connexes. Il s’agit d’abord de se rendre compte de l’actualité sur la
planification familiale en générale et d’évaluer le niveau de connaissance et
de pratique en matière de planning familial.
Le Burundi rejoint officiellement cette cadence depuis 1983 avec
l’instauration du Bureau national de Coordination du Programme de Planification
Familiale (CPPF) qui mute vers la PNSR vers les années 1997. Notre travail
entre dans la logique de bien vouloir déceler les différentes perceptions que
la population attribue à la planification familiale et ses mécanismes mise en
place.
Pour atteindre
à cette préoccupation, des objectifs
nous ont aidé à fractionner notre thème jusqu’aux détails les plus
possibles. La prise de conscience, la responsabilité (paternelle ou
maternelle), l’usage de la raison, le
dialogue et la formation assise contribuent à la bonne compréhension et
intégration de la planification familiale.
Au niveau
théorique et méthodologique, l’approche qualitative nous a servi des techniques
de collecte de données et des informations nécessaires d’une part. D’autre
part, l’individualisme méthodologique nous a servi de donner sens aux constats
du terrain et à approfondir l’interprétation. En outre, la rationalisation de
la vie, la médicalisation de la santé, la modélisation ainsi que l’approche socioculturelle
de la planification familiale nous ont
aidé à bien comprendre le rôle (et / ou la place) de la raison dans cette
affaire de planification familiale (phénomène de régulation des naissances).
L’analyse et l’interprétation des données nous prouvent que le phénomène de la
planification familiale n’est pas compris de la même façon : plusieurs
facteurs en l’occurrence socioculturelle et socioreligieux sont à la base de
ces perceptions. Donc, les thèmes relatifs à la planification familiale tels qu’espacement
des naissances, limitation des naissances, santé reproductive ne sont pas tenus
et intériorisés au même niveau suite à un faible taux d’instruction ou
d’information.
Les mots clés : Planification
familiale, Régulation des naissances, santé reproductive, Méthode de régulation
des naissances, Contraception, Limitation des naissances.
ABSTRACT
This Mather’s thesis
is about Family Planning and its related methods. It aims first of all to
discover current information on family planning in general and assigns know
ledge level and practices in family planning matters.
Burundi has
officially joined the Family Planning Program since 1983 with the founding of
the national office for the Coordination of the Family Planning Program (CPPF)
which moved to the PNSR in 1997. This research tries to identify different
perceptions of the population on Family Planning and its mechanisms to be put
in practice.
To respond to
this preoccupation, we started with objectives; these objectives have helped us
to split our theme as much as possible details. Awareness responsibility
(paternal and maternal), usage of the reason, dialogue, training have
contributed to a good understanding and family planning integration.
Concerning theory and methodology, the qualitative approach
provides us with data collection and necessary information on one hand. On the
other hand, methodological individualism helps us to give meaning to ground
observations and deepen interpretations. In addition, the rationalization of
life, the medicalization of health, the modeling as well as the anthropological
and socio-cultural approach to fertility have help us to understand well the
role of reason the family planning matters.
The analysis and interpretation of data show that the
phenomenon of family planning is not understood in the same way by everyone:
several factors mainly socio-cultural and socio-religious are the basis of
various perceptions. Therefore, the themes related to family planning such as
birth spacing, birth control, reproductive health are not understood and
internalized at the same level due to poor level of local people’s education.
Key words: Family planning, Birth control, Reproductive health,
Birth control method, Cultural context of the fertility, Contraception, Birth limitations.
TABLE
DES MATIERES
IDENTIFICATION
DES MEMBRES DU JURY
LISTES DES TABLEAUX ET FIGURES
LISTE DES SIGLES, ABBREVIATIONS ET ACRONYMES
0.2.
Motivation et intérêt du sujet
0.4.
Délimitation spatio-temporelle du sujet
I.1.
Historique de la planification familiale ou de la contraception
I.1.2. La religion Chrétienne et le
Moyen-âge
I.1.4. La période contemporaine
I.2.
Adoption de la planification familiale en Afrique
I.3.
Adoption et historique de la planification familiale au Burundi
I.4.
Catégorisation des méthodes de régulation des naissances
I.4.1. Les méthodes mécaniques ou
méthodes barrières
I.4.2. Les méthodes chimiques
contraceptives
I.4.3. Les méthodes chimiques
contragestives
I.4.4. Les méthodes chirurgicales
I.4.5. Différentes méthodes de régulation des naissances ou de la
planification
familiale
I.4.5.1. Les méthodes naturelles
I.4.5.1.1. Méthode du calendrier
I.4.5.1.2. Méthodes de Température
Basale du Corps (TBC) ou méthode
thermique
I.4.5.1.3. Méthode de la glaire
cervicale
I.4.5.1.4. Méthode d’Allaitement
Maternel et d’Aménorrhée (MAMA)
I.4.5.1.6. Méthode d’observation
des changements du col de l’utérus
I.4.5.1.7. Méthode sympto-thermique
ou Méthode d’Auto Oservation (MAO)
I.4.5.1.8. La méthode des deux
jours
I.4.5.1.9. L’abstinence provisoire
I.4.5.2 Les méthodes contraceptives
modernes
I.4.5.2.1. Les
pilules (ibinini)
I.4.5.2.2. L’injectable (urushinge)
I.4.5.2.3. Le stérilet (akanyuzi)
et l’implant sous-cutané (akagegene)
I.4.5.2.5 La vasectomie et la
ligature des trompes
I.4.6. Urgence et nécessité de la
planification familiale
I.5. Les obstacles ou résistances de la planification familiale
CHAPITRE II. APPROCHES CONTEXTUELLE, THEORIQUE ET
CONCEPTUELLE
II.1. Contexte culturel de la fécondité
II.2. Théories de régulation des naissances
II.2.1. La rationalisation de la
vie
II.2.2. La médicalisation de la
procréation
II.2.3. La modélisation et
l’approche socioculturelle de la planification familiale
II.3.1. Schéma théorique et
conceptuel
II.3.1.1. L’individualisme
méthodologique
II.3.1.2.1. Planification
familiale et santé de la reproduction
II.3.1.2.3. Limitation des naissances
II.3.2. Questions de fond et
hypothèse
CHAPITRE III DISCUSSIONS D’ORDRE METHODOLOGIQUE
III.1. Présentation du terrain d’enquête
III.2. Population d’étude et échantillon
III.2.1. La constitution de
l’échantillon
III.3.
Méthodologie de recherche
III.3.1. Technique de recueil de
données : entretien semi-directif
III.3.2. Techniques du choix des
sujets: interlocuteurs
III.4. Les démarches de l’enquête
III.4.1. La pré-enquête ou
l’enquête exploratoire
III.4.2. L’enquête proprement dite
III.4.3. Considérations éthiques
CHAPITRE IV. PRESENTATION, ANALYSE ET INTERPRETATION
DES
RESULTATS
IV.1. Présentation des résultats du terrain
IV.1.1. Description de la
population étudiée : caractéristiques sociodémographiques et
culturelles
IV.1.1.2. Activités
professionnelles
IV.1.1.3. Appartenance religieuse
IV.1.1.4. Etat matrimonial et mode
de vie conjugal
IV.1.1.5. Taille actuelle de la
famille
IV.1 .1.6 L’idéale de la
famille et de l’intervalle d’espacement des naissances
IV.1.2. Connaissance sur le
Planning Familial
IV.1.2.1. Information sur le
Planning familial
IV.1.2.2. Sources d’information sur
la planification familiale
IV.1.2.3. Les émissions diffusées
en rapport avec le Planning Familial
IV.1.2.4. Compréhension de la
planification familiale
IV.1.2.5. La nécessité du planning
familial
IV.1.2.6. Connaissance des
méthodes de régulation des naissances
IV.1.2.7. Perceptions d’une femme
sous traitement de la contraception dans un
environnement local
IV.1.2.8. Différentes
ressources/fournisseurs des méthodes de régulation
des naissances
IV.1.3. Pratique du planning
familial
IV.1.3.1. Etat actuel de la
pratique du planning familial
IV.1.3.2. Les méthodes préférées
IV.1.3.3. L’initiative d’admission
IV.1.3.4. Raisons d’abandons des méthodes de régulation
des naissances
IV.1.3.5. Les effets secondaires
relevés
IV.2. Analyse et interprétation des données
IV.2.1. Caractéristiques
sociodémographiques et culturelles
IV.2.1.2. Activités
professionnelles
IV.2.1.3. Appartenance religieuse
IV.2.1.4. Etat matrimonial et mode
de vie conjugal
IV.2.1.5. Taille actuelle de la
famille
IV.2.1.7. L’idéal de la famille et
de l’intervalle d’espacement des naissances
IV.2.2. Connaissance sur le
Planning Familial
IV.2.2.1. Une population bien
informée sur le Planning familial
IV.2.2.2. Sources variées
d’information
IV.2.2.3. L’implication de l’Eglise
en matière de procréation
IV.2.2.4. Qu’en est-il des centres
de santé?
IV.2.2.5. Sources de voisinage
IV.2.3. Connaissance des
méthodes de régulation des naissances
IV.2.3.1. Degrés de connaissances
diversifiés
IV.2.3.2. Pourquoi ces
différences ?
IV.2.3.3. Le cas des méthodes moins
connues
IV.2.4. Différentes perceptions de
la planification familiale
IV.2.4.1. Différentes
considérations ou perceptions face à la planification familiale
IV.2.4.2. Conceptions et attitudes
face à une femme admise aux méthodes
contraceptives
IV.2.4.3. La nécessité de la
planification familiale
IV.2.5. Pratique de la planification familiale
IV.2.5.1. Etat actuel de la pratique du planning
familial
IV.2.5.2. Obstacles, résistances et raisons d’abandons de la
planification familiale
LISTES
DES TABLEAUX ET FIGURES
Tableaux
Tableau 1 : La
constitution de l’échantillonnage
Tableau 5 : Répartition des cas selon les appartenances religieuse
Tableau 6 : Répartition des cas selon l’état matrimonial
Tableau 7 : Répartition des cas selon le mode de vie conjugal
Tableau 8 : Répartition cas selon le nombre d’enfants : taille
actuelle de la famille
Tableau 9 : Répartition des cas selon l’idéal d’enfants souhaités
Tableau 10 : Répartition des cas selon l’idéal d’espacement de
naissance
Tableau 11 : Répartition des cas selon le niveau d’étude
Tableau 12 : Répartition des cas selon les sources d’information sur
la planification
familiale
Tableau 13 : Répartition des cas selon la compréhension de la
planification familiale
Tableau 14 : Répartition des méthodes de régulation des naissances
selon l’ordre de
fréquence
Tableau 16 : Répartition selon les méthodes de régulation des
naissances préférées
Tableau 18 : Utilisation des méthodes de planification familiale.
Tableau 19 : Les effets de la contraception
Figures
Figure 1 :
Schéma d’analyse des déterminants de la fécondité
Figure 2 :
Panneau publicitaire comme sources d’information
LISTE DES SIGLES, ABBREVIATIONS ET ACRONYMES
ABUBEF : Association Burundaise pour
le Bien Etre Familial
Apr.
J.C : Après Jésus Christ
Av.
J.C : Avant Jésus Christ
CEM : Centre d’Enseignement
des Métiers
CPPF : Coordination du
Programme de Planification Familiale
DCEN : Direction Communale de
l’Education Nationale
ECOFO : Ecole Fondamentale
EDSB :
Enquête Démographique de Santé au Burundi
EPS : Education pour la
Santé
FIDAF : Fédération
Internationale de l’Action Familiale
Gn :
Genèse
IEC : Information,
Education et Communication
IVG : Interruption
Volontaire de Grossesse
MAMA : Méthode d’Allaitement
Maternel et d’Aménorrhée
MAO : Méthode
d’Auto-Observation
OMS : Organisation Mondiale
de la Santé
ONU : Organisation
des Nations Unies
PF : Planification
Familiale ou Planning Familial
PNSR :
Programme National Santé de la Reproduction
PSA : Personne
Sexuellement Active
RDC : République
Démocratique du Congo
RGPH :
Recensement Général de la Population et de l’Habitant
RU : Roussel-Uclaf
SIDA : Syndrome d’Immuno
Déficience Acquise
SR : Santé de la
reproduction
TBC : Température Basale
du Corps
AVANT-PROPOS
L’étude socio-anthropologique de la
perception du recours aux méthodes contraceptives pour la régulation des
naissances au Burundi constitue l’objet de notre travail de recherche. La
présente thématique situe son point de départ dans l’actualité et documentation
sur l’état actuel de la politique de planification familiale au Burundi.
Différents intervenants (politiques, religieux,
organisations gouvernementales et non gouvernementales, etc.) soulignent le
bien-fondé de cette dernière. Pas mal de couples adhèrent au programme de planification
familiale pour réguler les naissances. Cependant, il s’observe différentes
conceptions face au recours aux méthodes
contraceptives de régulation des naissances.
Le but de notre recherche était de comprendre comment
les hommes et les femmes (de la commune Bukeye en particulier) perçoivent la planification
familiale et ses effets. Pour y arriver,
nous avons mis en évidence une méthodologie nous permettant de récolter des
données nécessaires pour la compréhension de ce phénomène. L’accent est mis sur
la documentation, l’enquête de terrain, l’analyse et l’interprétation des
données recueillies sur terrain.
Au cours de notre recherche, nous
avons rencontré pas mal de contraintes dont les contraintes
socioculturelles. Pour la majorité, il était difficile de répondre ouvertement
à notre entretien car les éléments clés de notre guide d’entretien relèvent un
caractère tabou selon la culture et la tradition burundaise. Les questions
liées à la sexualité et à la vie du couple ne sont nulles parts révélées en dehors
du couple. Un bon nombre de question n’a pas été répondu.
Malgré ce blocage, nous sommes parvenus à des résultats
fiables. La méthodologie à laquelle nous nous sommes appuyés (l’entretien
semi-directif) nous a permis de nous adapter sur terrain et enfin d’y
recueillir des données grâce à son caractère compréhensif, interactionnelle et sa flexibilité.
0. INTRODUCTIONGENERALE
0.1. Présentation du sujet
La planification familiale est l’une des préoccupations du
gouvernement pour le bien-être de la population. En effet, les résultats
du dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH)[1] de
2008 estime la population du Burundi à 8.05 millions d’habitants (8 053 574 d’habitants). Les statistiques montrent que cette
population a doublée en 29 ans entre le premier recensement et le dernier
recensement. Par conséquent, si l’accroissement de la démographie suivait ce
rythme, le Burundi pourrait compter 10.2 millions d’habitats en 2018 et 11.5 million d’habitants en 2023 selon les
mêmes sources.
Selon
l’Enquête Démographique de Santé du Burundi (EDSB)[2] de
2010, chaque femme donne naissance en moyenne à 6.4 enfants durant sa vie
féconde. Les écarts varient selon les régions où le nombre moyen d’enfant par
femme varie d’un minimum de 4.2 enfant en milieu urbain contre 7.1 enfants par femme en milieu rural.
Les facteurs socioculturels sont à l’origine du taux élevé selon les experts de
la fécondité. Certes, « les comportements des Burundais en matière de
sexualité, de mariage et de procréation ont été et sont encore déterminés par
les normes et les valeurs traditionnelles, dans un contexte de faible
prévalence contraceptive»[3].
Ainsi, pour faire face à la problématique de la population galopante, le
Burundi comme les autres pays du monde entier, fait la sienne la politique de
la planification familiale. Le gouvernement, les organisations gouvernementales
et non gouvernementales, les confessions religieuses, etc. sont sensibles à ce
sujet. Ils sont à l’œuvre pour la
sensibilisation.
Les données statistiques du planning
familial effectuées en 1997 par l’Eglise catholique du Burundi, montrent que
pas mal de gens (couples) emploient les contraceptifs pour espacer les
naissances[4]. Or,
selon cette même source, très peu de couples utilisent les méthodes naturelles.
Ceci a poussé l’Eglise catholique de
s’engager pour la promotion de la planification familiale naturelle dans sa
mission de la pastorale familiale. Celle-ci traite de façon rigoureuse cette
question sous l’égide de la morale chrétienne sociale : le respect de la
loi naturelle.
Le personnel de santé public a aussi
mis son attention sur cette question dans les programmes de santé mère-enfant,
la santé reproductive et la planification familiale. Notre passage sur terrain
nous a fait relever quelques problèmes majeurs pouvant ralentir, voir freiner
cette politique : le manque d’information suffisante et la gestion des
effets secondaires, les rumeurs qui sèment la désinformation, etc. Cependant,
certains de nos interlocuteurs nous ont avoué qu’ils sont sous traitement de
certaines méthodes. Les statistiques
montrent que par mois, selon les rapports des centres de santé (commune
sanitaire de Bukeye), 135 à 170 patients
sont accueillis dans le service de planning familial dont les « nouvelles
acceptantes » et les « renouvelantes » répondant aux rendez-vous du médecin[5]. Par
contre, par l’an, [paroisse Bukeye], 46 couples sont admis au programme de
planification familiale naturelle contre 22 couples déclarés autonomes après
six mois de formation[6].
Sur le plan national, selon le bilan
de 2018 du Programme National de la Santé Reproductive (PNSR), le taux
d’adhésion aux méthodes de planification familiale [les méthodes contraceptives
modernes] a passé de 42% en 2016 à 35% en 2018[7]. Dans
cette même optique, l’Association Burundaise pour le Bien-être Familiale
(ABUBEF) enregistre pour l’exercice de 2016 plus de 21 mille clientes au cours
du premier semestre de cette même année dont plus de 7 mille âgées de moins de
25 ans. En 2018, plus de 41 mille clientes ont adhéré aux méthodes
contraceptives[8].
Toutefois, il ressort des uns et des autres, que les méthodes de régulation des
naissances sont perçues de façon différente selon des raisons multiples.
Le présent travail, focalise son attention sur différentes
perceptions et attitudes attribuées aux méthodes de régulation des naissances
dites méthodes contraceptives. Ces dernières soulèvent des controverses liées à
la conception et à la mentalité socioculturelle face à la progéniture nombreuse
mise en cause.
0.2. Motivation et intérêt du sujet
Différentes controverses émanant d’un débat politique au sujet de
l’urgence et la nécessité d’une loi pour la limitation des naissances[9] au
Burundi marquent l’origine et les motivations de nos préoccupations autours de
ce sujet : la planification familiale. Ces débats et controverses visent
à : repenser l’éducation de la jeunesse pour espérer à un résultat à long
terme dans la planification familiale (le Ministre de l’intérieur), la mise en
place d’une commission d’enquête afin de se rendre compte de l’état de la
question et voir si la loi de limitation des naissances peut ou ne peut pas
être mise en place (le Ministre des affaires sociales) et
privilégier une bonne politique de santé reproductive; notamment en
éduquant et en augmentant la gamme des
produits contraceptifs pour enfin arriver à réguler les naissance (le Ministre
de la santé publique et de la lutte contre le SIDA)[10].
Donc, par cette recherche, nous voulons comprendre les différentes conceptions
et avis données à ce programme et ses effets appropriés de la part de la
population (de la commune Bukeye en particulier).
0.3. Objectifs
Nous trouvons intérêt d’exploiter ce sujet pour plusieurs
raisons :
1.
Comprendre comment
les femmes et les hommes perçoivent la planification familiale et les
stratégies mises en œuvre pour y réussir ;
2.
Mettre en
considération les effets sociologiques émanant de ces méthodes dans la vie
ordinaire dans les ménages ;
3.
Evaluer le
niveau de connaissance et de pratique en matière de planning familial.
0.4. Délimitation spatio-temporelle du sujet
Pour essayer de trouver des réponses aux différentes préoccupations
mentionnées, nous nous sommes proposé de prendre un temps suffisant auprès des
différentes femmes et hommes afin de recueillir des informations à propos de
cette question.
Quelques
raisons nous ont poussées à préférer la commune Bukeye comme lieu
d’enquête : la commune Bukeye est parmi les communes les plus peuplées de
la province de Muramvya (la deuxième après la commune.
Muramvya avec 66090 habitants en 2008[11] et 93 407 habitants
en 2021[12]) avec une dynamique de fécondation assez remarquable : une
population la plus jeune[13]. Sa
population est d’ailleurs pour la plupart moins instruite et vit aussi une vie
moyennement faible. Plus encore, dans la plus part des cas, malgré le taux
d’instruction moyennement faible, la population qui campe au centre, parmi
elle, la majorité de nos interlocuteurs, est de plus en plus mieux informée de
ladite politique de la part des sources diverses. Elle est aussi confrontée aux
contraintes majeures telles que le chômage (les jeunes), la vie chère, le coût
élevé des soins de santé, les contraintes socioéconomiques qui sont des moteurs
de la politique de la planification familiale.
Nous comptons faire notre recherche en se basant sur les données du
moment, au préalable, nous sommes partis des données officielles (recensement
2008) pour bien situer notre champ d’enquête. L’enquête de terrain couvre la période du mois
d’avril au mois de juin de l’an 2021.
0.5. Articulation du sujet
Notre travail va couvrir quatre chapitres. Le premier chapitre nous
renvoie dans l’histoire pour nous mettre au courant de l’historique du
phénomène de la planification familiale et de son évolution dans le temps. Il est
aussi question des différentes méthodes
de régulation des naissances, de la nécessité de la planification familiale
voir ses obstacles et ses résistances. Le second chapitre va nous permettre de
nous rendre compte du contexte culturel de la fécondité. Différentes notions
relatives à la planification familiale vont être aussi détaillées afin de nous
mettre dans l’aubin de notre problématique ainsi que de l’hypothèse qui fait
partie des éléments de ce chapitre. Le chapitre suivant renvoie à la
méthodologie mise en place pour aboutir aux meilleurs résultats. Et enfin le
dernier (le quatrième) chapitre va être consacré à la présentation et
l’interprétation des résultats recueillis. Ce chapitre va répondre aux
questions centrales de notre travail.
Nous sommes conscient que notre sujet est très sensible et recouvre
pas mal d’aspects, mais pour notre cas, nous nous sommes bornés uniquement sur
une étude socio-anthropologique de la perception des méthodes de régulation des
naissances. En plus, la sensibilisation nous semblerait nécessaire chez les
conjoints, et en générale tout le monde face à la fécondité. Il ne nous
appartient pas d’autres aspects qui peuvent être liés à ce sujet.
CHAPITRE
I. ETAT DE L’ART
Le présent chapitre s’articule en trois grands moments. Le
premier moment part de l’historique et
l’évolution de la planification familiale, l’adoption de la planification
familiale en Afrique et au Burundi. Quant au deuxième moment, il est question
des méthodes de régulation des naissances tandis que le troisième consiste
aux obstacles et résistances de la planification familiale.
I.1.
Historique de la planification familiale ou de la contraception
La
contraception, autrement dit le désir de contrôler ou de limiter les naissances
a existé depuis l’antiquité. Des diverses inventions et pratiques sont
caractérisées toutes les périodes de l’histoire afin de limiter ou d’espacer
les naissances. En guise d’exemple, en Afrique, des méthodes contraceptives
sont pratiquées depuis la nuit des temps : « la séparation
prolongée d’avec la femme, de l’utilisation des bagues préparées, de l’emploi
de la ceinture magique et de la prise de certaines potion buvables »[14].
Le contrôle de la fécondité se faisait par différentes méthodes. On
se servait dans le monde entier, en particulier en Afrique d’un grand nombre de
plantes et d’autres substances pour favoriser, nuire ou empêcher la conception[15].
Toutes ces pratiques concernaient chez les femmes que chez les hommes pour
l’unique finalité de rendre la femme ou l’homme temporairement infertile voir
aussi la stérilisation définitive. Les inquiétudes relevées d’elles, sont
quelques fois la non certitude de leur fiabilité, leur non scientificité et le
caractère magique de certaines parmi elles d’où le constant d’un problème
majeur, selon OMS en matière de leur efficacité. Cependant, depuis la nuit des
temps, le contrôle de la fécondité s’est fait par l’utilisation des plantes
indigènes préparées de différentes manières. L’OMS rassemble selon ses
documentations sur l’Afrique uniquement, 500 plantes et substances différents à
l’usage en tant que contraceptifs et abortifs et bien d’autres méthodes pour
espacer des naissances. Il s’agit par exemple de : (1) l’huile
extraite des graines de Buchholzia macrophylla utilisée par les femmes du Zaïre pour réduire
les menstruations ; (2) de
nombreuses plantes pour stimules l’écoulement du lait maternel consommées soit
sous forme de tisanes comme l’Osyris wigh-tiana au Kenya, soit passées
sur les seins comme les feuilles de l’Hibiscus surattensis en Tanzanie ; (3) des plantes servaient de
spermicides comme la Saponaria officinalis ou l’Enterolobium cyclocarpum
utilisés en Egypte, ou de contraceptifs comme le Sphaeranthus cythuloides en Tanzanie et le Parinari excelsa en
Guinée ; (4) le Combretodendron africanun pour empêcher la nidation
utilisée en Côte d’Ivoire ; (5) la continence et la lactation pour la
grande partie de l’Afrique ; (6) l’allaitement maternel ; (6) la
séparation périodique ; (7) la polygamie constitue comme moyen
important dans la planification
familiale : en ayant plus d’une femme, elle renforce la continence en
fournissant au mari une autre partenaire sexuelle pour empêcher que les relations
sexuelles soient prématurées avec la femme qui venait d’avoir l’enfant ;
(8) le coït interrompu ou le retrait
pour la libération des tensions sexuelles ; (9) la circoncision des femmes
(l’excision) ; une pratique ayant pour effet de limiter les
désirs des femmes de s’adonner aux rapports sexuels d’où son effet sur la fécondité[16].
Particulièrement pour le Burundi traditionnel, des chercheurs
convergent sur certains procédés traditionnels comme moyens contraceptifs et
abortifs. Les plus connus sont de deux sortes selon l’enquête de Juan NAVAS:
(1) les pratiques magiques, telles qu’incantation, pose d’amulette ou d’autres
objets magiques ; et (2) l’utilisation de certains produits réputés à
caractère contraceptifs ou abortifs tels que « umuravumba »
(moshosma) ou « umubirizi » (vernomia amygdalina)[17].
Ces pratiques et ses procédés, poursuivent les chercheurs, sont
surtout connus des anciens. Ils ne sont communiqués aux jeunes qu’en cas de
nécessité (jeune fille enceinte). Même si l’intéressée y a recours, elle n’a
généralement pas accès au secret ni à la nature du remède utilisé.
Bref, la contraception ou le contrôle de la fécondité fut une
question d’actualité au cours du temps. Des différentes méthodes contraceptives
ont marqué par ailleurs les grandes périodes et/ou courants de l’histoire[18].
I.1.1. L ‘Antiquité
Depuis l’antiquité, différents
courants contraceptifs ont été appliqués en fonction des croyances, des régions
du monde, de la démographie, etc. « De nombreux papyri médicaux
prouvent que la contraception était déjà pratiquée à cette époque, notamment
chez les prostituées (pour lesquelles une grossesse aurait été une entrave à
leur activité professionnelle), pour les filles non mariées ou encore pour des
motifs médicaux »[19].
Certaines découvertes égyptiennes rapporteraient pour d’autres raisons Ramsès[20]
(1304-1213 av. J-C) qui, pour limiter la surpopulation et les risques de
famine, aurait distribué à la population des contraceptifs. Pour ce fait,
plusieurs moyens contraceptifs auraient été utilisés à cette époque[21] :
-
Les premiers
préservatifs masculins auraient été confectionnés à cette époque, en Egypte,
avec des intestins de petits animaux : « Une statuette égyptienne
vieille de 6000 ans montre déjà un égyptien muni d’un étui anti-contraceptif et
affirme que le préservatif aurait été utilisé 6000 ans av. J.C. Le Roi de Crète
Minos aurait utilisé un sachet en vessie de chèvre en 1500 av. J.C»[22].
-
Dans le papyrus
de Kahun (qui est un des plus anciens traités de médecine connus, qui date
d’environ 2000 ans av. J.C) ; on retrouve la préparation suivante : « Des épines d'acacia finement broyées,
mélangées à des dattes et du miel
et étendues sur un tampon de fibre introduit profondément dans le vagin»[23].
Plus récemment, la recherche biologique aurait d’ailleurs montré que les épines
d'acacia renferment une sorte de latex qui s'enrichit en acide lactique au fur
et à mesure du processus de fermentation et c’est cet acide qui entre dans la
composition de certains spermicides modernes.
-
Le papyrus
d’Ebers[24] (qui
est un des traités médicaux de cette époque : date du XVIe
siècle av. J.C) décrit plusieurs recettes contraceptives composées d’excréments de crocodile, de natron (roche
cristalline), de miel et de gomme
arabique (aujourd’hui utilisée comme épaississant alimentaire).
-
De plus, sans
connaître le rôle des hormones dans la fécondation, les Egyptiens avaient déjà
pensé à une contraception orale en proposant aux femmes de prendre des graines de grenades moulues mélangées à de la
cire. La grenade contiendrait des œstrogènes. De la grenade, les
chercheurs auraient découvert d’ici la première contraception orale hormonale.
Ailleurs, dans
la Grèce antique comme le montre Parménide au IVe siècle av. J.C, la
théorie de la conception était l’une des théories dominantes. Selon lui, « les
hommes comme les femmes produisent de la semence »[25].
C’est aux environ à cette période que date des découvertes sur le cycle
menstruel de la femme. Des explications sur ce dernier sont élaborées par le
médecin Soranos d’Ephèse (IIe
siècle apr. J.C) selon lesquelles il met l’accent sur la fertilité et le
désire de la femme pour concevoir :
De même
que toute saison n’est pas propre pour faire pousser les semailles, de même
aussi tout mouvement n’est pas favorable à la semence projetée dans l’utérus
par les rapprochements sexuels (…). Le meilleur pour la conception est celui de
la cessation de l’écoulement menstruel, les femmes sont alors portées vers
l’acte vénérien et le désirent (…) La
conception peut avoir lieu à d’autres moments, quand les femmes le désirent
vraiment, car de même qu’il ne peut se faire d’éjaculation chez les hommes sans
excitation vénérienne, il ne peut se faire aussi que les femmes conçoivent sans
désir[26].
Cependant, pour lutter contre la
surpopulation, quelques mesures sont mis sur place pour limiter les
naissances : le recul de l’âge du mariage pour l’homme et la femme afin,
pour cette dernière surtout, de limiter le nombre d’années pendant lesquelles
elle est fertile. Platon et Aristote ont défendu cette idée de limiter les
naissances en cas de surpopulation de la cité, non seulement sur cette mesure,
et bien d’autres. Platon avait perçu le problème de la démographie galopante et
limite la population à un chiffre qu’il compte indépassable de cinq mille
quarante. Les magistrats ont pour rôle d’assurer le respect de cette mesure
pour maintenir l’équilibre de la population. Quant à lui, Aristote fixa l’âge
du mariage à trente-sept ans pour les hommes et dix-huit ans pour les femmes
avec proposition d’un nombre d’enfants indépassables pour chaque famille. C’est
ainsi que si une femme devient enceinte après avoir atteint le nombre fixé, il
faudra que l'enfant soit détruit avant d'avoir vu le jour[27].
Il faut retenir que, pour Platon que
le mariage et la procréation sont des affaires de l’Etat et soient harmonisés
pour garantir l’équilibre de la société. Quelques mesures sont par conséquent
établies : l’adoption du mariage par les magistrats avant d’avoir lié, la
procréation dirigée et d’une loi délimitant l’âge de procréer pour l’homme que
pour la femme. Ainsi donc, pour Platon :
Pour ce qui est du nombre des
mariages, nous laisseront aux magistrats le soin de le régler de telle sorte
qu’ils maintiennent le même nombre d’homme (…) et que notre cité, dans la
mesure du possible ne s’agrandisse pas, ni ne diminue (…), la procréation des
enfants devrait se faire à la fleur de l’âge : la durée moyenne de la fleur
de l’âge est de vingt ans pour la femme et trente ans pour l’homme. La femme
enfantera pour la cité de sa vingtième à sa quarantième année. L’homme
engendrera pour la cité jusqu’à cinquante-cinq ans[28] .
