mercredi 26 octobre 2022

La culture et la société burundaise en mutation (1). Faut-il partir de tabula rasa et /ou la parcimonie pour réhabiliter la culture de la société d'héritage de nos ancêtres?


La culture et la société burundaise en mutation (1). Faut-il partir de tabula rasa et /ou la parcimonie pour réhabiliter la culture de la société d'héritage de nos ancêtres?



La culture et la société burundaise en mutation (1). 
Faut-il partir de tabula rasa et /ou la parcimonie pour réhabiliter la culture de la société d'héritage de nos ancêtres?


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LA CULTURE ET LA SOCIETE BURUNDAISE EN MUTATION 

1

Faut-il partir de tabula rasa et /ou la parcimonie  pour réhabiliter la culture de la société d’héritage de nos ancêtres le Burundi?


 

TABLE DES MATIERES

DU MEME AUTEUR

INTRODUCTION GENERALE

RETROSPECTIVE DE LA CULTURE BURUNDAISE :

LA CULTURE BURUNDAISE ENTRE CONSERVTISME ET PROGRESSISME

1. Quelques aspects patrimoniaux de la culturelle  burundaise

1.1.  Le kirundi, langue nationale, langue maternelle

1.2.  L'habillement

1.3.  Les croyances, les mœurs et les connaissances techniques

1.4. L’artisanat

1.5.  Les expressions folkloriques et musicales

1.6.  Sites historiques, musées, monuments et aires protégées

1.7.  Les rituels et rites y associés

2.1. La culture nationale comme valeur à sauvegarder jalousement

2.1.1. La culture nationale dans les textes de planification

2.1.2. Etude des cas  pour l’authenticité du patrimoine culturel: cas des contes pour l’éducation des enfants et l’épanouissement des liens sociaux

2.1.2.1.  Education: interprétation interactionniste des contes

2.1.2.2 Rituels: rapports sociaux ou devoir de proximité

2.2.  Défis de la sauvegarde du patrimoine culturel burundaise

2.2.1. Progressisme et dégradation de la culture burundaise

LE CULTE D’IMANA AU BURUNDI

I.      Historique du terme « Imana » et le problème d’inculturation au Burundi

I.1.Les autres sens du concept Imana

I.2.Les attributs d’Imana selon la conception burundaise (noms imanistes)

I.2.1. Les attributs d’Imana :

II. Le culte d’Imana au Burundi

 

II .1. Le culte direct d’Imana

II.1.1. Pratique dans le culte extérieur envers Imana

II.2. Le culte indirect à Imana : le culte de kiranga

II.2.1. Qui est kiranga ?

II .2 .2. Origine, historique de kiranga

II.2.3. Le culte de Kiranga, Esprit intermédiaire, est un culte indirect à Imana

II.3.Les cultes des morts

CONCLUSION

REFFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

DU MEME AUTEUR

 

Contraste entre la tradition et la modernité : Regard socio-anthropologique de la perception du recours aux méthodes contraceptives pour la régulation des naissances, Editions Universitaire Européennes (EUE), 2022.

Les perspectives de la vie humaine vers une existence authentique, Editions Universitaires Européennes (EUE), 2022.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

INTRODUCTION GENERALE 

La culture peut être définie comme l’ensemble constitué d’éléments qui ont modelé l’identité d’un peuple ou d’une communauté au cours du temps. Elle est l’ensemble des valeurs et normes socioculturelles, reflète la conscience d’une nation, oblige de se demander continuellement en quoi consiste son caractère spécifique, de chercher et de consolider sans cesse ses frontières politiques et spirituelles répondant précisément à ce processus historique[1].  Pour saisir la nature essentielle de la culture, il faut d'abord résoudre une série de paradoxes[2] apparents. Ils sont susceptibles d'expressions différentes, mais retenons-en quelques d’entre elles :

Premièrement, la culture est universelle en tant qu'acquisition humaine, mais chacune de ses manifestations locales ou régionales peut être considérée comme unique.

Tout d'abord, tous les groupes humains se procurent leur subsistance. Ils y parviennent au moyen de procédés techniques qui leur permettent d'arracher à leur milieu naturel les moyens de pourvoir à leurs besoins et de se livrer à leurs activités quotidiennes. D'une façon ou d'une autre ils distribuent ce qu'ils ont produit et possèdent un système économique qui leur permet de tirer le plus grand parti possible des « ressources limitées » dont il leur faut disposer.

Deuxièmement, la culture est stable, mais elle est aussi dynamique et manifeste des changements continus et constants. Si l'on met en regard la stabilité et le changement qui se manifestent dans la culture, il nous faut de prime abord reconnaître que tout prouve le dynamisme de la culture. Les seules cultures entièrement statiques sont celles qui sont mortes. Nous n'avons d'ailleurs qu'à avoir recours à notre propre expérience pour constater que les changements se produisent devant nous, souvent si lentement que nous ne les percevons qu'en opposant le présent au passé. Une photographie vieille de quelques années nous révèle les changements de la mode. Surtout n'allons pas croire que cette tendance au changement est l’apanage de notre propre culture. La même constatation peut être faite chez d'autres peuples, quels que soient leur nombre, leur isolement et la simplicité de leurs coutumes. Le changement ne se manifeste peut-être que dans quelques détails infimes de leur culture, telle par exemple une variation dans le style d'un ornement ou dans une nouvelle recette pour préparer un aliment traditionnel. Ces changements sont toujours perceptibles si l'on peut observer une société pendant un certain temps, ou si l'archéologie nous renseigne sur son passé ou si on peut la comparer à des groupes voisins et apparentés dont la culture est semblable à la leur, mais avec des variantes de détail[3]. La culture est à la fois stable et toujours en changement. Le changement culturel ne peut être perçu que comme une partie du problème de la stabilité culturelle; on ne peut comprendre la stabilité culturelle qu'en mesurant le changement par rapport au conservatisme. De plus, les deux termes ne sont pas seulement connexes, mais il faut aussi considérer leurs relations réciproques. Les conclusions obtenues concernant la permanence et le changement dans une culture donnée dépendent dans une grande mesure de la manière dont l'observateur insiste sur le conservatisme ou la flexibilité de cette culture. La difficulté essentielle vient peut-être du fait qu'il n'existe pas de critères objectifs de la permanence et du changement»[4].

 Troisièmement, la culture remplit, et dans une large mesure détermine, le cours de nos vies,  s'impose rarement à notre pensée consciente.

 Ce troisième paradoxe diffère des précédents en ce qu'il comporte plus qu'une simple alternative : la culture pénètre notre vie sans que nous en ayons conscience dans l'ensemble. Nous nous trouvons ici face à des problèmes essentiellement psychosociaux, socioculturels, sociopolitiques, socioéconomiques, etc. Nous devons chercher à résoudre tous ces problèmes  et découvrir comment les êtres humains acquièrent leur culture et agissent en tant que membres de la société, et la question majeur de savoir si la culture est ainsi une fonction de la mentalité humaine ou si elle existe en soi et par soi[5].  C'est un domaine infiniment complexe, où une conduite manifeste peut prendre des significations différentes selon les relations qu'elle entretient avec les autres. Les formes de la conduite sont contraignantes et inconscientes ; le sujet normal ne peut donc observer ni concevoir des conduites aux fonctions similaires dans les sociétés étrangères, ou même dans des complexes culturels inconnus, sans leur prêter des formes familières. Autrement dit, on retrouve toujours inconsciemment ce qu'on subit inconsciemment[6].

D’où la culture au vrai sens, désigne le système des valeurs et de normes transmis et intégrés par la socialisation de génération en génération.  C’est la société qui précède et prime sur l’individu. Et d’ailleurs, si la socialisation incarne « un processus par lequel chaque individu forge son identité et sa personnalité tout en s'intégrant à son environnement social, sous des formes variées, elle se concrétise en un apprentissage et un ajustement qui se poursuivent durant toute la vie. Elle est, au moins en partie, une contrainte exercée sur l'individu par le cadre social»[7]. Le patrimoine culturel constitue à son tour l’ensemble des éléments matériels et non matériels qui contribuent à maintenir et à développer l’identité culturelle d’un peuple ou d’une communauté dans le temps et dans l’espace. Il s’agit notamment des éléments suivants: la langue, les croyances, les mœurs, les connaissances techniques, les fondements de l’organisation sociale, le patrimoine orale et physique dont les expressions musicales, folkloriques et artistiques etc.

