LA CULTURE ET LA SOCIETE BURUNDAISE EN MUTATION
1
Faut-il partir de tabula rasa et /ou la parcimonie pour réhabiliter la culture de la société d’héritage de nos ancêtres le Burundi?
TABLE DES MATIERES
RETROSPECTIVE DE LA CULTURE BURUNDAISE :
LA CULTURE BURUNDAISE ENTRE CONSERVTISME ET PROGRESSISME
1. Quelques aspects patrimoniaux de la culturelle burundaise
1.1. Le kirundi, langue nationale, langue maternelle
1.3. Les croyances, les mœurs et les connaissances techniques
1.5. Les expressions folkloriques et musicales
1.6. Sites historiques, musées, monuments et aires protégées
1.7. Les rituels et rites y associés
2.1. La culture nationale comme valeur à sauvegarder jalousement
2.1.1. La culture nationale dans les textes de planification
2.1.2.1. Education: interprétation interactionniste des contes
2.1.2.2 Rituels: rapports sociaux ou devoir de proximité
2.2. Défis de la sauvegarde du patrimoine culturel burundaise
2.2.1. Progressisme et dégradation de la culture burundaise
I. Historique du terme « Imana » et le problème d’inculturation au Burundi
I.1.Les autres sens du concept Imana
I.2.Les attributs d’Imana selon la conception burundaise (noms imanistes)
I.2.1. Les attributs d’Imana :
II. Le culte d’Imana au Burundi
II .1. Le culte direct d’Imana
II.1.1. Pratique dans le culte extérieur envers Imana
II.2. Le culte indirect à Imana : le culte de kiranga
II .2 .2. Origine, historique de kiranga
II.2.3. Le culte de Kiranga, Esprit intermédiaire, est un culte indirect à Imana
REFFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
DU MEME AUTEUR
Contraste
entre la tradition et la modernité : Regard socio-anthropologique de la
perception du recours aux méthodes contraceptives pour la régulation des
naissances, Editions
Universitaire Européennes (EUE), 2022.
Les
perspectives de la vie humaine vers une existence authentique,
Editions Universitaires Européennes (EUE), 2022.
INTRODUCTION GENERALE
La
culture peut être définie comme l’ensemble constitué d’éléments qui ont modelé
l’identité d’un peuple ou d’une communauté au cours du temps. Elle est
l’ensemble des valeurs et normes socioculturelles, reflète la conscience d’une
nation, oblige de se demander continuellement en quoi consiste son caractère
spécifique, de chercher et de consolider sans cesse ses frontières politiques
et spirituelles répondant précisément à ce processus historique[1]. Pour saisir la
nature essentielle de la culture, il faut d'abord résoudre une série de paradoxes[2] apparents. Ils sont susceptibles d'expressions
différentes, mais retenons-en quelques d’entre elles :
Premièrement, la culture est universelle en tant qu'acquisition humaine, mais chacune de ses
manifestations locales ou régionales peut être considérée comme unique.
Tout d'abord, tous les
groupes humains se procurent leur subsistance. Ils y parviennent au moyen de
procédés techniques qui leur permettent d'arracher à leur milieu naturel les
moyens de pourvoir à leurs besoins et de se livrer à leurs activités
quotidiennes. D'une façon ou d'une autre ils distribuent ce qu'ils ont produit
et possèdent un système économique qui leur permet de tirer le plus grand parti
possible des « ressources limitées » dont il leur faut disposer.
Deuxièmement, la culture est stable, mais elle est aussi dynamique et manifeste des changements continus et constants. Si l'on met en regard la stabilité et le changement qui se manifestent dans la culture, il nous faut de prime abord reconnaître que tout prouve le dynamisme de la culture. Les seules cultures entièrement statiques sont celles qui sont mortes. Nous n'avons d'ailleurs qu'à avoir recours à notre propre expérience pour constater que les changements se produisent devant nous, souvent si lentement que nous ne les percevons qu'en opposant le présent au passé. Une photographie vieille de quelques années nous révèle les changements de la mode. Surtout n'allons pas croire que cette tendance au changement est l’apanage de notre propre culture. La même constatation peut être faite chez d'autres peuples, quels que soient leur nombre, leur isolement et la simplicité de leurs coutumes. Le changement ne se manifeste peut-être que dans quelques détails infimes de leur culture, telle par exemple une variation dans le style d'un ornement ou dans une nouvelle recette pour préparer un aliment traditionnel. Ces changements sont toujours perceptibles si l'on peut observer une société pendant un certain temps, ou si l'archéologie nous renseigne sur son passé ou si on peut la comparer à des groupes voisins et apparentés dont la culture est semblable à la leur, mais avec des variantes de détail[3]. La culture est à la fois stable et toujours en changement. Le changement culturel ne peut être perçu que comme une partie du problème de la stabilité culturelle; on ne peut comprendre la stabilité culturelle qu'en mesurant le changement par rapport au conservatisme. De plus, les deux termes ne sont pas seulement connexes, mais il faut aussi considérer leurs relations réciproques. Les conclusions obtenues concernant la permanence et le changement dans une culture donnée dépendent dans une grande mesure de la manière dont l'observateur insiste sur le conservatisme ou la flexibilité de cette culture. La difficulté essentielle vient peut-être du fait qu'il n'existe pas de critères objectifs de la permanence et du changement»[4].