Passé outre ces mesures, pour un vieux ou un jeune, et se mêler de
l’œuvre commune de génération [la procréation], le sujet est déclaré « coupable
d’impureté et d’injustice »[29]
puisque une pareille naissance sera le fruit de l’ombre et de la terrible
incontinence, les enfants fruits de ce genre de mariage ne seront favorisés ni
de la nature, ni de la fortune, cela donne lieu par conséquent à une génération
moins activée qui, partout où elle se rencontre engendre toujours « la
guerre et la haine »[30].
Les romains employaient différentes techniques pour réguler ou
limiter les naissances : le coït
interrompu pour les hommes et l’allaitement
maternel pour les femmes (des découvertes montrent que l’allaitement arrêtait
l’ovulation d’où chez les grecs les femmes n’hésitaient pas à prolonger
cette période), aussi que le calcul des
cycles menstruels pour connaître leur période de fécondité[31].
Dans un traité de botanique intitulé De materia medica Dioscoride (I er siècle
apr. J.C) énumère de nombreuses nouvelles recettes contraceptives : breuvage à base d’écorce d’aubépine, de
feuilles de lierre, de saule et de peuplier. Les baies de genièvre permettaient
une stérilité temporaire si elles étaient placées sur le pénis ou sur la vulve.
Il préconise aussi l’utilisation de suppositoires à la menthe et au miel avant
le rapport et un pessaire poivré, de la pommade à base d’excréments de
crocodile, aux huiles de figue dans le vagin après le rapport[32].
Il est aussi recommandé [pour Aristote] d’utiliser les feuilles de saule comme contraceptif. Pour éviter la
fécondation, certains écrits préconiseraient aux femmes de sauter plusieurs fois après le rapport sexuel pour faire sortir
un produit composé de glaire et de sperme, et ou la douche vaginal à l’eau
froide pour tuer le sperme, etc. « En cas d’échec de ces techniques,
ils n’hésitent pas à utiliser l’avortement voire l’infanticide »[33].
La contraception est aussi pratiquée
chez les hébreux malgré qu’elle soit autorisée pour certains cas et pour une
durée définie pour cause de santé de la femme (lors de la pratique
habituelle de la polygamie). Les
araméennes utilisaient le « moukh », qui est une éponge que l’on
place dans le vagin pour empêcher le sperme d’atteindre l’utérus[34].
I.1.2. La religion Chrétienne et le Moyen-âge
L’arrivée de la religion chrétienne
marque un tournant majeur dans la mentalité. Dès le I er siècle
l’Eglise [Catholique] prônait l’abstinence sexuelle et condamne toute pratique contre
nature de la sexualité. Pour condamner l’usage de tout moyen contraceptif et coït, elle se fonde sur l’anecdote biblique d’Onan[35]
selon laquelle, Onan fut condamné par Dieu, après avoir refusé d’assurer la
postérité selon la tradition juive. L’Eglise considère les femmes ayant recours
à une quelconque méthode contraceptive, comme poussées par l’avarice et le
désir et ces dernières se font des prostituées selon Saint Augustin[36]. Cependant,
en dépits de l’influence de la religion au Moyen-âge, la pratique de la
contraception n’est pas absente. Des matrones accoucheuses participent au
contrôle des naissances, elles sont accusées d’utiliser les maleficium[37]
qui sont en quelques sortes des moyens contraceptifs accompagnés de la magie
[la sorcellerie] : boire à telle
fontaine, cracher trois fois dans la
bouche d’une grenouille, se faire une ceinture avec des poils d’oreilles
de mulet (animal stérile), ou boire son urine, ou encore réaliser des talismans avec ses oreilles ou ses
testicules, etc.[38] Le
progrès de la science et de la connaissance contribue à l’expertise de
l’avortement et l’infanticide.
I.1.3. La Renaissance
La Renaissance est caractérisée par le début des
grandes découvertes des différentes méthodes contraceptives. Ainsi donc, « il
faut attendre le XVIe siècle, pour qu’apparaissent les premiers
préservatifs à but contraceptif»[39].
D’autres découvertes ont marqué
cette période : « on expérimente aussi différentes injections intra
vaginales, on parle alors d’étreintes
réservées et de manœuvres post-coïtales(…). En 1677, les premiers spermicides
voient le jour »[40]. En plus, c’est en 1775, que John Hunter
pratiquait la première vasectomie[41].
I.1.4. La période contemporaine
Cette
période est marquée par des multiples découvertes des méthodes contraceptives (naturelles
ou artificielles) telles qu’elles sont connues actuellement. Les années
1803-1880 sont dominées par le courant malthusien. Selon Thomas Malthus, la
misère[42] de
la population pourrait être résolue par la limitation des naissances pour un
équilibre et la survie de la population. Malthus proposa quelques
conseils : se marier tardivement, pratiquer la continence conjugale et une
absence de relation sexuelle en dehors du mariage, qui par conséquent donnent
naissance au courant néomalthusien, qui
se développera dans les années 1880 dans les pays anglo-saxons[43]. Ce
courant a le même objectif mais avec des moyens différents : par exemple, l’utilisation
du diaphragme et d’autres moyens contraceptifs du genre[44].
Différentes découvertes marquent le
XXe siècle dont le stérilet (1928), la pilule (1930), le dispositif
intra-utérin (1959), l’implant cutané (1993), la contraception d’urgence (1999)[45].
I.2.
Adoption de la planification familiale en Afrique
C’est en 1974 lors de la
conférence mondiale sur la population tenue à Bucarest au cours de laquelle les
gouvernements africains étaient convaincus que la meilleure pilule, c’est le développement[46].
L’autorité ecclésiastique africaine ne tourne pas le don à cette préoccupation.
Vue son importance et son urgence elle revisite le message pontificale sur la
famille et la paternité responsable de 1968 (Encyclique Humanae Vitae voir aussi familaris consortio sur les
contraceptifs) qui, à sa sortie, était vue à moindre considération pour
l’Afrique. Lors du synode sur la famille en 1980, l’Episcopat africain met l’attention sur la planification familiale et la paternité
responsable, en s’appropriant du dit encyclique qui, à sa sortie ne
semblait pas intéresser pour l’Afrique[47].
Lors de la conférence sur la
démographie africaine en 1984,
la majorité des gouvernements de l’Afrique subsaharienne admettaient
l’importance d’une action volontaire pour maîtriser la croissance
démographique. Au cours de cette conférence, ils adhèrent aux politiques de
population visant à assurer un contrôle accru de la fécondité afin de favoriser
le ralentissement de la croissance démographique. Il s’agit de l’adoption d’une
déclaration de Kilimandjaro
lors d’une conférence tenue à Arusha, en Janvier de cette même année.
Cette déclaration prédétermine la prise de position des pays africains à la 2e
conférence mondiale de population de Mexico au cours de la même année[48].
Les années 1990, correspond pour l’Afrique, à la campagne proprement dit de
l’espacement des naissances : distribution des contraceptifs et la
publicité à travers les médias. En plus des propagandes et publicités des
moyens contraceptifs disponibles pour l’espacement des naissances, intervient
pour la première fois, un autre volet couvrant le programme de planification
familiale sous le concept de santé de la reproduction[49].
C’était donc au cours de la Conférence internationale sur le développement tenu
au Caire en 1994 qui marque une rupture dans la manière d’aborder la fécondité
et la régulation des naissances en introduisant le concept de santé de la
reproduction. Celle-ci donne la possibilité pour tous, femmes et hommes, d’avoir une sexualité sans danger, de se
reproduire ou non, en ayant le nombre d’enfant souhaités, au moment voulu et
sans danger pour la mère et l’enfant[50] d’où
le paradigme de santé mère-enfant ou santé de la reproduction,
non seulement pour la régulation des naissances, mais aussi pour l’accès libre
à l’information et aux services pour exercer ce droit. En 1998, est organisé
par l’Union pour l’Etude scientifique de la population[51] [au
Caire], le colloque sur le rôle des hommes dans la santé de la reproduction
sous le thème la place des hommes dans la santé de la reproduction.
I.3.
Adoption et historique de la planification familiale au Burundi
Le
Burundi incarne depuis 1983[52], la
politique de la planification familiale. Pour cet effet, un bureau national de
Coordination du Programme de Planification Familiale (CPPF) fut mis en place en
1987[53]. Ce bureau
fut adopté officiellement en 1991 par le
décret n° 100/010 du 17/1/ 1991. Plus tard, en 1997, le CPPF est devenu le
Programme National de Santé de la Reproduction (PNSR). Ainsi, le décret n°
100/033 du 30/3/1999 réaffirme officiellement cette mutation [CPPF en PNSR][54]. Le
PNSR depuis sa création, est devenu la
référence nationale de toutes les activités en rapport avec la santé de la
reproduction.
En outre,
afin d’atteindre les objectifs de la
Vision 2025 présenté le 21 juillet 2011 par le président de la République,
le Burundi instaure une politique volontariste de maîtrise de la démographie[55]. Cette
vision est adoptée en unanimité ensemble avec les confessions religieuses, la
société civile et les organisations nationales et internationales. Le lancement
de la présente politique met l’accent sur l’accès à l’information, l’éducation
sur le planning familial et la santé reproductive. Pour cet effet, cette
volonté de faire relève à la problématique de la démographie galopante a conduit
le gouvernement burundais à adopter le 19 octobre 2011, une déclaration de
politique démographique nationale ayant l’objectif de contribuer à la réduction
de la pauvreté et à l’amélioration de la qualité de la vie[56].
En plus,
l’autorité burundaise confirme son engagement en exprimant dans le cadre
stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté du 1er décembre
2011 sa volonté d’améliorer la santé de la mère et de l’enfant, en particulier
la planification familiale par le renforcement des techniques afin de maîtriser
la fécondité. Par la suite, le pays s’est doté en février 2013, d’un plan
stratégique révisé couvrant la période de 2013-2015 au niveau de la composante
planification familiale[57]. C’est
ainsi que le gouvernement a posé des actes concrets en faveur de la
planification familiale : un environnement favorable à la planification
familiale, l’offre des services de planification familiale, le financement de
la planification familiale et le suivi-évaluation. Pour la troisième stratégie
par exemple le financement, il s’agit de mettre l’accent sur la mobilisation
des ressources additionnelles pour le financement du plan d’accélération de la
planification familiale qui comprend les activités y relatives :
1.
Identifier d’autres bailleurs potentiels pour
le financement de la planification familiale en générale et pour l’achat des
contraceptifs en particulier,
2.
Organiser une table ronde de mobilisation des
ressources pour financement du plan 2015-2020,
3.
Impliquer les compagnies privées dans le
financement des campagnes sur la planification familiale au travers des moyens
attractifs de mobilisation de ressources (publicité)[58].
I.4. Catégorisation des méthodes de
régulation des naissances
Dans la partie précédente, nous avons distingué
deux volets de la planification familiale: la planification familiale naturelle
et la planification familiale moderne. Celles-ci se distinguent sur base des
méthodes desquelles, elles mettent en exercice.
En
effet, «les méthodes naturelles sont celles qui sont inscrites
directement dans la nature de la femme et dont l’observation intelligente
permet de faciliter l’avènement ou le report d’une nouvelle vie »[59].
C’est-à-dire, elles déterminent par conséquent la période féconde ou inféconde
pour la femme.
Le commun de toutes ces méthodes
ci-dessous est la continence ou l’abstinence sexuelle pour une période fixe,
lorsque le couple veut éviter une grossesse. Au contraire, les méthodes modernes, sont dites
artificielles pour deux raisons : d’abord « parce qu’elles ne
respectent pas les déterminants naturels existant déjà dans le cycle féminin de la femme pour l’espacement des
naissances » [60].
Ensuite, « parce qu’elles sont produites par le génie scientifique qui,
après des recherches méthodiques, en est venu à mettre en place des éléments
chimiques ou mécaniques pour entraver la fécondité »[61].
Tenant compte
de l’évolution de ces méthodes, deux aspects sont à retenir en elles à savoir l’aspect contraceptif et celui contragestive puisqu’elles
donnent lieu à plusieurs pratiques différentes selon la catégorie des
méthodes : les méthodes mécaniques, les méthodes chimiques contraceptives,
les méthodes chimiques contragestives, l’avortement légal, les méthodes
chirurgicales[62].
I.4.1. Les méthodes mécaniques ou méthodes barrières
Leurs
utilisations constituent une sorte de barrière et empêche toute rencontre entre
l’ovule de la femme et le spermatozoïde de l’homme. Elles sont entre autres le
préservatif masculin ou féminin, le stérilet et le diaphragme vaginal. Ce
dernier se diffère de ces deux autres du fait qu’il a une dimension double
c’est-à-dire la dimension contraceptive
en réduisant la mobilité et la vitalité des spermatozoïdes ainsi que les cellules reproductrice de la femme.
Et la dimension contragestive en empêchant toute nidation ce qui ne les sont pas ces autres[63].
I.4.2. Les
méthodes chimiques contraceptives
Ces méthodes
utilisent des procédés chimiques pour détruire les spermatozoïdes d’un homme et
rendre inféconde la femme pour une période déterminée. Elles sont entre
autres : (1) le spermicide, substance chimique qui, introduit dans
l’appareil génitale de la femme pour rendre inactif ou détruire les
spermatozoïdes ; (2) les pilules orales, comprimés dont la prise est
quotidienne, avec une indication à respecter rigoureusement. Elles ont pour
effet principal de bloquer l’ovulation ; (3) la pilule de veille, comprimé ayant pour
effet de bloquer la fécondation pendant 24heures. Son usage recommande de la
prendre trois heures avant les rapports sexuels ; (4) l’implant
sous-cutané, petit bâtonnet, plus petite qu’une buchette d’allumette, placé
sous la peau du bras et émet des hormones perturbatrices qui bloquent
l’ovulation, épaisses la glaire cervicale contre le passage des spermatozoïdes
et amincissent l’endomètre ; (5) le patch, fixé sur le bras, l’estomac, le
ventre ou les fesses une fois par semaine pour bouleverser le cycle ovarien de
la femme ; (6) la piqûre trimestrielle, une injection intramusculaire qui
fait tous les trois mois contenant une dose hormonale pour embrouiller le cycle
féminin[64].
I.4.3. Les méthodes chimiques contragestives
Ce sont des méthodes ayant pour l’unique
finalité de détruire l’œuf fécondé. Premièrement, la pilule du lendemain ou
contraception d’urgence, ou encore contraception post coïtale, comprimé qu’on
prend juste après l’acte sexuelle à
risque pour éviter la grossesse. Elle empêche les ovaires de libérer un ovule
qui pourrait être fécondé par un spermatozoïde. Cependant, si une grossesse
intervient avant son utilisation, elle empêche la nidation de l’œuf dans
l’utérus en modifiant la composition de
la paroi et par conséquent, l’œuf finit par être éjecté. Deuxièmement, la
pilule RU 486, même chose avec la pilule du lendemain. Mais c’est un produit
spécialement conçu pour l’avortement. Troisièmement, le stérilet hormonal conçu
grâce à leurs substances, pour tuer soit, le spermatozoïde, soit l’œuf fécondé
et empêcher ainsi sa nidation dans l’utérus[65].
I.4.4. Les méthodes chirurgicales
Les méthodes
chirurgicales consistant à rendre inopérant les organes de procréation. Elles
sont entre autre la vasectomie qui
consiste à la coupure du canal qui, d'ordinaire permet l’acheminement du sperme
et la ligature des trompes
qui consiste au ligotage des trompes pour empêcher la rencontre d’ovule avec du
sperme pour la fécondation[66].
Quant aux méthodes naturelles, elles
sont aussi classées en deux catégories : les méthodes d’auto-observation
qui considèrent l’observation et l’interprétation de la nature de la femme pour
déterminer les moments fort de fertilité et d’infertilité et les méthodes
traditionnelles (le retrait, la séparation des couples, l’abstinence totale
etc.)[67].
I.4.5. Différentes méthodes
de régulation des naissances ou de la planification familiale
I.4.5.1. Les méthodes naturelles
Les méthodes naturelles coïncident d’un commun accord sur certains indicateurs[68] qui
sont à la base d’une auto-observation pour déterminer des moments forts de la
fertilité et de l’infertilité : les indicateurs majeurs et mineurs.
D’un côté, trois indicateurs majeurs sont à distinguer et ces
derniers sont partagés chez toutes les femmes pendant la période
féconde même si quelque fois pas mal de femmes peuvent n’est pas être
conscientes de cette période d’où l’urgence
et la nécessité d’une éducation à la matière qui à ce que, après une
série d’observations la femme parvient à identifier sa période féconde grâce à
ses manifestations. Ces dernières sont les modifications de la température
basales du corps, de la glaire cervicale et du col utérin[69].
De l’autre côté, des indicateurs mineurs sont à distinguer, et ces
dernières ne sont nécessairement pas présentes chez toutes les femmes ni dans
toutes les périodes fécondes. Certaines
femmes peuvent en sentir, ce qui n’est pas le cas pour les autres. L’important
est que, une fois présentes, contribuent pour une meilleure interprétation des
indicateurs majeurs cités. Il s’agit donc de : la douleur ovulatoire
ressentie, les saignements inter-mensuels survenant au milieu du cycle, les
symptômes des seins, l’augmentation de l’appétit, prise de poids, gonflement
abdominal et la rétention d’eau, les changements de couleur et le gonflement de
la vulve, l’acné et les démangeaisons, les migraines et la nausée, le
changement d’humeur, l’excitabilité ou la somnolence et une sensibilité plus
marquée à certaines odeurs[70].
Nous jugeons de voir les méthodes naturelles de régulation des naissances
en deux moments. Le premier moment constitue les méthodes les plus connues et
les plus pratiquées au Burundi selon la PNSR[71]:
méthode du calendrier, méthode thermique, méthode de la glaire cervicale,
méthode d’Allaitement Maternel et d’Aménorrhée (MAMA) et la méthode du retrait.
Le second moment constitue les méthodes évoluées sur base de celles citées dans
un premier moment : méthode d’observation
des changements du col de l’utérus, méthode sympto-thermique ou Méthode d’Auto
Observation (MAO), méthode des deux jours ainsi que la méthode d’abstinence
provisoire. Il convient de souligner le fait que le recours aux méthodes naturelles
de régulation des naissances à des liens avec l’enseignement du christianisme
faisant lieu de possibles effets secondaires relatifs à l’usage des méthodes
modernes.
I.4.5.1.1. Méthode du calendrier
Cette méthode est valable pour les
femmes ayant un cycle régulier de vingt-huit jours. Elle permet la prise de conscience des jours du cycle féminin. Elle est à
la base d’une formule pour déterminer les moments féconds et inféconds du cycle
menstruel. Les calculs commencent dès l’apparition des règles jusqu’au
quatorzième jour : le jour déterminant l’ovulation. Par précaution, le
comptage tient compte de la possibilité d’une durée de vie du spermatozoïde et
de l’ovule dans les voies génitales:
cinq jours environ avant l’ovulation pour le spermatozoïde et deux jours
environ après l’ovulation. Ce qui implique par conséquent, une fois ne désirant
pas une grossesse, d’éviter tout rapport sexuel entre le neuvième et le
seizième jour et de profiter cette période au cas contraire[72].
I.4.5.1.2. Méthodes de Température Basale du Corps (TBC) ou
méthode thermique
On appelle « température
basale du corps, la température interne du corps au repos habituellement après
une nuit de sommeil »[73].
Cette méthode consiste à la prise de température régulière du corps de la femme
à commencer dès le début de ses règles. La température est prise de préférence
la matinée avant de se lever. Le décalage thermique permettra de guetter
l’ovulation : les températures basses appartenant à la phase
pré-ovulatoire et les températures hautes à la phase post-ovulatoire.
Soulignons que la variation de la température peut être occasionnée par d’autres
effets secondaires[74] ce
qui constitue le point faible de cette méthode.
I.4.5.1.3. Méthode de la glaire cervicale
La glaire
cervicale, par sa présence ou par son absence, constitue un indicateur majeur
de la fertilité ou de l’infertilité. Trois impressions marquent les différents
moments au niveau de la vulve ou des voies génitales inférieures : la
sécheresse, la lubrification ou mouillée et l’humidité. La sensation de sécheresse indique
l’infertilité ; une sensation de mouillé
et/ ou de lubrification, une sensation d’humidité pouvant se manifester avant l’ovulation est considérée
comme signe de fertilité[75]. En
outre, par l’observation, la glaire étirée entre les deux doigts de la main
contribue à une bonne interprétation : glaire de type fertile (une impression de mouillé, une glaire
transparente, fine et filante qui peut s’étirer en un long fil sans se casser),
glaire de type moins fertile (une
glaire opaque, épaisse et collante qui ne s’étire pas). D’où « il y a une
période féconde dès que la glaire apparaît élastique et translucide. Lorsque
cette élasticité se remarque, il faudra éviter l’acte sexuel si on ne veut pas
une nouvelle grossesse»[76].
I.4.5.1.4. Méthode d’Allaitement Maternel et d’Aménorrhée (MAMA)
Cette méthode est valable pour les
femmes allaitantes. Elle estime que si la femme allaite continuellement
son enfant, elle ne peut pas être féconde au moins pour une durée de six mois.
Cela reste valable si la femme allaite son enfant régulièrement toutes les
quatre heures pendant la journée et toutes les six heures pendant la nuit[77].
I.4.5.1.5. Le retrait
Cette méthode dite traditionnelle
pour certains, reste d’actualité. Elle consiste pour l’homme, à une éjaculation
en dehors de l’appareil génital féminin. C’est-à-dire que, lors des rapports
sexuels, cette méthode exige pour l’homme une maîtrise de soi pour ne pas
éjaculer dans l’appareil génital féminin.
I.4.5.1.6. Méthode d’observation des changements du col de
l’utérus
La méthode d’observation des
changements du col de l’utérus consiste à tirer attention sur les deux lèvres
qui font saillie dans le vagin et circonscrivent une petite ouverture qui est
l’orifice externe du col. Le moment où le col commence à remonter, à s’amollir
et/ou à s’ouvrir indique le début de la fertilité. Au contraire, le col se
ferme lors de la période de l’infertilité[78].
I.4.5.1.7. Méthode sympto-thermique ou Méthode d’Auto Oservation
(MAO)
Cette méthode combine à la fois
l’observation thermique du corps, la palpation du col de l’utérus pour déceler
ses changements et l’observation du mucus cervical. Certes, la femme observe la température et à la fois
se focalise à observer la densité de la glaire cervicale[79].
I.4.5.1.8. La méthode des deux jours
La méthode des deux jours est liée à
l’observation et l’absence de sécrétion cervicales en deux jours consécutifs.
La femme qui n’a noté aucune sécrétion cervicale en elle, hier et aujourd’hui, a
de faibles chances de tomber enceinte si elle accomplit l’acte sexuel le jour
suivant[80].
I.4.5.1.9. L’abstinence provisoire
Cette méthode « consiste à
s’abstenir de l’acte sexuel pendant une période déterminée, décidée de commun
accord pour une raison ou pour une autre »[81].
C’est une méthode qui nécessiterait un engagement du couple.
En sommes, il faut retenir que « cette
abstinence est au fait le principe de toute méthode naturelle »[82]. En
plus, la planification
familiale naturelle (ses méthodes)
est utilisée dans le but d’avoir une grossesse ou de la retarder. Au moment
opportun et au cas voulu, chaque femme doit opter pour la méthode qui lui
semble la plus convenable suivant une éducation et des connaissances sur elle.
I.4.5.2 Les méthodes contraceptives modernes
Les
méthodes de planification familiale modernes sont regroupées dans différentes
catégories selon le mode pratique. Maintenant, voyons les méthodes disponibles
les plus utilisées sur le territoire burundais selon la PNSR[83].
I.4.5.2.1. Les pilules (ibinini)
Les
pilules sont assimilées à des comprimés dont la prise est quotidienne, à la
même heure, à commencer le premier jour des règles. On distingue les pilules
pour une femme allaitante d’un enfant de moins de trois mois de celles pour une
femme allaitante d’un enfant de plus de six mois.
I.4.5.2.2. L’injectable (urushinge)
Une
injection à travers le bras. Pour une femme ne voulant pas une grossesse,
l’injection se fait une fois les trois mois. Cette injection contient
une dose hormonale pour embrouiller le cycle féminin.
I.4.5.2.3. Le stérilet (akanyuzi) et l’implant sous-cutané
(akagegene)
Le
stérilet et l’implant sous-cutané sont des méthodes contraceptives à long
terme. L’implant sous-cutané se présente sous forme de tige qu’on met dans la
peau à travers le bras pour perturber le cycle féminin. Il empêche l’ovulation.
Celui-ci est recommandé pour les femmes qui ont déjà mis au monde. Il a une
durée valable allant de trois ans. Le stérilet est une membrane en fil en deux
implanté dans l’utérus pour empêcher la
nidation. Il est valable dans une période allant de douze ans.
I.4.5.2.4. Le
condom
C’est
une membrane empêchant la rencontre du spermatozoïde et de l’ovule. Les condoms
sont de deux sortes : condom masculin qui couvre le pénis de l’homme et
retient les spermatozoïdes lors que l’homme éjacule pendant des rapports
sexuels et le condom féminin placé dans l’appareil génital de la femme pour
récupérer et retenir les spermatozoïdes lors des rapports sexuel.
I.4.5.2.5 La vasectomie et la ligature des trompes
Ce sont des méthodes chirurgicales consistant
à rendre inopérant les organes de procréation. Elles sont définitives une fois
pour toutes. La vasectomie consiste
à la coupure du canal qui, d'ordinaire permet l’acheminement du sperme tandis
que la ligature des trompes donne
lieu au ligotage des trompes pour empêcher la rencontre de l’ovule et du sperme pour la fécondation.
I.4.6. Urgence et nécessité de la planification familiale
L’urgence et la nécessité de la planification familiale sont
relatives à « la survie des enfants, leur santé et leur
croissance, la survie, la santé et la capacité d’engendrer des femmes
enceintes, le bien-être des familles en général »[84].
D’un côté, selon une étude menée en Colombie, en Egypte, au
Pakistan, et en Syrie, les résultats convergent sur le fait que « les
complications à la maternité augmentent suivant le nombre d’âges et de
grossesses. En effet, la proportion des grossesses qui se sont terminées par
des mort-nés et par des avortements (échecs de grossesses) tendait à augmenter
avec l’âge de la femme enceinte et le nombre croissant de grossesses »[85]. Si ce
n’est pas le cas et que la femme finit de s’en sortir, mais dans l’étant de
courts intervalles entre les naissances, intervient momentanément la
malnutrition. Selon la même source, lorsque l’intervalle entre les naissances
des deux enfants est très court, ce n’est pas seulement le plus jeune qui court
des risques. La survie ou la santé de son aîné sont aussi en danger. Par
conséquent, le Kwashiorkor[86]
est aussi l’un des problèmes remarquables qui entrent en jeux. Il est aussi
confirmé que les enfants souffrant de malnutrition sont victime de pas mal de
maladies : la rougeole, infections, diarrhée, etc.[87]
De l’autre côté, l’intervalle entre les enfants issus d’une même
mère est aussi l’un des facteurs influençant le développement intellectuel de
l’enfant. D’où il est d’une grande importance que l’espacement des naissances
octroi à l’enfant un temps suffisant de goûter le lait maternel fort
contribuable pour la croissance de l’enfant, voir son développement
intellectuelle: l’allaitement pour l’enfant, une nourriture bien
équilibrée qui contribue au
développement intellectuel de l’enfant. Insistent différentes sources et les émissions
radios diffusions[88].
En outre, la
planification familiale vise à l’amélioration des conditions de vie de la mère.
Elle diminue d’une part, des risques des morts maternelles, des
avortements et octroie de l’autre part aux femmes, les possibilités de vaquer à
d’autres occupations.
Autrement
dit, la femme trouve accès au développement socio-économique[89]. Son corps repose et reprend la dynamique quotidienne. BARRO en
explique davantage dans ces mots en guise d’exemple : «
en RDC dans le tribut des Havu, une femme qui n’est pas capable d’espacer
les naissances est souvent stigmatisée par l’entourage : taxée de
kulikisa, la paresseuse, dans la mesure où avec des grossesses très
rapprochées, elle sera dispensée de ses tâches agricoles »[90]. Autrement dit, il est incompatible que dans ces
conditions de grossesses trop rapprochées, une mère pourrait sauvegarder un équilibre entre ses
différents rôles de femme, d’épouse et de mère[91].
De plus, on peut énumérer les avantages de la planification
familiale pour le couple (la famille en générale). Pour commencer, l’homme et
la femme peuvent avoir des rapports sexuels plus détendus lorsqu’ils sont sûrs que l’acte conjugal ne
mènera pas à une grossesse survenant à un moment inopportun. En outre, grâce à
l’adoption et l’intégration de la planification familiale, le couple opte pour
retarder l’enfant X pour espacer l’enfant Y suivant son idéal type. Celui-ci
multiplie les chances d’un avenir certain. De plus, si la planification
familiale mène à établir une meilleure sécurité de la famille entière et d’une
base économique sûre, fort possible est d’observer chez le couple un « sens
accru du respect de soi »[92],
puisqu’il se sentira capable de donner à ses enfants le type d’éducation et
d’environnement qu’il désire (maison,
nourriture, vêtement, loisirs). Enfin, si le couple donne à ses enfants
un exemple positif dans la manière dont on espace les naissances, et s’il prend
le temps de leur expliquer le bien-fondé de la planification familiale dans
leur vie, il est très probable que les enfants eux-mêmes planifieront leur vie
en guise d’exemple observé chez eux.
En sommes, la planification familiale bien employée peut apporter
des conséquences positives pour la communauté et la société entière : (1)
Une meilleure santé pour la population en générale ayant par conséquent une
population plus active et productive, (2) l’amélioration des conditions de
travail car sont moins réduits les moments spontanés de congés de maternité et
le nombre d’heures demandées au
personnel des institutions d’assister les victimes des complications liés aux
grossesses à risque,(3) fournir une base à la compréhension des mécanismes
permettant de saisir, où et quand se fait la croissance de la population.
C’est sur ces atouts auxquels le plan de développement d’une nation
pourrait être établi en fonction du nombre de citoyens à servir et/ ou actif[93].
I.5. Les obstacles ou résistances de la
planification familiale
Selon
le rapport de la PNSR, quelques défis sont à relever pour parler des
obstacles et résistances remarquables de
la planification familiale à savoir: l’existence des barrières socioculturelles
et religieuses face à la planification familiale, la faible implication des
hommes dans la prise de décision en faveur de la planification familiale, la
faible implication des décideurs et des leaders d’opinion, la réticence
politique, le faible taux d’alphabétisation particulièrement chez les femmes,
la persistance des rumeurs liées aux différentes méthodes de planification
familiale, l’insuffisance de la sensibilisation et de la mobilisation sociale
en faveur de la planification familiale, l’insuffisance d’outils de
communication pour la promotion de la planification familiale et la faible
qualité des services de planification familiale dans les structures de soins de
santé[94].
HAKIZIMANA regroupe en quatre catégories toutes ces considérations en les baptisant des « raisons d’abandons de la
contraception moderne»[95]
expliquant la méfiance de la population face à la planification familiale.
Premièrement les raisons liées aux caractéristiques individuelles de la
femme : Il s’agit du désir de grossesse, l’ingérence des effets
secondaires liés aux produits contraceptifs, le non consentement du conjoint,
le manque de nécessité d’utiliser ces méthodes en cas d’absence du conjoint, ou
par malheur en cas de divorce ou de la mort du conjoint. Deuxièmement les
raisons socioculturelles dont les rumeurs, les situations politiques
défavorables en cas de guerre, les valeurs culturelles et la tradition.
Troisièmement, les raison de santé : absence d’examen clinique avant la
prescription de la méthode, l’insuffisance d’instruction sur le choix de méthodes optées pour, une longue
durée, la distance à parcourir pour
arriver au centre de santé, la non disponibilité du personnel à laquelle on
ajoute un personnel incompétent ainsi
que une longue file d’attente au centre de santé.
Et enfin la quatrième catégorie se constitue d’autres raisons
multiples comme l’oublie de la date de rendez-vous, la maladie de la patiente
ou de son enfant, le manque du temps causé par les charges ménagères réservées
uniquement à la femme. Nous pouvons ajouter
aujourd’hui aussi les cas de fléau ou d’épidémie-pandémie occasionnant
le sentiment de honte ou le confinement. Exemple, la pandémie du covid-19 qui
ravage le monde. Le confinement bloque pour pas mal de femmes l’accès aux
moyens de contraception selon l’analyse du Fond des Nations Unies. Selon son
rapport, «47 millions de femmes […] seraient dans l’impossibilité d’accéder
à des moyens de contraception modernes et que 7 million de grossesses non
désirées seraient à prévoir si les mesures de confinement étaient prolongées de
six mois et que les services de santé continuaient à être considérablement
perturbés»[96].