Le patrimoine culturel se réfère notamment aux traditions et expressions orales, à la poésie, aux arts du spectacle, aux pratiques sociales, aux rituels et événements festifs, aux connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ainsi qu'aux savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel.

Au Burundi, le patrimoine culturel est très riche, très ancien et très original même si les traces physiques du passé ne sont pas toujours visibles dans certaines localités. Presque tous les aspects dudit patrimoniaux se retrouvent dans toutes les régions, parfois avec des variantes, voire des spécificités assez marquées selon régions naturelles.

La seule préoccupation qui constitue le fil conducteur de notre parcours d’observation, est de pouvoir revenir sur l’image de la culture burundaise (rétrospective du passée) ainsi que ses fondements les plus utiles, les balancer pour pouvoir comprendre leur état de lieux, quelques fois faire des comparaisons synoptiques des évènements ou faits observables et enfin entrer dans la logique de mutation pour comprendre la marche ou la dynamicité de la culture en permanence de changement. Autrement dit, comment comprendre l’air du passé et s’approprier de celle actuelle? Faut-il partir de tabula rasa et /ou du rasoir d’Ockham pour la restauration de la culture contemporaine et authentique   de la société d’héritage de nos ancêtres qui est le Burundi ?

La compréhension et l’acheminement de notre parcours vont prendre succès suivant les sections dont chacune verra un thème à aborder en complémentarité de l’un et de l’autre. La pensée de Gorges Balandier entre autre la théorie de la dynamique de changement[8] jouera la médiation pour assurer la continuité ou la discontinuité du phénomène ou fait mise en évidence en corrélation avec la culture.

 RETROSPECTIVE DE LA CULTURE BURUNDAISE :

LA CULTURE BURUNDAISE ENTRE CONSERVTISME ET PROGRESSISME

1. Quelques aspects patrimoniaux de la culturelle  burundaise

Comme les composantes du patrimoine culturel burundais sont très variées, il ne serait pas possible de les décrire toutes. Dans les lignes qui suivent, il est décrit quelques aspects d'illustration des enjeux et défis qu'il y a quand on analyse la culture burundaise confrontée au conservatisme d’une part ou au progressisme d’autre part.  Notons que tenant compte de sa souveraineté, « chaque nation se reconnait singulière, unique grâce à son patrimoine culturel propre qui fait partie d’un ensemble à l’échelle planétaire. Les affinités des citoyen d’un pays sont avant tout d’ordre culturel»[9].

1.1.  Le kirundi, langue nationale, langue maternelle                                           

Le Kirundi, en tant que langue nationale, langue maternelle constitue une culture partagée par l’ensemble de la population. Le kirundi est une langue parlée et comprise par l’ensemble de la population, toutes ethnies confondues sur l’ensemble du territoire avec des variations régionales au niveau des accents et mots de vocabulaires très mineures. Margé l’officialisation du français, le kirundi reste une langue précise, quelque peu complexe et est utilisée avec circonspection dont chaque mot peut avoir plusieurs significations

1.2.  L'habillement

Avant le contact d’avec le monde occidental (via la colonisation), les barundi portaient des vêtements confectionnés à partir d'écorces de bois. Actuellement, ces modes d'habillement ne se voient qu'à l'occasion des cérémonies et festivals ou autres évènements rituels ou folkloriques. La colonisation et d'autres références ont beaucoup influencé les normes vestimentaires des Barundi qui ont adopté le mode oriental pour les femmes, et occidental, pour les hommes. L'accoutrement des femmes, en milieu rural, dit "imvutano" serait d'inspiration indienne. Le port de la culotte/du pantalon et de la chemise et éventuellement avec une veste ou un tricot sont une imitation de l'habillement occidental. La mini-jupe qui n'est pas bien vue surtout en milieu rural est aussi une imitation de l'occident. Le pantalon et la chemise cousus dans un même tissu, connu sous le nom d’ « ensemble » ou « abacost » seraient une un style de la création africaine que les Barundi ont beaucoup apprécié et adopté.

IMPUZU Y’IGITI : L’HABIT EN FICUS

 Source : Régis

 

 

            

INVUTANO                                                           COSTUME 

Source : Régis

                                                              IMBEGA 

 Source : Régis

 

1.3.  Les croyances, les mœurs et les connaissances techniques

Comme tous les peuples, les Barundi avaient leurs croyances. Bien qu'une infime partie de la population soit considérée comme animiste et aussi avec la religion de l’imanisme[10] : les croyances des Barundi se référaient essentiellement à celles des ancêtres. Ce pendant la religion de l’imanisme  a été substitué par le christianisme et l'islam dans survenue après le contact avec le monde occidental à travers la colonisation. Une grande majorité des Barundi sont, en effet, familiers des croyances ancestrales et du christianisme et partagent plusieurs points : une croyance en un esprit créateur souverain  sur les esprits. Cependant cet être suprême est rarement la cause de tout évènement. Le nom de Dieu créateur est proche du mot « Père ». Certains groupes le voient comme étant partout, omniprésent, d’autres le voient comme siégeant dans le ciel. On notera que dans le Burundi traditionnel, le lien avec le Dieu créateur était assuré par un certain Kiranga. Une croyance en une force essentielle qui anime le corps mais qui le quittera à la mort pour devenir un esprit ancestral. Cette force continue à être active parmi les vivants de la même famille, soit en les punissant soit en leur faisant du bien. Des cultes sont régulièrement organisés à l'attention de certains anciens esprits ancestraux. (Plus tard, une partie de la présente sera réserve à religion traditionnel. C’est cet élément qui décroche notre série. Il sera question de l’analyser en comparaison avec le christianisme.)

 

1.4. L’artisanat

Le patrimoine culturel burundais, c’est aussi l'artisanat très riche et fin qui est une importante forme d'art au Burundi. Il s'agit d'une tradition plastique englobant les domaines de la création picturale et la sculpture sur bois. La peinture et la sculpture de tradition burundaise s’orientent essentiellement vers les objets utilitaires obtenus à partir des techniques artisanales telles la vannerie, la forge, la poterie, etc. Les principaux bijoux traditionnels du Burundi étaient de cuivre, de coquillage ou de corne.

Des coopératives des jeunes entrepreneurs à kayanza ont revitalise cette tradition où plusieurs objet de beauté pour les hommes et pour les femmes, les tasse et les sous-tasses, les assiettes, les gobelets, et autre objets à caractère décoratifs. Il est de même pour la fabrication des sandales, les chaussures, la ceinture à partir des peaux des animaux, les chèvres par exemples. Certains articles conjuguent leurs efforts pour la fabrication de plusieurs objets à partir des ressources naturelles et locales. Lors d’une exposition organisée récemment, février 2022 à kayanza,  par le Ministère de l’éducation nationale et de la recherche scientifique, pas mal des coopératives ont été primées sur base de leurs objets artisanaux.

 La vannerie est l’art des Barundi par excellence. La poterie est une activité essentiellement féminine et une spécialité de l’ethnie des Batwa. Avec le modernisme, certaines croyances, mœurs et connaissances techniques changent. A titre d'illustration, l'usage des ustensiles métalliques a affecté la vannerie.

 

 

 

 

POTERIE ET USTENSILES DE LA CUISINE BURUNDAISE Source : Google

1.5.  Les expressions folkloriques et musicales

Sur le plan culturel le Burundi est surtout connu à travers le monde pour ses célèbres tambours qui ont joué un rôle extrêmement important dans la construction du Burundi monarchique. Le mot « ingoma » signifie à la fois « tambour » et « royaume ». Les tambours étaient le symbole du pouvoir royal. Les tambourinaires du Burundi sont devenus très célèbres à travers le monde. L'UNESCO a inscrit (le 27 avril 2014) l'art des tambourinaires sur la liste du patrimoine mondial. Désormais, « Tous les Barundi devraient en être fiers, car il va être protégé dans sa forme de sacralité et je pense que cela va permettre aux Barundi de se rendre compte de cette richesse culturelle que nous avons », a-t-il, à RFI, Léonce Ngabo ambassadeurs culturel Burundais.