Grosso modo, pas mal de couples
souhaitent bien espacer les naissances mais difficile est d’y réussir, ceci est
lié à deux obstacles majeurs : (1) manque de choix, d’un accès limité et
la craintes des effets secondaires (notamment pour l’enfant et la mère, la peur
de l’infertilité, etc.) occasionnés par un manque d’instructions suffisants en
matière de la planification familiale et ses mécanismes, (2) une opposition
culturelle ; la mentalité nataliste et celle socioreligieuse : « avoir
beaucoup d’enfants est une bénédiction de Dieu, (…) les enfants sont un don
divin (…) »[97].
CHAPITRE
II. APPROCHES CONTEXTUELLE, THEORIQUE ET
CONCEPTUELLE
II.1.
Contexte culturel de la fécondité
La culture africaine en générale,
celle burundaise en particulier, accorde une grande importance à la progéniture[98]. En
effet, « la richesse d’un homme est mesurée, en partie, au nombre de
ses enfants. Les enfants sont importants pour le travail aux champs et comme
source de soutien pour les parents dans leur vieillesse »[99]. En
plus de cette valeur économique et sécuritaire, la fécondité joue une fonction
à la fois institutionnelle et classificatoire (intégration de la femme dans le
clan de son mari)[100]. La
tradition burundaise en exprime dans les expressions populaires lors des
berceuses. Ainsi dit-elle :
(…) wanshize mu bavyeyi, kera narabatinya. Kera nari igikoko, nari imfyisi
nari intambwe. Kera naca mucanzo,
none ubu nca mw’irembo, hora mama huum (…)
Traduction :
(…) tu m’as fait accéder au rang des
mères. Autrefois, je fuyais les mères. J’étais un animal sauvage et féroce, une
hyène, une lionne. Je fuyais le public.
Maintenant, je passe par l’entrée solennelle (...)
Ainsi, la culture burundaise est
fortement bâtie sur cette mentalité nataliste. Au vrai, la fécondité est une
des valeurs fondamentales pour la conservation et la survie de l’espèce
humaine. Une personne qui meurt sans laisser de progéniture est célébrée comme
éteinte est vraiment anéantie[101] pendant que la
mort d’un parent se vit comme une
ascension vers les immortels. Le bonheur d’une famille est d’avoir le plus
grand nombre d’enfants possible. De là ressort certaines caractéristiques de
l’enfant vis-à-vis de la famille en tant qu’une composante active, ce qui
accentue un rythme de fécondité : la valeur socioculturelle de l’enfant se
remarque donc à travers certaines expressions et pratiques populaires. L’enfant
est l’image et la garantie de la perpétuation de la famille, le futur héritier
du patrimoine et de la richesse de ses parents ou de ses aïeux, le futur agent
producteur des biens économiques pour sa famille et le défenseur de cette
dernière en cas d’attaque par tout agresseur. Il est le don le plus précieux de
Dieu et le trésor le plus enviable[102].
Selon MANIRAKIZA[103], en
tant qu’agent producteur des biens économiques, sa valeur économique apparaît à
un certain moment. Il s’agit du moment où il est sollicité pour certains
services : puiser de l’eau, chercher du bois de chauffage, s’occuper de la
cuisine, porter au dos les petits enfants, cultiver, etc. Pour ce fait, il
devient une unité supplémentaire pour accroître la production familiale. Donc,
plus d’enfants s’évalue à une main-d’œuvre qui conjugue les efforts pour
assurer la prospérité de la famille. Dans cette
même optique, « les parents sont davantage soutenus et secondés
dans leurs activités quotidiennes »[104].
Cela reste de mise. Selon HAKIZIMANA, « (…) les enfants scolarisés
jusqu’à l’enseignement universitaire, devenus fonctionnaires, ont parfois la
chance de venir en aide à leurs parents et à leurs frères et sœurs »[105].
En tant que futur héritier du
patrimoine et de la richesse de ses parents, le garçon est prix garant de stabilité de famille
et de respect envers la femme par son mari. La culture et
la tradition burundaise (sans doute pour toute l’Afrique), accordent une grande
importance à la progéniture surtout masculine ce qui peut favoriser une
progéniture nombreuse au cas où une femme met au monde à mainte reprise les
filles. Elle continue de procréer en espérant bénéficier un jour de la clémence
divine, d’un ou de deux garçons. D’ores et déjà, l’intégration d’une femme
devenait d’autant plus réelle dans la tradition que lorsqu’elle mettait au
monde le plus grand nombre des garçons[106].
Ces derniers sont considérés comme des garants de la sécurité pour toute la
famille. Dans ce cas, le père, entouré de ses fils, se sent très fier et
sécurisé. Quelques fois, ils s’exclament et narguent les autres exaltant la
dimension sécuritaire de la progéniture en ces termes : « Iyo
bugorovye iwanje sinugara inzugi » qui peut se traduire, « il n’est
même pas utile de fermer les portes de la maison pendant la nuit ».
Les célébrations culturelles et rites de passage peuvent nous aider à
approfondir et comprendre ce dont nous sommes en train d’évoquer c’est-à-dire
la mentalité pro-nataliste.
Parmi eux, retenons-en deux :
le rite de célébration de mariage et les cérémonies autour du nouveau-né. Dans
les discours et les chansons d’envoi
et d’accueil de jeune fille, la
procréation se dessine comme la fin du mariage. « Je vous souhaite
d’abord de vous reproduire, de faire
bourgeonner toutes les semences » (« murondoke muvyare
hungu na kobwa ») extrait le plus répété lors de mots de
circonstances, c’est-à-dire donc le souhait d’avoir des filles et garçons. Les
chants et danses traditionnelles, les paroles incantatoires qui accompagnent,
félicitent et encouragent les jeunes abondent dans le même sens : « muvyare
mushitse no kuri karenzo », qui peut se traduire : « multipliez-vous
sans cesse », De même, lors d’un
nouveau-né lors des cérémonies de félicitation de la
mère ; « ugukeza umuvyeyi », encouragent à la fécondité. En
guise d’exemple, lorsqu’une femme met au monde, lors de la pratique
d’ « ugukeza umuvyeyi », « ugusohora ikibondo » (
sortie de la réclusion) ou « uguhekereza », certaines expressions
sont explicatives et intériorisées: « uravyara benshi : seha uzana
kamwe kamwe » (« sois encore plus féconde ; amène encore des
enfants un à un »), « subirayo ntihahanda » (qui peut
se traduire littéralement : « reprends le même chemin, il n’y a
pas d’embuche ») etc. tous cela pour encourager les parents de
procréer constamment et inlassablement .
Intériorisé et vécu par le biais du contexte socioculturel, le désir d’une
progéniture nombreuse, est extériorisé à travers les pratiques de rites de
passage. Par ailleurs, la culture, l’ensemble des valeurs et normes
socioculturelles, reflète la conscience d’une nation, oblige de se demander
continuellement en quoi consiste son caractère spécifique, de chercher et de
consolider sans cesse ses frontières politiques et spirituelles répondant
précisément à ce processus historique[107].
D’où la culture au vrai sens, désigne le système des valeurs et de normes
transmis et intégrés par la socialisation de génération en génération. C’est la
société qui précède et prime sur l’individu. Et d’ailleurs, si la socialisation
incarne « un processus par lequel chaque individu forge son identité et sa
personnalité tout en s'intégrant à son environnement social, sous des formes
variées, elle se concrétise en un apprentissage et un ajustement qui se
poursuivent durant toute la vie. Elle est, au moins en partie, une contrainte
exercée sur l'individu par le cadre social»[108].
C’est ainsi que grâce à toutes ces
pratiques ci-haut mentionnées, cette idée de progéniture nombreuse demeure
malgré les contraintes socioéconomiques. Procréer [109]
prime sur toute chose : la richesse ne sert à rien si on n’a pas
d’héritier car « le riche sans descendance travail pour les
autres » [110],
au contraire, « l’homme avec descendance, même s’il est pauvre
arrivera toujours à se tirer d’affaire, il ne sera jamais accablé. Ses enfants
l’aideront»[111].
II.2.
Théories de régulation des naissances
II.2.1. La rationalisation de la vie
La rationalisation de la vie[112] centre
sur le génie intellectuel en
l’occurrence le progrès de la médecine. Cette dernière vise en effet,
l’amélioration de condition de vie qui, par conséquent, prolonge l’espérance de vie. Le progrès de la
médecine sous-entend la lutte contre la mort, mais aussi la maîtrise de la
vie. D’où naît le désir de restreindre la taille de la famille et d’espacer
les naissances, autrement dit la régulation des naissances pour garantir
l’équilibre proportionnel dans les familles. Pour lui, la régulation et /ou la
limitation des naissances s’expliquerait par des facteurs économiques,
l’augmentation du niveau de vie, l’élévation du niveau d’instruction,
l’augmentation du coût de l’enfant, le changement du statut de la femme, l’urbanisation.
II.2.2. La médicalisation de la procréation
Le Breton explique la médicalisation de la
procréation[113]
(et/ ou de vie), l’explique sous l’égide
de certains phénomènes entre autre : (1)
le refus des contraintes de la
grossesse pour certaines femmes, le dégoût implicite de la maternité et le fait
de contrôler et maîtriser le corps pour l’orienter selon une finalité
précise ; (2) le corps humain, et particulièrement celui de la femme, de
la conception à la mort, est sous le contrôle de la médecine ainsi que (3) le fait que le corps féminin
soit fouillé, exploré, hyperstimulé, et
ponctionné.
Toutefois, en s’appropriant d’une réflexion
de MIBURO[114],
certains facteurs moteurs se croisent pour la promotion de la planification
familiale. Le progrès de l’hygiène et de la médecine, qui assure et perpétue le bien-être
des individus en essayant de limiter les morts, ce qui n’était pas le cas jadis
où une famille devrait avoir plus d’enfant étant consciente qu’il y aurait des
morts et des survivants restants d’une part. D’autre part la situation démographique qui semble actuellement
une problématique sur le plan international. En outre la mise en évidence de la
raison pousse à une procréation
réfléchie, selon laquelle il appartient aux parents d’être maître et responsable de leur fécondité au lieu de
céder la place à la nature instinctif. MIBURO embrasse l’élément moteur de
l’encyclique Humanae vitae (1968) : la paternité responsable précisément
sur son dixième numéro. La
paternité responsable exige aux époux, une prise de conscience de leurs missions considérées
sous divers aspects légitimes et liés entre eux. Certes, concernant la planification
familiale, ce fameux document stipule que « par rapport aux conditions
physiques, économiques, psychologiques et sociales, la paternité responsable
s'exerce soit par la détermination réfléchie et généreuse de faire grandir une
famille nombreuse, soit par la décision, prise pour de graves motifs et dans le
respect de la loi morale, d'éviter temporairement ou même pour un temps
indéterminé une nouvelle naissance »[115].
La rencontre entre les deux théories précédentes se
trouve au point d’une affirmation que la problématique de la planification
familiale concorde d’une part avec l’usage de la raison à la suite d’autres phénomènes qui incombent
la vie ordinaire dans le temps et dans
l’espace. Le progrès de la médecine ainsi que la problématique
démographique doivent être de l’autre part, à la portée de la raison pour
maintenir efficacement l’équilibre et pour la gestion des problèmes qui
devraient avoir lieu.
II.2.3. La modélisation et l’approche socioculturelle de la
planification familiale
La modélisation au sens large consiste à « concevoir,
élaborer un modèle permettant de comprendre, d’agir, d’atteindre un but»[116]. En
matière de fécondité, elle renvoie à une
élaboration des conditions visant à modeler ou réguler les naissances. Trois
conditions sont impérativement nécessaire pour
réussir à la régulation des naissances, autrement dit, à la baisse de la
fécondité : (1) La fécondité doit entrer dans la sphère des conscients du
calcul rationnel ; (2) Une
fécondité réduite doit être jugée avantageuse, compte tenu de
l’environnement économique et
social ; (3) Des techniques efficaces de maîtrise de la fécondité doivent
être disponibles[117].
La complémentarité de ces trois conditions nous permet de
comprendre pourquoi les programmes de planification familiale ont toujours
connus d’échecs. Car « il ne suffit pas d’offrir aux femmes des moyens
contraceptifs si les deux conditions précédentes ne sont pas remplies »[118]. Le
même constat est repris et souligné par le magistère et la doctrine sociale de
l’Eglise Catholique. Pour elle, « la
distribution des pilules ou des capotes sans aucune surveillance médicale ni
formation des consciences, surtout pour les femmes paysannes et les jeunes ne
peut constituer une solution au contrôle des naissances (…) »[119].
En outre, l’approche socioculturelle ou la théorie des « valeurs »,
tourne beaucoup autour de la notion de « valeur » guidant les
décisions des individus ou des couples, dont on s’efforce de mesurer la nature,
la portée et les déterminants. Cette approche met en évidence le terme « value » pour parler de la valeur
que les parents attachent à l’enfant. Cependant, tenant compte des mutations
survenues, certains facteurs signifieraient la raison ou la tendance de vouloir
limiter la fécondité: adopter librement la planification familiale. Il s’agit
de : (1) la disparition du rôle économique de l’enfant ; (2) la
montée des aspirations pour le couple et la vie familiale et (3) la prise
en compte des satisfactions futures pouvant être apportées par l’enfant[120].
II.3. Problématique
II.3.1. Schéma théorique et conceptuel
Il est impossible de parler du
phénomène de la planification familiale (régulation des naissances) sans parler
de la fécondité car l’une appelle l’autre. Dans notre recherche, nous allons
nous appuyer sur certaines découvertes réalisées sur la planification familiale
et ses facteurs. En effet, le phénomène de régulation des naissances et /ou de la
planification familiale mis en évidence se limite sur quelques facteurs moteurs:
la raison, le progrès de la médecine, les facteurs démographiques, les facteurs
socioéconomiques et les facteurs socioculturels. Notre visée théorique combine
quatre moments (dont les trois premiers constituent les théories précédemment
citées).
Le premier moment constitue la
rationalisation de la vie, une théorie qui met en exergue le génie
intellectuel à travers la médecine avec
une finalité d’améliorer les conditions de vie. Le moment suivant est
l’héritage de David Le Breton : la médicalisation de la vie, expliquée sur
base des attitudes des femmes face à la maternité et la nature du corps face à
la médecine moderne. Le troisième moment consiste à une élaboration d’un modèle
type pour l’unique finalité de réussir à la planification familiale.
Celle-ci est à la suite d’une approche socioculturelle basée sur la
logique de la parenté et de la valeur de
l’enfant qui implique par conséquent le phénomène de la planification familiale
par la maîtrise de la fécondité. Enfin, le dernier et quatrième moment consiste
à mettre en évidence la théorie du choix rationnel qui enveloppe les théories énoncées
précédemment pour justifier de façon rationnelle le choix d’un acteur face à un
phénomène particulier. Il s’agit d’un courant socio-anthropologique ;
l’individualisme méthodologique, fondé
de façon générale sur trois postulats tel qu’il est introduit par Raymond
Boudon : postulat de l’individualisme, postulat de la compréhension et
postulat de la rationalité.
II.3.1.1.
L’individualisme méthodologique
Le courant socio-anthropologique de l’individualisme
méthodologique ou la théorie du choix rationnel de Raymond Boudon est basé sur
la justification rationnelle d’un choix de l’acteur. Il est ici interpellé et
construit comme une couverture ou le toit de tous les énoncés et théories
précédemment présentés pour essayer de comprendre le phénomène de planification
familiale mis en jeux selon notre problématique. Nous l’avons jugé bon, d’une
façon synthétique de pouvoir nous aider
à bien comprendre et justifier rationnellement
les résultats issus de notre travail pour enfin répondre à notre
problématique.
En effet, l’individualisme
méthodologique ou la théorie du choix rationnel selon R. Boudon[121], désigne un paradigme, qui se définit selon
trois postulats : (1) tout phénomène social résulte de la combinaison
d’actions, de croyances ou d’attitudes individuelles (P1: postulat de
l’individualisme). (2) Le moment essentiel de toute analyse sociologique
consiste à «comprendre» le pourquoi des actions, des croyances ou des attitudes
individuelles responsables du phénomène qu’on cherche à expliquer. «Comprendre»
les actions, les croyances et les
attitudes de l’acteur individuel, c’est en reconstruire le sens qu’elles ont
pour lui, ce qui, en principe, est toujours possible (P2: postulat de la
compréhension). (3) L’acteur adhère à une croyance, ou entreprend une action
parce qu’elle a du sens pour lui. Autrement dit, la cause principale des
actions, croyances, etc. du sujet réside dans le sens qu’il leur donne, plus
précisément dans les raisons qu’il a de les adopter (P3 : postulat de la
rationalité). Tels sont les éléments majeurs permettant de comprendre sous les
lunettes de cette théorie, les attitudes et les différentes perceptions
qu’adoptent les femmes et les hommes face aux différentes méthodes de
régulation des naissances. Certes, il faut comprendre selon Boudon, que le sujet, en posant ou en
préférant une ou tel autre acte, est clairement conscient du sens de ses
actions et de ses croyances puisque les raisons de l’acteur ne dépendent que
des causes, telles que ses ressources cognitives ou d’autres variables
caractéristiques de sa situation, au sens large de ce terme, et du contexte
dans lequel il se trouve.
Le caractère dynamique de l’individualisme
méthodologique qui le clarifie davantage, associe à celui-ci des postulats
complémentaires pertinents pour expliciter davantage les phénomènes sociaux. Les
économistes associent généralement aux postulats de l’individualisme
méthodologique, le postulat selon lequel les actions individuelles obéiraient à
des motivations utilitaristes[122].
L’individualisme méthodologique suit la logique selon laquelle l’individu agit
sous l’empire d’un «calcul des plaisirs et des peines» ou, dans un langage plus
moderne, d’un «calcul coût-avantage» ou «calcul coût-bénéfice» (P4 :
postulat calcul coût-bénéfice), un point de vue partagé avec clarté avec les
sociologues notamment Max Weber. Pour celui-ci, l’acteur fait ce qu’il fait,
croit ce qu’il croit parce qu’il a raison de faire ce qu’il fait ou de croire
ce qu’il croit. Pour d’autres, le sens de l’action pour l’acteur réside
toujours pour lui dans les conséquences de ses actions (P5 : postulat
conséquentialiste ou d’instrumentaliste), ce qui nous permet de comprendre
pourquoi tout le monde n’adopte pas en unanimité de la même façon la
planification familiale. D’autres encore admettent de surcroît que, parmi les
conséquences de son action, les seules qui intéressent l’acteur sont celles qui
le concernent personnellement (P6 : postulat de l’égoïsme). En outre, l’individualisme méthodologique se
situe selon les sociologues d’inspiration
nietzschéenne et/ou marxienne dans l’ordre de la volonté de puissance
(P7) et/ou qu’il est avant tout concerné par ses intérêts de classe (P8).
En peu de mots, la spécificité de l’individualisme
méthodologique réside dans la mesure où « elle fournit des explications dépourvues de
boîtes noires, c’est-à-dire ne débouchant pas sur des questions additionnelles »[123].
C’est ici que réside la pertinence de notre travail et le centre de notre
objectif. Déceler sur base des résultats obtenus, lesquelles sont les
perceptions que les populations attribuent
aux méthodes de régulation des naissances. Nous nous servirons de cette grande
théorie socio-anthropologique qui nous éclaire. De surcroît, les raisons de
l’acteur sont de nature cognitive. Cela est bien compris sous l’égide de la définition philosophique de la rationalité
selon laquelle «(…) la rationalité est de par sa nature même téléologique et
orientée vers des fins ; (…) la rationalité cognitive cherche à atteindre
des croyances vraies. La rationalité évaluative cherche à atteindre des
évaluations correctes. La rationalité pratique cherche à viser de façon
efficace des objectifs appropriés »
[124].
Figure
1 : Schéma d’analyse des déterminants de la fécondité
Source :
http:///www.ined.fr/fichiers/sintroduction.fr.pdf
(ined.fr) consulté le
22/01/2021.
II.3.1.2.
Les concepts clés
II.3.1.2.1.
Planification familiale et santé de la reproduction
La planification suppose un sujet
individuel ou collective conscient, qui établit à l’avance la corrélation entre
des moyens et des objectifs recherchés sur un horizon de moyen ou de long terme[125].
En effet, la planification familiale quant à elle, établit d’avance
des objectifs liés au bien être de la mère et de l’enfant en particulier, de la famille toute
entière et de la société.
En outre, « la planification familiale est l’ensemble des
méthodes permettant aux parents de décider du nombre et de l’espacement des
naissances et en particulier des méthodes permettant d’éviter une grossesse»[126] .
L’OMS, définit la planification familiale sur base de son rôle, son
but et/ ou sa finalité. En effet, afin de faciliter la diffusion et
l’accessibilité de la contraception pour
toutes les personnes sexuellement actives, l’OMS propose une définition de la
planification familiale qui a pour but de mettre en place des méthodes de contraception localement
disponibles et culturellement acceptables. Celle-ci :
permet aux populations
d’atteindre le nombre souhaité d’enfants et de déterminer quel sera
l’espacement des naissances. Elle consiste à utiliser des méthodes
contraceptives et à traiter l’infécondité. (…) La promotion de la planification
familiale (et la garantie de l’accès aux méthodes de contraception de leur
choix pour les femmes et pour les couples) est essentielle si l’on veut assurer
le bien-être et l’autonomie des femmes tout en soutenant la santé et le
développement des communautés[127].
Une autre définition émanant de ladite organisation relève l’aspect
de la responsabilité envers les parents : « la possibilité pour
les individus et les couples de choisir librement le nombre de leurs enfants,
et le moment de les avoir»[128].
Grosso modo, la planification familiale, met en évidence l’ensembles des moyens techniques,
psychologiques, éducatifs, ayant la finalité de donner aux individus et couples d’atteindre certains buts en fonction de
leurs possibilité et de leurs désirs, d’éviter les grossesses non désirés en
optant pour des naissances désirées, d’espacer les naissances et de déterminer
le maximum d’enfant souhaités.
Différentes méthodes de régulation des naissances sont classées
selon les différents rangs et leur catégorie dont nous pouvons en retenir
quatre. Premièrement les méthodes traditionnelles dont la séparation du couple,
l’abstinence totale, ou temporaire, le coït interrompu, etc. Deuxièmement les
méthodes naturelles dont l’allaitement, la méthode du calendrier, la méthode de
la glaire cervicale, la méthode de la température, etc. Troisièmement les
méthodes hormonales dont les pilules, les injections, l’implant et quatrièmement
les méthodes barrières et les méthodes chimiques entre autres les condoms
masculins et féminins, les spermicides, le
stérilet, vasectomie, ligature des trompes[129].
Sur base de cette catégorisation des différentes méthodes mis à la
disposition, la planification familiale se distingue en deux volets à savoir la
planification familiale naturelle et la planification familiale moderne ou la
contraception moderne. Selon OMS, la planification familiale naturelle se distingue de la contraception moderne du fait qu’elle garde un
aspect ou un caractère naturel dans l’observation et l’interprétation du cycle
mensuel de la femme afin de déceler la période féconde et inféconde.
Selon MIBURO, la planification familiale naturelle repose sur
les techniques de planification ou de prévention des naissances liées à
l’observation des signes normaux des périodes de fécondité ou d’infécondité du
cycle menstruel. Lorsqu’elle est utilisée pour éviter une grossesse, elle
suppose l’abstinence sexuelle pendant la phase féconde du cycle.
Par définition, « la planification familiale naturelle suppose des relations sexuelles complètes et exclut tout
appareillage, médicament ou intervention chirurgicale »[130].
Par contre, selon la même source, la contraception moderne est
définit comme étant la pratique ou l’utilisation d’un ensemble de procédés
(chimiques et mécaniques pour la plupart) à caractère permanent ou non,
destinés à prévenir la grossesse ou l’empêcher, de façon temporaire ou définitive.
L’usage de ces procédés modifie l’organisme naturel de l’individu surtout de la
femme le plus souvent et le rend infertile à un moment voulu.
Bien plus, les méthodes de planification familiale naturelle permettent au couple d’observer, jour après jour, les signes et
symptômes des périodes fécondes ou stériles du cycle menstruel et de s’engager
dans une relation sexuelle en fonction de l’intention de favoriser ou de
retarder une nouvelle naissance. Elle repose donc sur un caractère d’auto-observation
de la nature de la femme.
La
planification familiale est l’un des trois volets de la politique de santé de
la reproduction en plus de la
consultation prénatale et de l’accouchement assisté et la santé de la
reproduction chez les adolescents[131].
C’est ainsi qu’après différentes approches définitionnelles de la planification
familiale, nous voulons terminer sur quelques aspects de santé de la reproduction.
La définition de cette dernière selon le Dr. Félix KABANGE NUMBI MUKWAMPA
(Ministre de la Santé Publique de la RDC) suppose quatre aspects
principaux : le bien-être, le droit d’être informé de la planification
familiale, celui de choisir librement la méthode adéquate et celui d’accéder à
des services de santé, tous pour la promotion de la vie de la mère et de
l’enfant.
Par santé de la reproduction on entend le
bien-être (…) pour tout ce qui concerne l’appareil génital, ses fonctions et
son fonctionnement et non pas seulement l’absence de maladies ou d’infirmités.
Cela suppose donc qu’une personne peut mener une vie sexuelle satisfaisante en
toute sécurité. (…) Hommes et femmes ont le droit d’être informés et d’utiliser
les méthodes de planification familiale de leur choix, (…)sûres, efficaces,
abordables et acceptables, ainsi que le droit d’accéder à des services de santé
qui permettent aux femmes de mener à bien grossesse et accouchement et donnent
aux couples toutes les chances d’avoir un enfant en bonne santé[132].
Signalons que
la politique de santé de la reproduction a vu le jour depuis la conférence du
Caire en 1994[133], et enfin, rendu populaire à travers les
différentes organismes: l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les
mouvements antinatalistes et les mouvements de femmes internationaux d’origine
occidentale.
II.3.1.2.2. La contraception
La contraception désigne d’une part,
l’« ensemble des méthodes visant à éviter, de façon réversible et
temporaire la fécondation»[134].
Elle est d’une autre part, toute action consistant à empêcher la conception
avant que celle-ci n’ait lieu. Sous-entend que l’avortement est exclu de cette
définition car celui-ci n’interviendra qu’après
que la conception ait déjà lieu. Une tendance plus généralisée pour la
majorité, classe l’avortement parmi les méthodes contraceptives et cela depuis
l’adoption de la légalisation de l’avortement, autrement dit nommée
Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), pour la plupart des pays
occidentaux.
Pour le reste du monde, surtout en
Afrique, le protocole de Maputo (article 14) en est aussi la cause car il propose
l’avortement comme alternative pour la
femme qui ne souhaite pas garder sa grossesse pour des raisons multiples telles
que cet article le stipule:
1. Les états assurent le respect et la promotion des droits de la
femme à la santé, y compris la santé sexuelle et reproductive. Ces droits
comprennent :
a)
Le droit d’exercer un contrôle sur leur fécondité ;
b)
Le droit de décider de leur maternité, du nombre d’enfants et de
l’espacement des naissances ;
c)
Le libre choix des méthodes de contraception (…).
2. Les états prennent toutes les mesures appropriées pour :
d)
Protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement en
autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol,
d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou de la vie de la
mère ou du fœtus[135] .
Cependant, malgré que ces pratiques
sont pour la plupart, étroitement liées, pour l’unique finalité du contrôle des
naissances, du moins de la planification familiale, la contraception étant pour
plusieurs la prévention contre l’avortement ; la « culture de la
mort »[136].
Dans ce même ordre d’idée, la définition de l’OMS sur la contraception exclu l’avortement. Certes, la contraception
se définit par « l’utilisation d’agents, de dispositifs, de méthodes ou de
procédures pour diminuer la probabilité de la conception ou l’éviter ».[137]
II.3.1.2.3.
Limitation des naissances
Quant à elle, la limitation des
naissances se définit comme l’utilisation des moyens contraceptifs sur une
grande échelle, et éventuellement aussi
l’avortement, en vue de limiter le taux de croissance de la population ;
c’est surtout son caractère systématique et à intention essentiellement
malthusienne qui distingue la limitation des
naissances de la planification
familiale[138].
La limitation des naissances est la conséquence d’une population galopante dans
la mesure où on cherche à rétablir un équilibre entre la population et les
ressources nécessaires. Une telle conception ressort de la pensée malthusienne
selon laquelle tenant compte de la misère du peuple liée à l’insuffisance des
ressources et aux besoins primaires que doivent bénéficier tout un chacun. Donc
l'équilibre selon Malthus, ne pourrait
être retrouvé que par la réduction de la population autrement dit la limitation
des naissances.
Thomas
Malthus (1766-1834), situe ses positions audacieuses sur les questions de la
natalité et d’aide publique. Son apport réside dans l’explication qu’il donne à la misère persistante du peuple grâce
à l’inadéquation de la croissance de la population et les ressources nécessaires
pour la survie de l’homme. Selon lui, l’équilibre ne pourrait retrouver que par
la limitation des naissances ayant la finalité de limiter la population. Il fut le premier à préconiser une politique
de contrôle des naissances par l’éducation des familles à la continence en invitant d’éviter toute mesure susceptible
d’accroitre la natalité afin de limiter les naissances dans l’unique but :
le bonheur et le bien-être de l’humanité.
II.3.2. Questions de fond et hypothèse
II.3.2.1. Questions de fond
Selon les informations recueillies lors
de notre passage sur terrain, ainsi que
celles relevant de la documentation ci haut relevée, aucun couple ne voudrait
avoir pas moins de trois enfants. Dans les conditions normales, les couples
devraient tenir compte de la faisabilité et de la situation familiale pour modeler
les naissances. Au regard de ceci, des questionnements ne cessent de surgir. Quelle est la
connaissance de la population sur la contraception ?
II.3.2.2. Hypothèse
Nous osons croire que la
contraception semble être connue par la population, mais celle-ci ignore bien
certaines pratiques et réalités.
CHAPITRE III DISCUSSIONS D’ORDRE
METHODOLOGIQUE
0.1. Introduction
Avec le présent chapitre, il est question d’abord,
de présenter brièvement notre terrain d’enquête et notre population d’étude
(échantillon). Ensuite, présenter la méthodologie et les démarches de
l’enquête.
En effet, nous avons opté pour la méthode qualitative
selon laquelle toute recherche « devait principalement avoir, pour
objet d’étude, ce qui est caché, car souvent plus important, plus essentiel que
ce qui est visible, apparent ou à la portée de chacun, (…) étudie les choses dans leur cadre naturel
telles qu’elles sont, avec une grande importance accordée au processus »[139]
. Pour ce faire, l’entretien semi-directif (sous l’égide d’un guide
d’entretien composé par des questions ouvertes) nous a été prioritairement la
meilleure pour la collecte des données grâce à son caractère dynamique
interactionnelle.
III.1.
Présentation du terrain d’enquête
Notre
terrain d’enquête est situé en commune Bukeye, une des cinq communes qui
composent la province de Muramvya.[140] La
situation sociodémographique de cette commune est de « 93 407
habitants avec une densité de 507,4 habitants/ km2 sur une
superficie de 184km2 »[141]. Elle
est composée de trois zones dont la zone Bukeye, zone Nyarucamo et zone
Busangana. Dans la circonscription de chaque zone, est implanté au moins un
centre de santé. Différentes confessions religieuses sont présentes dans la
commune Bukeye entre autre la religion chrétienne (catholique et protestante)
la plus dominante, les témoins de Jéhovah et la religion musulmane.
Sur
le plan de l’éducation, Bukeye compte quarante établissements scolaires :
écoles fondamentales et post-fondamentales y compris deux centres de métiers[142]. La
commune Bukeye est frontalière avec les
communes Matongo, Butaganzwa et Rango de la province Kayanza (au Nord et au
Nord-ouest), avec la commune Rugazi de la province Bubanza (à l’Est) et avec la
commune Muramvya (au Sud).
III.2.
Population d’étude et échantillon
Comme
il est mentionné ci-haut, notre enquête est réalisée dans la circonscription de
la commune Bukeye en province de Muramvya. Notre population d’enquête est
composée des hommes et des femmes actifs[143] et les
titulaires des centres de santé.
En
effet, nous avons fait appel aux sujets actifs [femmes et hommes] afin de nous
rendre compte de comment ils perçoivent les différentes méthodes de régulation
des naissances, et quelles sont les attitudes adoptées face au phénomène de la
planification familiale qui met en jeu les différentes méthodes et modalités
pratiques. Selon la méthodologie choisie pour notre recherche (l’entretien
semi-directif appelé entretien qualitatif) détaillé ultérieurement, notre
échantillon prétend répondre à l’aspect significatif et non représentatif afin
d’entrer, de par « sa profondeur » et « sa flexibilité »[144]dans la
nature des choses des résultats recueillis auprès de nos interlocuteurs.
III.2.1. La constitution de l’échantillon
Le choix d’échantillonnage pour la démarche
qualitative est conditionné par deux principes : la diversification et la
saturation. Nous avons considéré la commune Bukeye avec ses trois zones et les
personnes sexuellement actives auxquelles s’ajoutent les titulaires des centres
de santé avec comme modalité : couple, homme, femme, fille-mère et
titulaire de centré de santé. A chaque croisement nous avons enquêté le même
nombre de personnes, d’où le tableau ci-dessous constitue notre
échantillonnage.
Tableau 1 : La constitution de
l’échantillonnage
|
Zone Modalité |
Commune BUKEYE |
Total |
|||
|
Zone Bukeye |
Zone Nyarucamo |
Zone Busangana |
|||
|
Personnes sexuellement actives |
Hommes |
9 |
9 |
9 |
27 |
|
Femmes |
9 |
9 |
9 |
27 |
|
|
Filles-mères |
2 |
2 |
2 |
6 |
|
|
Couples |
4 |
4 |
4 |
12 |
|
|
Titulaires de
centre de santé |
1 |
1 |
1 |
3 |
|
|
Total |
25 |
25 |
25 |
75 |
|
Source : L’auteur
III.3.
Méthodologie de recherche
D’une façon générale, la
méthodologie est l’ « ensemble des méthodes et des techniques qui
orientent l’élaboration d’une recherche et qui guident la démarche
scientifique »[145].
Or, nous sommes conscients qu’aucune méthode n’est supérieure à l’autre. Celle
choisie se justifie prioritairement selon les objectifs de recherche. Pour le
cas présent, nous préférons la méthode qualitative. Celle-ci s’appuie sur ses
caractères propres : elle est globale, subjective, exploratoire et
orientée vers la découverte et la construction; elle se fonde sur
l’observation, mais étudie les choses dans leur cadre naturel, avec une grande
importance accordée au processus[146].
III.3.1. Technique de recueil de données :
entretien semi-directif
L’entretien semi-directif « s’inscrit
dans une démarche dite compréhensive, désireuse de comprendre le monde social
du point de vue de l’acteur en adoptant une démarche inductive, partant de ses
espaces de vie, à la recherche de ce qu’il a à dire, de ce qu’il fait et de ce
qu’il pense »[147]. Avec
celui-ci, l’enquêté a toutes les possibilités de s’exprimer en toute liberté et
dans sa spontanéité face à une situation telle qu’elle est présentée par le
chercheur. Avec son aspect d’interaction, il favorise le contact direct entre
les deux interlocuteurs et accorde plus d’attention à une écoute bienveillante
sans toutefois donner place à toute forme de biais pouvant handicaper les
résultats de la recherche.
Avec cette technique, nous espérons
avoir saisi les différentes polémiques ainsi que les différentes perceptions
attribuées aux méthodes de régulation des naissances et ses raisons d’être
selon notre terrain d’étude. Le choix de cette technique parmi tant d’autres
qui existent se justifie au point que les deux parties se sentent dynamiques.
SCHAUT justifie cette dynamique par
trois points importants : tout d’abord l’entretien se développe au cœur
d’une interaction interpersonnelle qui lie l’interviewé à l’intervieweur.
Ensuite, si le ton est à la conversation ordinaire, l’interview suit malgré tout,
une structure, puisque le chercheur se réfère à son guide d’entretien qu’il a
élaboré préalablement et qui reprend les différents thèmes à aborder. Enfin, le
chercheur est le demandeur de l’entretien ce qui implique l’humilité qui doit
le caractériser et non le potentiel conféré par sa position de chercheur devant
l’interlocuteur[148].
De façon pratique, cette technique
suppose cinq phases : élaboration d’un guide d’entretien, démarrage de
l’entretien, introduction du guide, l’entretien proprement dit et l’introduction
directe d’un nouveau thème. Pour cette dernière phase, il est question
d’introduire des sous thèmes non abordés dans le guide d’entretien afin que
tous soient abordés et dévoilés. Le matériel à notre disposition était composé de
trois éléments : un guide d’entretien, un stylo et un cahier.
III.3.2. Techniques du choix des sujets: interlocuteurs
La
spécialité des sciences sociales, est en principe « d’étudier les
ensembles sociaux comme des totalités spécifiques, différentes de la somme de leurs
parties »[149].
Ainsi pour dire que, l’étude d’un ensemble nécessite souvent de passer par
l’étude de ses éléments constitutifs.
En
effet, pour nous rendre compte des perceptions et attitudes que la population
attribue aux méthodes de régulation des naissances, il nous faut écouter
attentivement les utilisateurs (bénéficiaires) de celles-ci d’une part. De l’autre
part les personnes auprès desquelles, ils s’adressent : le personnel de
santé. Car, son statut social lui permet de découvrir la motivation de leur
comportement. Ainsi, il a une connaissance en la matière, et toute la chance
d’enregistrer les rapports issus des doléances de ces bénéficiaires.
Bref, nos sujets auprès desquels
nous nous sommes intéressés sont les couples, hommes et femmes, les filles-mères
ainsi que les titulaires des centres de santé.
Ainsi pour répondre à notre problématique, nous avons récolté des
données pouvant nous aider à comprendre différentes perceptions attribuées aux
méthodes de régulations des naissances.
III.4.
Les démarches de l’enquête
III.4.1. La pré-enquête ou l’enquête exploratoire
Deux moments ont marqué notre enquête exploratoire : la documentation
et entretiens exploratoires. En effet, après avoir opté pour le thème ici
présent, nous avons passé un bon moment à la documentation d’une part et de
l’autre part, nous avons mûri notre
documentation, en nous entretenant d’abord avec les personnes ayant dans leurs
attributions, la promotion de la planification familiale : la coordination
de l’apostolat des laïcs ainsi que les agents de santé. Ensuite, nous
avons engagé des causeries avec certaines
personnes (hommes ou femmes) rencontrées au hasard. Ceci pour nous rendre
compte de l’état de la question. Dans la plupart des cas, certaines d’entre
elles, nous ont avoué qu’elles sont en train de pratiquer l’une ou l’autre
méthode, notamment les femmes. Ceci nous a servi de base pour la construction
du guide d’entretien.
III.4.2. L’enquête proprement dite
Dans le but de bien mener notre entretien qui vise à recueillir des résultats fiables
et pertinents, nous avons débuté notre entretien par une salutation ; « mwaramutse »,
« mwiriwe », etc. (« bonjour », « bon
après-midi »). Cela nous permet d’entrer en contact avec celui que nous
souhaitons interviewer. Puis, une auto-présentation : qui sommes-nous et
le pourquoi de notre travail. Commence enfin l’entretien proprement dit.
Après avoir introduit le thème, nous octroyons libre expression à
notre interviewé et notre intervention n’apparaît qu’au cas échéant ou s’il y a
un blocage, un malentendu auquel nous voulons faire face pour plus de
compréhension ou continuer l’entretien avec entrain. A pas de tortue, on avance
d’un thème à l’autre. Nos interviewés sont choisis sur base des critères
ci-haut mentionnés. Pour la majorité, ils sont retrouvés chez eux, dans les
différents moments de la journée en train de faire des activités de ménages. Et
nous avons sollicité un peu de temps pour nous entretenir. Une autre catégorie
est retrouvée sur le champ de travail. Notre entretien, n’a, en aucun cas duré
moins d’une heure.
Les
succès de nos entretiens se résument dans l’actualité et la popularité du sujet
selon lequel, au moment actuel, selon les conditions de vie, la plupart de nos
interviewés nous ont accueillis favorablement. Ils ont été ouverts envers nous.
Cependant, comme dit le proverbe français, « il n’y a pas de rose sans
épines », certains nous ont accueillis bel et bien dans
l’introduction, mais au moment opportun d’entrer au vif du sujet, intervient un
blocage catégorique. « Le non-dit » et « le silence
absolue », nous ont aussi été donné de retours comme réponse, en supposant pour certains, que, en entrant
en long et en large de l’interview, nous voulons espionner la vie privée du
couple ou de la fille-mère. De plus, des soupçons circulent en l’encontre de nos objectifs.
Pour les cas des responsables des centres de santé, selon notre échantillon, un
seul cas, nous a été refusé : nous avons été accueillis et on nous a
demandé un peu de patience, mais malheureusement, après plus de deux heures
d’attente, nous n’avons pas pu faire l’interview avec le titulaire. L’élasticité
de la durée d’interview a perturbé le calendrier (horaire) que nous nous étions
proposé d’avance.
III.4.3. Considérations éthiques
Avant
de commencer notre recherche, une attestation de recherche (signé par le Doyen
de la Faculté) est présentée à l’administration communale (contact physique) et
cette dernière a donné son accord. Avec le matériel utilisé (stylo et cahier),
nous avons collecté des données et ces dernières sont présentées en respectant
l’anonymat sous la forme suivante : un titulaire λ de centré de santé x ou
y, un homme ou une femme α, ω de x ans de naissance ou x enfants avec y ans de
mariage.
CHAPITRE
IV. PRESENTATION, ANALYSE ET INTERPRETATION DES
RESULTATS
Avec ce présent chapitre, il est
question d’analyser et d’interpréter de façon approfondie nos résultats
recueillis sur terrain tout en faisant
une discussion voire une confrontation visant à vérifier notre hypothèse de
départ.
IV.1.
Présentation des résultats du terrain
IV.1.1.
Description de la population étudiée : caractéristiques
sociodémographiques et
culturelles
IV.1.1. 1. Age
et sexe
Notre
champ d’analyse est constitué d’hommes et de femmes âgés de 20 à 44 ans de
naissance. Pour les mariés, le nombre d’années de vie de couple varie entre 1 et
20 ans de mariage dont la tranche la plus représentée est celle de moins de 10 ans de mariage avec 62.5%. Le sexe féminin est le plus représenté avec un
taux de 46.7 %.
Tableau 2 : Répartition des cas selon la
tranche d’âge de mariage (hormis les titulaires
des centres de santé)
|
Tranche d’âge |
Effectif |
Pourcentage(%) |
|
< 10 |
45 |
62.5 |
|
>= 10 |
27 |
37.5 |
|
Total |
72 |
100.0 |
Source :
L’auteur
Tableau 3 : Répartition des cas selon le
sexe et couple (y compris les titulaire des centres
de santé)
|
Sexe/couple |
Effectif |
Pourcentage(%) |
|
Masculin |
28 |
37.3 |
|
Féminin |
35 |
46.7 |
|
Couple |
12 |
16.0 |
|
Total |
75 |
100.0 |
Source :
L’auteur
IV.1.1.2. Activités professionnelles
Notre
champ d’analyse est composé en premier lieu par les cultivateurs/éleveurs (56.0%) ;
les transporteurs (chauffeurs/taxis vélo/taxis moto) sont représentés dans 25.3%
tandis que les fonctionnaires sont représentés dans 6,7%, % et les vendeurs des fruits dans 5.3 %.
Tableau 4 : Répartition des cas selon les
activités professionnelles (les titulaires des
centres de santé y
compris)
|
Activités professionnelles |
Effectif |
Pourcentage (%) |
|
Cultivateurs/Eleveurs |
42 |
56.0 |
|
Transporteurs |
19 |
25.3 |
|
Fonctionnaires |
5 |
6.7 |
|
Vendeurs de fruits |
4 |
5.3 |
|
Sans |
5 |
6.7 |
|
Total |
75 |
100.0 |
Source :
L’auteur
IV.1.1.3. Appartenance religieuse
Hormis
les titulaires des centres de santé privés de la présente question, les
catholiques sont représentés par 82.0 % tandis que les protestants sont représentés dans 13.9 %.
Tableau 5 : Répartition des cas selon les
appartenances religieuse
|
Appartenance religieuse |
Effectif |
Pourcentage (%) |
|
Catholiques |
59 |
82.0 |
|
Protestants |
10 |
13.9 |
|
Sans |
3 |
4.1 |
|
Total |
72 |
100.0 |
Source :
L’auteur
IV.1.1.4. Etat matrimonial et mode de vie conjugal
Hormis
les titulaires des centres de santé qui ont été privés de la question présente,
nos enquêtés sont représentés suivants : veuves 5,6 %, filles-mères 8.3 %
et les mariés (couples) 86.1 %. Parmi les couples, 93.5 % vivent avec leurs
conjoints de façon permanente (vie conjointe) tandis que 6.5 % vivent le
célibat géographique.
Tableau 6 : Répartition des cas selon l’état
matrimonial
|
Etat matrimonial |
Effectif |
Pourcentage (%) |
|
Mariés (couples) |
62 |
86.1 |
|
Veuves |
4 |
5.6 |
|
Filles-mères |
6 |
8.3 |
|
Total |
72 |
100.0 |
Source :
L’auteur
Tableau 7 : Répartition des cas selon le
mode de vie conjugal
|
Mode de vie conjugal |
Effectif |
Pourcentage (%) |
|
Vie conjointe |
58 |
93.5 |
|
Célibat géographique |
4 |
6.5 |
|
Total |
62 |
100.0 |
Source :
L’auteur
IV.1.1.5. Taille actuelle de la famille
Au
moment de l’enquête, la taille de la famille se situe entre 1 à 6 enfants dont
52.8% pour la tranche de 1à 3 enfants et 41.7% pour la tranche 4 à 6 enfants. Seuls
5.5% se situent au-delà de 6 enfants. Les
titulaires des centres de santé ne sont pas pris en considération.
Tableau 8 : Répartition cas selon le
nombre d’enfants : taille actuelle de la famille
|
Enfant |
Effectif |
Pourcentage (%) |
|
1-3 |
38 |
52.8 |
|
4-6 |
30 |
41.7 |
|
Au-delà de 6 |
4 |
5.5 |
|
Total |
72 |
100.0 |
Source :
L’auteur
IV.1 .1.6 L’idéale de la famille et de l’intervalle
d’espacement des naissances
Un
taux de 63.9 % de nos enquêtés (hormis les titulaires des centres de santé)
souhaite avoir 3 à 4 enfants tandis qu’un
taux de 36.1 % préfère se réserver à la question du nombre d’enfants souhaités
en attribuant la responsabilité à Dieu : la providence.
Du
côté de la durée de l’espacement des naissances, 84.7 % souhaitent espacer les
naissances dans un intervalle de 3 à 5 ans. Néanmoins, certaines femmes (15.3
%) attribuent aussi la responsabilité à Dieu. Les titulaires des centré de
santé ne sont pas concernés de cette question.
Tableau 9 : Répartition des cas selon l’idéal
d’enfants souhaités
|
Enfants souhaités |
Effectif |
Pourcentage (%) |
|
3-4 |
46 |
63.9 |
|
Sans réponse/Providence |
26 |
36.1 |
|
Total |
72 |
100.0 |
Source : L’auteur
Tableau 10 : Répartition des cas selon
l’idéal d’espacement de naissance
|
Idéal |
Effectif |
Pourcentage (%) |
|
3-5 ans |
61 |
84.7 |
|
Providence |
11 |
15.3 |
|
Total |
72 |
100.0 |
Source :
L’auteur
IV.1.1.7. Niveau d’études
Un
taux de 60.0 % de nos enquêtés a terminé l’école primaire, celui de 17.4 % a
fréquenté Yagamukama, 13.3% l’école secondaire et 5.3 % jusqu’à l’université tandis
que celui de 5.3% seulement était de non instruit.
Tableau 11 : Répartition des cas selon le
niveau d’étude
Niveau d’étude
|
Effectif
|
Pourcentage (%)
|
Université
|
3
|
4.0
|
Secondaire
|
10
|
13.3
|
Primaire
|
45
|
60.0
|
Yagamukama
|
13
|
17.4
|
Aucun
|
4
|
5.3
|
Total
|
75
|
100.0
|
Source :
L’auteur
IV.1.2.
Connaissance sur le Planning Familial
IV.1.2.1. Information sur le Planning familial
A
la question de savoir si tous nos enquêtés sont au courant de la planification
familiale, la réponse était favorable à 100%.
IV.1.2.2. Sources d’information sur la planification
familiale
Parmi
les sources d’informations citées, viennent en premier lieu la radio/medias (45.9
%) et en dernier lieu les livres avec 2.8 %.
Tableau 12 : Répartition des cas selon
les sources d’information sur la planification
familiale
|
Sources d’informations |
Effectif (N=72) |
Pourcentage (%) |
|
Média |
33 |
45.9 |
|
Eglise |
14 |
19.4 |
|
Ecole |
8 |
11.1 |
|
Agents communautaires |
6 |
8.3 |
|
Centré de santé |
4 |
5.6 |
|
Entourage/parenté |
4 |
5.6 |
|
Livre |
2 |
2.8 |
Source :
L’auteur
IV.1.2.3. Les émissions diffusées en rapport avec le Planning
Familial
La
grande partie de nos enquêtés (80.6 %) nous a avoué avoir écouté fréquemment la
radio malgré diverses occupations tandis qu’un taux de 19.4 % nous a avoué
n’avoir pas écouté fréquemment la radio y compris ceux qui écoutent la radio accidentellement
et/ou jamais. Pour la première catégorie, au moins une émission est
reconnue : Irondoka rijanye n’amagara meza diffusé par la première
chaîne de la radio nationale. Les autres émissions citées sont Ingo
n’imiryango qui vient en second lieu après Irondoka rijanye n’amagara meza,
Ni nde ?, feuilleton Agashi, Simbakaga et Yaga twubake
pour compléter la liste. Toutefois, parmi les 80.6 % qui nous ont avoué avoir
écouté la radio fréquemment, 10 personnes (c’est-à-dire un taux de13.9 %) ne
sont pas à mesure de citer au moins une émission (les émissions dont il est
question sont des émissions qui abordent quelques fois la notion de
planification familiale).
IV.1.2.4. Compréhension de la planification familiale
A
la question liée à l’«explication » et la « compréhension »
personnelle de la planification familiale, 63.9% de nos enquêtés s’exprimaient
librement et donnaient sens à leurs connotations personnelles. Le reste
c’est-à-dire les 36.1 % préféraient se réserver à la question. Toutefois, la compréhension de la planification
familiale diffère selon les uns des autres.
Tableau 13 : Répartition des cas selon
la compréhension de la planification familiale
|
Compréhension/Explication |
Effectif (N=72) |
Pourcentage (%) |
|
Procréer à la limite des moyens ou
avec modération ; « Kuvyara
abo dushoboye kurera canke kuvyara kurugero » |
24 |
33.3 |
|
Espacer les naissances ; « Gutandukanya imvyaro » |
16 |
22.2 |
|
Limiter les naissances ; « Kugabanya imvyaro » |
10 |
13.8 |
|
Santé de la reproduction ; « Irondoka rijanye n’amagara
meza » |
5 |
6.9 |
|
Extinction/disparaître la famille ;
« Guhonya umuryango » |
4 |
5.5 |
|
Stérilisation volontaire ; « Kwifungisha burundu » |
1 |
1.3 |
Source :
L’auteur
IV.1.2.5. La nécessité du planning familial
Trois
réponses sont mises en évidence face à la nécessité de la planification
familiale. 77.3 % (y compris les titulaires des centres de santé) sont pour (la réponse affirmative, « oui
elle est nécessaire ») contre 13.3 % qui relativisent cette
nécessité. En plus, 9.4 % se réservaient sur
cette question.
IV.1.2.6. Connaissance des méthodes de régulation des
naissances
La grande partie a une idée sur les méthodes de
régulation des naissances. Comme nous l’avons constaté, sont citées
spontanément différentes méthodes. Quelques méthodes modernes dites
artificielles sont devenues populaires tandis que les méthodes naturelles sont
à peine citées. Souvent c’est après notre intervention que nos enquêtés se
souviennent de l’existence de ces méthodes. Néanmoins, une partie constituée
d’hommes suppose n’avoir aucune connaissance sur les méthodes de régulation des
naissances car elle n’est capable de citer aucune méthode ni artificielle ni
naturelle. En plus les méthodes naturelles sont énumérées dans une confusion
totale sans aucune précision sur l’une ou l’autre méthode.
En
outre, nous avons constaté que certains hommes semblaient ne pas intéresser et
disaient que c’est réservé pour les femmes.
Tableau 14 : Répartition des méthodes de
régulation des naissances selon l’ordre de
fréquence
|
Méthodes contraceptives |
Effectif (N=72) |
Pourcentage (%) |
|
Pilules ;
« ibinini » |
30 |
41.7 |
|
Préservatif ;
« agafuko » |
30 |
41.7 |
|
Piqûre trimestrielle ou
l’injectable ; « urushinge » |
9 |
12.5 |
|
Implant sous-cutané ;
« akagegene » |
9 |
12.5 |
|
Vasectomie/Ligature des
trompe ; « kwifungisha burundu » |
9 |
12.5 |
|
Méthodes naturelles ;
« uburyo kama » |
3 |
4.1 |
|
Stérilet ;
« akanyuzi » |
2 |
2.8 |
Source :
L’auteur
IV.1.2.7. Perceptions d’une femme sous traitement de la
contraception dans un
environnement local
D’un
côté, pour les mieux informés sur les
bienfaits de la planification familiale, cette pratique est devenue normale au
point où un couple qui y adhère est considéré comme modèle. De l’autre
côté, est souvent, taxée d’immoralité et
de déviance sociale, une femme soumise au traitement de la contraception.
IV.1.2.8. Différentes ressources/fournisseurs des méthodes de
régulation des naissances
Les
fournisseurs des méthodes du planning familial sont limités à 3 selon les
propos de nos interlocuteurs. Sont cités les structures sanitaires, les agents
communautaires et l’Eglise catholique. En outre, ces structures (c’est-à-dire les structures sanitaires en
collaboration avec les agents communautaires et l’église catholique) sont les seules sources auxquelles les couples
s’adressent en cas de nécessité des méthodes de régulation des naissances.
Tableau 15 : Réparation des fournisseurs
des méthodes de régulation des naissances
selon l’ordre de
fréquence
|
Fournisseurs |
Effectif (N=72) |
Pourcentage (%) |
|
Structure sanitaires |
72 |
100.0 |
|
Agent communautaire,
« abaremeshakiyago » |
21 |
29.1 |
|
Eglise catholique |
20 |
27.8 |
Source :
L’auteur
IV.1.3.
Pratique du planning familial
IV.1.3.1. Etat actuel de la pratique du planning familial
Au
cours de l’enquête, 54.1 % des enquêtés ont avoué être sous traitement d’une
des méthodes de régulation des naissances contre 38.9 % qui ne sont pas sous
traitement des méthodes de régulation des naissances. Le reste (7 %) est
composé de ceux qui n’osent pas se prononcer.
IV.1.3.2. Les méthodes préférées
Nous
avons regroupé en 4 rangs les méthodes les plus préférées. La piqûre ou
l’injectable vient en premier lieu tandis que les méthodes naturelles viennent
en dernier lieu. Sur cette question, nous avons constaté qu’il est difficile de
se prononcer sur la méthode en cours d’utilisation la preuve en est que les
chiffres sont plus bas par rapport aux cas précédents.
Tableau 16 : Répartition selon les
méthodes de régulation des naissances préférées
|
Méthodes préférées |
Effectif (N=72) |
Pourcentage (%) |
|
La piqûre ou injectable |
6 |
8.3 |
|
Les pilules |
4 |
5.6 |
|
Le stérilet et implant sous-cutané |
2 |
2.8 |
|
Méthodes naturelles |
2 |
2.8 |
Source :
L’auteur
IV.1.3.3. L’initiative d’admission
A
la question suivante : « y’a-t-il un médecin ou un leader religieux,
etc. qui t’aurait proposé (ton conjoint)
d’utiliser une contraception ? » Nos enquêtés (bien évidemment
ceux qui ont adhéré à la planification familiale) affirmaient que, l’initiative d’adhérer à la planification familiale vient du
bénéficiaire (voir le couple) lui-même. En outre, les renseignements reçus de
la part des structures sanitaires, de l’église, des causeries engagées avec les
voisins, les parentés, les collègues et les contraintes socioéconomiques ont
énormément contribué pour mûrir cette décision.
IV.1.3.4. Raisons
d’abandons des méthodes de régulation des naissances
Les
raisons qui causent le médiocre succès du planning familial citées sont l’inefficacité, les effets
secondaires, l’opposition du conjoint, contraintes socioculturelles et
religieuses, l’imposition d’une méthode contre le choix du bénéficiaire, etc.
IV.1.3.5. Les effets secondaires relevés
A
la question suivante : « y’auraient-ils des effets secondaires liés à
cette méthodes que vous sentiez ? » Selon la méthode encours, nos
enquêtés relevaient des effets secondaires souvent observés : saignement,
mal au dos, maux de ventre, prise de poids, perte de poids, gonflement
de l’utérus et d’autres maladies
qu’ils n’arrivaient pas à nommer selon les cas.
IV.2.
Analyse et interprétation des données
Comme nous l’avons signalé ci-haut, notre terrain a
enregistré 75 cas d’entretien au total dont 27 femmes, 27 hommes, 12 couples, 6
filles-mères et 3 titulaires des centres de santé. Cela n’est nulle part le
résultat du hasard : il y a plusieurs raisons de pouvoir choisir plus de
femmes que des hommes, d’opter pour les couples, et ainsi de suite.
En
effet, en matière de planification familiale,
les femmes sont les plus ouvertes à toute connaissance car elles
fréquent souvent les structures sanitaires.
Cet avis nous la partageons avec DESALLIERS dans le sens où,
d’une part,
(…)
elles consultent les infirmiers pour l'accouchement, les tests postnataux et
pour la santé de leurs enfants. Elles reçoivent donc en premier les
informations au sujet de la planification familiale et connaissent mieux les
différentes méthodes existantes que les hommes. Elles agissent le plus souvent
comme des vecteurs d'information entre les infirmiers et leurs maris, soit en
proposant directement l'utilisation d'une méthode contraceptive, soit en le
suggérant (…)[150].
D’autre part, « le premier
est le rôle prédominant de la femme dans le processus biologique de la
reproduction qui conduit à mesurer la fertilité d'un couple quasi exclusivement
par les caractéristiques biologiques de la femme (…) »[151].
Autrement dit, nous sommes d’accord
avec l’idée de LOCOH selon laquelle la femme est la première concernée
puisqu'elle met au monde les enfants, parfois au détriment de sa santé, elle
réalise l'essentiel des tâches liée à leur éducation. D’où c’est elle qui doit
pouvoir décider du nombre et de l'espacement des enfants, malgré le fait que
dans certaines cultures l'autorisation du mari est nécessaire pour accéder à la
contraception[152].
En outre, la part des hommes nous a
été plus nécessaire puisqu’ils ont aussi une place qui leur est réservée en ce
domaine et qui n’est nullement moindre. Nous sommes d’accord avec ANDRO et ses compagnons dans le sens qu’en cette matière,
c’est-à-dire en matière de la reproduction, « les hommes n'en ont pas
moins un rôle crucial à toutes les étapes des processus de la procréation :
comme partenaires sexuels bien sûr, mais aussi comme détenteurs d’une large
part du pouvoir de décision au sein de la sphère conjugale et familiale, comme
détenteurs majoritaires du pouvoir politique et économique »[153].
Et, ajoute DESALLIERS, « l'approbation
du mari demeure essentielle puisqu'il agit en autorité décisionnelle et fournit
les moyens nécessaires pour entamer la démarche contraceptive (…). Leur rôle
[les hommes] se restreint à donner l'approbation, même s'il s'agit d'une
approbation tacite »[154].
En plus, le couple conjugal
solidaire est traditionnellement considéré comme la clé de voûte de la reproduction.
Ce qui conduit à mettre en valeur le dialogue d'une part afin de répondre aux
questions et exigences en rapport avec la planification familiale d’où la
raison de nous entretenir aussi avec les couples.
A titre idéationnel, nous avons
choisi de mettre en italique les mots moteurs significatifs de chaque situation.
Ces mots nous servent à mieux approfondir différentes attitudes relevées au fur
et à mesure. Les verbatims sont présentés en deux moments : repris en
kirundi et puis traduits en français ou vice versa et se trouvent entre
guillemets, tout en respectant l’anonymat.
IV.2.1.
Caractéristiques sociodémographiques et culturelles
IV.2.1.1. Age
Pour
notre étude, les extrêmes d’âge étaient de 20 ans pour l’âge le plus jeune et
44 ans pour le plus âgé. Le nombre d’années de vie de couple écoulé compris
entre 1 à 20 années dont la tranche de moins de 10 ans représente 62.5% de
celle de 10 ans et plus représente 37.5%. Ceci s’explique par le fait que notre
travail était orienté vers les personnes actives en matière de procréation.
Etant mariées, elles vivent en union et en pleine expérience de l’activité
génitale.
Plus
encore, au-delà de deux ans de mariage par exemple, pas mal de couples se
retrouvent déjà avoir au moins deux enfants successifs. C’est à ce stade qu’on
commence à penser à la régulation des naissances.
IV.2.1.2. Activités professionnelles
Comme
nous l’avons souligné précédemment, la population enquêtée est faite en grande
partie d’cultivateurs/éleveurs (56.0 %) en premier lieu. En second lieu,
viennent les chauffeurs/taxis-vélos/taxis-moto (25.3 %). Suivent les fonctionnaires
(6.7 %) et les vendeurs à la sauvette des fruits et autres articles (5.3 %).
Seuls 6.7 % de nos enquêtés n’ont pas voulu s’exprimer sur leurs professions.
Les relevés de l’enquête sur terrain peuvent s’expliquer du fait que notre
étude s’est réalisée majoritairement dans le milieu rural où la grande majorité
vit de l’agriculture et de l’élevage d’une part. Dans ce même fil d’idée, les
statistiques nationales prouvent que l’agriculture est « la
première source de revenus pour plus de 90% de la population »[155]. De
l’autre part, nos enquêtés exercent leurs activités quotidiennes
au centre Bukeye ; un milieu semi-urbain où les jeunes gens vivent de la débrouillardise.
Ils se battent pour gagner du pain quotidien. L’expérience quotidienne suit une
orientation bipolaire au cours du temps: l’expérience montre que les jeunes
hommes s’orientent vers le métier de chauffeur tandis que les jeunes filles
s’occupent souvent du commerce ambulant des fruits et des légumes. Toutefois,
les jeunes filles sont moins observées par rapport aux garçons, effet culturel
qui favorise moins les filles que les jeunes gens en matière de la débrouillardise.
Elles vaquent obligatoirement aux activités ménagères comme le renforce
certaines expressions significatives culturellement «umuzenzwanzu»,
« umunyakigo », etc. (traduit : « gardienne de la
maison »).
IV.2.1.3. Appartenance religieuse
Les
données récoltées sur terrain, nous ont montré que parmi nos enquêtés, 82.0 % sont
de l’église catholique, 13.9 % sont des églises protestantes et seuls 4.1 % de
nos enquêtés ne se prononçaient pas à propos de leurs croyances. Ces données
peuvent coïncider avec celles de RGPH[156] de
2008 selon lesquelles, globalement, que ce soit dans les milieux urbains ou
ruraux, les catholiques viennent au premier rang, viennent au deuxième rang les
protestants. Cela est aussi vrai de la commune Bukeye.
IV.2.1.4. Etat matrimonial et mode de vie conjugal
Hormis
les titulaires des centres de santé qui ont été privés de la question présente,
nos enquêtés étaient composés de veuves
5,6 %, filles-mères 8.3 % et les mariés (couples) 86.1 % dont 93.5 % vivent
avec leurs conjoints de façon permanente (vie conjointe) tandis que 6.5 % vivent
le célibat géographique. Cette situation peut être expliquée du fait que nous
avons effectué l’étude en milieu rural où la majorité préfère camper sur la
propriété de leurs arrière-grand-père (Itongo ry’umuheto). Ils l’exploitent
pour la survie de leurs familles. La preuve en est que la majorité de la
population est surtout rurale comme nous l’avons souligné ci-haut et vit de
l’agriculture. C’est ainsi que la plupart vit en permanence avec leurs
conjoints.