 

 

 

 

 

 

INGOMA:TAMBOUR

 Source : https://www.rfi.fr/fr/afrique/20141127-tambours-burundi-inscrits-patrimoine-mondial-unesco

En dehors du tambour, le folklore burundais reste très varié avec des spécificités régionales assez marqués telles la danse Intore en Province de Kirundo, l’Agasimbo et l’Umuyebe en province Makamba, l’Umutsibo dans la région de Buyogoma, l’Umuhanga dans la province Bururi, l’Ihuruma et l’Ubudemera dans la région de Kumoso, l’Urwedengwe en province de Ngozi etc. Une grande richesse est également observée au niveau de la poésie pastorale, la poésie épique et des berceuses,

 

 

 

 

 

 

 

 

INTORE

Sources : https://www.google.com/search?q=intore&client=firefox-b-d&sxsrf=ALiCzsZQPirfkz9vx13

UMUYEBE

Source : Akeza net

 

 

 

 

 

 

UBUDEMERA

Source : Akeza net

INSTRUMENT MUCISAUX TRADITIONNELS : IBICURARANGISHO KAMA

UMUDURI

 Source : Google

 

IKIMBE

Source : Google

INDONONGO

Source : Google

INANGA

 

1.6.  Sites historiques, musées, monuments et aires protégées

Les sites historiques du Burundi sont liés à plusieurs aspects dont le pouvoir monarchique et le culte de « Kiranga » qui, selon la croyance des Barundi servait d’intermédiaire entre Dieu et les hommes.

Le Burundi compte plusieurs monuments répartis sur tout le territoire national entre autre les ibigabiro royaux et d’autre monument entre autre le mausolée Prince Louis Rwagasore, le monument de l’unité, la pierre dressée pour commémorer la rencontre des explorateurs Stanley et Livingstone à 10 km de Bujumbura vers le sud, la pyramide érigée sur la source la plus méridionale du fleuve Nil à plus de 2.000 m d’altitude à 114 km de la capitale, l’ancien château Mauss transformé en hôtel restaurant, à Rumonge, l’ancien palais du roi Mwambutsa Bangiricenge à Gitega, le sanctuaire de la Vierge Marie de Mugera, les chuttes de mwishanga, etc.

MAUSOLEE DU PRINCE LOUIS RWAGASORE ET PIERRE STANLEY ET LIVINGSTONE

Source : https://medihal.archives-ouvertes.fr/medihal-00913517                  

 

MONUMENT DE L’UNITE NATIONALE ET PALAIS DU ROIS MWAMBUTSA

Source : Akeza net

1.7.  Les rituels et rites y associés

Deux rituels ont marqué l’histoire du Burundi. Il s'agit de l’intronisation du roi et de la cérémonie dite « Umuganuro ». Selon les historiens, l’intronisation du roi comportait plusieurs phases dont le choix d’une vestale pour le culte complexe du tambour « Karyenda » (le tambour égide du Burundi), qui était conservé sur le flanc ouest du mont Saga (Mbuye). Pendant la colonisation, la cérémonie d' « Umuganuro », appelée aussi « fête des semailles » était la plus importante des fêtes rituelles de la monarchie. La cérémonie avait lieu annuellement au mois de décembre et au cours de laquelle le roi donnait l’autorisation de commencer les semailles de sorgho. Soulignons que c'est en 1929 que l’administration coloniale interdit cette fête sacrée et actuellement peu nombreux sont les Barundi qui en connaissent la substance. On notera  aussi quelques  fêtes nationales et jours fériés fort en signification selon le contexte notamment : la fête du travail célébrée le 1er mai, la fête de l’Unité nationale célébrée le 5 février, la fête de l’Indépendance nationale célébrée le 1er juillet, la fête de l’Assomption, célébrée le 15 août, la commémoration

 

 

de l’assassinat du Prince Louis Rwagasore, héros de l’indépendance, le 13 octobre, la commémoration de l'assassinat du Président Melchior Ndadaye, héros de la démocratie, le 21 octobre, la fête de la Toussaint, célébrée le 1er novembre, la commémoration de la naissance de Jésus Christ, le 25 décembre, l'Aid-al-Fitr, ou fin du Ramadan, et l'Aïd el kebir, ou fête du mouton qui n'ont pas de dates précises, etc.

2. La sauvegarde de la culture burundaise: enjeux et défis

2.1. La culture nationale comme valeur à sauvegarder jalousement

A part que le patrimoine culturel peut contribuer à la consolidation de l’Etat-Nation, il représente aussi une immense valeur socioéconomique. La sauvegarde de la culture nationale doit donc faire partie des préoccupations des pouvoirs publics et d’autres parties prenantes, en l'occurrence les privés. Ces préoccupations se situent dans un cadre national, régional et même international. Il est intéressant de noter la prise en compte de la sauvegarde du patrimoine culturel dans les principaux textes de planification et dans les différentes manifestations auxquelles des privées prennent une part active. En effet, des initiatives privées s’associent aux pouvoirs publics pour sauvegarder et faire progresser la culture nationale.

2.1.1. La culture nationale dans les textes de planification

Selon la Vision 2025, le pays est bâti sur une société de droit qui jouit de son patrimoine culturel riche et diversifié. En outre, la Vision « Burundi 2025 » se donne comme objectif de valoriser la richesse culturelle du Burundi afin qu’il devienne le pays phare de la culture sous régionale à travers différentes manifestations socio-culturelles propres au terroir national. Pour concrétiser cet

 

objectif,   la Vision 2025 prévoit que le kirundi sera renforcé notamment en renouant avec la littérature burundaise composée essentiellement de contes, de proverbes (les bitito, les migani, les bisokozo, etc..) de poésie, de théâtres (ces éléments feront partie des séries ultérieures[11]). C’est pour cet effet que l’université du Burundi a instauré l’académie rundi dans le but de renforcer la langue maternelle[12].

Le PNDB[13] 2018-2027  note d’abord les performances réalisées dans le domaine de la culture, dont :

i)              l’inscription du Tambour sur la liste du patrimoine mondial,

 

ii)            la préparation des textes d’adhésion sur la protection des œuvres littéraires et artistiques et d’autres traités internationaux,

iii)          la validation de la Politique Nationale de la Propriété Intellectuelle

iv)           la mise à jour de l’inventaire du patrimoine culturel immatériel burundais.[14]

Malgré les performances enregistrées dans le domaine, le PNDB relève certains enjeux à mettre en évidence : la visibilité des activités culturelles et des beaux-arts du Burundi ; l’augmentation des centres d’exposition des objets d’art ; le soutien aux orchestres traditionnels (inanga, ikembe, etc.) et le

 

rétablissement, la revalorisation et la sauvegarde du patrimoine et de l’industrie culturels. Le pays capitalisera sur les initiatives des clubs culturels qui ont fait connaître et aimer les danses folkloriques en mettant en relief les spécificités régionales.

Comme perspectives, le PNDB se fixe l’objectif de promouvoir et protéger le patrimoine culturel et naturel. Il se donne le programme de rétablissement, de revalorisation et de sauvegarde du patrimoine culturel et naturel et développement de l'industrie culturelle et créative. Il prévoit des projets de :

i)     redynamisation des valeurs culturelles burundaises au service de la cohésion sociale[15], au développement et au changement des mentalités,

ii)   aménagement des infrastructures culturelles, réhabilitation et restauration des musées, des sites historiques et des monuments,

iii) appui à la créativité artistique et littéraire, les spectacles et les loisirs, promotion et protection du droit d’auteur,

iv)  promotion des archives et revalorisation de la bibliothèque nationale.

A ces textes de planification, il faut ajouter l’adoption en 2005 de la loi relative aux droits d’auteur, du document de Politique Culturelle en 2007, de la mise en place de l’office burundais du droit d’auteur : comité d’éthique.

 

2.1.2. Etude des cas  pour l’authenticité du patrimoine culturel: cas des contes pour l’éducation des enfants et l’épanouissement des liens sociaux

2.1.2.1.  Education: interprétation interactionniste des contes

Selon l’anthropologue A. NTABONA, l’école familiale du soir avait pour but l’évaluation, expériences vécues, personnes rencontrées, succès, et échecs de la journée[16].

Selon lui, les parents aidaient les enfants à interposer ce qu’ils avaient vécu en l’insérant dans ce grand ensemble de la société, à travers un récit qui mettait en scène un personnage. Une fois assimilait la narration, l’enfant apprenait sans effort ni violence à remettre en question certaines de ses attitudes et en améliorer certains autres. L’objectif de la narration était de situer les évènements de la vie quotidienne, de façon que le présent intègre le passe pour préparer l’avenir.