IV.2.1.5. Taille actuelle de la famille
En
général, la taille actuelle de la famille, ici pour le cas des familles, se
situe entre 1 à 6 enfants dont 52.8% pour la tranche de 1à 3 enfants et 41.7%
pour la tranche 4à 6 enfants. Seuls 5.5% se situent au-delà de 6 enfants. Cela n’est
pas loin de l’idéal type de la culture et la tradition burundaise. Celles-ci
retiennent que les liens du mariage s’arrosent par des fruits, selon lesquels «vaut
mieux, avoir plus d’enfants pour que la famille puisse être honorée »[157].
Ainsi donc, la seule raison qui pourrait expliquer ce phénomène est que les
Barundi adhèrent à la culture pro-nataliste et il en est de même
aujourd’hui pour la population rurale. Une autre raison, comme le soulève
KAZINA est que, « un mariage qui
n’est pas couronné par des naissances dans notre culture, est un échec (…). La
fécondité est certes une grande valeur humaine, mais mal contrôlée, elle peut
devenir un fléau social»[158].
Le deuxième aspect de cette affirmation explique une petite portion de la
population qui essaie de répondre à l’idéal de la culture en tenant compte de
leur faisabilité. C’est souvent le cas pour une population vivant en milieu
urbain qui a déjà compris le bien-fondé de la paternité-maternité
responsable. Pour elle le nombre d’enfants varie bien entendu en relation
inverse avec le niveau d’instruction[159].
Notre
travail s’inscrit dans la logique qui nous permet de comprendre aussi le lien
existant entre la taille de la famille et l’admission à la contraception dans
l’une ou l’autre famille. Compte tenu de notre recherche, nous avons pu
comprendre que l’idée de réguler les naissances commence quelques années après
le mariage. Ce phénomène peut s’expliquer aussi par le fait que, comme le
soulignent DIBAKANA, « les influences et l’adhésion à un
contraceptif moderne ne peuvent bien sûr concerner que les familles d’au moins
deux enfants d’un certain âge»[160]. Selon
nos enquêtés, les motivations pour adhérer à la planification familiale se
diffèrent les uns des autres :
a. La
santé de la mère et de l’enfant ;
Sur
ce, un couple ayant trois enfants nous a avoué qu’il est bon de réguler les
naissances pour la santé de la mère et de l’enfant. Il disait ceci :
« A trois ans au moins, un enfant est équilibré, capable de mange tout.
En outre, des naissances espacées garantissent pour la mère un temps suffisant
d’entretenir l’enfant et de se rétablir ».
« umwana
akurikiwe afise imyaka itatu ntaba akigorana, aba ariko araca ubwenge kandi no
gufungura aba afungura vyose »,
« Umwana
akurikiwe akuze umuronkera umwanya ukwiye wo kumukurikirana neza kuvyerekeye ubuzima
bwiwe »,
«Kugira baronke amagara meza,
na nyina aronke amagara meza kandi aruhuke »[161].
b. Contraintes
socioéconomiques : la vie chère, manque de patrimoine familial
Pour nos enquêtés, le coût de la vie est élevé, voir les parcelles qui
se réduisent en dimension du jour au lendemain, raison pour laquelle il est bon
de réguler les naissances. Une femme mère de cinq enfants s’exprimait
ainsi :
« Kubera
turiko twihweza iki gihe ubuzima burazimvye, nukuvyara bake kweli »,
« Amatongo
yaraze, bitayeko ukurikije umwana akiri muto, birabuza umuvyeyi ibikorwa ».
Littéralement
traduit : « Quand nous essayons de voir, actuellement la vie est
chère, il est vraiment bon de limiter les naissances. En outre, les propriétés
familiales sont limitées. Bien évidemment, les grossesses trop rapprochées
empêchent la mère de vaquer aux activités ordinaires »[162].
IV.2.1.6 Niveau d’instruction
Selon
les données recueillies sur notre terrain, 60 % n’ont que l’école primaire, 17.4%
Yagamukama, tandis que 13.3% sont arrivés à terminer l’école secondaire
et 5.3 % jusqu’à l’Université. Ceci peut se justifier aussi par le fait que, sur
le plan national, les statistiques montrent que le niveau d’étude diminue en
fonction du niveau d’instruction élevé.[163] Et
comme nous allons le voir plus tard, il y a une interrelation entre le niveau
d’instruction, le niveau d’information à la contraception et l’applicabilité de
cette dernière. Bien entendu, la connaissance précède l’applicabilité et le
niveau d’information a plusieurs chances d’influencer le niveau de
connaissance.
IV.2.1.7. L’idéal de la famille et de l’intervalle d’espacement
des naissances
a.
Un caractère
pro-nataliste
63.9 % de nos interlocuteurs souhaitent avoir 3
à 4 enfants tandis que 36.1 % préfèrent
se réserver de la question du nombre d’enfants souhaités en attribuant la
responsabilité à Dieu : la providence. Pour le premier cas, la
réponse relèverait d’une double signification : le caractère
pro-nataliste qui encourage et les contraintes socioéconomiques qui
obligent à limiter les naissances. D’un côté, le caractère pro-nataliste incite
les familles à avoir le plus d’enfants possibles car elles tirent d’eux
plusieurs profits : valeur humaine et sociale, et économique.[164]
En
effet, l’enfant est l’une des valeurs précieuses et fondamentales dans la
culture burundaise. Pour ce faire, on constate de façon générale que l’enfant
reflète la valeur humaine, sociale, économique, une main-d’œuvre, etc.
La
valeur humaine et sociale de l’enfant transparaît à travers beaucoup de textes
littéraires, de pratiques coutumières et d’expressions populaires. L’enfant est
l’image de ses parents et la garantie de la perpétuation de la famille. Il est
le futur héritier du patrimoine et de la richesse de ses parents ou de ses
aïeux. Il est le futur agent producteur de biens économiques, pour sa famille,
et le défenseur de celle-ci en cas d’attaque par tout agent agresseur.
En
milieu rural, l’enfant reste considéré comme le don le plus précieux de Dieu et
le trésor le plus enviable. Même dans les régions surpeuplées où on ressent le
poids économique et démographique, cette mentalité nataliste reste vivace. De
nombreux faits montrent que la société burundaise actuelle est encore plus
fortement pénétrée des conceptions natalistes traditionnelles et attachée aux
activités agro-pastorales typiquement rurales.
La valeur économique de l’enfant y apparaît
nettement dès le moment où ses parents ou ses parentés commencent à tirer
profit de ses services : puiser de l’eau, chercher du bois de chauffage,
s’occuper de la cuisine, porter au dos les plus petits enfants, cultiver, etc.
Dès ce moment, l’enfant devient une unité supplémentaire pour accroître la production
familiale. Ainsi plus on a une grande main-d’œuvre qui conjugue les
efforts pour assurer la prospérité de la famille[165] .
L’enfant hausse le rang social de la mère. Il
participe à son intégration comme il est intériorisé lors des berceuses[166].
Néanmoins, les contraintes socioéconomiques poussent les familles à limiter les
naissances et à passer outre les présupposées valeurs d’autrefois. Les
problèmes socioéconomiques et sociodémographiques prennent comme cause ultime
la planification familiale. Ainsi, la densité élevée de la population
accentue la problématique agricole. Alors que l’agriculture est la première
source de revenus de la grande majorité de la population (plus de 90% de la
population pour le cas du Burundi), la taille de l’exploitation agricole s’atomise,
les espaces agricoles surexploités, sans repos et sans engrais se détériorent.
Cette situation entraîne la disette, la malnutrition et la paupérisation. Par
conséquent il devient difficile d’assurer les frais de scolarisation et de
soins médicaux. Ce sont finalement tous les secteurs de la vie qui sont en
corrélation avec la question de la population[167].Ce
constat explique le pourquoi du désir de réguler ou limiter les naissances et
de répondre aisément à notre question de l’idéal des enfants souhaités.
Pour le second cas, nous constatons, l’irresponsabilité
d’une part, dans la mesure où les
parents n’assument pas leur paternité responsable et se cachent derrière
la providence divine.
Cependant, nous constatons dans leur propos qu’ils
décèlent une nécessité de bien réguler les naissances, la difficulté pour eux
est de faire les leur cette décision faute de plusieurs mobiles. Par
conséquent, la simple raison qui sort de façon spontanée n’est que se couvrir
des convictions religieuses que tout dépend de la providence divine.
Cela se remarque dans l’entretien suivant :
Une femme ayant
l’expérience de dix ans de mariage avec 4 enfants répondait à la question comme
suit : « Ab’Imana izompa kuko vyose ni Imana ibigira ».
Elle ajoute : « N’ubu kubwanje nashaka gushikana abo mfise ariko
bikor’Imana n’ukuri. Ari ivyo nigirira boba abo. » Traduction
littérale, « ceux que Dieu me donnera puisque c’est Lui seul qui le
fait. » Ajoute-t-elle : « De ma propre volonté, j’aurais
terminé là, mais en vérité c’est Dieu qui le fait. Sinon personnellement, les 4
enfants me suffisent»[168].
b.
La dialectique
« paternité responsable – fécondité raisonnable et harmonisée »
Avec
l’encyclique « Humanae vitae », la problématique de régulation
des naissances met en évidence la paternité responsable et la mise en exercice de la raison :
la conscience de paternité responsable, la connaissance et le respect des lois
biologiques et rythmes naturels de fécondité, la raison et la volonté de
maîtriser l’instinct et les passions, la détermination réfléchie et généreuse.[169] Tous ces aspects sont aussi relevés pour
réussir à la méthode de l’auto-observation ayant la finalité de répondre
à cette problématique mais seulement dans le respect des lois de la nature
biologique de la femme qui met l’accent sur l’abstinence. Dans ce même
ordre d’idée, MIBURO parle de la fécondité raisonnable et harmonisée.
Autrement dit, « les parents auront à juger dans chaque
cas si en acceptant un enfant de plus, ils
seront capables d’assurer son éducation et continuer à remplir les
devoirs qui leur incombent»[170].
D’autre part, nous constatons l’irresponsabilité entremêlée
avec l’ignorance de ne pas vouloir s’embrouiller avec des histoires du
planning familial comme tout semble absurde pour certains. C’est le cas d’un
jeune homme de
30 ans qui répondit à la question liée à l’idéal des enfants souhaités.
Celui-ci dit avec arrogance « ndakwisavye, ndabakoze iki ?
Ntibikenewe sha! Urabavyara nawe ivyo uribaza » ; qui se traduit
littéralement, « laissez-moi tranquille, j’engendre les enfants pour en
faire quoi ? Cela est inutile! Engendrez-les-vous aussi, comme vous y
pensez »[171].
Du côté de l’idéal de la durée de l’espacement
des naissances, à la question ; comment
souhaiteriez-vous espacer les naissances en terme d’années entre une naissance
et une autre. 84.7
% souhaitent espacer les naissances dans un intervalle de 3 à 5 ans. Néanmoins,
certaines femmes (15.3 %) attribuent aussi la responsabilité à Dieu. Elles se
réservent et échappent à la question. Une femme de trois enfants répondait
ainsi: « Haaaaa,
ico kibazo kiragoye kwishura ; ivyo nipfuza sivyo biba. Havyar’Imana
erega! ». Traduit, « Haaaaa, cette question semble être
difficile à répondre car ce que je veux peut ne pas être réelle. C’est Dieu qui
engendre! »[172] Une
autre femme d’une expérience de 5 ans de mariage ajoute: « Aho
Imana ishakiye », traduit « au moment où Dieu voudra»[173].
Nous avons aussi enregistré un cas d’une femme
qui se lamente d’avoir déjà 5 enfants. Pour elle, si elle avait été informée de
la planification familiale auparavant, elle aurait mis au monde moins de 5
enfants. Elle répondait en ces mots : « Naha nararengeje. Uwo vyokundira
imyaka itatu canke irenga bivanye n’uburyo umuntu afise». Traduit ;
« En cas normal, j’ai déjà dépassé. A celui qui le peut trois ans voir
plus pour espacer une naissance à une autre sont nécessaires bien évidemment en
tenant compte des moyens qu’il a »[174].
Dans
pas mal d’interventions, nous avons pu ressortir des raisons qui poussent les
uns et les autres à avoir plus d’enfants mais tout de même avec modération.
Soit pour la santé de la mère, la santé de l’enfant et ses ainés ou ses
petits-frères. Soit la vie chère, des conditions économiques : manque de
terres à exploitées. Mais aussi pour des raisons économiques selon lesquels la
famille tire profit des services des enfants.[175]
Une affirmation double de signification est relevée
de la part d’un couple ayant 3 enfants avec sept ans de vie conjugale. Le
couple répondait à la question ainsi : « Reka sha reka,
ntagukurikiza umwana atanavoma. Kumyaka itatu canke irenga ni vyiza, kubera ko abo
mfise bakurikiranye kare, ubu ndahaye ndabona ko kuvyara atabutunzi burimwo ». Littéralement
traduit « Laissez ces histoires, ce n’est pas bon de donner
naissance des enfants successifs dont l’aîné est même incapable de puiser de
l’eau. Au moins trois ans voir plus c’est mieux, car tenant compte de ma
situation, je comprends d’ores et déjà la réalité: les enfants ne sont pas du
tout une richesse»[176].
Ceci
relève de la prise de conscience des parents à l’égard de leur situation
familiale voir aussi à l’égard de la culture ou la tradition face à une
progéniture nombreuse d’où l’idéal d’une descendance modérée. Sociologiquement,
ceci pourrait être expliqué aussi par la logique du choix rationnel énoncé
par Boudon pour qui, dans tout phénomène, l’individu
agit sous l’empire d’un «calcul des plaisirs et des peines» ou, «calcul
coût-avantage» ou «calcul coût-bénéfice»[177] ; un point de vue partagé clairement par quelques sociologues
notamment Weber et Tocqueville : l’acteur fait ce qu’il fait, croit ce
qu’il croit parce qu’il a raison de faire ce qu’il fait ou de croire ce qu’il
croit[178].
Autrement, malgré les considérations culturelles et traditionnelles, le choix
délibéré des parents pour ce qui est du nombre d’enfants et de la durée d’espacement
d’une naissance à une autre, leur appartient.
IV.2.2.
Connaissance sur le Planning Familial
IV.2.2.1. Une population bien informée sur le Planning familial
Le terrain où
nous avons réalisé notre étude (c’est-à-dire à Bukeye), nous a fait comprendre
que la population est au courant de la planification familiale. En effet, nos
enquêtés ont répondu favorablement avoir déjà entendus parler de la
planification familiale. Cependant, cela ne nous empêche pas d’affirmer que
tout le monde n’est pas intéressé à cette dernière.
Donc nous avons
constaté que certains de nos enquêtés
semblent ne pas intéresser. Ils ne veulent pas même engagés une discussion
à propos. Ainsi donc, ils s’affirment vraiment autonome.
Sur ce, à la question : « As-tu
déjà entendu parler du planning familial ?»Un jeune homme de 30 ans
répondait « oui, mais cela ne me concerne pas » (« ego,
ariko jewe ivyo ntibindaba »)[179].
Ce qui est intéressant est que personne ne se
déclarait tête vide face à ce phénomène, c’est-à-dire qu’il ne sait pas de quoi il s’agit, car indépendant de
soi, des informations à propos circulent ici et là. La seule différence se
trouve dans la manière dont les uns des autres considèrent ces informations.
IV.2.2.2. Sources variées d’information
Différentes
sources d’informations sont évoquées par nos interlocuteurs. Entre autre nous
pouvons les mettre en deux classes : les sources les plus citées et les
moins citées. La première classe est composée de : radio/média, églises, centre
de santé, parentés/voisins /collègues et agents communautaires tandis que
la deuxième constitue les livres/journaux et l’école.
En
effet, la simple raison qui justifie cette deuxième classe est que la
population rurale de Bukeye représente un plus petit nombre qui va au-delà de
l’école primaire. Or l’école en tant que source d’information de la
contraception ne remplit cette tâche qu’à partir de l’école secondaire
au cours de laquelle la matière contenant les notions de santé reproductive
ainsi que des séances d’animation et
d’information sur la contraception.[180] Il
en est de même pour les livres/journaux. C’est le niveau d’instruction qui
influence la lecture des livres et des journaux.
En
outre, la majorité nous a avoué avoir écouté souvent la radio. Certes,
la radio, (tout comme les media), sert à une double finalité : l’auto-information
et l’auto-apprentissage. A travers cette source, différentes émissions
en particulier les émissions sur la santé sont diffusées par différentes
chaînes. Mais rares sont celles qui affirment suivre régulièrement la radio et
cela pour plusieurs raisons. Les émissions les plus retenues et les plus
évoquées sont les suivantes : Irondoka rijanye n’amagara meza, Ingo
n’imiryango, Ni nde ?, Yaga twubake diffusées sur la première chaîne
de la radio nationale, Feuilleton Agashi et Simbakaga diffusées
sur la plupart des chaînes émettant sur le territoire. L’émission Irondoka rijanye
n’amagara meza est l’émission la plus citée. D’une façon générale, la radio
est écoutée de façon passagère ; les gens sortent dans la matinée pour
s’occuper des activités multiples surtout les activités agro-pastorales
pour la survie de la famille et regagnent la maison le soir pour s’occuper des
activités domestiques surtout les femmes qui sont plongées dans ce genre
d’activités.
Au
même moment que les femmes s’occupent de leurs enfants, en train de préparer le
repas et d’autres activités domestiques le soir, c’est le même moment de
pouvoir écouter aussi la radio pour qui en a bien sûr. C’est à ce moment que
certaines émissions sont captées. Mais l’écoute comme le souligne nos
interlocuteurs n’est nulle part assidue. Elle n’est pas non plus attentive
car la femme est à ce moment tiraillée par des activités les plus utiles
disaient-elles.
Souvent
comme elles affirment, ne se souviennent même pas du contenu de l’une ou
l’autre émission passée. C’est ainsi que nous avons constaté qu’une catégorie
de personnes qui affirment et répondent favorablement « oui, nous
écoutons la radio » ; ces personnes ne sont pas à mesure de
relever au moins une émission dans laquelle elles ont entendu parler de la
planification familiale. Un autre motif est qui handicape le suivi des
émissions jugées bonnes et citées ci-haut est que leurs moments de diffusion
sont en inadéquation avec les moments forts qu’on pourrait suivre la radio.
Certaines, voir la majorité sont diffusées dans les moments de la journée. A ce moment, les gens sont occupés par des
activités agro-pastorales ou domestiques pour les femmes en particulier. (Plus
loin nous verrons la grille des émissions axées sur la promotion sanitaire à la
première chaîne de la radio nationale).
IV.2.2.3. L’implication de l’Eglise en matière de procréation
L’autre
source la plus citée par la majorité est l’Eglise (catholique). Ceci
peut être expliqué par le fait que sur le territoire de la commune Bukeye,
dominent les catholiques. Particulièrement l’Eglise catholique s’implique en
cette matière. C’est avec la publication de l’encyclique Humanae vitae
(1968) que le catholicisme conjugue son effort pour la promotion de la
planification familiale à travers la pastorale de la famille. Pour ce faire,
l’Eglise catholique met en place quelque « perspectives
pastorales : quelques urgences »[181]
dont le bien-fondé est d’instaurer un Centre National de Pastorale Familiale
qui serait comme un laboratoire de tous les problèmes familiaux et la recherche
de leurs solutions ; y inclut aussi le problème de régulation des
naissances dite aussi, la paternité responsable.[182]
L’Eglise
du Burundi doit faire de son mieux pour promouvoir une catéchèse familiale
inculturée, partant de la famille. Pour ce faire, (…) afin de favoriser la
formation permanente de la famille : sessions, retraites, réflexions et
échanges sur la vie familiale, préparation des jeunes au mariage et
accompagnement des jeunes couples, l’Eglise du Burundi ferait mieux de mettre
sur pied un Centre National de Pastorale Familiale qui serait comme un
laboratoire de tous les problèmes familiaux et la recherche de leurs solutions[183] .
Pour renforcer
la pastorale de la famille, elle fit naître dans les années 1984, par
proposition de la Conférence des Evêques catholiques, l’Action famille.[184]
Cette dernière a été suscitée par une préoccupation de la Conférence épiscopale
du Burundi : « La dépréciation progressive de l’amour conjugal,
une procréation inconsciente et irresponsable de certains et une démographie
galopante dans notre pays »[185]. Selon
la Conférence épiscopale, « il s’agit d’une action éducative concernant la famille : éduquer l’individu à
adopter un modèle de vie basé sur le discernement et le bon exercice de ses
responsabilités de personne humaine en général, de conjoint et de parent en
particulier »[186]. L’Action famille prône les méthodes naturelles
au détriment des méthodes modernes. C’est ainsi que selon les
circonstances : au cours de la messe au moment de l’homélie, les
retraites, les recollections, etc. les fidèles catholiques se confrontent aux
réalités liées à la régulation des naissances en termes de paternité
responsable.
IV.2.2.4. Qu’en est-il des centres de santé?
Les centres
de santé sont aussi cités
comme la source d’information. Les gens qui fréquentent les centres de santé
pour des soins médicaux bénéficient des instructions sanitaires qui incluent le planning familial.
Des médecins et des infirmiers instruisent les femmes et d’autres patients au
cours des consultations prénatales, des vaccinations des enfants et autres moments
d’animation. Au moins trois fois la semaine, selon l’organisation de chaque centré
de santé, sont prévues des séances matinales au cours desquelles, le
personnel aborde quelques problématiques liées au planning familial, à la
nutrition, la vaccination, la lutte contre les épidémies, etc. Cela a été
remarqué au moment où nous nous sommes rendus au centre de santé de Busangana.
Chaque séance dure au moins 45 minutes et cette dernière précède toute autre
activité. Ceci a été souligné par les titulaires des centres de santé comme ;
l’une des stratégies mis en œuvre pour la promotion du planning familial.
Les agents communautaires (abaremeshakiyago) sont aussi à l’œuvre sous
l’encadrement du personnelle des structures sanitaires pour la décentralisation
et ils sont disponibles depuis les sous-collines. Aussi, le service du planning
familial est toujours ouvert tous les jours de travail pour les familles qui demandent conseils et qui
viennent pour la consultation.
IV.2.2.5. Sources de voisinage
Les parentés/voisins /Collègues
sont les sources d’informations à travers lesquelles peut se faire la
propagande de la planification familiale. Des discussions du genre peuvent être
occasionnées par certaines opportunités où les uns et les autres se
rencontrent.
Soit dans le voisinage surtout pour les femmes qui
causent sur certaines difficultés rencontrées dans leurs familles, voire même
les hommes lorsqu’ils se rencontrent quelque part entre eux, lors des visites
chez les voisins de même génération et autres. Sur le champ du travail aussi
cela est possible. Donc certaines rencontres peuvent provoquer des échanges sur
tous les sujets d'actualité et les rumeurs du moment. Ceci est à l’origine du
proverbe rundi « ikiyagogisumba ikivi », qui peut se traduire,
« la causerie d’abord, et le travail après ».
En peu de mots, nous avons constaté deux catégories
de personnes : ceux qui ne s’intéressent pas et ne conjuguent aucun effort
pour s’informer sur la planification familiale, et une autre catégorie qui s’y
intéresse mais faute de temps ou par manque d’information suffisante, n’en sait
pas grand-chose. Cette catégorie cherche tout de même à s’informer davantage.
La première catégorie est composée majoritairement d’hommes qui pensent que
ces choses ne concernent que les femmes. Certains
d’entre eux disaient : « ivyo wobibaza abagore »,
« abagore nibo babizi kuko nibo bajana abana kwamuganga bagaheza bakabibabwira »,
« iradiyo zumviriza abagore », etc. « Demande cela aux
femmes », « ce sont les femmes qui sont au courant, car ce
sont elles qui conduisent les enfants au dispensaire et enfin reçoivent des
instructions y relatives », « Ce sont les femmes qui ont le
temps d’écouter la radio »[187],
etc.
En outre, les données relevées sur terrain nous poussent
à tirer la conclusion que, malgré la sensibilisation et la sensibilité de
certaines institutions, la population de la commune Bukeye est majoritairement
insensible et ne répond pas massivement à la demande de ces institutions.
C’est-à-dire, elle est dotée d’une information incomplète. Même le
minimum qui est, soi-disant instruit, est informé vaguement. Le même
constant est observé par HAKIZIMANA, qui, après sa recherche menée dans un
milieu rural comme le nôtre, a abouti à une conclusion qui montre trois
catégories de gens dont deux sont semblables à celles que nous avons
trouvées : des gens qui ne veulent pas entendre parler de la planification
familiale, et ceux qui la connaissent d'une manière vague[188].
Comme nous
l’avons signalé au départ, et selon les sources officielles seuls les 130-170
patients entendus mensuellement des 3 sur 7 centres de santé et 22 couples
déclarés autonomes sur les 46 admis dans le programme de planification
familiale naturelle le tout sur une population de 93 407
habitants que compte la commune Bukeye. Or le facteur avoir
l’information est assez important pour la promotion et la
réussite d’un phénomène quelconque pour les bénéficiaires que pour les
promoteurs. Nous sommes dans la logique de Martin
et de Clémentine[189]
selon laquelle l’information précède le choix et le choix dépend de
l’information. Le premier part du bien-fondé de l’information et la capacité
des pourvoyeurs ; « l’information sur la contraception est nécessairement
une œuvre collective, comme toutes les informations destinées à la prévention.
Mais il est bien évident que si ceux-là même qui sont chargés de l’information
ne sont ni assez nombreux ni assez bien formés, le projet est voué à l’échec»[190].
Alors que le second part du choix et du niveau de compréhension ; « le choix
de la méthode dépend en partie de l’information dont disposent les couples sur
les risques et les avantages des différentes méthodes contraceptives. Une
utilisation appropriée de la méthode choisie nécessite également un minimum de
connaissance (…)»[191].
Autrement dit, l’applicabilité de la contraception dépend de l’interaction
entre le niveau d’information et le niveau de connaissance qui fait appel aussi
au niveau d’instruction. Sur ce, NAVAS se résume ainsi : « la
connaissance des moyens contraceptifs quelle qu’en soit la nature, est très
directement liée au niveau d’instruction, et (…) une connaissance plus poussée
des moyens contraceptifs conduit à une acceptation plus grande de la
contraception et l’acceptation conduit à une information plus grande »[192]. Par
conséquent, il faut sous-entendre la mise en jeu de la raison présentée
dans le chapitre second avec l’intervention de Raymond.
Tableau 17 : Grille des émissions axées sur
la promotion sanitaire à la première
chaîne
de la radio nationale
du Burundi
|
Jours et
heures |
Titres des
émissions |
Producteurs |
|
Lundi : 16h45-17h00
|
Ikiganiro
c’intungamagara (Magazine
santé) |
EPS |
|
Vendredi :
17h-17h30 |
Irondokarijanye
n’amagarameza (SR/PF) |
CPPF |
|
Samedi :
20h-20h 30 |
Tujijuke (Soyons
convaincus) |
Projet IEC |
Source : A. HAKIZIMANA, 2000, 21.
Figure 2 : Panneau publicitaire comme
sources d’information
Source :
Manuel PNSR, 2014 ,9
IV.2.3.
Connaissance des méthodes de régulation des naissances
IV.2.3.1. Degrés de connaissances diversifiés
Selon les résultats du terrain, nous avons classé les personnes enquêtées en
trois catégories selon leur niveau de connaissance.
Premièrement, les personnes qui possèdent une
connaissance inestimable des méthodes de régulation des naissances ; sans
aucune intervention, elles sont capables de citer des différentes méthodes sans
hésitation aucune en allant jusqu’ à six méthodes.
Deuxièmement, les personnes qui sont au courant
de quelques deux ou trois méthodes. Lorsqu’il s’agit de les énumérer, elles le
font avec confusion et la brillante allant jusqu’à trois par hâte.
Troisièmement les personnes qui ne sont pas à
mesure de citer aucune méthode. Leurs réponses étaient souvent : « uburyo
bwo kwamuganga » (pour dire les méthodes modernes ou artificielles),
« ni vyinshi twovuga nawe urabizi », traduction ; « il
y en a beaucoup, tu es au courant toi aussi».
En
plus, pas mal d’hommes, disaient que ce
sont les femmes qui sont plus disposées à savoir ces différentes méthodes. Donc
comme ce sont les femmes qui vont souvent au dispensaire soit pour leur
consultation prénatale, soit pour les soins de leurs enfants et y reçoivent
pareils renseignements. C’est ainsi que les femmes possèdent plus de connaissances
à la matière.
IV.2.3.2. Pourquoi ces différences ?
Cette situation peut être expliquée par un seul
facteur culturel : l’éducation
des enfants est sous le poids de la femme ; en cas d’une anomalie, une
conduite anormale, déviante, etc. de l’enfant, le sort revient à
la femme. Il en est de même pour le cas de régulation des naissances. La femme
doit être vigilante ; elle doit s’informer le plus possible. C’est ainsi
qu’elle doit répondre à son rôle en tant
que « vecteurs d'information entre les infirmiers et leur mari. »[193]
Ainsi,
les méthodes de régulation de naissances ou méthodes contraceptives les plus
connues à Bukeye sont : les pilules, l’injectable ou la piqûre, l’implant
sous-cutané et les préservatifs (voir tableau 13). Les méthodes naturelles sont
les méthodes les moins connues par rapport aux méthodes contraceptives modernes.
Pour cet effet, selon l’Enquête Démographique et de Santé 2016-2017, les méthodes
modernes sont plus pratiquées que mes naturelles : les méthodes modernes
sont utilisées à 23% tandis que les méthodes naturelles sont utilisées à 6%
chez les femmes de 15-49 ans en union[194]. Le
tableau ci-dessous fourni plus de précision :
Tableau 18 : Utilisation des méthodes de
planification familiale.
Pourcentage de
femmes de 15-49 ans en union qui utilisent :
|
Méthode contraceptive |
Pourcentage (%) |
|
Une méthode quelconque |
29 |
|
Une méthode moderne |
23 |
|
Une méthode traditionnelle |
6 |
|
Injectables |
12 |
|
Implants |
6 |
|
Retrait |
3 |
Source : Enquête
Démographique et de Santé 2016-2017. Rapport de synthèse, 2018, 5
Pour
notre cas, cette situation se justifie du fait que la plus part des agents
sanitaires ne se focalisent que sur les méthodes dites modernes lors des
différents moments réservés aux enseignements liés à la planification
familiale. Néanmoins, même les méthodes artificielles ne sont pas toutes
connues ce qui nous pousse à conclure que la population n’est pas assez informée,
du fait que l’applicabilité de la contraception suppose deux conditions: le
choix libre de la méthode et la connaissance parfaite de la méthode.
Ceci
constitue d’ailleurs l’une des trois lois de la contraception selon laquelle «la meilleure méthode c’est celle que la femme choisit en
connaissance de cause, en fonction de son mode de vie»[195].
En plus de quelques méthodes
énumérées précédemment et souvent enseignées au centre de santé, nous avons
constaté qu’il y a une série de méthodes artificielles qui ne sont pas connues
par la population. Non seulement la population, même les titulaires avec
lesquels nous nous sommes entretenus, se focalisent aux méthodes précédemment
citées. Le cas échéant, en dépit de leurs diversités, les méthodes naturelles
se résument en une seule méthode selon nos entretiens : uburyo kama traduit
méthodes naturelles. De par-là, nous tirons la conclusion que la
population de Bukeye n’est pas informée suffisamment.
IV.2.3.3. Le cas des méthodes moins connues
Les
méthodes modernes supposées moins connues sont les suivantes :
1.
Le diaphragme
vaginal : fonctionne comme le préservatif sauf qu’il est placé au fond du
vagin pour recueillir le sperme ;
2.
Le patch :
une très petite membrane contenant plusieurs formes d’œstrogène et de
progestérone ; fixé sur le bras, l’estomac, le ventre ou les fesses une
fois la semaine, elle libère une dose hormonale fixe qui bouleverse le cycle
ovarien de la femme. Elle est utilisée trois semaines de suite avec une reprise
la quatrième semaine ;
3.