«(…) visiblement, la véritable veillée au coin feu (igiteramo), était très souvent une soirée littéraire. C’était par exemple le meilleur moyen d’acquérir un hôte. Et ce d’une part de transmettre un patrimoine culturel et d’autre part pour vérifier le présent et lui donner un sens» [17]

IGITERAMO : AUTOUR DU FEU

 Source :Akeza net

 

Pour Petitat[18], dans la culture burundaise, la culture de l’enfant est envisagée à partir d’une analyse de la dynamique du voilement et dévoilement dans les interactions. Les contes sont des mises en scène drôle ou dramatique de nos virtualités relationnelles, Le conte est considéré comme un voyage symbolique, mobilisant les ressources de l’imaginaire dans les virtualités de la réversibilité.

L’intériorisation des contes renvoie aux trois axes symboliques:

1)    Les représentations mentales visibles et invisibles ; recours à la virtualité du dit et du non-dit sans explication

2)    Métamorphose imaginaires et jeux avec le réfèrent ; autonomie entre signes et réfèrent

3)    Respect/ transgression des conventions ;  « l’enfant  (adulte) reçoit dans les conte l’image finalement assez réaliste de la condition d’homme symbolique, c'est-à-dire d’homme dont la liberté et l’apprentissage de la liberté passent par un jeu de voilement/ dévoilement autours de règles, dont le respect et la défense des convention s’effectuent à travers des transgressions et des érosions permutantes dans une fragilité et une incertitude qui fournissent trame de nos drames et de nos amusements quotidien»[19].

 

 

2.1.2.2 Rituels: rapports sociaux ou devoir de proximité

Historiens et sociologues affirment et observent  une dé-ritualisation de nos sociétés par des influences extérieures, or la vie humaine était traditionnellement décrite par des rites de passage:

1)    A la naissance : assistance familiale ; présentation des cadeaux et félicitations aussi pour le rétablissement de la mère. Dans les milieux urbains (chez les évolués, « intellectuels »), l’évènement prend une autre allure sous l’angle  de soutien moral et matériel : « bride baby[20] ».

2)    Au tour du mariage : soutien ; moral et matériel ; contribution à la réussite du mariage. Le « bride[21] » sert de cette utilité chez les jeunes contemporains.

3)    A la mort: tout pour rendre à la famille endeuillée la douleur moins atroce, mais aussi éviter de signifier par son absence que l’on auteur de la mort qui a semé la terreur autour de soin. Assistance et aux cérémonies d’enterrement, frais nécessaire.  Pratique méritant  l’hommage traditionnellement dit « udukwi », « ibidyazagu ».

4)    Travaux communautaire: tout le monde est impliqué ; car tout le monde s’attend  à bénéficier des mêmes avantages, se désintéresser

d’une seule action, c’est se montrer insociable, ennemi de la solidarité et nuire pour la mise à la bonne relation de la société.[22] « Guhinda ikibiri » dans le langage traditionnel.

 

2.2.  Défis de la sauvegarde du patrimoine culturel burundaise

2.2.1. Progressisme et dégradation de la culture burundaise

Plus haut, le kirundi a été décrit comme la langue nationale parlée et comprise par l’ensemble de la population. Nombreux sont les Barundi qui sont très fiers de leur langue et la considèrent comme une aubaine. Toutefois, le « progressisme » fait que certains Barundi, une minorité certes, surtout ceux que l'on considère comme des « intellectuels » encouragent leurs enfants à apprendre le français ou l'anglais au détriment du kirundi. Au salon, certains parents sont très fiers quand leurs enfants savent mieux s’exprimer en français (expression impeccable) devant des visiteurs, même s'ils sont incapables de formuler une seule phrase en kirundi.

Le même « progressisme » fait que dans certains ménages des milieux urbains, les parents ne sont pas inquiets quand leurs enfants ne parlent que le Kirundi. Bien évidemment, moins nombreux sont des parents qui disposent mois de connaissances et compétences à propos des contes, « imigani » la poésie dite « ibicuba » pour les apprendre à leurs enfants. Les chansons, les poèmes, les contes, les proverbes et les dictons qui étaient déclamés le soir, autour du feu « kuziko », par les ancêtres en faveur de leurs enfants, de leurs petits-fils et petites-filles, ne le sont plus à grande échelle comme c'était autrefois.

Cependant, la connaissance des langues n’est pas à ignorer car à côte de la fierté nationale, nous avons besoins d’autres compétences et performances.

 

 

 

Le « progressisme »  est aussi observé au niveau de la croyance où les guérisseurs ou les tradi-praticiens[23] sont considères comme de purs charlatans qui ne devraient même pas exercer leur métier en face de la médecine moderne.

Dans la vie quotidienne,  certains rites et cérémonies sont dépouilles de sens d’où la pire dégradation ritualiste.

Avant la dot, les deux familles des futurs époux organisent la fameuse pré-dot, « gusaba amarembo » en kirundi qui est une fête qui n'est pas des moins considération. Au départ, ce premier contact avait pour but de fixer le montant de la dot. Aujourd'hui, ce sont les fiancés qui se mettent d'accord entre eux pour fixer ce montant. Les parents à peine sont informés de la date du mariage précédée pour la plus part des cas la matinée (du jour de mariage) dans un endroit autre que dans leur familles : « salle de réception ».

La cérémonie du mariage et d’autre y relatives entre autre la fête de levée de voile sont n’ont en aucun cas de raison d’être. Au fond on n’y trouve aucune réalité. Les aspects extérieurs tels que location de la salle de fête, les véhicules, les décorations, la sonorisation, etc. Sont devenus prioritaires. 

Dans le passé la cérémonie de levée de voile avait généralement lieu le lendemain du mariage. Aujourd'hui, il y a des familles qui, voulant faire des économies, battent le record d'organiser la dot, le mariage civil, le mariage religieux et la levée de voile le même jour. Elles réussissent cet exploit mais nombreux sont ceux qui estiment qu’une telle organisation est une dénaturation des cérémonies. C’est une atteinte à la culture nationale.

 

 

La levée de deuil ; normalement la levée de deuil se fait en temps : la levée de deuil provisoire qui consiste à honorer la mémoire du défunt pendant une semaine et la levée deuil définitive qui est organisée interviendra en général une année après. Pour l’Abbé NTABONA, les gens ont détourné le sens symbolique du rituel. Auparavant, les invités offraient des cadeaux utiles en nature (vivres, bois de chauffage, poules, chèvres) pour soutenir la famille éprouvée et attirer sur elle la bénédiction divine ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

 Grosso modo, le présent parcours a pour objectif d’analyser et se faire une idée sur de la mobilité de la culture et son enjeu dans la vie momentanée car l’essentiel est de pouvoir se situer selon le sens ethnocentriste.  Selon les différentes séries constituant les éléments culturels l’un après l’autre, il question dans la présente de tenir compte  des potentiels socio-culturels sur base desquels on pourrait s’appuyer afin de pouvoir mieux s’adapter. Bien évidemment, il nous faut accepter tacitement les richesses de la culture locale, les modèles et les traditions sur bases desquelles l’un ou l’autre peut prendre comme  référence.  L’idée motrice sur base de laquelle s’articule la présente est la suivante: l’analyse et l’interprétation des dynamiques de changement socioculturels, socio-politiques, socioéconomique constitue la clé pour mieux s’adapter. Une rétrospective sur la religion traditionnel marque le début de notre parcours. La religion traditionnelle est tenue donc pour le premier numéro.

 

LE CULTE D’IMANA AU BURUNDI[24]

La religion traditionnelle au Burundi

Nous, la génération d’aujourd’hui, avons le risque de ne rien connaître, ne fût-ce qu’une idée sur ce qu’a été notre tradition. Nous sommes souvent transportés par certaines tendances (nouvelle éthique mondiale) comme si nous n’étions pas intéressés du passé de notre chère patrie. Par exemple, c’est par écho ou par ouï-dire que la plupart des jeunes arrivent à connaître quelques éléments fondamentaux qui avaient caractérisé jadis, leur tradition. Heureusement que quelques personnes de référence se sont données corps et âmes pour nous laisser quelques traces à travers leurs écrits. 

Avant l’arrivée du christianisme au Burundi, les  Barundi comme tant d’autres peuples avaient la connaissance d’un Dieu suprême, créateur de toutes choses, celui qui donne l’être aux êtres : IMANA. Ils avaient leur manière de s’exprimer devant cet Etre suprême, la manière dont ils le  professaient. A partir des attributs donnés par les Barundi, exprimant l’existence, la nature et l’action d’Imana, nous avons cette assurance que jadis, malgré les mutations accordées par le christianisme, la religion de l’Imanisme avait le fondement en un seul Dieu créateur de toutes choses. La présente intervient le lendemain de l’ouverture de l’année jubilaire de 125 ans de l’existence de l’église catholique au Burundi : la religion qui a plus déplumé la croyance traditionnelle en Imana.