Des pilules
différentes de celles dont la prise quotidienne est de 21 à 22 jours. Les
pilules connues d’ordinaires sont :
- la
pilule de la veille conçue pour bloquer la fécondation pendant 24 heures. Elle
est prise
trois heures avant l’acte sexuel.
- La pilule du
lendemain appelée aussi pilule d’urgence ou contraception post coïtale ;
est une solution chimique sous forme de comprimé. Elle est prise juste après un
rapport sexuel. Elle agit en retardant ou en empêchant les ovaires de libérer
un ovule qui pourrait être fécondé par un spermatozoïde.
- La pilule RU 486, fonctionne comme
la pilule du lendemain. Elle est conçue spécialement
pour l’avortement[196].
De même, les méthodes naturelles
aussi, non loin d’être une et la seule méthode. De leur côté aussi, « (…)
les méthodes naturelles d’espacement des naissances étaient parmi celles sur lesquelles
les couples avaient le droit d’être informés pour un plus grand choix
possible »[197].
Ces dernières ne doivent pas être « méprisées ou négligées»[198].
Leurs diversités doivent aussi entrer en ligne de compte telle que nous l’avons souligné dans les chapitres
précédents. Rappelons-nous que ces méthodes s’articulent sur deux
principes : l’auto observation
et l’abstinence. Elles sont jusqu’à maintenant au nombre de
huit : la méthode Ogino ou la méthode du calendrier, la méthode de
collier, la méthode thermique, la méthode Billings ou méthode de la glaire
cervicale, la méthode des deux jours, la méthode MAMA, la méthode
symptôme-thermique (MAO) et la méthode d’abstinence provisoire[199].
IV.2.4.
Différentes perceptions de la planification familiale
IV.2.4.1. Différentes considérations ou perceptions face à la
planification familiale
Différents
thèmes, considérations ou conceptions coïncident avec le sens concret attribué
à la planification familiale. Nous avons pu retenir quelques considérations au
cours de notre étude ce qui nous a montré que les gens de la commune Bukeye ne
comprennent pas de la même façon la planification familiale et son bien-fondé.
Donc l’ampleur de compréhension demeure une autre
problématique à part entière : espacer les naissances
(« gutandukanya imvyaro »), santé reproductive
(« irondoka rijanye n’amagara meza »), engendrer avec modération («
kuvyara kurugero »), engendrer à la limite des moyens qu’on a
(« kuvyara abo dushoboye kurera »), extinction de la famille
(« guhonya umuryango), etc. Au fond, on comprend donc qu’il y a là un jeu
de mots ou guerre de mots selon la compréhension ou la perception de l’un ou
l’autre. D’où, comme nous le verrons plus tard, une certaine contradiction
et/ou le facteur de compréhension contribuent au non succès du planning familial.
Il en est de même pour les cas de : engendrer avec
modération, engendrer à la limite des moyens qu’on a, des notions qui ne
mettent pas les gens au même pied d’égalité comme s’il y en a de ceux qui ne
sont pas concernés par cette actualité et ceux qui en sont victimes. En
d’autres termes comme le souligne HAKIZIMANA c’est comme si « les riches ont le droit d'avoir le
plus grand nombre d'enfants car, ils ont les moyens de les éduquer. Par contre,
les pauvres n'ont pas le droit d'en avoir plusieurs, faute de moyens pour les
nourrir, les soigner et préparer leur avenir»[200]. Le pouvoir :
pouvoir éduquer, pouvoir soigner, pouvoir nourrir ses enfants devient donc un
facteur fondamental. Or selon la mentalité socioculturelle, la première
richesse c’est « les enfants ». MANIRAKIZA conclut sa recherche en
ces mots : l’enfant devient quelque part une unité
supplémentaire pour accroître
la production familiale. Plus on a d’enfants, plus on a une grande main-d’œuvre
qui conjugue les efforts pour assurer la prospérité de la famille[201]. NAVAS
aborde la même idée au sens où l’enfant est « un héritier ».
Selon lui, la toute richesse pour l’homme sans héritier ne sert à rien
car : « l’homme avec descendance, même s’il est pauvre arrivera
toujours à se tirer d’affaire, il ne sera jamais accablé. Ses enfants
l’aideront. Le riche sans descendance travaille pour les autres»[202].
C’est
ainsi donc que certains préfèrent mettre leur confiance en la providence
divine plutôt que faire confiance aux différentes méthodes
contraceptives, avec la toute conviction que l’enfant n’aura jamais manqué de
quoi pour survivre, en cas d’incapacité de ses parents, il pourra se
débrouiller lui-même comme les autres ont pu se débrouiller. Bien entendu,
personne parmi nos enquêtés ne salut les conséquences d’une descendance
modérée.
En
unanimité, tout le monde est d’accord de l’idéale finalité du planning
familial soit pour sérénité des enfants, soit pour la mère, soit pour la
famille en général. Les controverses sont liées à l’applicabilité.
Toutefois,
il est difficile pour un couple ayant déjà connu plus d’un cas de décès
d’enfants, de faire confiance aux méthodes contraceptives avec l’idée intériorisée
liée à la stérilité ou le retard d’enfanter de nouveau causés par les effets
secondaires de l’une ou l’autre méthode. Mieux pour celui-ci, une ataraxie[203] et
puis, le respect de l’ordre biologique de la femme et assumer les enfants reçus
comme don précieux de Dieu et le trésor inestimable.
Toutes
ces différentes attitudes et différentes compréhensions, ne sont pas
inaperçues. Elles ont leurs places pour le succès ou le non succès du recours
et/ou l’applicabilité des méthodes contraceptives ou méthodes de régulation des
naissances ; la planification des naissances en générale.
IV.2.4.2. Conceptions et attitudes face à une femme admise aux
méthodes contraceptives
D’un
côté, cette pratique est jugée nécessaire ; pour celui qui a compris la
situation du moment avec toutes les contraintes socioéconomiques. Pour un
couple ayant compris, et opté pour la planification familiale, la bravoure est
à lui. L’entourage s’en fout. Certains de nos enquêtés se résumaient en ces mots qui reflètent
l’expression rundi : « Wugaye iwawe buba bukeye ». Ainsi pour
dire, que « chacun est responsable de lui-même et se contente de ses
affaires ». Autrement dit, anthropologiquement et sociologiquement
parlant, l’idéale-type vient au fond du sujet pour répondre aux exigences du
moment, afin de satisfaire à ses besoins. En matière de la planification
familiale, trois impératifs intermédiaires
(mise en évidence dans le chapitre deuxième : la modélisation) entre le
sujet et le choix obtenu : la sphère consciente du calcul rationnel de la
fécondité, le calcule coût-bénéfice de la fécondité compte tenu de
l’environnement socioéconomique et la disponibilité des mécanismes efficaces
mise en place[204].
C’est ainsi que pour certains, surtout la population semi-urbaine de Bukeye, la
pratique du planning familial est devenu un phénomène ordinaire qui ne
stigmatise personne comme tout dépend de la décision du sujet compte tenu de
son environnement socioéconomique ; disaient nos enquêtés. Une femme de 39
ans avec 18 ans de mariage en témoigne : « Twebwe ntagitangaza kirimwo
ngo kanaka ari kuburyo (…), mukibano babifata ibisanzwe », littéralement,
« Cette pratique est devenue ordinaire, il n’y a rien de scandale dans
l’entourage »[205]. Et
d’ajouter une femme de 30 ans avec 3 enfants, « Bamuvuga neza kuko bose
barabimenyereye » traduction ; « Il n’y a rien de scandale
puis que dans l’entourage, nous sommes habitués à ça »[206]. Cette
population peut être classée parmi ceux que KAZINA appelle « une
poignée d’intellectuels »[207] qui
commencent à comprendre le bien-fondé de la paternité-maternité responsable.
Nous constatons un parallélisme entre KAZINA et NAVAS selon lequel, pour les intellectuels ; « ça ne
vaut pas la peine d’avoir des enfants pour les rendre malheureux. C’est pourquoi
il faut en avoir peu qui se comporte convenablement plutôt qu’en avoir
beaucoup mal-nourris, mal vêtus et même
parfois désobéissant »[208].
De
l’autre côté, une femme admise à la contraception est taxée d’immoralité d’où certains préjugés:
1)
« intavyara »
(de la stérilité) ; l’unique chose que la culture burundaise ne tolère
jamais[209].
A son tours, DIBAKANA épouse cette conception en mettant en évidence l’idée
largement rependue selon laquelle les contraceptifs modernes peuvent
définitivement rendre son utilisateur stérile à long terme est souvent avancée
par les partenaires aux seins des couples indépendamment du type de famille
dont l’issu l’acteur ou de son niveau d’instruction[210].
2)
« imaraya »
(« de la prostitution »). Cet
avis est partagé avec VANDEWALLE d’après les résultats de son enquête à
Téré-serer au Sénégal ; disait-il : certaines méthodes contraceptives
sont considérées comme « méthodes des prostituées »[211]. Ainsi
donc pour AQUILA et GALBES : « la prostitution, non seulement n’a
pas disparu, ni semble devenir disparaître mais elle continue à augmenter notablement »[212]et
se propage de génération en génération à cause de la découverte des
contraceptives. Face à cette conception,
un couple de 4 enfants avec 10 ans de mariage s’est exprimé ainsi :
« Emwe, bamwe barayavuga, umukenyezi agiye kuburyo baca bavuga ngo ni
imaraya ashaka kuja mubandi bagabo kuko abaziko atazotwara imbanyi. Nukuri bivugira
ivyo bashaka (…) », littéralement, « certains disent beaucoup, une femme sous traitement de la
contraception est accusée de la prostitution ou d’infidélité pour la simple
raison qu’elle est sûre de ne pas tomber
enceinte. Vraiment des propos sont de plusieurs genres»[213].
3)
« déviant »,
« pécheur public » ; ce qui occasionne par conséquent
la « mise à l’écart » : c’est-à-dire que le présumé
n’est autorisé à aucun sacrement ni pour lui-même, ni pour ses enfants. Avec
une mauvaise humeur, un homme (taxi-vélo) de 5 enfants osait dire que dans
leurs homélies, les prêtres les accusent d’ « assassin », « meurtrier» et « porteur
des cimetières internes/ intra cimetières». Il disait dans ces
expressions : « Mw’isengero patiri yigisha ngo uwagiye kuburyo ni umwicanyi, agendana imva/akaburi mu nda, (…)»[214]. Même
constant observé dans nos entretiens avec les titulaires des centres de
santé : ils soulignent que les croyances et/ou convictions religieuses
sont à l’origine de certaines perceptions. Un titulaire de centre de santé
s’est exprimé ainsi : « quelques fois nos patientes le font en
cachète, car elles ont peur des responsables des communautés de base
[inshingwamuryango]. Certainement, certaines arrêtent la contraception par peur
d’être disqualifié à l’église »[215].
De sa part, l’église catholique
s’exprime face à cette culture contraceptive : « elle
[Eglise] s’y oppose d’autant plus que la vision anthropologique qui la
sous-tend est biaisée (…) ne respecte ni
la vérité morale ni la personne ni la nature (…) fait de l’homme le
tout-puissant, le grand métronome qui peut faire tout ce qu’il veut (…) ,
traite l’humain comme un objet à manipuler et non comme un sujet à respecter »[216].
Trois grandes raisons sont soutenues
par la même institution pour rendre autonome cette affirmation comme le
souligne AKOHA:
1)
Elles
n’assurent pas la culture de la vie : l’adoption d’une connotation
négative de l’enfant et le caractère contragestive qui constitue une
condamnation mortelle pour les enfants à naître.
« La culture contraceptive tend à
voire les enfants comme un fardeau à éviter plutôt qu’un don à accueillir,
comme un obstacle à l’aisance matérielle plutôt qu’une contribution à la
richesse familiale, comme une ponction sur les ressources du monde plutôt qu’un
bénéfice pour la société »[217].
2)
Elles
n’assurent pas la santé des mères : contrairement à la suppose finalité
des méthodes artificielles de la santé des mères, cette pratique rend les
femmes à être objet de plaisir.
3)
Elles
n’assurent pas l’avenir d’une société : la société tend finalement au
vieillissement car décider de ne pas faire ou réduire des enfants c’est se
condamner au vieillissement. La culture contraceptive est en fin de compte une culture qui ne garantit
pas l’avenir social parce que « homicide »[218] .
Pour appuyer cette idée, lors de sa visite apostolique
au Burundi, le Pape Jean Paul II, avait
souligné le rapport entre le contrôle des naissances et la morale.
Ainsi pour le saint Père, « le problème du contrôle des naissances est
avant tout un problème d’ordre moral et non pas d’ordre démographique ou économique »[219]. La
responsabilité revient aux parents : il leur appartient de vivre une
paternité responsable et généreuse, d’accueillir les enfants qu’ils désirent et
qu’ils pensent pouvoir élever. Cela suppose un grand respect des époux l’un
vers l’autre, une maîtrise de leur vie intime, un amour qui garde une constante
estime de la femme dans sa capacité d’être mère. C’est pourquoi la maîtrise de
la fécondité doit rester profondément humaine[220].
Au cours de son Homélie à Songa (1990), le Saint Père signalait
le rôle limité de l’Etat : celui de faciliter aux familles l’accès à une
information appropriée, de définir et appliquer une politique sociale favorable
à la famille.
A cet effet,
AKOHA établit un parallélisme entre les raisons mises en place par le magistère
avec d’autres émises par différents personnalités :
1)
Théodore
Roosevelt ancien président des Etats-Unis : « la
contraception est le seul péché pour lequel la
sentence est morte de la nation»[221] .
2)
Sigmund
Freud : « l’abandon de la reproduction est une caractéristique
commune à toutes les perversions, en ce sens
qu’il finit par la réalisation du plaisir comme le seul objectif »[222] .
3)
Gandhi :
« les méthodes contraceptives constituent une récompense au vice. Si
elles sont maintenues comme telles, il n’en résulterait
rien d’autre que la dégradation morale»[223].
En plus, les églises d’inspiration pentecôtistes
dites « église de réveil » proclament hostile,
méfiante, manque de foi, offense à Dieu la
pratique de la contraception moderne: la prière et le respect de la parole de
Dieu suffisent. En effet, « ses églises véhiculent l’idée selon
laquelle le recours à tout moyen ayant pour but d’éviter une grossesse
constitue un péché grave devant Dieu, et comme c’est Lui qui donne
les enfants, Il peut décider de ne plus vous en donner, de vous rendre stérile »[224].
Toutefois,
nous avons constaté que la pratique de la planification familiale reste confidentielle
et se fait discrètement pour garantir la sérénité sociale. Pour ce fait,
l’un ou l’autre préfère prendre un long chemin pour aller se faire une
consultation médicale loin de chez soi.
IV.2.4.3. La nécessité de la planification familiale
Trois
réponses émanent de nos entretiens sur la question qui évalue la nécessité de
la planification familiale : « elle est nécessaire »,
« elle n’est pas nécessaire au même niveau » et « je n’en sais
rien ». Toutefois, les réponses
favorables se croisent sur les notions suivantes: la santé de la mère et de
l’enfant, une meilleure croissance de ses aînés, pourvoir aux besoins
nécessaire, le développement économique de la famille, la bonne gestion du
patrimoine familiale, l’équilibre familial, etc. Pour cet effet, MIBURO
spécialiste en matière de planification concorde avec ces différents avis.
L’avis fondé de MIBURO est paraphrasé ainsi : bien
évidement, la planification familiale permet d’aider les individus dans
l’ensemble en matière de santé reproductive ayant pour finalité de sauver des
vies humaines, d’éviter des grossesses non désirées, etc. dans l’unique
objectif d’améliorer le bien-être familial, voire de toute la société.
Plusieurs sujets en sont bénéficières entre autre la mère, l’enfant, l’homme, la famille, le pays et l’ensemble des communautés[225].
En effet, la nécessité et l’urgence
mettent en évidence « la survie
des enfants, leur santé et leur croissance, la survie, la santé et la capacité
d’engendrer pour des femmes enceintes, le bien-être des familles en
général »[226] sans
oublier les bienfaits de la communauté et la société entière pour un
développement durable.
D’un côté, selon une étude menée en
Colombie, en Egypte, au Pakistan, et en Syrie, les résultats concordent sur le
fait que les complications à la maternité augmentent suivant le nombre d’âges
et de grossesses. La proportion des grossesses qui se sont terminées par des
mort-nés et par des avortements (échecs de grossesses) tendait à augmenter avec
l’âge de la femme enceinte et le nombre croissant de grossesses. Si ce n’est
pas le cas et que la femme finit par s’en sortir, mais dans l’état de courts
intervalles entre les naissances, intervient momentanément la malnutrition[227].
Selon la même source, lorsque l’intervalle entre les naissances des deux
enfants est très court, ce n’est pas seulement le plus jeune qui court des
risques. La survie ou la santé de son aîné est aussi en danger. Par conséquent,
le Kwashiorkor est aussi l’un des problèmes remarquables qui entre en jeux. Il
est aussi confirmé que les enfants souffrant de malnutrition sont victimes de
plusieurs maladies : la rougeole, infections, diarrhée, etc.[228]
De l’autre côté, l’intervalle entre
les enfants issus d’une même mère est aussi l’un des facteurs influençant le développement
intellectuel de l’enfant. D’où il est d’une grande importance que
l’espacement des naissances octroie à l’enfant un temps suffisant de goûter au
lait maternel fort contribuable pour la croissance de l’enfant, voire son
développement intellectuel: l’allaitement pour l’enfant et une nourriture bien
équilibrée contribuent au développement intellectuel de l’enfant. Différentes
émissions radios diffusées émettant sur le sol burundais y insistent avec la
finalité d’encourager à cet effet[229].
En outre, la planification
familiale vise l’amélioration des conditions de vie de la mère. Elle
diminue d’une part, des risques des morts maternelles, des
avortements et octroie d’autre part aux femmes, les possibilités de vaquer à
d’autres activités. Autrement dit, la femme trouve accès au développement
socio-économique étant en bonne santé.[230] Son corps se repose et se rétablit. Cet aspect est repris par nos
enquêtés comme le montre les extrait ci-après : « (…) umuvyeyi araronka
amagara meza kandi araruhuka », « (…) kugira nduhuke n’abana bakure neza »,
« umwana akurikiwe akuze niho umuvyeyi amererwa neza mu buzima ».
Littéralement traduit, « la planification familiale garantie pour la
mère la bonne santé, le rétablissement de son corps et la possibilité de vaquer
aux différentes tâches et activités quotidiennes »[231].
De plus, nous pouvons énumérer
quatre points spécifiques montrant les avantages de la planification familiale
pour le couple (la famille en générale). En commençant par la vie intime du
couple : l’amour conjugal pour terminer avec le devoir par
excellence : l’éducation des enfants. Bien évidemment, l’homme et
la femme peuvent avoir des rapports sexuels plus détendus
lorsqu’ils sont sûrs que l’acte conjugal ne mènera pas à une grossesse
survenant à un moment inopportun. En outre, grâce à l’adoption et l’intégration
de la planification familiale, le couple opte pour retarder et espacer les
naissances à volonté suivant son idéal type. Celui-ci multiplie les
chances d’un avenir certain et non d’un avenir précaire. De plus, si la
planification familiale mène à établir une meilleure sécurité de la
famille entière et d’une base économique sûre, il est fort possible
d’observer chez le couple un « sens accru du respect de soi »[232],
puisqu’il se sentira capable de donner à ses enfants le type d’éducation
et d’environnement qu’il désire (maison,
nourriture, vêtement, loisir). Enfin, si le couple donne à ses enfants
un exemple positif dans la manière dont on espace les naissances, et s’il prend
le temps de leur expliquer le bien-fondé de la planification familiale dans
leur vie, il est très probable que les enfants eux-mêmes planifieront leur vie
en suivant l’exemple observé en famille.
Néanmoins,
comme nous l’avons signalé, deux autres considérations sont aussi enregistrées
sur la même question concernant la nécessité de la planification familiale.
L’une voit cette nécessité de façon relative car la limitation des naissances
est proportionnellement relative compte tenu des moyens qu’on a. L’autre
préfère se réserver et se résumer soit en absence de réponse, soit en :
«je n’en sais rien ». Ces considérations sont relatives aux différentes
conceptions de la planification familiale. Une femme de 30 ans s’exprimait
ainsi : « Kuberako abantu batanganya uburyo, nico gituma bitaraba
bose » traduit « les individus/les familles ne
s’équivalent pas économiquement raison pour laquelle la planification familiale
ne concerne pas tout le monde au même niveau »[235]. D’où,
« l’attitude de catégorisation des couches sociales »[236]
qui habite les barundi selon NAVAS.
Pratiquement, différentes institutions sont
disponibles à Bukeye pour la promotion
du planning familial. Les patients ayant envie d’y adhérer sont accompagnés.
La demande est assurée soit par les centres
de santé, qui sont les plus préférés pour la majorité, soit par les agents
communautaires (abaremeshakiyago) qui travaillent en synergie avec les centres
de santé en cas de nécessité, repartis depuis les sous-collines soit par l’Eglise
catholique à travers l’apostolat des laïcs ayant ses attributions.
Pour cette dernière, l’accompagnement suit
deux conditions irréprochables : l’accord du couple (présence physique des
deux sujets) et une formation régulière de six mois.
IV.2.5.
Pratique de la planification familiale
La
présente partie du chapitre nous fait entrer dans la praticabilité de la
planification familiale. Elle va nous renseigner d’abord de l’état actuel de la
pratique de la planification familiale, bien entendu au moment de l’enquête.
Ceci va nous permettre de déceler les
méthodes les plus préférées dans l’ensemble des méthodes existantes jusqu’à
l’heure actuelle, ainsi que les effets secondaires liés à la pratique des
différentes méthodes. Ensuite, nous allons passer en revue différentes causes
occasionnant le non succès de la planification familiale et l’abandon de
celle-ci. Enfin nous terminerons cette partie sur les différentes plaintes et
suggestions que présente la population de la commune Bukeye.
Avant
tout, il nous faut d’abord souligner la particularité de cette troisième
partie par rapport aux parties précédentes. Nous avons constaté que cette
partie était moins répondue. Presque la moitié des questions n’a pas été
répondue. Il était facile de répondre toutes les questions de façon générale
lorsqu’on parlait de la planification familiale en général. Difficile était
pour l’enquêté de parler de soi et particulièrement de sa position sur la
pratique en soi. Donc nous avons
enregistré des temps morts au cours de l’entretien qui finiront par le
silence absolu face à une ou autre question. Par conséquent, une ou plus
d’une question est enfin ignorée par nos enquêtés. Cette situation est
expliquée par le fait que, dans la culture
africaine en général, la nôtre en particulier, le phénomène de la sexualité a
été et est toujours un phénomène tabou. Difficile est d’en parler
ouvertement. Pour notre cas, nous imaginons, l’une des causes de se réserver à
des questions pareilles, nos enquêtés se croyaient peut-être dévoiler ce qui ne
devrait pas être dévoilé. Parler de la sexualité et/ou son expérience en
dehors du couple, les défis y relatifs, c’est une anomalie qui risque même de
briser les liens du couple, l’expression rundi expliquant ce phénomène se
résume ainsi : « kwiha amenyo y’abatwenzi », qui peut se
traduire « se faire la risée du
public ».
IV.2.5.1. Etat actuel de
la pratique du planning familial
Plus de la
moitié de nos enquêtés nous a avoué avoir adopté la planification familiale, et
quelques méthodes. Ceci nous a fait constater une mutation et un nouveau regard
face à la progéniture et/ou la fécondité. Jadis, avoir jusqu’à nième enfant
constituait pour le père, « un motif de fierté, la
preuve de sa virilité, de fierté »[237]. De
même pour la femme, l’expression de la normalité et du bon
fonctionnement du corps, symbole de complétude, de puissance et de créativité,
facteurs d’accomplissement personnel, familial et social, signe de maturité psychosexuelle, manière de
réaliser sa féminité et de garantir son identité[238].
Bref, le phénomène de procréation était indépendant de soi. Ceux
qui n’ont pas encore opté pour la
planification familiale se divisent en partie : les jeunes mariés ayant
deux enfants au plus et ceux qui ont déjà subi les effets secondaires issus des
méthodes contraceptives. Ces derniers ont par après décider de laisser tomber
et faire confiance au rythme normal. Pour la première catégorie, la
justification est simple comme nous l’avons déjà dit précédemment, le couple
commence à penser à la régulation des naissances quand il est au-delà de deux
enfants.
Toutefois,
les différentes méthodes, ne sont pas préférées au même niveau. La piqûre
trimestrielle est la méthode la plus préférée par la majorité. Nous avons
constaté un grand nombre des personnes qui s’autoproclament être sous
traitement d’une méthode contraceptive. Cependant, elles préfèrent ne pas dire
la méthode en cours d’utilisation. Ceci pour garder le secret du couple.
Comme dit précédemment, c’est un phénomène tabou qu’on ne peut pas dire
n’importe où et à n’importe qui. Aussi peut-être par peur d’être stigmatisé.
La
piqûre est la plus préférée des autres méthodes parce que, après
l’injection, la femme n’aura plus d’autres soucis, elle est tranquille en toute
sécurité jusqu’au trimestre suivant. Elle vaque à toutes ses activités
librement sans se soucier de la prise quotidienne comme c’est le cas des
pilules. En outre, des sources diverses constatent que l’injectable est la
méthode la plus préférée et la plus pratiquée au Burundi. Selon RIRANGIRA
(1997), dans les centres de santé, soit urbain, soit semi-urbain ou rural,
la méthode injectable est « utilisée par plus de 70% des femmes.
(…) Ceci serait dû au fait que même pour les autres médicaments, la
mentalité burundaise croit que injection = efficacité»[239].
En
outre, selon HAKIZIMANA, « cette attitude fait partie des croyances
populaires selon lesquelles les injections sont plus efficaces que les
comprimés»[240].
De plus, les
statistiques de l’année 2006 montrent que la piqûre est la méthode
contraceptive la plus utilisée. Selon la PNSR (2006), « l’utilisation
du stérilet est passée de 1343 pour 2005 à 1838 pour 2006 tandis que l’utilisation de la méthode injectable est
passée de 107 770 pour 2005 à 180 650 pour 2006»[241]
.
Outre la piqûre trimestriel (l’injectable), la
pilule vient en second lieu et enfin de compte, le dernier niveau est occupé
par l’implant sous-cutané. Ceci pour la simple raison que plusieurs ont peur
d’une opération chirurgicale, même la plus petite possible. Le préservatif
n’a pas été évoqué pour plusieurs raisons : il n’est pas à la mode pour
les couples et ne favorise plus l’acte conjugal. Pour cet effet, MASAMBA Hardos
arrive à affirmer que l’usage du préservatif est « impropre »
aux relations sexuelles, celui-ci vient d’ailleurs pour « gâcher »
la qualité des rapports sexuels[242].
Pour d’autres, « le plaisir sexuel n’est possible que lorsque la
relation sexuelle s’effectue «naturellement », « comme au bon
vieux temps»[243]
.
En fin de compte, l’adhésion au processus de
planification familial demeure un acte volontaire. L’initiative vient du sujet
lui-même malgré les sources multiples. Comme disait ci-haut, les sources
d’information n’ont qu’à assurer l’auto-information et l’auto-apprentissage
qui devraient précéder la prise d’une décision ou l’engagement total. Le motif
et le but poursuivis c’est l’équilibre familial comme nous ont avoué nos
enquêtés.
IV.2.5.2. Obstacles, résistances et raisons d’abandons de la
planification familiale
Selon le rapport de la PNSR quelques défis sont à
relever pour parler des obstacles et
résistances remarquables de la planification familiale: l’existence des
barrières socioculturelles et religieuses face à la planification familiale, la
faible implication des hommes dans la prise de décision en faveur de la
planification familiale, la faible implication des décideurs et des leaders
d’opinion réticence politique, le faible taux d’alphabétisation
particulièrement chez les femmes, la persistance des rumeurs liées aux
différentes méthodes de planification familiale, l’insuffisance de la
sensibilisation et de la mobilisation sociale en faveur de la planification
familiale, l’insuffisance d’outils de communication pour la promotion de la
planification familiale et la faible qualité des services de planification
familiale dans les structures de soins de santé[244]. Le
dernier constat avait été soulevé les années antérieures en ses termes : « manque
de prestataires suffisants pour satisfaire la demande »[245].
Certes, sur plus de 577 centres de santé (niveau national), seuls 240 centres
de santé offrent les services de planification familiale ; soit pour la
province Muramvya 12/18 centres de santé offrant des services de planification
familiale avec 10/14 prestataires nécessaires soit un taux de 58.3% le
reste étant constitués des centres de santé agréés (appartenant aux confessions
religieuses) et privés qui ne s’intéressent pas aux activités de planification
familiale. Au moins dans les conditions normales, chaque centre de santé devrait disposer deux prestataires[246].
HAKIZIMANA conclut sa recherche en
regroupant en quatre catégories toutes les
raison d’abandon de la contraception expliquant la méfiance de la
population face à la planification familiale. Premièrement, les raisons liées
aux caractéristiques individuelles de la femme : il s’agit du désir de
grossesse, l’ingérence des effets secondaires issus des produits contraceptifs,
le non consentement du conjoint, le manque de nécessité d’utiliser ces méthodes
en cas d’absence du conjoint, ou par malheur en cas de divorce ou de la mort du
conjoint. Deuxièmement, les raisons socioculturelles dont les rumeurs, les
situations politiques défavorables en cas de guerre, les valeurs culturelles et
la tradition. Troisièmement, les raisons de santé : absence d’examen
clinique avant la prescription de la méthode, l’insuffisance d’instruction sur
le choix de méthodes optées pour, une
longue durée, distance à parcourir pour arriver au centre de santé, la non
disponibilité du personnel à laquelle on ajoute un personnel incompétent ainsi
qu’une longue file d’attente au centre de santé. Et enfin la quatrième
catégorie constitue plusieurs autres raisons comme l’oubli de la date d’un rendez-vous, puis la maladie de la patiente ou
de son enfant, le manque de temps à cause de multiples occupations ménagères
réservées uniquement à la femme[247].
En fin de compte, notre terrain n’est pas loin de
cette réalité. Quelques raisons d’abandons des méthodes contraceptives sont
aussi relevées par pas mal de nos enquêtés. Passons en revue quelques-unes
soulignées et la manière dont s’exprimaient nos enquêtés.
a.
L’inefficacité
Cinq femmes sur quarante et un rencontrées (12.2%) nous ont avoué avoir une ou plusieurs
grossesses involontaires alors qu’elles croyaient être sous traitement des
méthodes contraceptives. Les autres disaient ne pas subir elles-mêmes cet
effet, mais quand même avoir assisté à des cas pareils dans l’entourage ou
parenté. Une femme de 5 enfants fait allusion à une grande surprise. « Huuuu!
Urazi gusama imbanyi waruziko uriku buryo. Nukuri burasendwa : duca tubonako
atakamaro kiretse kwikwegera indwara ». Litéralement traduit : «Huuuu!
C’est étonnant, une grande surprise de tomber enceinte alors qu’on ne s’attend
pas, vraiment les méthodes sont inefficaces : nous comprenons que ça n’a
rien d’importance sauf que notre santé soit assujettie à des maladies
chroniques »[248].
Cependant, il
arrive que le sujet soit lui-même à l’origine de cette situation. A travers nos
enquêtés, nous avons pu retenir quelques comportements des utilisateurs, qui
par conséquent pourraient contribuer ou causer l’inefficacité de la
contraception. Entre autre nous pouvons citer :
1) La
mégarde ou l’ignorance du sujet : le sujet doit savoir où commencent et où
se terminent les conditions requises ;
2) Variabilité
du cycle féminin : pour les femmes (irrégulières) qui ne sont pas à mesure
de maîtriser la variabilité de leur cycle;
3) Non
observance des conditions requises pour la prise des pilules par exemple ;
4) Le
report personnel du rendez-vous pour la reprise de la méthode : par
exemple, l’injection est prise une fois les trois mois, c’est-à-dire qu’après
ce délai, le sujet doit répondre
immédiatement au rendez-vous suivant. Aussi, les titulaires des centres de
santé nous rappellent que toute méthode commence avec le début des règles
menstruelles. Ainsi la femme doit respecter toutes ces injonctions ce qui n’est
pas facile suite à des nombreuses occupations, voire même la négligence ou
l’ignorance ;
5) Adhérer
à la contraception alors qu’on a conçu sans le savoir : dans ce cas, la
femme crochera la sonnette que la méthode n’a jamais été efficace alors que la
conception avait précédé l’adhésion ;
6) Le
découragement et connaissance populaire que concevoir = projet de Dieu :
la providence divine.
b.
Conviction religieuse
Compte tenu des croyances et convictions
religieuses, le planning familial est à l’encontre du projet de Dieu. La
croyance populaire considère que méthode contraceptive égale un péché, ce qui freine
la promotion de la planification familiale, nous a confié le titulaire de
centre de santé. Autrement dit, « les
patientes ont peur des responsables des communautés de base
[inshingwamuryango]. Certainement, certaines arrêtent la contraception peur
d’être disqualifié à l’église »[249]. Ajoute
le titulaire α.
c.
Le non-respect du choix du sujet
Les responsables
des centres de santé nous ont confié que d’abord précède une consultation ayant
pour finalité de balancer l’état de santé de la patiente pour enfin équilibrer
les probabilités des effets secondaires. Donc il arrive qu’une patiente vienne
avec l’idée sur la méthode qui a été efficace pour sa voisine. Avec cette idée elle
ne veut que cette méthode. Par malheur, l’infirmier ne juge pas bon pour
celle-ci à cause de son état de santé. Difficile est de la détourner de cette
mentalité, pour la prochaine, elle préfère tout abandonner.
Une femme de 32
ans s’exprime ainsi à propos :
« Ico tubasaba
sico baduha, baduhatira k’uburyo tudashaka, duca duhitamwo kubiheba ».
« On nous impose et on ne respecte pas nos
choix, raison pour laquelle nous préférons tout abandonner»[250].
d. Opposition du conjoint et le désir de l’enfant
Lorsque le lien entre les conjoints est moins fort,
constitue un désaccord sur le projet de la planification familiale. Compte tenu
de son autorité, souvent l’homme s’y oppose et cela pour plusieurs raisons.
L’une mérite une attention
particulière : l’infidélité, car il sera difficile de contrôler la femme dans cette situation d’infertilité.
C’est sur cette raison que fondent les acceptions de FATOUMATA, FERNAND et
Marc-Éric contre la contraception moderne. Pour eux : « La
planification familiale ou l'utilisation des contraceptifs modernes est parfois
perçue par les hommes comme un encouragement à l'infidélité des femmes (…)
Ils[Les hommes] disent que lorsque les femmes prennent les contraceptifs, elles
peuvent aller avec n'importe quel homme. On ne peut plus les contrôler»[251] .
Un autre motif du désaccord apparaît lorsque l’homme a toujours
envie de l’enfant (l’opposition est aussi possible). Dans ce cas, même si la
femme insiste, l’autorité gagne sa place. Le cas est pareil à celui de cette
femme de trente ans qui s’exprimaient ainsi :
« ariko haraho ugenda kuburyo umugabo agaca aguta nk’akanuka »,
la femme change de visage et continue ; « mbere jewe sinzosubirayo» [252]. Cette expression incarne l’idée centrale que
la femme peut être répudiée en secret. Face à cette situation, nous
avons compris que la femme a une nostalgie qui la dépasse.
e.
Rumeurs
Les
messages qui véhiculent l’idée que les méthodes contraceptives peuvent
occasionner des maladies incurables, des couche-compliquées, des mort-nés, des
malformations des nouveaux nés, etc. sont à l’origine du non succès de la
planification familiale, réitèrent les titulaires des centres de santé.
f.
Emplacement géographique des infrastructures sanitaires très éloigné
Comme
nous l’avons bien souligné, certains préfèrent aller loin de chez eux par peur
d’être visés. Ceci peut être aussi une des raisons d’abandon car la femme a des
difficultés de répondre régulièrement aux rendez-vous fixés parce qu’à cause de
grandes distances et par manque de moyen de déplacement, elle est condamnée à
reporter des rendez-vous et cela a un
impact sur l’efficacité de la méthode.
g.
Effets secondaires
« Les
effets secondaires sont une réalité. Même le paracétamol à ses effets
secondaires ; ainsi pour dire, il en est de même pour les méthodes
contraceptives. Seulement les effets varient en fonction de l’organisme de l’un
et de l’autre »[253],
nous a confié un des titulaires des centres de santé. Nos enquêtés nous ont
fait relever une série d’effets subis personnellement ou constatés chez les
voisins. Les plus cités sont la stérilité, le mal au don, maux de ventre,
saignement, prise de poids, faiblesse, dépression gonflement de l’utérus,
cancer de l’utérus, etc.
Le
même avis est partagé par un médecin burundais de KIRA HOSPITAL en expliquant
les risques de la pilule. Il dit ainsi : « une utilisatrice des
pilules dans une période au-delà de 10 ans a beaucoup de risque d’attraper le
cancer des seins » [254].
Dans son œuvre,
Pilule. La vérité sur la contraception chimique (1988), Ellen Grand inventorie les méfaits de la contraception dont en voici
un tableau synthétique ci-après.
Tableau 19 : Les effets de la
contraception
|
METHODES
CONTRACEPTIVES |
|||||
|
EFFETS
SECONDAIRES |
Pilule |
Stérilet |
Spermicide |
Préservatif |
|
Obésité, diabète,
maladie de cœur, anorexie ou boulimie, perte de poids, cancer, perte de
libido, déséquilibre minérale et vitaminique, stérilité, avortement
prématuré, anomalie du nouveau-né |
Infection, anémie,
complication et fausse couche, grossesse ectopique extra-utérine,
malformation, mort-né, maladie du col de l’utérus |
Allergie vaginale,
|
Déchirures,
Grossesse imprévue Insatisfaction
sexuelle
|
|
|
Adultère,
fornication, infidélité dans le couple, perte de culture et mœurs. perte de
l’humanité, polygamie, gaspillage du patrimoine familial, éducation des
enfants, dévalorisation de la famille et son rôle inhérent à la sexualité
chez les jeunes…
|
||||
Source : L’auteur. Une synthèse réalisée à
travers la lecture de l’ouvrage d’E. GRAND, 1988
Compte
tenu de notre recherche, nous pouvons constater que la contraception a des
avantages d’une part et des inconvénients de l’autre part. Bien entendu, comme le souligne WINCKLER « il ne faut pas
donc rejeter aucune méthodes, mais au contraire bien les connaître toutes »[255].
Autrement dit la mise en exercice de la raison afin de choisir telle ou
telle autre méthode en connaissance de cause ; d’où la nécessité d’avoir
une information suffisante sur la contraception.
De
son côté, le magistère réitère et souligne le plus grand malheur des méthodes
artificielles. Celles-ci dénaturent la totalité de la personne humaine (le
physique et le spirituel) qui s’adonne à ses outils mécaniques, ce qui, par
conséquent affectera la communauté toute entière. Ainsi dit-il :
Dans le cas concret des méthodes artificielles de
planification, c’est non seulement l’âme de l’homme qui est en question, mais aussi sa santé
physique, psychologique et morale. Pire encore, c’est la vie de l’enfant à naitre qui est en péril.
C’est ici que l’Eglise a l’impérieux devoir de tirer la sonnette d’alarme pour
que la vie de tout être vivant soit
sauvegardée dans son intégrité (…). L’Eglise ne s’oppose pas à la
planification artificielle des
naissances parce qu’elle est artificielle. Elle s’y oppose parce qu’elle est
contraceptive, c’est-à-dire fermée à la vie et même bien des fois destructrice
des vies entières[256].
En outre, cette institution, à travers son message
sur les familles l’encyclique Humanae vitae ne manque pas de
souligner des effets néfastes liés à la contraception :
1) Une
voie large et facile à l’infidélité conjugale et à l’abaissement générale à la
moralité ;
2)
L’instrumentalisation de la femme :
l’homme en s’habituant à l’usage de la pratique anticonceptionnelle finit par
perdre le respect de la femme, sans plus se soucier de l’équilibre physique et
psychologique de celle-ci, il en vient à la considérer comme un simple
instrument de jouissance égoïste, et non plus comme sa compagne respectée et
aimée ;
3)
La fuite devant les difficultés ou
manque de maturité face aux problèmes : en voulant fuir les difficultés
individuelles, familiales ou sociales que l’on rencontre dans l’observation de
la loi divine, les individus en arriveraient à laisser à la merci de
l’intervention des autorités publiques le secteur le plus personnel et le plus
réservé de l’intimité conjugal[257].
Que
pouvons-nous donc retenir ? Il nous faut souligner
d’abord que chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients. La raison
humaine doit intervenir pour balancer afin d’opter pour un choix libre à la
méthode convenable. Ensuite, en épousant l’idée de John GUILEBAUD, il faut avoir conscience
qu’aucune méthode n’est efficace à part entière. Aucune ne répond à l’idéal de
la contraception c’est-à-dire ne répond à toutes les conditions idéales de la
contraception.
Le
spécialiste GUILEBAUD constate que toutes
les méthodes contraceptives remplissent un ou plusieurs de ces critères. Dans
son livre The Pill, John GUILEBAUD spécialiste mondialement reconnu de
la contraception, énumère les critères de la méthode contraceptive
« idéale » :
1)
Elle devrait
être relativement bon marché, facile d’accès, utilisable par le plus grand
nombre, sans devoir recourir à un médecin: préservatif, coït interrompu,
méthode d’abstinence basée sur le cycle féminin,
2)
Ce devrait être
une méthode utilisable par les femmes qui sont les premières concernées :
elles doivent pouvoir contrôler leur fécondité sans dépendre du bon vouloir des
hommes,
3)
Elle devrait
être à 100% efficace sans que l’utilisatrice ait besoin d’intervenir : à
l’heure actuelle, deux méthodes répondent à cette définition à commencer par le
stérilet ;
4)
Son utilisation
devrait être entièrement réversible. Autrement dit, le retour à la fertilité
doit être total et immédiate dès l’arrêt de la contraception. Est exclue par
cette définition les méthodes chirurgicales ;
5)
Elle devrait
être dénuée de tout effet indésirable, dangereux ou bénin ;
6)
Elle devrait
avoir des avantages observables : bénéfique en plus d’être
contraceptifs ;
7)
Elle devrait
être acceptée par toutes les religions et toutes les cultures.[258]
CONCLUSON
GENERALE
Dans la présente recherche, nous avons tenté de déceler et de
comprendre différentes perceptions que les populations attribuent à la
planification familiale et ses multiples méthodes. Ainsi, pour bien renforcer
notre recherche, nous sommes partis d’une question centrale pouvant nous aider
à recueillir des éléments susceptibles pour pouvoir bien comprendre ces
différentes conceptions. Notre question de fond était de savoir la connaissance
de la population sur la contraception. Autrement dit, il était question de
savoir si les populations sont suffisamment informées sur la planification
familiale et quelles perceptions elles ont des méthodes de la
planification familiale.
L’objectif de la présente recherche était : comprendre comment
la population perçoit la planification familiale et les mécanismes mis en œuvre
pour y réussir, mettre en considération
les effets des méthodes contraceptive et évaluer le niveau de connaissance et
de pratique en matière de planning familial.
L’individualisme méthodologique, a été préféré comme théorie de
référence et nous nous sommes permis d’être à la remorque de celle-ci pour une
raison toute simple : ladite théorie justifie de façon rationnelle le
choix de l’acteur face à un phénomène quelconque. Autrement dit, c’est le sujet
lui-même qui donne sens à son action en connaissance de cause. Des théories
complémentaires entre autre la rationalisation de la vie, la
médicalisation de la procréation, l’approche anthropologique et socioculturelle
de la planification familiale ainsi que la modélisation sont mises en exergue
pour la bonne compréhension et l’applicabilité de la théorie de référence.
Compte tenu de notre hypothèse, nous croyons que la contraception
semble être connue par la population, mais celle-ci ignore bien certaines
pratiques et réalités. Au cours de notre travail, nous avons entrepris une
recherche de type qualitative en nous servant de l’entretien semi-directif
comme outils de collecte de données suivant la technique de l’interview. Le
recueil des informations a été effectué principalement auprès des personnes
sexuellement actives. Dans le but de respecter des principes de saturation et
de diversification des informations,
nous avons opté pour les gens de coins différents dans chaque catégorie selon
notre échantillon. Le traitement, l’analyse et l’interprétation des résultats
nous ont conduits à la vérification de notre hypothèse. Ainsi donc nous avons constaté que
les facteurs socioculturelles (les mœurs, les coutumes, la tradition, contexte
socioculturelle, etc.) entrent en jeu pour la promotion d’une loi de limitation
des naissances.
En outre, nous avons aussi constaté chez nos interlocuteurs, un
niveau d’information inefficace (faible). Le cas échéant, l’information même
s’il y en a, elle floue et vague. Ainsi, nous n’avons trouvé aucun cas, aucun
couple qui s’autoproclame bien-informé. C’est sur des informations hâtives à
base desquelles ont évalué le niveau d’information et de formation en matière
de la planification familiale.
De plus, les populations bénéficient différentes interventions (et /
ou assistance) mais aussi dans des contextes différents. Les modes
d’applicabilité des méthodes de régulation des naissances sont aussi différents selon les convictions
et les croyances. Aussi la raison d’être des méthodes mise en jeu (pour la
régulation des naissances) sont perçues de façon différente selon les objectifs
visés et institutions d’origine ayant cette politique dans leurs attributions. Pour
cet effet, les patients sont désorientés ce qui cause effet au choix des
méthodes adéquates pour faire sienne et réussir la planification familiale.
En peu de mots, notre recherche ne se concentre que sur une étude
socio-anthropologique ayant l’unique finalité de passer en aperçu les
différentes perceptions que les populations attribuent à la planification
familiale. Celle-ci est vaste et englobe plusieurs facettes de la vie ordinaire.
Les portes sont ouvertes pour quiconque voudrait en approfondir. Au cas
nécessaire, nous prendrons part de ses initiatives pour la perfection des pré-requis
ici présentes. Nous soulignerons aussi que ce sujet n’est pas si facile à
aborder pour la simple raison qu’il entre au-dedans des choses.
Il entre dans l’ordre des sujets tabous parfois difficile à maîtriser
puisqu’il incarne des réalités confidentielles.
Nous ne pouvons pas clôturer ce travail sans émettre nos
suggestions. Conscientiser la population pour que tout le monde fasse sienne la
problématique de la démographie qui alerte le monde entier ; garantir une
meilleure information (sans équivoque) sur la contraception pour que chaque
individu trouve accès à une information efficace ; assistance au cas de
complications provoquées par les effets secondaires ; une meilleure
collaboration entre les institutions pour éradiquer toute polémique ; des
infrastructures de qualités et le personnel compétent pour la formation
permanente.
Non seulement la formation en matière de la planification
familiale, mais aussi une formation au changement de mentalité pour que les
populations sortent des schèmes de leur culture et de leur tradition, et
s’adaptent aux mutations permanentes.
REFERENCES
BIBLIOGRAPHIQUES
I. Ouvrages
1)
AKOHA T., Fécondité et régulation des naissances,
Editions Amour et Vie, [Bénin], 2017.
2)
AKUN A. et
ANSART P., Le Robert. Dictionnaire de Sociologie, Seuil, Paris
1999/
3)
AQUILAS I. et
GALBES H., Guide de la vie familiale, Tome 2, SL, 2000.
4)
BARBUSSE B. et
GLAYMAN D., Introduction à la sociologie, Paris, Sup’ Foucher, 2004.
5)
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religieux et promotion de la pratique contraceptive moderne des femmes dans la commune
urbaine de Dori, IFRISSE, Ouagadougou,
2018.
6)
Charlier J-E., COMPENHOUDT
L-V. (dir.), 4 méthodes de recherche en
sciences sociales. Cas pratiques pour l’Afrique francophone et le Maghreb,
Dunod, Paris, 2014.
7)
COMPENHOUDT L-V. et al. Manuel de recherche
en sciences sociales (5e édition), DUNOD, Paris 2007.
8)
DIBAKANA
MOUANDA J-A. et MISSIE J-P. (dir.) L’Afrique
des familles. La famille dans l’Afrique contemporaine, entre changement et
permanence, L’Harmattan, Paris, 2018.
9)
GRAND E., Amère Pilule. La vérité sur la contraception
chimique, F-X., Paris,1988.
10) GRAWITZ M., Méthodes des sciences sociales, Paris, Dulloz,
1996.
11) HADDAD W. et al. Guide pour la formation aux aspects
psycho-sociaux de la planification familiale, Centré International de
l’Enfance, Paris, 1986.
12) HAKIZIMANA A., Naissance au Burundi
entre tradition et planification, Harmattan, Paris, 2002.
13) LE BRETON D., Anthropologie du corps et modernité, Presse
Universitaire Française, Paris, 1990.
14) MEYER H. et al. Les Barundi : Une étude ethnographique
en Afrique orientale, Société française d’histoire d’outre-mer, Paris, 1984.
15) MFOUNGUE C-B., Le mariage africain, entre tradition et
modernité: étude socio-anthropologique du couple et du mariage dans la culture
gabonaise, HAL, Paris, 2012.
16) MIBURURO T., Disciples de la nature, Gitega, 2012.
17) MORVAN A. et VERJUS A., La famille, HAL, Paris, 2014.
18) N’DA P., Manuel de méthodologie et de rédaction de la thèse de
doctorat et du mémoire de master en lettres, langues et sciences humaines,
L’Harmattan, Paris 2015.
19) NAVAS J. et al. Famille et fécondité au Burundi. Enquête
sociologique, le Centre de Recherche Socioreligieuse de l’Episcopat du
Burundi, Presse Lavigerie, Bujumbura, 1977.
20) NORBERT E. (trad. par Kamnitzer PIERRE), La civilisation des
mœurs, Calmann-Lévy, S.L, 1969.
21) Platon, La République,
trad. Par Robert Baccou, (livre V), Garnier-Flammarion, Paris, 1966.
22) TREMBLAY J-M., (Préface et traduction par le docteur Pierre
Theil), Thomas-Robert Malthus (1798). Essai sur le principe de population, Éditions Gonthier, Paris 1963.
23) WILLIAM H-F. et al. Planification
familiale : méthodes et pratiques pour l’Afrique, CDC, Atlanta, 1985.
24) WINCKLER M., Contraception mode d’emploi, Au diable Vauvert,
SL, 2003,
25) YAËLLE A-M., Contraception d’urgence. Analyse sociologique des
pratiques contraceptives de jeunes femmes. HAL, Paris V, 2007.
II. Dictionnaires
1)
Dictionnaire
Français, Disponible en ligne sur :
http://play.google.com/store/apps/détails?id=livio.pack.lang.fr_FR
2)
Dictionnaire, Le
petit Larousse illustré, Larousse, Paris, 2009.
III. Thèses
1)
HAKIZIMANAA., La politique de santé reproductive et
planification familiale au Burundi: Contraintes issues de la contradiction
entre communication et de culture dans un contexte de développement, Thèse
présentée en vue de l'obtention du grade de philosophae Doctor, Université de Montréal, 2000.
2)
NIRAGIRA E., Applicabilité
de la planification familiale. Cas de six province du Burundi, Thèse
présenté et soutenu publiquement en vue de l’obtention du grande de Docteur en
Médecine, Université du Burundi, Bujumbura, 2017.
3)
LACHAMBRE P., Représentation et ressentis des femmes à
propos de leur contraception de nos jours, Thèse pour le diplôme d'état de
docteur en Médecine, Université de Limoges, 2019.
IV. Revues
et articles
1)
ANDRO A et al. « La
place des hommes dans la santé sexuelle et reproductive : Enjeux et
difficultés », Régulation des naissances et santé sexuelle : où
sont les hommes ? Vol 52,2009.
2)
DESALLIERS J.,
« Les contraceptifs hormonaux en milieu rural burkinabé : relations
conjugales négociées ou usage féminin clandestin ? », Régulation
des naissances et santé sexuelle : où sont les hommes ?, Vol 52,
2009.
3)
F. OUATTARA et
al. « Pas de mère sans un « mari. La nécessité du mariage dans les
structures de soins à Ouagadougou (Burkina Faso), Régulation des naissances
et santé sexuelle : où sont les hommes ?, Vol 52, Institut de Recherche
pour le Développement (IRD) et Les Presse Po, 2009,
4)
KAZINA I-M.,
« « Propositions pour une pastorale familiale inculturée au
Burundi », Au cœur de l’Afrique,
LX n°1-2, 2002.
5)
LOCOH
T., « Famille dans la crise et politique de population en Afrique subsaharienne », Politique
Africaine n° 44, 1999.
6)
MANIRAKIZA Z., « la famille burundaise en mutation » in Au
cœur de l’Afrique, vol. LX n°1-2, pp.242-274, Les Presses Lavigerie,
Bujumbura, 1992.
7)
OUATTARA F. et al.
« Pas de mère sans un mari. La
nécessité du mariage dans les structures de soins à Ouagadougou (Burkina
Faso) », Régulation des naissances et santé sexuelle : où sont les
hommes ?, Vol 52, 2009.
8)
RAYMOND B. , « Théorie du choix rationnel ou
individualisme méthodologique », Sociologie et sociétés, 34 (1),
2002.
9)
RUTAYISIRE P., « Réalité
socioculturelles africaines : questions posées à l’enseignement de
l’église sur la famille », Au cœur
de l’Afrique, vol. LX n° 2-3, pp.275-334, Les Presses Lavigerie, Bujumbura,
1992.
V. Rapports
1) République
du Burundi-Ministère de l’intérieur, Recensement général de la population et
de l’habitat du Burundi 2008, Bureau central du recensement, Bujumbura, 2011.
2)
Organisation Mondiale de la Santé, Rapport
de la Conférence internationale sur la population et le développement.
2011.
3)
République Démocratique du Congo, Planification
Familiale : Plan Stratégique National à la vision multisectorielle, (2014-2020).
4)
République du
Burundi, Enquête Démographique et de Santé 2016-2017. Rapport de synthèse,
ISTEBU, Bujumbura, 2018
5) République
du Burundi, Etude sur l’ampleur et les causes d’abandon de la pratique
contraceptive ainsi que les déterminants de l’utilisation des services de
planification familiale au Burundi, Ministère de la santé publique et
de lutter contre le Sida, Bujumbura, 2014.
6)
République du Burundi, La planification familiale au service du
développement socio-économique (Brochure n°5), PNSR, Bujumbura, 2010.
7)
République du Burundi, Manuel PNSR,
Ministère de la santé publique et de lutter contre le Sida-PNSR, Bujumbura, 2014.
8)
République du Burundi, Programme
National de la Santé de la Reproduction : Bilan des activités,
Ministère de la santé publique, Bujumbura, 2006.
VI. Sites
internet
2)
http://aurore.unilim.fr/theses/nxfile/default/12441905-6d58-4240-be10-1ec44632b254/blobhlder :0
3)
http://aurore.unilim.fr/theses/nxfile/default/12441905-6d58-4240-be10-1ec44632b254/blobhlder :0
4)
http://fr.m.wikipedia.org/wiki/contr%C3%B4le_des_naissances
5)
http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Papyrus_Ebers consulté
6)
http://fr.m.wikipedia.org/wiki/soranos_d%27%C3%89ph%C3A8se
7)
http://leroidelacapote.com/history.php
8)
http://play.google.com/store/apps/détails?id=livio.pack.lang.fr_FR
9)
http://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/medica/resultats/index.php?p=61&cote=21157&do=page.
10)
http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques
11)
http://www.leroidelacapote.com/history.php
12)
http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs351/fr/
13)
https://doi.org/10.7202/009743ar,
14)
https://halshs.archives-ouvertes.fr/cel-01084465
15)
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00903733
16)
https://www.iwacu-burundi.org
17)
www.inded.fr
18)
www.isteebu.bie
19)
www.jimbere.org
21) http:///www.ined.fr/fichiers/sintroduction.fr.pdf (ined.fr)
ANNEXES
1. Guide d’entretien à l’endroit de la
population (version française : originale)
I.
Identification
de l’informateur et informatrice
1. Age
2.
Sexe
3.
Lieu de naissance
4.
Lieu de résidence
5.
Niveau d'instruction
6.
Croyance religieuse
7.
État civil (Situation familiale)
8.
Mode de vie conjugale
9.
Marié depuis quand ?
10.
Nombre d’enfants vivants et nombre d’enfants morts
11.a) Nombre d’enfants souhaités :
b) Comment souhaiteriez-vous espacer les
naissances ? En d’autres termes le nombre
d’années entre un enfant et un autre.
Pourquoi ?
12.
Profession:
II.
Connaissances
sur le planning familial
1. As-tu
déjà entendu parler du planing familial ?
2. Où
l'as-tu entendu pour la première fois (les sources d’information)?
3. A
ton avis, comment peux-tu expliquer le
planning familiale en peu de mots ?
4. Qu’est-ce
que tu comprends par le planning familial ?
5. D’après
toi, le planninig familial est nécessaire pour toutes les familles ?
Justifie ta réponse.
6. Est-ce
tu connais les méthodes à utiliser pour le planning familial ?
7. Citer
les différentes méthodes (du planning familial) que tu connais :
8. Comment
les gens considèrent une femme (par exemples) utilisatrice des méthodes de
planning familial ?
9. Est-ce
ces méthodes sont disponible pour tout le monde ?
10. Quelles
sont les distributeurs de ces méthodes ?
III.
Pratique
du planning familial (régulation des naissances)
1. Tu
(ou ton conjoint) utilise les méthodes
de régulation des naissances ?
2. Depuis
combien d’années ?
3. Quel
est la méthode préférée (pour toi ou ton conjoint) ?
4. Y’a-t-il
un médecin ou personnel de santé, un
leader religieux qui vous aurais (toi et
ton conjoint) proposés d’utiliser une contraception ?
5. Quelles
sont les méthodes avez-vous (votre conjoint) déjà essayées et
abandonnées ?
6. Pourquoi
vous (ton conjoint) les avez abandonnés ?
7. Quelle
méthode utilisez-vous (votre conjoint) maintenant ?
8. Y’aurait-il
des effets secondaires liés à cette méthodes que vous (votre conjoint)
sentez ?
9. Depuis
combien de temps vous utilisez cette méthodes ?
10. a) Qu’est-ce qui vous a poussé
d’intégrer le planning familiale ?
b) Quel est votre but
poursuivie ?
11. Avez-vous
eu une ou des grossesses non désirées en
cours de l’utilisation du planning familial ?
12. Quelles
seraient d’après vous les raisons d’échec pour ce cas ?
13. a) Souhaitez-vous continuer le
planning familial ?
b) Quelles sont les avantages ou les
inconvénients tirés du planning familial ?
14. Comment
sentez-vous en répondant à toutes ces questions que vous venez de
répondre ?
Guide
d’entretien à l’endroit de la population (version traduite en langue nationale)
I.
UMWIDONDORO
W’UMUTANGANKURU
1.
Imyaka :
2.
Igitsina
3.
Aho mwavukiye :
4. Ahomubaubu :
5. Mwize kugera muyakangahe:
6. Aho musenga
7. Murubatse/ Ntimwubatse [EtatCivile]:
8. Uburyo mubayeho mu rugo [Situation familial]:
9. Mumaze imyaka ingahe mwubatse:
A) Mufise abana bangahe bakiriho:
B) Ni abana bangahe bamaze kwitaba Imana:
C)
Mwipfuza kuvyara
abana bangahe :
D)
Mwipfuzako hagati
y’umwana n’uwundi hoba hari umwanya ungana gute. Muyandi majambo, mwipfuzako umwana
yokurikizwa afise imyaka ingahe.
E)
Kubera
iki :
10.
Akazimukora :
II.
UBUMENYI
N’INYIFATO MUBIJANYE NO KURONDOKA KURUGERO CANKE GUTANDUKANYA IMVYARO
1.
Muramaze kumva ibijanye
n’uburyo bwo kurondoka kurugero canke gutandukanya imvyaro?
2. Mukivyumva ubwambere mwavyumvise hehe?
3. Hari ibiganiro bica kw’isamirizi (iradiyo)
uhora wumva bivuga ibijanye n’ivyo kurondoka kurugero no gutandukanya imvyaro?
Mugihe inyishu ari Ego, dondagura ivyo
biganiro.
4. Mbega murumviriza iradiyo kenshi?
Kubera iki?
5. Kubwanyu mu majambo make, mwosigura gute umugambi
ujanye no kurondoka kurugero canke gutandukanya imvyaro?
6. Iyo bavuze ibijanye n’umugambi wo kurondoka
kurugero canke gutandukanya imvyaro, muvyumva, mubitahura gute?
Sigura mu majambo make inyishu mwatanze
7. Kubwanyu umugambi wo kurondoka kurugero canke
gutandukanya imvyaro urakenewe (ningombwa) kumiryango yose?
Kubera iki? Sigura mu majambo make inyishu mwatanze
8. Mbega mwoba muzi uburyo bwo kurondoka kurugero
canke gutandukanya imvyaro?
9. Dondagura uburyo bwo kurondoka kurugero canke
gutandukanya imvyaro muzi.
10. Umukenyezi ari kuburyo bwo kurondoka kurugero
canke gutandukanya imvyaro bikamenyekana, mukibano, abagenzi canke abandi bamuvuga
gute? Hari iyindi nsiguro babiha?
11. Mugihe inyishu ari Ego, ni muvuge muri make
iyindi nsiguro babiha?
Mbega uburyo bwo kurondoka kurugero canke bwo
gutandukanya imvyaro uwubukeneye wese aha iwanyu araburonka bitagoranye uko avyipfuza?
Ni hehe dusanga uburyo bwo kurondoka kurugero
canke bwo gutandukanya imvyaro kuwubwipfuza?
III.
UBUMENYI KUBIJANYE N’IKORESHWA RY’UBURYO BWO KURONDOKA
KURUGERO CANKE GUTANDUKANYA IMVYARO
1. Murugo iwanyu (mwe n’uwo mwubakanye)
murakoresha uburyo bwo kurondoka kuruger canke gutandukanya imvyaro?
2. Haheze imyaka ingahe mutanguye (umutambukanyi
wawe) kubukoresha?
3. Ni ubuhe buryo mwahisemwo gukoresha
(umutambukanyi wawe)?
4. Hari umuganga , umumenyeshamana canke uwundi
muntu yoba yarabasavye mwebwe nyene atari muri rusangi ko mwoja kuburyo bwo
kurondoka kurugero canke gutandukanya imvyaro?
5. Dondagura uburyo bwo kurondoka urugero canke
gutandukanya imvyaro muzi.
6. Ni ubuhe buryo bwo kurondoka kurugero canke
gutandukanya imvyaro mumaze gukoresha ariko ubu mwahevye (umutambukanyi wawe)?
Ni kubera iki mwabuhevye? Mugihe bwabagiriye
ingaruka mbi ni izihe ? Zivuge.
7. Ubu
(umutambukanyi wawe ) mukoresha ubuhe buryo?
8. Hoba hari ingaruka mbi bwabagiriye kumagarayanyu
(umupfasoni wawe)?
Mugihe zihari ni izihe? Nimuzivuge.
9.
Haheze imyaka ingahe
mukoresha ubwo buryo (umupfasoni wanyu)?
10.
Ni igiki catumye
mwiyumvira gukoresha uburyo bwo kurondoka kurugero canke bwo gutandukanya imvyaro ?
11.
Ni
iyihentumbero, ihangiro mwipfuza gushikako mukuja k’uburyo bwo kurondoka kurugero
canke gutandukanya imvyaro ?
12.
Hoba hari imbanyi
mwasamye mutipfuza (umutambukanyi wanyu) mugihe mwari kuburyo ?
Mugihe inyishu ari Ego, ni zingahe mwasamye mutipfuza ?
13.
Mwoba mwibazako
vyatumwe n’iki ? Ubushobozi buke bw’ubwo buryo mwakoresheje canke iyindi mvo ?
14.
Muripfuza kubandanya
mukoresha uburyo bwo kurondoka kurugero canke bwo gutandukanya imvyaro ?
Kubera iki ? Sigura inyishu mwatanze
15. Ni izihe ngarukambi kuruhande rumwe, canke
akarusho kurundi ruhande mubona kumugambi wo kuvyara kurugero no gutandukanya
imvyaro?
16. Mwotubwira uko mwiyunise mugihe mwariko
murishura kuri bibo bibazo? Hari ico mwoba mutavuze mwumva mwoshikiriza?