En effet, après avoir été convaincu que les Barundi croyaient en Imana qui est le principe de tout d’où  émanent toutes choses. On peut se demander s’il y a

 

une différence entre Imana  dont parlaient déjà les Barundi et Dieu  révélé par Jésus Christ qui nous est enseigné par les missionnaires. Inspiré par l’œuvre, Le fondement de l’Imanisme ou religion traditionnelle du Burundi, de Jean Baptiste BIGANGARA, nous allons passer en revue le sens et le fondement du terme « Imana ». Et enfin, nous allons   nous focaliser sur le culte d’Imana exprimé sous deux aspects : le culte direct à Imana et le culte intermédiaire à travers Kiranga. Nous allons parler aussi, voir qui est Kiranga, son origine, ses relations avec les hommes. Nous conclurons avec le souhait d’une part, de partager notre ancienne croyance, d’autre part de nous enrichir de l’apport du christianisme. 

I.              Historique du terme « Imana » et le problème d’inculturation au Burundi

Après une longue analyse menée par BIGANGARA, j’aimerais souligner quelques sens donnés à Imana : Imana qui vient du verbe kubana,  être avec, habiter avec.  Imana qui vient du verbe Kumana, être à côté de, se tenir vers le sommet de quelques choses ; (Kumana : se tenir sur). Donc Imana signifie l’être par excellence qui est au-dessus de tout[25]. Selon le même auteur le terme Imana est un nom propre que les Barundi ont toujours employé pour désigner la divinité.  Le nom par excellence dont ils se servent pour désigner cet Etre au-dessus de tout, maître de tout, tout puissant, origine de tout, bienfaisant. A la venue des missionnaires, le terme riche pour les Barundi avait subi une transition en terme « Mungu » terme étranger importé par les missionnaires dans le but de vouloir implanter dans l’Esprit des Barundi le Dieu du Burundi comme ils disaient. Prétendant qu’Imana c’est « le Dieu des païens Barundi »[26]. Soulignons que Mungu est un terme swahili utilisé sans doute dans les pays limitrophes qui précèdent le Burundi en termes d’évangélisation. Certes, faisant adopter le terme Mungu, ils  avaient l’intention de changer au fur du temps la mentalité gravée dans l’esprit des Barundi du terme Imana. Cependant, cela n’a pas été facile du fait que le terme « Imana » fut enraciné dans leur culture pendant que le terme « Mungu » avait reçu une autre connotation qui lui est étranger. « Beaucoup des gens étaient choqués de l’employer, non seulement parce que le mot était étranger mais surtout parce que ce terme en kirundi avait une résonnance choquante qui fait penser, au mot Imungu »[27], qui veut dire en langue locale un insecte qui ronge le bois et d’autres plantes, d’où le terme Mungu importé par les missionnaires n’a pas été bien accueilli chez les Barundi faisant référence à ce terme rundi « Imungu » qui leur faisait subir tant de sort mauvais. Ceux qui adhéraient à Mungu, ils étaient mal considérés dans la société avec un rapproche d’adhérer à un « Mungu » ou « Imungu ». Telle est donc l’une des conséquences ou problèmes d’inculturation qu’avaient subi les missionnaires en voulant mettre à part ce qui  est ancré dans la culture. Heureusement le terme Imana  a gardé sa consistance surtout dans certains écrits, voir même officielle puisque l’officiel n’a jamais donné son avis et ordinairement le mot est employé souvent à travers les expressions, les noms, les souhaits,  etc. et plus tard dans le domaine religieux, ce terme avait repris sa place grâce au Concile de Vatican II. Qui mit en valeur le sens de l’inculturation.

I.1.Les autres sens du concept Imana 

Le terme Imana dans la tradition burundaise a  d’autres sens, ce qui a semé la confusion surtout pour les étrangers. Peut-être je pense même que les missionnaires voudraient détruire radicalement le mot « Imana » dans les

 

 

esprits des Barundi en instituant le terme « Mungu » dont nous avons parlé tout à l’heure. Voici donc les autres sens d’Imana :

1)    Le roi était parfois appelé Imana. Il était intermédiaire entre Dieu et les Barundi. Il était sensé être l’élu d’Imana. Il tenait d’Imana son pouvoir. Il était lui seul, occasionnellement qui réalisait vraiment le rôle de représentant d’Imana d’où il était appelé Imana. 

2)    Les maris étaient appelés Imana par leur femmes du fait que l’homme dans la culture burundaise était toujors considéré comme protecteur de sa femme d’où elle appelait son mari imana. Dans le cas d’un homme irresponsable, ce titre lui était radicalement privé.

3)    Le mouton blanc, surtout mâle est imana, symboliquement le mouton est pacifique, doux, patient. Il caractérise le sacré et est réservé  pour un sacrifice, dans le culte de Kiranga. 

4)    Il y a aussi des arbres : réservés pour la construction des huttes, lieu où on rend le culte à Kiranga. Ceux-ci aussi sont appelés imana.

5)     Kiranga appelé aussi occasionnellement imana.

I.2.Les attributs d’Imana selon la conception burundaise (noms imanistes)

C’est  en partant du monde matériel que les Barundi ont pu découvrir la nécessité d’Imana, comme par exemple, la cause première. Dans leur vie quotidienne, ils avaient l’expérience  de la contingence et des limites des êtres qui les entourent en commençant par eux-mêmes. Dans toutes les époques, la question de l’existence de Dieu a toujours été primordiale. Prenons l’exemple de l’antiquité ici représentée par Platon. Celui-ci affirme l’existence d’un Etre suprême par des preuves dites : preuve par ordre du monde et preuves par le mouvement. Platon comprend que l’ordre partout visible ne peut s’expliquer

 

sans une Intelligence souveraine, organisatrice du cosmos. Aussi dit-il que tout mouvement suppose une cause, c’est-à-dire un moteur qui précède ce mouvement et le communique ; il faut un premier qui soit source de tout le mouvement. Celui-ci n’est autre que Dieu. C’est aussi le cas de saint Thomas d’Aquin qui prouve l’existence de Dieu suivant les cinq voies ou preuves de l’existence de Dieu : preuve par la voie du mouvement, de la contingence, des degrés de perfection, de la causalité efficiente et enfin de la finitude. Cet ordre d’idées, on peut parler aussi de saint Anselme qui montre comment et à partir de ce monde-ci, on peut parvenir à Dieu par des preuves dits preuves à posteriori : comme il existe des choses bonnes, il doit  y avoir une bonté absolue ; en partant de l’idée de la grandeur, cela exige la souveraine grandeur ; comme tout ce qui existe, existe en vertu de quelque chose, il existe aussi un être suprême ; et comme on constate ici des degrés de perfection, exige aussi une première perfection absolue. Tout cela est expliqué à partir du monde sensible. Pour notre cas, les Barundi aussi ont leur manière d’affirmer l’existence de cet Etre suprême partant de l’expérience quotidiennement sensible  souvent à partir des noms imanistes ou attributs classés en catégories exprimant l’existence d’Imana. 

I.2.1. Les attributs d’Imana[28] :

1)    Iyamaho : l’être éternel, Dieu éternel, Infini

2)     Iyamyeho : celui qi a toujours été, l’être éternel, Dieu éternel, Infini

3)     Nyawamaho : à côté de, Dieu éternel

4)    Iyambere : l’Etre premier, Principe premier

5)    Iyakare : Premier principe

6)    Indemyi : le créateur

 

7)    Rurema : le créateur

8)    Rugira : le Faiseur, le Créateur

9)     Inganji : le Vainqueur, le Gouvernant, l’Absolu Inconditionnel : Imana est maître de toutes les créatures, Imana à côté de

10)                  Rugaba : le Maître, le Donateur, le Généreux par excellence : Imana à côté de, le Distributeur, le maître de ce qu’il donne et de ceux auxquels il donne. Le plein parfait Imana fait subsister toutes les choses en leur donnant tout pour accomplir leur destinée, les oriente vers un équilibre parfait.  La lecture parallèle et/ou comparative avec saint Thomas d’Aquin lorsqu’il explique les attributs de Dieu, n’est pas loin avec la réalité burundaise dans le sens où en permanence, les barundi chante et acclame la toute-puissance d’Imana. Saint Thomas d’Aquin énumère huit attributs de Dieu à savoir : la simplicité, la perfection, l’infinité, l’omniprésence, l’immutabilité, l’éternité et l’unicité de Dieu[29]. Ainsi nous pouvons constater que l’Imana dont préférés les barundi et le Dieu révélé par les missionnaire est l’unique malgré que les missionnaires ont donné une connotatif autre à l’Imana.