Mwavyishuye vyose mumerewe neza n’umutima
mwiza utekanya?
Mubona hokorwa iki kugira abantu bose
bashikirwe n’inyigisho zerekeye ivyo kuvyara kurugero no gutandukanya imvyaro?
2. Guide d’entretien à l’endroit des
titulaires des centres de santé
IV.
Question
en rapport avec le planning familial
1.
Selon la
tradition et la culture burundaise, les gens préfèrent une progéniture
nombreuse. Pourquoi ? Actuellement est-il le cas dans la circonscription
de la commune sanitaire de Bukeye?
2.
La politique du
planning familial aurait-elle présente dans cette commune ?
3.
Est-elle
suffisamment accueillie et admirée par la population ?
4.
Est-ce que tout
le monde (les familles en particulier) a facilement accès aux méthodes du
planning familial (méthodes contraceptives) ?
5.
Vous
considérez, personnellement et en tant que responsable de centre de santé, que
le planning familial est nécessaire ou non ? Pourquoi ?
6.
Quel est
l’apport de l’administration locale pour la promotion du planning
familial ?
7.
Quel est
l’apport des agents de santé (le personnel du centre de santé) dans la
promotion ?
8.
Depuis quand
votre centre de santé a commencé à assister les patients souhaitant intégrer le
Planning familiale ? Combien de
patients accueillis par mois par exemples ? (Autres informations chiffrées
si possibles sont à fournir)
9.
Avec quels
moyens ou stratégies, l’administration et les agents de santé adopteraient-ils
pour promouvoir cette politique (la sensibilisation) ?
10.
Selon les
rapports de suivis et évaluations, quels seraient vos constants ?
Y’auraient-elles des conséquences à souligner ? Lesquelles ?
11.
Y’auraient-elles
des perceptions et avis contraires que la population attribue à la politique du
planning familial pouvant handicaper la réussite de cette dernière ?
Lesquelles ?
Nous
présentons nos sincères remerciements pour flanche collaboration !!!
[1] Les résultats
du RGPH ont été publiés officiellement par le décret n°100/55 du 5 avril
2010.Voir République du Burundi-Ministère de l’intérieur-, Recensement
général de la population et de l’habitant du Burundi, Bureau central du
recensement, Bujumbura, 2011 disponible
en ligne sur www.isteebu.bi visité le
21/05/201.
[2]République du
Burundi, Pan d’accélération de la planification familiale 2015-2020. Disponible en ligne sur www.planning
familial.org consulté le 28/5/2021.
[3]www.jimbere.org consulté le 22/05/2021.
[4]M-J NYANDURUKO, « L’Association d’Action Familiale est déjà à
l’œuvre à Gitega », Vivons en église
(Bulletin de la Conférence des Evêques Catholiques du Burundi), n°7-8, Gitega,
1998, pp. 239-241. Cité In I-M. KAZINA,
« Propositions pour une pastorale familiale inculturée au Burundi », Au
cœur de l’Afrique, 1-2, pp 139-175.
[5] Ces données
sont les résultats issus de notre exploration où nous nous sommes entretenus
avec les titulaires des centres de santé.
[6] Bureau
diocésain de la pastorale familiale de l’archidiocèse de Bujumbura. Les données
de références sont de trois années précédentes : 2018, 2019 et 2020. Pour
l’année pastorale de 2018, 41 couples sont admis au programme de la planification familiale naturelle
contre 17 couples déclarés autonome après la formation. L’année pastorale 2019,
50 couples admis au programme de la
planification familiale naturelle contre 22 couples déclarés autonomes. L’année
pastorale 2020, 47 couples admis au programme de la planification familiale
naturelle contre 27 couples déclarés autonomes.
[7]https://www.iwacu-burundi.org consulté le 28/ 5/ 2021.
[8]https://www.iwacu-burundi.org consulté le 28/ 5/ 2021.
[9] Il s’agissait
d’une intervention des trois ministres burundais invités dans le parlement
nationale pour une séance parlementaire
autour du thème de la limitation des naissances du 6 juin 2019.
Disponible en ligne sur http://burundi-new.org Des députes
pour une loi de régulation des naissances, consulté le 4/7/2020.
[10]http://burundi-new.org Des députes pour une loi de
régulation des naissances, consulté le 4/7/2020.
[11]République du
Burundi-Ministère de l’intérieur, Recensement général de la population et de
l’habitant du Burundi, Bureau central du recensement, Bujumbura 2011. Disponible
en ligne sur www.isteebu.bi visité le
21/05/201.
[12] Secrétariat de
la commune de Bukeye.
[14] T. AKOHA, Fécondité et régulation des naissances,
Editions Amour et Vie, [Bénin], 2017, pp. 42-43.
[15] H-F. WILLIAM et
al. Planification familiale :
méthodes et pratiques pour l’Afrique, CDC, Atlanta, 1985, p.22.
[16]Ibid. pp.22-23.
[17]J. NAVAS et al. ,
Famille et fécondité au Burundi. Enquête sociologique, Centre de Recherche
Socioreligieuse de l’Episcopat du Burundi, la Faculté des Sciences Economiques
et Administrative de l’Université du Burundi et Presse Lavigerie, Bujumbura,
1977, p. 77.
[18] P. LACHAMBRE, Représentation et ressentis des femmes à
propos de leur contraception de nos jours, Thèse pour le diplôme d'état de
docteur en Médecine, Université de Limoges, novembre 2019, p.25, disponible en
ligne:http://aurore.unilim.fr/theses/nxfile/default/12441905-6d58-4240-be10-1ec44632b254/blobhlder :0 Consulté le
4/11/2020.
[19] Ibid. p. 26.
[20]
http://fr.m.wikipedia.org/wiki/contr%C3%B4le_des_naissances consulté le
2/11/2020
[21] P. LACHAMBRE, Op.cit., p. 26.
[23]http://fr.m.wikipedia.org/wiki/contr%C3%B4le_des_naissances consulté le
5/11/2020.
[24]http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Papyrus_Ebers consulté le
5/11/2020.
[25] P. LACHAMBRE, Op.cit. p.26.
[26] Ibid. p.27.
[27] T. MALTHUS, Essai sur le principe de population,
Éditions Gonthier, Paris 1963, pp.29-30.
(Collection : Bibliothèque Médiations. (Préface et traduction par le docteur
Pierre Theil), réalisée par Jean-Marie Tremblay).
[28] Platon, La République, trad. Par R. BACCOU, Garnier-Flammarion, paris, 1966, pp. 214-215.
[29] Ibid. p.215.
[30] Ibid. p.306.
[31] Ces
différentes méthodes sont classées actuellement parmi les méthodes de
planification familiales naturelles pour certains auteurs malgré quelques
divergences surtout sur le coït
interrompu dite méthode traditionnelle. Voir T.AKOHA, Op.cit. et T.
MIBURO, Disciples de la nature, Gitega, 2012.
[32] P. LACHAMBRE, Op.cit., p. 27.
[33] Ibid.
[34] Ibid., p.28.
[35] Selon le commentaire de La Bible de Jérusalem, Dieu condamna à la fois l’égoïsme d’Onan et sa
faute contre la loi naturelle et donc divine du mariage. Gn 38,4-46.
[36] P. LACHAMBRE, Op.cit. 28.
[37] Mot latin
signifiant « méfiant » ou « malice », utilisé pour désigner
la magie malveillante, dangereuse, nuisible. Ce terme s’applique à tout geste
magique destiné à causer du tort à une personne ou à provoquer sa mort, aussi
s’applique à tout geste destiné à détruire ou abîmer des objets.
[38] P. LACHAMBRE, Op.cit. p.29.
[39] Ibid. Pour plus
d’information sur le préservatif, son historique, utilité et efficacité,
rendez-vous sur : http://www.leroidelacapote.com/history.php
[40] Ibid.
[41]T. AKOHA, Fécondité et régulation des naissances,
Edition Amour et vie, [Bénin], 2017, pp, 39-40. La vasectomie et la ligature des trompes sont classes parmi les
méthodes contraceptives chirurgicales. « La vasectomie est la coupure du
canal déférent, voie normal d’acheminement du sperme vers le vagin de la femme.
Le canal n’existant pas, le liquide n’a plus d’issue». Par contre, « la
ligature des trompes est la section où le ligotage des trompes dans lesquelles
le spermatozoïde de l’homme rencontre ordinairement l’ovule de la femme pour la
fécondation».
[42] T-R MALTHUS, Essai sur le principe de population (Préface
et traduction par le docteur Pierre Theil). Un document produit en version
numérique par Jean-Marie Tremblay, Disponible en ligne sur : http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques. Voir aussi P. LACHAMBRE, Op.cit., p. 33.
[43] P. LACHAMBRE, Op.cit. p. 30.
[44] Ibid.
[45] Ibid. p. 31.
[46] P. RUTAYISIRE, « Réalité
socioculturelles africaines : questions posées à l’enseignement de
l’église sur la famille », Au cœur
de l’Afrique, vol. LX n° 2-3, pp.275-334, Les Presses Lavigerie, Bujumbura,
1992, p. 315.
[47] Ibid. p.316.
[48] T. LOCOH, « Famille dans la crise et politique de
population en Afrique
subsaharienne », Politique Africaine n° 44 : Politique de
population, KARTHALA, Paris, 1999, p.80.
[49] P. RUTAYISIRE, Op.cit.
p.316.
[50] A.
ANDRO et al. « La place des hommes dans la santé sexuelle et
reproductive : Enjeux et difficultés », Régulation des naissances et
santé sexuelle : où sont les hommes ? Vol 52, Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et Les
Presses Po., 2009, p. 4.
[51]Ibid.
p. 5.
[52]République du
Burundi, Etude sur l’ampleur et les causes d’abandon de la pratique
contraceptive ainsi que les déterminants de l’utilisation des services de
planification familiale au Burundi, Ministère de la santé publique et de
lutter contre le Sida- PNSR, Bujumbura, 2014, p.4.
[53]Ibid.
[54] République du
Burundi, Plan d’accélération de la planification familiale 2015-2020, p. 25 Disponible en ligne sur : PlandactionPF_Burundi_Final.compressed.pdf
(familyplanning2020.org)
Consulté le 28/5/2021.
[55]
http://www.iwacu-burundi.org/les huit piliers de la vision du Burundi 2025 consulté le 28/5/2021.
[56] République du
Burundi, Plan d’accélération de la planification familiale 2015-2020, p.4. Disponible en ligne sur : PlandactionPF_Burundi_Final.compressed.pdf
(familyplanning2020.org)
Consulté le 28/5/2021.
[57] Ibid. p. 9.
[58] Ibid. p.14.
[59] T. AKOHA,
Op.cit. 2017, p.1.
[60] Ibid. p. 23.
[61] Ibid. 24.
[62] Ibid. pp. 25-35.
[63] Ibid. pp. 25-28.
[64] Ibid. pp. 29-33.
[65] Ibid. pp. 34-35.
[66] Ibid. pp. 39-40.
[67] Ibid. pp. 42-43.
[68] T. MIBURO. Op.cit.,
pp. 162-163.
[69] Ibid. p. 162.
[70] Ibid. p. 163.
[71]République
du Burundi, Manuel
PNSR, Ministère
de la santé publique et de lutter contre le Sida-PNSR, 2014, pp. 22-23.
[72] T. AKOHA,
Op.cit. p. 14.
[73] T. MIBURO, Op.cit. p.163.
[74] T. AKOHA,
Op.cit. p.17.
[75] T. MIBURO, Op.cit. p.166.
[76] T. AKOHA,
Op.cit. p. 18.
[77] Ibid. p.20.
[78] T. MIBURO, Op.cit.p.163.
[79] T. AKOHA, Op.cit. p.20.
[80] Ibid.
p.19.
[81] Ibid. p.21.
[82] Ibid.
[83] République
du Burundi, Manuel PNSR, Ministère de la santé publique et de lutter
contre le Sida-PNSR, 2014, pp.9-21.
[84]H-F. WILLIAM et al. Op.cit., p.3.
[85]Ibid. p.5.
[86] « Kwashiorkor » est
un mot Ghanéen qui signifie
« enfant sevré trop tôt » parce que sa mère est à nouveau enceinte.
Voir H-F. WILLIAM et al. Op.cit.
p.5.
[87] H-F.WILLIAM et
al. Op.cit. p.9.
[88] Nous soulignons ici les messages de Population Média Center
donnés par exemple à travers le
feuilleton Agashi, diffusé par la majorité des stations émettant sur le
territoire national (par exemple Agashi 3, épisode 127).
[89] T. MIBURO, Op.cit, pp 42.
[90] A. BARRO, Leaders religieux et
promotion de la pratique contraceptive moderne des femmes dans la commune
urbaine de Dori, IFRISSE, Ouagadougou, 2018, p.3.
[91]
W. HADDAD et al. Guide pour la formation aux aspects psycho-sociaux de la
planification familiale, Centré International
de l’Enfance, Paris, 1986, p. 28.
[92] H-F. WILLIAM et al. Op.cit. pp.16-17.
[93] Ibid. p.17.
[94] République du
Burundi, La planification familiale au
service du développement socio-économique (Brochure n°5), PNSR, Bujumbura,2010,
pp. 9-10.
[95]A. HAKIZIMANA, La
politique de santé reproductive et planification familiale au Burundi:
Contraintes issues de la contradiction entre communication et de culture dans
un contexte de développement,
Thèse présentée à la Faculté
des études supérieures en vue de l'obtention du grade de philosophae Doctor en
communication, 2000, p. 214. A approfondir dans A. HAKIZIMANA, Naissance au Burundi entre tradition et
planification. Harmattan, Paris, 2002.
[96] A. GOUTERES
(Secrétaire Générale de l’ONU), Message pour la Journée Mondiale de la
population, 11 Juillet 2020.
[97] J. NAVAS et
al. Op.cit. p.55.
[98] Ibid. p.51.
[99]Ibid.
[100]H-F. WILLIAM et al. Op.cit. p.55.
[101]J. NAVAS et al. Op.cit., p.48.
L’expression populaire rundi insiste sur le fait qu’une personne qui meurt sans
laisser un enfant est éteint raison pour
laquelle lors de son enterrement, est posé dans la main un morceau de charbon signe que celle-ci est
catégoriquement éteint, anéanti.
[102] Z. MANIRAKIZA,
« la famille burundaise en mutation » in Au cœur de l’Afrique, vol.
LX n°1-2, pp.242-274, Les Presses Lavigerie, Bujumbura, 1992, p. 272.
[103]Ibid.
[104] H. MEYER, et
al. Les
Barundi : Une étude ethnographique en Afrique orientale, Société
française d’histoire d’outre-mer, Paris,
1984, p. 147.
[105] A. HAKIZIMANA, Op.cit, p.201.
[106] Z. MANIRAKIZA, Op.cit. p. 273.
[107] E. NORBERT
trad. par K. PIERRE, La civilisation des mœurs, Calmann-Lévy, S.L, 1969,
p.16.
[108] B. BARBUSSE et
D. GLAYMANN, Introduction à la sociologie, Sup'Foucher, Paris, 2004, p. 86. Cité par,
C-B.MFOUNGUE, Le mariage
africain, entre tradition et modernité: étude socio-anthropologique du couple
et du mariage dans la culture gabonaise, Université Paul Valéry -
Montpellier III, 2012 p. 10 ; Disponible en ligne sur : http : //
tel.archives-ouvertes.fr/tel-00735563.
[109]Le fore
intérieur de tout murundi se réfère à plusieurs éléments pour mettre en
évidence la progéniture. Engendrer selon
les chercheurs enquêteurs c’est : (1) le signe qu’on « est un
homme mûr, un notable », (2) « élargir la famille : la fierté de
la famille », (3) « affermir l’amour des époux », (4)
« avoir un statut pour la mère ». Au contraire ne pas engendrer et
être sans enfant c’est cependant « être nu, sans défense ni prestige». Voir J. NAVAS et al. Op.cit., pp 49-51.
[110] J. NAVAS et
al. Op.cit., p.51.
[111]
Ibid.
[112] A. AKUN et P. ANSART, Le Robert. Dictionnaire de
Sociologie, Seuil, Paris 1999, p.402.
[113] D. LE BRETON, Anthropologie
du corps et modernité, Presse Universitaire Française, Paris, 1990, pp.
295.301.
[114] T. MIBURO, Op.cit, 2012, p. 41.
[115] M. SCHOOYANS,
La prophétie de Paul VI. L'encyclique Humanae Vitae (1968), François-Xavier
de Guibert, Paris, 2008, p.75.
[116] Dictionnaire Français http://play.google.com/store/apps/détails?id=livio.pack.lang.fr_FR
[117]
http:///www.ined.fr/fichiers/sintroduction.fr.pdf
(ined.fr)
consulté le 22/01/2021.
[118]
http:///www.ined.fr/fichiers/sintroduction.fr.pdf
(ined.fr)
consulté le 22/01/2021.
[119] P. RUTAYISIRE, Op.cit. p. 318.
[121] B. RAYMOND, « Théorie
du choix rationnel ou individualisme méthodologique », Sociologie et
sociétés, 34 (1), 9–34., Les Presses de l'Université de Montréal, Paris,
2002, p.9. Disponible en ligne sur : https://doi.org/10.7202/009743ar, consulté le 26/21/2021.
[122] Ibid. p.10.
[123] Ibid.p.13.
[124] Ibid. p.22.
[125] A. AKUN et P.
ANSART, Op.cit., p.402.
[126] Dictionnaire, Le
petit Larousse illustré, Larousse, Paris, 2009, p.785.
[127]Organisation
Mondiale de la Santé (OMS), Planification
familiale/Contraception. , WHO, mai-2015. Disponible sur: http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs351/fr/.
[128] Organisation
Mondiale de la Santé (OMS), Rapport de la Conférence internationale sur la
population et le développement. 2011, p.200.
[129] T. AKHOHA, Op.cit.
pp. 42-43.
[130] T. MIBURO, Op.cit. 2012, p. 47.
[131] République du
Burundi, La planification familiale au
service du développement socio-économique (Brochure n°5), PNSR, Bujumbura, 2010,
p. 3.
[132] République Démocratique du Congo, Planification
Familiale : Plan Stratégique National à la vision multisectorielle,
Ministre de la Santé Publique, 2014, p.2.
[133] A. ANDRO
et al. Op.cit., p. 4.
[134] Dictionnaire, Le
petit Larousse illustré, Larousse, Paris, 2009, p.213.
[135] Le protocole de Maputo Cité in T. AKOHA, Op.cit. pp.38-39.
[136] P. RUTAYISIRE, Op.cit. p. 326.
[137]Organisation
Mondiale de la Santé (OMS), Planification
familiale/Contraception. , WHO, mai-2015. Disponible sur: http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs351/fr/
[138] W. HADDAD et al. Op.cit. p .27.
[139] P. N’DA, Manuel de méthodologie et de rédaction de la thèse de doctorat et
du mémoire de master en lettres, langues et sciences humaines, Le Harmattan,
Paris 2015, p.146.
[140]La province de
Muramvya est composée de cinq communes dont
Bukeye, Kiganda, Kivoga, Mbuye et Muramvya.
[141] République du
Burundi-Ministère de l’intérieur,
Recensement Générale de la Population et de l’Habitant du Burundi 2008,
Bureau central du recensement, Bujumbura, 2011. Disponible en ligne sur www.isteebu.bi visité le
21/05/201.
[142]Direction
Communale de l’Education Nationale (DCEN). Les établissements scolaires que
compte DCEN se regroupent en trois catégories : les Ecoles Fondamentales
(ECOFO) et Post-Fondamentales publique que privées ainsi que s les Centres
d’Enseignement des Métier (CEM). Il s’agit donc de vingt-trois ECOFO, onze
Post-Fondamentales dont deux de l’Enseignement Technique et neuf de
l’Enseignement Générale, quatre
établissements privés ainsi que deux CEM.
[143] Il s’agit
surtout des hommes et des femmes (dans certains cas les couples) qui sont
encore dans la dynamique de la
procréation : les femmes ne dépassant pas 40 ans de naissance et une
dizaine de vie en couple au maximum. Nous ajoutons aussi un nombre minimal des
filles-mères.
[144]Selon V. CAMPENHOUDT,
un échantillon fondé sur l’aspect significatif et flexible « est toujours susceptible d’être
amandé en fonction des résultats du terrain et les premiers enseignements relevés
à propos de la question de recherche et de sa pertinence». Cité par C.
SCHAUT, « L’entretien qualitatif : une méthode de
l’interaction » In J-E. CHARLIER et L-V. COMPENHOUDT (dir.), 4 méthodes
de recherche en sciences sociales. Cas pratique pour l’Afrique francophone et
le Maghreb, Dunod, Paris, 2014, p .94.
[145] P. N’DA, Op.cit. p.144.
[146] Ibid. p.146.
[147] C. SCHAUT, Op.cit. p .90.
[148] Ibid.
[149] L-V. COMPENHOUDT et al. Manuel de recherche
en sciences sociales (5e édition), DUNOD, Paris, 2007, p.209.
[150] J. DESALLIERS,
« Les contraceptifs hormonaux en milieu rural burkinabé : relations
conjugales négociées ou usage féminin clandestin ? », Régulation
des naissances et santé sexuelle : où sont les hommes ?, Vol 52,
2009, p.37.
[151] A. ANDRO et al. Op.cit.
p .5.
[152] T. LOCOH, Op.cit. p.12.
[153] A. ANDRO et
al. Op.cit. p.3.
[154] J. DESALLIERS, Op.cit. p. 38.
[155]République du
Burundi, La planification familiale au
service du développement socio-économique (Brochure n°5), PNSR, 2010, p.2.
[156]République du
Burundi-Ministère de l’intérieur,
Recensement Générale de la Population et de l’Habitant du Burundi 2008,
Bureau central du recensement, Bujumbura, 2011. Disponible en ligne sur www.isteebu.bi visité le
21/05/201.
[157] H. MEYER et al.
Op.cit., p. 147.
[158] I-M. KAZINA, « Propositions pour une pastorale familiale
inculturée au Burundi », Au cœur de l’Afrique, 1-2, pp 139-175, Les
Presses Lavigerie, Bujumbura 2002, pp. 152.
[159]Ibid. p.153.
[160]J.-A. DIBAKANA
MOUANDA, « Maîtrise de la fécondité et familles : les déterminants
microsociaux de la contraception en milieu urbain africain. L’exemple du
Congo-Brazzaville », in J.-A. DIBAKANA MOUANDA et J-P. MISSIE (dir.), L’Afrique des familles. La famille dans l’Afrique
contemporaine, entre changement et permanence, L’Harmattan, Paris, 2018, p.
252.
[161] Entretien avec
un couple, 6 ans de mariage, zone Bukeye, le 23/4/2021.
[162] Entretien avec
une femme ω, âgée de 35 ans et 10 ans de mariage, zone Bukeye, le 30/4/2021.
[163] République du
Burundi-Ministère de l’intérieur, Recensement général de la population et de
l’habitant du Burundi, Bureau central du recensement, Bujumbura 2011. Disponible
en ligne sur www.isteebu.bi visité le
21/05/201.
[164] Z. MANIRAKIZA, Op.cit., pp. 272-273.
[165] Z. MANIRAKIZA,Op.cit., p.273.
[166]Ibid.
[167] République du
Burundi, La planification familiale au
service du développement socio-économique, (Brochure n°5), PNSR, Bujumbura,
2010, p.3.
[168] Entretien avec
une femme ω, âgée de 32 ans et 10 ans de mariage, zone Busangana, le3/5/2021.
[169] M. SCHOOYANS, Op.cit. pp. 73-74
[170] T.MIBURO, Op.cit., p.40.
[171] Entretien avec
un jeune homme α, âgé de 30 ans, zone Bukeye, le 23/4/2021.
[172] Entretien avec
une femme α, âgée de 28 ans et 6 ans de mariage, zone Busangana, le 3/5/2021.
[173] Entretien avec
une femme ω, âgée de 21 ans et 5 ans de mariage, zone Nyarucamo, le 7/5/2021.
[174] Entretien avec
une femme ω, âgée de 32 ans et 12 ans de mariage, zone Bukeye, le 23/4/2021.
[175] Z. MANIRAKIZA, Op.cit., p.272.
[176] Entretien avec
un couple, 7 ans de mariage, zone Bukeye, le 17/4/2021.
[177] B. RAYMOND. Op.cit.
p.10.
[178] Ibid.
[179] Entretien avec
un jeune homme X, âgé de 3O ans, zone bukeye, le 23/4/2021.
[180] M. WINCKLER, Contraception
mode d’emploi, Au diable Vauvert, SL, 2003, p.477.
[181] I-M. KAZINA Op.cit. 2002, p. 143.
[182] M. SCHOOYANS, Op.cit. p.73.
[183] I-M. KAZINA, Op.cit. p. 143.
[184] E. NIRAGIRA, Applicabilité
de la planification familiale naturelle, Thèse de doctorat, Université du
Burundi, p.23.
[185]T.MIBURO, Op.cit. p. 71.
[186]Ibid.
[187] Entretien avec
un home α, âgé de 43 ans et 12 ans de mariage, zone Nyarucamo, le 15/5/2021.
[188] A. HAKÎZIMANA, Op.cit, p.196.
[189] A-M. YAËLLE
Contraception d’urgence. Analyse sociologique des pratiques contraceptives de
jeunes femmes, Université René Descartes, Paris V, 2007 Disponible en ligne
sur https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00903733 consulté le 8/2/2021.
[190] M. WINCKLER, Op.cit. p.467.
[191]Ibid.
[192] J. NAVAS, Op.cit.pp.75-79.
[193] J. DESALLIERS,
Op.cit., p.37.
[194] République du
Burundi, Enquête Démographique et de Santé 2016-2017. Rapport de synthèse,
ISTEBU, 2018, p.5.
[195] Les trois lois de la contraception telles que énoncé par WINCKLER
sont les suivantes : 1) quand on ne veut pas être enceinte, toute méthode
de contraception vaut mieux que pas de contraception du tout ; 2) la
meilleure méthode c’est celle que la femme choisit en connaissance de cause, en
fonction de son mode de vie, 3) la sexualité change avec la vie. La
contraception aussi. M. WINCKLER, op.cit. p.92.
[196] T. AKOHA, Op.cit. pp.26-35.
[197] T. MIBURO, Op.cit.
p.66.
[198] M. WINCKLER, Op. Cit.p. 117.
[199] T. AKOHA, Op.cit.
pp.12-21.
[200] A. HAKIZIMANA, Op.cit. p. 201.
[201] Z. MANIRAKIZA, Op. cit.
p.272.
[202] J. NAVAS et
al. Op.cit., p.51.
[203] Le mot ataraxie
(du grec άταραξία signifie « absence de troubles ») apparaît
d’abord chez le philosophe Démocrite et désigne la tranquillité de l’âme
ou encore la paix de cette dernière résultat de la modération et de
l’harmonie de l’existence. Le Stoïcisme ajoutera, la tranquillité d’une âme devenue elle-même
au prix de la sagesse acquise par l’appréciation exacte de la valeur des choses.
[204]
http:///www.ined.fr/fichiers/sintroduction.fr.pdf
(ined.fr)
consulté le 22/01/2021.
[205] Entretien avec
une femme ω, âgée de 39 ans et 18 ans de mariage, zone Bukeye, le
15/4/2021 :
[206] Entretien avec
une femme ω, âgée de 30 ans et 9 ans de mariage, zone Bukeye, le
30/4/2021 :
[207] I-M;KAZINA, Op.Cit., p. 153.
[208] J. NAVAS et
al. Op.cit., p.56.
[209] I- M. KAZINA, Op.Cit., p. 152.
[210] J-A. DIBAKANA MOUANDA, Op.cit., p. 260.
[211] Ibid. p.266.
[212] I. AQUILAS et
al. Guide de la vie familiale, Tome 2, SL, 2000, p.146.
[213] Entretien avec
un couple, 10 ans de mariage, zone Nyarucamo, le 21/2021.
[214] Entretien avec
un homme α, âgé de 32 ans et 11 ans de mariage, zone Bukeye, le 15/4/2021.
[215] Entretien avec
un homme α, titulaire de centre de
santé, commune sanitaire de Bukeye le 3/6/2021.
[216] T. AKOHA, Op.cit., pp 65-67.
[217] Ibid. p.60.
[218] T. AKOHA, op.cit, pp.60-65.
[219] P. RUTAYISIRE, Op.cit. p. 318.
[220] Ibid.
[221] Theodore Roosevelt cité par T. AKOHA, Op. Cit. p.64.
[222] Sigmund Freud cité par T. AKOHA, Op.cit.
p.64.
[223] Gandhi cite par T. AKOHA, Op.cit. p.64.
[224] J-A.DIBAKANA
MOUANDA, Op.cit. pp. 260-261.
[225] T. MIBURO. Op.cit.
pp. 42-44.
[226] H-F. WILLIAM et al. Op.cit., p.3.
[227]Ibid. p.5.
[228]Ibid. p.9.
[229] Nous soulignons ici les messages de Population Média Center
donnés par exemple à travers le
feuilleton
Agashi, diffusé par la majorité des stations émettant sur le territoire
national (par exemple Agashi 3, épisode 127).
[230] T. MIBURO, Op.cit, pp 42.
[231] Entretien avec
une femme ω, âgée de 31 ans et 9 ans, zone Bukeye,le 15/5/2021.
[232] H-F. WILLIAM et al. Op.cit. pp.16-17.
[233] Ibid. p.17.
[235] Entretien avec
une femme ω, âgée de 30 ans 12 de mariage, zone Nnyarucamo, le 21/5/2021.
[236] J. NAVAS et
al. Op.cit., p. 55.
[237]J. NAVAS et al.
Op.cit., p.50.
[238] W. HADDAD et
al. Op.cit. p. 341
[239]J. RIRANGIRA, « Dynamique
démographique et interactions environnement, secteur socio-économiques :
cas de la santé »République du Burundi, Rapport du séminaire national
sur la population, environnement et développement au Burundi, Ministère de
l’aménagement du territoire et de l’environnement, pp.18-19 cité dans A. HAKIZIMANA,
Op.cit. 212.
[240] A. HAKIZIMANA, Op.cit. p. 212.
[241] République du Burundi Programme National de la Santé de la
Reproduction : Bilan des activités Ministère de la santé
publique et de lutter contre le sida-PNSR, Bujumbura, 2006. p.30.
[242] H. MASAMBA cité par
J-A. DIBAKANA MOUNDA, Op.cit, p. 265.
[243] Ibid.
[244]République du
Burundi, La planification familiale au
service du développement socio-économique (Brochure n°5), PNSR, Bujumbura, 2010,
pp. 9-10.
[245] République du
Burundi, Programme National de la Santé de la Reproduction : Bilan des activités, Ministère de la
santé publique et de lutter contre le sida-PNSR, Bujumbura, 2006. p.33.
[246] Ibid.
[247] A. HAKIZIMANA, Op.cit, 2002, p.214.
[248] Entretien avec
une femme ω, âgée de 40 ans et 12 ans de mariage, zone Busangana, le 3/5/2021.
[249] Entretien avec
un homme α, titulaire de centre de santé, commune sanitaire de Bukeye, le 3/6/2021.
[250] Entretien avec
une femme ω, âgée de 32 ans et 8 ans de mariage, zone Nyarucamo, le
21/5/2021.
[251] F. OUATTARA et
al. « Pas de mère sans un « mari. La nécessité du mariage dans les
structures de soins à Ouagadougou (Burkina Faso), Régulation des naissances
et santé sexuelle : où sont les hommes ?, Vol 52, Institut de Recherche
pour le Développement (IRD) et Les Presse Po, 2009, p.84.
[252] Entretien avec
une femme ω, âgée de 30 ans et 9 ans de mariage, zone Busangana, le 7/5/2021.
[253]
Entretien avec
un homme α, titulaire de centre de santé, commune sanitaire de Bukeye, le 3/6/2021.
[254] Emission diffusée
sur la Télévision National du Burundi
vendredi le 16/10 2020 à 17h30 min.
[255] M. WINCKLER,
Op.cit. p.17.
[256] T.AKOHA, Op.cit. pp. 58-59.
[257] M. SCHOOYANS, Op. Cit. pp. 82-83.
[258] J. GUILEBAUD cité par M.
WINCKLER, Op.cit. pp.89-90.

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