II. Le culte d’Imana au Burundi

Nous avons déjà vu que les Barundi par l’expérience quotidienne ont pu découvrir l’Etre suprême juste en s’interrogent sur l’origine des choses ; ils étaient conscient de la finitude des êtres crées. Par conséquent, les Barundi comme tous les autres peuples, ont des sentiments de gratitudes envers cet Etre

 

suprême et ils ont cherché  comment entrer en relation avec celui-ci tout en espérant trouver chez lui le bonheur durable, la protection et le secours. Bref, la manière dont les Barundi s’exprimaient ordinairement rendait témoignage et constituait leur moyen de prier directement Imana. Cela est donc réalisé à travers le culte rendu  à Imana : Culte direct et culte intermédiaires 

II .1. Le culte direct d’Imana

Le culte direct est soit individuel, soit communautaire. Le culte rendu à Imana sous-entend un triple aspect: D’abord, la reconnaissance de la grandeur d’Imana: tout dépend de lui sans aucune influence externe. Cela est manifesté dans les attributs donnés à Imana ou noms imanistes.

Ensuite, le culte (prière) continuel et permanant : la manière de donner les noms à ses enfant en y intégrant le phonème « Imana » constitue un mode de culte continuel et permanent adressé  à l’Etre suprême car une personne qui porte ce type de nom durant sa vie, aura conscience qu’il est né dans des circonstances établies par ses parents en rapport avec Imana. Quiconque entend son nom penserait à Imana et aux bienfaits accomplis par ce dernier non seulement pour le détenteur du nom mais aussi pour tout le monde. Certaines expressions ou souhaits relatifs à cet Etre suprême ainsi que les salutations ont le même objet de rendre témoignage et de prière à Imana d’où le troisième aspect d’annoncer les merveilles d’Imana à temps et à contre temps[30], on dirait de l’aspect missionnaire. Par exemple, «  lorsqu’un Murundi dit un proverbe à un autre Murundi, ce n’est pas seulement un comportement théorique, mais l’intention du locuteur est une invitation à la réalisation du contenu du proverbe .Un Murndi qui dit un proverbe relatif à Imana à une

 

autre personne le fait dans le but de demander à l’Etre suprême de réaliser pour l’auditeur ce qu’exprime le proverbe en question »[31].

II.1.1. Pratique dans le culte extérieur envers Imana[32]

Comme dans la liturgie chrétienne, les Barundi se servaient des symboles pour rendre un culte à Imana. Les symboles selon la liturgie chrétienne, « sont des signes qui expriment ce qu’on ne peut pas voir ou ce qu’on ne peut percevoir que difficilement. Si quelqu’un offre une rose à une autre personne, il veut dire que cette personne lui est chère. Même s’il ne le  dit pas avec des mots»[33]. Les symboles dans la liturgie chrétienne expriment ainsi. Pareil, était le même cas pour le culte que faisaient les Barundi. Voici quelques symboles (comparable au rituel sacramentel et sacramentaux qui nous viennent de la religion chrétienne[34]) qui accompagnés par des prières ou non, constituaient le culte  envers Imana :

1)    Petite quantité d’eau d’Imana (utuzi tw’Imana) : L’eau symbolise la vie. Aucun ménage n’ose passer une nuit sans avoir au moins une petite

 

quantité d’eau dans la maison. La conception vulgaire dit qu’Imana en créant peut se servir de l’eau. On doit donc être préoccupé de la présence

d’Imana pour la survie de l’homme. Surtout la naissance des enfants dans ladite famille.

2)    Le petit feu d’Imana (akariro k’Imana) : Dans chaque famille, ce petit feu doit être entretenu (Umuvumbiko), surtout durant la nuit. Il symbolise l’amour qui doit régner entre les époux, et la présence d’Imana.

3)     L’habit d’Imana (Indabe y’Imana) : la jeune mariée porte cet habit (de fabrication locale) au moment d’accomplir les relations sexuelles. C’est une sorte de prière de  la jeune mariée pour demander la bénédiction afin qu’elle ait des enfants ; il s’agit là d’une nouvelle famille.

4)    La petite ouverture d’Imana (Indorero y’Imana) : En construisant une maison, on laisse une petite ouverture pour qu’Imana regarde les habitants de la maison et les bénisse. Tout cela exprime la prière continuelle et permanente dans la tradition burundaise. 

Le rite symbolique, dans la religion de l’imanisme que  dans la religion chrétienne, fait éloge à la substance même et non aux symboles physiques. Ces derniers importent peu mais en même temps élève l’esprit vers l’au-delà.

II.2. Le culte indirect à Imana : le culte de kiranga

II.2.1. Qui est kiranga ?    

Kiranga porte trois noms selon la tradition burundo-rwando : soit Kiranga, soit Ryangombe soit Kiranga-Ryangombe désignant le grand esprit, souvent appelé Kiranga tout court. Kiranga veut dire celui qui montre, qui indique.   

 

II .2 .2. Origine, historique de kiranga[35]

L’origine de ce grand esprit pose des problèmes. Certains pensent qu’il est d’origine céleste mais cela ne tient pas du tout. Kiranga est d’origine humaine. Et d’ailleurs, il est le fils de BABINGA fils de NYUNDO, ayant comme femme Muka-kiranga et comme fils INAKAJUMBU et BINEGO. Kiranga était le chef religieux des adeptes initiés : Ibihweba. Pour ce qui est de la date et le lieu de naissance, on n’en sait rien. Souvent on aime dire qu’il serait né à Nduga (Rwanda) aux environs du XVI ème siècle. Il est mort à la chasse tué par une antilope. Après sa mort, Kiranga reste au service des hommes en relation avec Imana. Il devient un esprit parmi les esprits des ancêtres, mais il est plus grand que tous. Il n’est pas Imana comme le concevraient tant de personnes étrangères de la culture burundaise, plutôt il est chef des esprits inférieurs, médiateur entre les hommes et l’Etre suprême. Il est donc le représentant d’Imana. Kiranga n’est pas Imana mais  souvent il est appelé Imana comme il était considéré comme intermédiaire entre les divinités et les hommes. En réalité il n’est pas Imana mais son représentant.

II.2.3. Le culte de Kiranga, Esprit intermédiaire, est un culte indirect à Imana

Comme Kiranga est devenu un esprit parmi les autres esprits après sa mort son culte nécessite l’institution (des ministres) et l’initiation des ministres à son service. Les ministres sont présents physiquement tandis que Kiranga s’incarne en eux au cours des cérémonies.   «  Kiranga est sensé prendre possession d’une personne. (…) La personne dont il prend perd momentanément sa

 

 

personnalité et devient Kiranga lui- même»[36]. La personne dont il a pris possession tient par les deux mains un petit bâton (icumu ry’umuhuga) lorsque il siège pour être prié.

Comme c’était normal, on s’adresse à Kiranga soit étant en réunions publics, soit  en particulier, en famille, soit même individuellement pour l’honorer, l’implorer, lui faire des vœux, le remercier, lui faire offrande, d’où  Kiranga a deux cultes : public  et privé. Quant au culte public, la présence de Kiranga devant un public assez grand et diversifié ; au cours des cérémonies chacun venait se présenter devant le grand Kiranga et lui demander des faveurs. Retenons que toutes ces cérémonies se faisaient d’habitude la nuit dans une hutte ad hoc, petite hutte d’occasion faite des arbres sacrés.

II.2.4.Quelques occasions principales du culte public[37]  

1)    Aux initiations des ministres de culte ;

2)    A l’occasion d’une maladie appelée intezi ;

3)    A la reprise de cette maladie chez les initiés ;

4)    Pour remercier Kiranga d’une faveur obtenue ou s’acquitter d’une promesse ;

5)    A l’occasion d’un mariage d’une fille initiée et à l’occasion de la naissance des jumeaux, même s’ils sont morts   

 Quant au culte privé, Les individus s’adressaient à Kiranga soit en particulier, soit en comité restreint, soit en famille. Kiranga était souvent absent mais chaque famille devrait avoir un lieu réservé à Kiranga pour le culte « Igitabo ». Souvent  on y déposait un peu de bière, de nourriture en l’honneur du grand

 

 

maître lui adressant des prières. Quelqu’un est-il dans l’angoisse, dans la misère, il ira offrir de la bière à Kiranga pour retrouver la consolation et la joie.

 

Souvent on le faisait aussi à la croisée des chemins, surtout les jeunes filles qui demandaient à Kiranga un mari ou une autre faveur.

IGITABO

    II.3.Les cultes des morts

Le culte des morts pour les Barundi justifiait deux réalités à savoir l’immortalité de l’âme humaine et la communion entre les vivants et les morts[38]. Les célébrations pour les défunts  consolident « les liens profonds qui unissent

les morts et les vivants »[39] selon la conception chrétienne. Sans doute ces deux réalités coïncident avec les deux derniers articles du credo. Mais aussi les Barundi avaient peur des esprits de leurs ancêtres. Ils s’occupaient d’eux pour    « les calmer afin qu’ils ne nuisent nuire aux membres de la famille lorsque ces derniers les oublient ou n’observent pas les prescriptions contenues dans les testaments qu’ils ont laissé »[40].

La première chose à faire pour ce culte est de construire un lieu adéquat, lieu de repos appelé indaro. On y étend un petit foyen composé de trois pierres, trois objets parmi ceux qu’il aimait, certains des objets qu’il a laissés et qu’il aimait (les bisigi[41]) : le cas d’un grand-père. Comme offrande, elle est composée d’une bonne nourriture bien préparée, de la pâte d’éleusine, d’un peu de viande, de lait ou de la bière. Tout le monde c'est-à-dire les membres de la famille mangent de cette nourriture et le reste est gardé sur le feu jusqu’au lendemain.  Ce rite est accompagné par une prière : « Grand-père nous offrons ces vivres, grand-père agrée le, ne nous fait pas du tort, Cesse de nous rendre malades. Protège nous, donne nous des forces »[42].Tout cela se faisait le soir dans l’endroit réservé.

Ce qu’on peut retenir dans ce culte est que les Barundi ne croyaient pas à l’anéantissement de l’homme après sa mort, ils croyaient à l’immortalité de l’âme. Les défunts étaient toujours considérés comme si, ils vivaient avec la famille. Le but de ce culte était la communion entre les vivants et les morts de

la même famille. N’est-ce pas la foi chrétienne ? Pourquoi ne pas marier la religion de l’imanisme d’avec la religion chrétienne en l’honneur d’Imana ?

 

CONCLUSION

 Pour clore, rappelons-nous encore une fois que, les Barundi, vue par l’expérience quotidienne, avaient en eux le sens profond d’Imana. Imana est ancré dans leurs esprits suivant la conception culturelle. C’est un être avec, un Etre à côté de, un Etre habité avec, l’être par excellence qui est au-dessus de tout être. Tout dépend de Lui et sans Lui rien n’a de sens. Il est l’unique Etre mérité d’être honoré comme on  l’exprime dans le langage ordinaire soit par des noms donnés aux enfants, soit par les salutations, soit par les souhaits, etc. Le culte rendu à Imana soit en public ou privé vient pour justifier la reconnaissance qu’avaient les Barundi que l’Imana est le maître de toutes créatures. En Lui seul la gloire et l’honneur. Différentes manières dont nous avons déjà parlé montrent comment  les Barundi réalisent le culte à Imana soit le culte direct ou le culte intermédiaire. Certes, le culte indirect ou intermédiaire était beaucoup plus populaire que le culte direct ce qui aurait suscité des reproches que les Barundi ne priaient pas Imana mais Kiranga. Mais en réalité, les cultes rendus aux esprits intermédiaires s’adressent indirectement à Imana. Seulement, les Barundi d’un côté avaient une crainte envers Imana, Il est le maître, on ne  pense pas à Lui sans une certaine crainte, de l’autre côté, c’est vraie les Barundi avaient peur des esprits, ceux-ci s’ils sont oubliés, peuvent leur causer du mal, donc on doit s’en occuper d’eux, tandis qu’Imana, essentiellement bon, ne peut jamais faire du tort[43] mais plutôt capable de leur épargner de tout mal. Et d’ailleurs dans la culture burundaise, pour gagner un rendez-vous avec une personne digne comme roi par exemple, on passe d’abord aux personnes proches de celle-ci ; surtout par exemple la reine ou la mère du roi et d’autres alliées d’où le culte intermédiaire a un sens dans la culture. Dans le culte chrétien, on pourrait faire comparaison aux des dévotions: culte indirect à Dieu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

REFFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

1)    BARBUSSE B. et GLAYMANN D., Introduction à la sociologie, Sup'Foucher, Paris, 2004

2)    BENOIT XVI, Catéchisme de l’Eglise Catholique abrégé,  Ed. MEDIASPAUL et LIBRAIRIA EDITRICE VATICANA, 2006

3)    BIGANGARA J-B., Le fondement de l’Imanisme ou religion traditionnelle au Burundi, Expression et valeurs africaines barundies, Bujumbura, 1984

4)    HERSKOVITS M-J. (1950) Les bases de l’anthropologie culturelle, Paris : François Maspero Éditeur, 1967. Un document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales"

5)    MFOUNGUE C-B., Le mariage africain, entre tradition et modernité: étude socio-anthropologique du couple et du mariage dans la culture gabonaise, Université Paul Valéry - Montpellier III, 2012 p. 10 ;

6)    NORBERT E., trad. par K. PIERRE, La civilisation des mœurs, Calmann-Lévy, S.L, 1969, p.16.

7)    NTAHUGA S., La conscience de l’essentiel, RPP, Bujumbura, 1997, p. 42.

8)    Sapir E., (1921),  Anthropologie Tome 1 : culture et personnalité, Paris : Éditions de Minuit, 1967.

9)    SCHIKART G., Le petit guide du servant de messe, éd.saint augustin,

10)                  Souchon M.,  Les cahiers CROIRE, 50 questions de foi, Ed. Bayard, n.d,

11)                  Thomas d’Aquin, La somme théologique, Edition numérique, Mise à disposition sur des oeuvres complètes de saint Thomas d’Aquin : 2008.

12)                  Xxx, La civilisation ancienne des peuples des grands lacs, Karthala, Paris, 1998.

13)                  Xxx, La civilisation ancienne des peuples des grands lacs, Karthala, Paris, 1998.

14)                  Zuure B., L’ame du Murundi, edition Beaucherne et fils, 1932

 

Site web :

1)    http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html

2)    http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html

3)    http://docteurangelique.free.fr,

 

Rapport

1)    République du Burundi 2011. Vision Burundi 2025. Bujumbura : Ministère du Plan et du Développement Communal/Cellule prospective. République du Burundi 2018.

2)    République du Burundi, Plan National de Développement du Burundi 2018-2027. Bujumbura

 

 

 



 


LISTE DES IMAGES : PHOTOS

IMPUZU Y’IGITI : L’HABIT EN FICUS. 10

INVUTANO ET COSTUME.. 11

IMBEGA.. 12

POTERIE ET USTENSILES DE LA CUISINE BURUNDAISE. 15

INGOMA :TAMBOUR.. 16

 INTORE. 17

UMUYEBE. 17

UBUDEMERA.. 18

INSTUMENTS MUSICAUX TRADITIONNELS :IBICURARANGISHO KAMA.. 18

UMUDURI 18

IKEMBE. 19

INDONONGO.. 19

 INANGA  19

MAUSOLEE DU PRINCE LUOIS RWAGASORE ET LA PIERRE STANLEY  ET LIVINGSTONE 20

MUNUMENT DE L'UNITE NATIONALE ET PALAIS DU ROIS MWAMBUTSA…………….……………………………………….………S.21

 IGITERAMO : AUTOUR DU FEU.. 25

IGITABO.. 42

 

 



[1] E. NORBERT trad. par K. PIERRE, La civilisation des mœurs, Calmann-Lévy, S.L, 1969, p.16.

[2] Melville J. HERSKOVITS (1950) Les bases de l’anthropologie culturelle, Paris : François Maspero Éditeur, 1967. Un document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales"

Site web: http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html

[3] Melville J. HERSKOVITS , Op.cit., p. 11

[4] Ibid. p. 12

[5] Melville J. HERSKOVITS, 0p.cit, p.12

[6] Edward Sapir (1921),  Anthropologie Tome 1 : culture et personnalité, Paris : Éditions de Minuit, 1967. Un document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales" Site web: http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html

[7] B. BARBUSSE et D. GLAYMANN, Introduction à la sociologie, Sup'Foucher, Paris, 2004, p. 86. Cité par, C-B.MFOUNGUE, Le mariage africain, entre tradition et modernité: étude socio-anthropologique du couple et du mariage dans la culture gabonaise, Université Paul Valéry - Montpellier III, 2012 p. 10 ; Disponible en ligne sur : http : // tel.archives-ouvertes.fr/tel-00735563.

[8] La dynamique de changement repose sur un principe selon lequel la société et/ou la culture n’est pas une donnée  mais un ajustement approximatif entre les divers structures. La dynamique de changement pend son point de départ sur des considérations historiques et met l’accent sur trois éléments en relation : la crise, l’histoire et l’approche critique. Le premier engendre de nouvelles sociétés en les situant dans le temps avec modification de forme et de mode de vie. Le second incite à chercher et à comprendre les conditions clés du changement cause par le premier. Le troisième se focalise sur des réalités situées du contexte pour les replacer dans un ordre après une série de purification. La complémentarité de ces derniers crée un processus ininterrompu et /ou permanant sous trois ordre de dynamique à l’œuvre : la reproduction, la réalisation et le changement en soi. Etant  dans un état permanant, la société et /ou la culture se confronte à des facteurs internes et externes qui nécessitent une certaine interprétation ainsi qu’une intégration suivant le contexte sociale et /ou culturel.

[9] S. NTAHUGA, La conscience de l’essentiel, RPP, Bujumbura, 1997, p. 42.

[10] Nous entrerons en détail dans la partie ultimement détaillée : la Religion traditionnelle au Burundi

[11] Série ultérieure : DE LA DEVINITE, CONTE, RECIT, PROVERBE A LA TELEVISION ET AU CHATING

LES ÉLÉMENTS FONDAMENTAUX DE LA CULTURE BURUNDAISE EN DÉSUÈTUDE.

LES DEVINETTES(IBISOKOZO), LES CONTES ET LES RECITS (IMIGANI, IBITITO), LES PROVERBES (IMYIBUTSA) EXISTENT-ILS DANS L’ORDNAIRES DES BURNDAIS?

[12] République du Burundi 2011. Vision Burundi 2025. Bujumbura : Ministère du Plan et du Développement Communal/Cellule prospective. République du Burundi 2018.

[13] PNDB : Programme National du Développement du Burundi

[14] République du Burundi, Plan National de Développement du Burundi 2018-2027. Bujumbura.

[15] La réhabilitation d’ « Intahe yo kumugna » sera abordée dans les parties ultérieures pour cet effet. Nous invitons à suivre nous observations et communications ultérieures. Nous vous proposerons l’intitulé suivant :

Série ultérieure : L’INSTITUTION DES BASHINGANTAHE AU BURUNDI  EN MUTATION

DE L’INVESTITURE COUTUMIÈRE AU SUFFRAGE UNIVERSEL DES MEMBRES DU CONSEIL DES NOTABLES COLLINARES.

LA LECTURE SYNOPTIQUE DES BASHINGANTAHE TRADITIONNELS ET CONTEMPORAINS EN QUETE DE LA VERITE, DE LA JUSTICE ET DE LA RESOLUTIONS DES CONFLITS

[16] A. NTABONA cite in Xxx, La civilisation ancienne des peuples des grands lacs, Karthala, Paris, 1998.

[17] B. Zuure, L’ame du Murundi, edition Beaucherne et fils, 1932.

[18]  A. Petitat, cité in La civilisation ancienne des peuples des grands lacs, Karthala, Paris, 1998.

[19] Xxx, La civilisation ancienne des peuples des grands lacs, Op.cit.

[20] Les proches de la mère s’organisent et mettent ensemble leurs moyens qui servent d’acheter pour elle l’équipement nécessaire répondant aux besoins du nouveau-né composé des habits et autres. Le soutien (le matériel en matière) lui sera donné et fait de la surprise le jour d’accouchement dans la cérémonie traditionnellement dite de « gukeza umuvyeyi ».

[21] Les amis proches de la jeune mariée s’organisent et mettent ensemble leurs moyens qui servent d’acheter pour elle l’équipement nécessaire dont elle doit disposer dans son nouveau foyer. Le soutien (le matériel en matière) lui sera donné et fait de la surprise à la veille du mariage dans la cérémonie traditionnellement dite « gusiga umugeni ».

[22] A. NTABONA, cite in Xxx, La civilisation ancienne des peuples des grands lacs, Op.cit,p. 216

[23] Pratique ayant une connotation satanique selon la religion chrétienne. La religion chrétienne aussi en plus de la médecine moderne contribue pour la dénaturation de la médecine traditionnelle.

[24] Jean Baptiste BIGANGARA, Le fondement de l’Imanisme ou religion traditionnelle au Burundi, Expression et valeurs africaines burundaises, Bujumbura, 1984

[25] Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. p.14

[26] Ibidem, p.9

[27] Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. p.10

[28] Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. p.15

[29] Thomas d’Aquin, La somme théologique, Edition numérique, Mise à disposition sur des oeuvres complètes de saint Thomas d’Aquin : http://docteurangelique.free.fr, 2008.

                                                                                                       

 

[30] Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. p.104

[31], Ibidem. p.106

[32] Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit, p.110

[33] G .SCHIKART, Le petit guide du servant de messe, éd.saint augustin,

[34] Le sacrement est un rituel sacré en usage dans la plupart des religions chrétiennes. Selon la doctrine, un sacrement produit un effet dont la source est Dieu qui donne sa grâce. Les chrétiens y trouvent le symbole et le moyen d'une alliance entre Dieu et les hommes. Théologiquement  le  sacrement est définit comme étant un signe destiné à donner ou à augmenter la grâce sanctifiante des croyants. Le catholicisme en conserve sept répartis en quatre groupe : les sacrements de l’initiation (le Baptême, la Confirmation et l’Eucharistie), les sacrements e guérison (la Pénitence ou la Réconciliation, l’Onction des malades), les sacrements au service (l’Ordre, le Mariage) ainsi que autres célébrations liturgiques dites aussi sacramentaux. (Voir Benoit XVI, Catéchisme de l’Eglise Catholique abrégé,  Ed. MEDIASPAUL et LIBRAIRIA EDITRICE VATICANA, 2006, pp.73-94).

Qui plus est, les sacramentaux sont des signes sacrés par l’église dans le but de sanctifier certaines circonstances de la vie. Ils  comportent une prière accompagnée du signe de la croix et d’autres signes. Parmi les sacramentaux, les bénédictions occupent une place importante. Elles sont une louange à Dieu et une prière pour obtenir ses dons ; de même, il y a les consécrations des personnes et la consécration d’objets dont l’usage est réservée au culte divin. (voir, Benoit XVI, Catéchisme de l’Eglise Catholique abrégé, pp 93-95.

 

[35] Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. pp.39-40

[36] Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. p.112

[37] Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. p.113.

[38][38] Voir, Benoit XVI, Catéchisme de l’Eglise Catholique abrégé, pp. 58-61. Peut-on communier avec les défunts ? «  Ce que nous devons après la mort est un grand mystère. Nos mots sont maladroits. Déjà le mot après qui suggère l’idée de continuité temporelle est mal adaptée pour parler de l’éternité (même si l’éternité  n’est évidemment pas moins que le temps. (…) sur la crois, Jésus dit à son Père : « Entre tes mains, je remets mon esprit ». Ainsi, Dieu à qui vous remettez votre souffle, Dieu nous l’espérons, accueillera en lui la vie, l’âme et l’esprit que vous aurez donnés aux autres et remis, dans la confiance, à sa tendre miséricorde : il vous donnera sa vie pour toujours. (Michel Souchon,  Les cahiers CROIRE, 50 questions de foi, Ed. Bayard, n.d, p.26.).

Le désir de communiquer avec les morts est vieux comme le monde et vous savez la fascination qu’exercent sur beaucoup des pratiques comme le spiritisme. Celui-ci a un succès inquiétant chez pas mal de jeunes. La bible, en nous remontant la visite de Saul à la sorcière d’Endor, condamne fermement le recours à de telles pratiques (1 Samuel 28,7-20).  (Michel Souchon,  Les cahiers CROIRE, 50 questions de foi, Ed. Bayard, n.d, p.93) Cependant, avec le Nouveau Testament, Jésus nous révèle la communion d’avec les morts d’où les réalités du credo : la communion avec les saints et la surrection de la mort.

[39] Lectionnaire  pour la liturgie des défunts

[40] Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. p.118.

[41] En comparaison avec les reliques des saints dans le rituel chrétien.

[42] Ibidem, p.119.

[43] Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. p.1O2.

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