Troisièmement, la culture remplit, et dans une large mesure détermine, le cours de nos vies, s'impose rarement à notre pensée consciente.
Ce troisième paradoxe diffère des précédents
en ce qu'il comporte plus qu'une simple alternative : la culture pénètre
notre vie sans que nous en ayons conscience dans l'ensemble. Nous nous trouvons
ici face à des problèmes essentiellement psychosociaux, socioculturels,
sociopolitiques, socioéconomiques, etc. Nous devons chercher à résoudre tous
ces problèmes et découvrir comment les
êtres humains acquièrent leur culture et agissent en tant que membres de la
société, et la question majeur de savoir si la culture est ainsi une fonction
de la mentalité humaine ou si elle existe en soi et par soi[5].
C'est un domaine infiniment complexe, où
une conduite manifeste peut prendre des significations différentes selon les
relations qu'elle entretient avec les autres. Les formes de la conduite sont
contraignantes et inconscientes ; le sujet normal ne peut donc observer ni
concevoir des conduites aux fonctions similaires dans les sociétés étrangères,
ou même dans des complexes culturels inconnus, sans leur prêter des formes
familières. Autrement dit, on retrouve toujours inconsciemment ce qu'on
subit inconsciemment[6].
D’où la culture au vrai sens, désigne le système des valeurs et de normes transmis et intégrés par la socialisation de génération en génération. C’est la société qui précède et prime sur l’individu. Et d’ailleurs, si la socialisation incarne « un processus par lequel chaque individu forge son identité et sa personnalité tout en s'intégrant à son environnement social, sous des formes variées, elle se concrétise en un apprentissage et un ajustement qui se poursuivent durant toute la vie. Elle est, au moins en partie, une contrainte exercée sur l'individu par le cadre social»[7]. Le patrimoine culturel constitue à son tour l’ensemble des éléments matériels et non matériels qui contribuent à maintenir et à développer l’identité culturelle d’un peuple ou d’une communauté dans le temps et dans l’espace. Il s’agit notamment des éléments suivants: la langue, les croyances, les mœurs, les connaissances techniques, les fondements de l’organisation sociale, le patrimoine orale et physique dont les expressions musicales, folkloriques et artistiques etc.
Le
patrimoine culturel se réfère notamment aux traditions et expressions orales, à
la poésie, aux arts du spectacle, aux pratiques sociales, aux rituels et
événements festifs, aux connaissances et pratiques concernant la nature et
l’univers ainsi qu'aux savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel.
Au
Burundi, le patrimoine culturel est très riche, très ancien et très original
même si les traces physiques du passé ne sont pas toujours visibles dans
certaines localités. Presque tous les aspects dudit patrimoniaux se retrouvent
dans toutes les régions, parfois avec des variantes, voire des spécificités
assez marquées selon régions naturelles.
La seule préoccupation qui constitue le fil conducteur de notre parcours d’observation, est de pouvoir revenir sur l’image de la culture burundaise (rétrospective du passée) ainsi que ses fondements les plus utiles, les balancer pour pouvoir comprendre leur état de lieux, quelques fois faire des comparaisons synoptiques des évènements ou faits observables et enfin entrer dans la logique de mutation pour comprendre la marche ou la dynamicité de la culture en permanence de changement. Autrement dit, comment comprendre l’air du passé et s’approprier de celle actuelle? Faut-il partir de tabula rasa et /ou du rasoir d’Ockham pour la restauration de la culture contemporaine et authentique de la société d’héritage de nos ancêtres qui est le Burundi ?
La
compréhension et l’acheminement de notre parcours vont prendre succès suivant
les sections dont chacune verra un thème à aborder en complémentarité de l’un
et de l’autre. La pensée de Gorges Balandier entre autre la théorie de la dynamique de changement[8] jouera
la médiation pour assurer la
continuité ou la discontinuité du phénomène ou fait mise en évidence en
corrélation avec la culture.
RETROSPECTIVE DE LA CULTURE BURUNDAISE :
LA CULTURE BURUNDAISE
ENTRE CONSERVTISME ET PROGRESSISME
1. Quelques
aspects patrimoniaux de la culturelle burundaise
Comme
les composantes du patrimoine culturel burundais sont très variées, il ne
serait pas possible de les décrire toutes. Dans les lignes qui suivent, il est
décrit quelques aspects d'illustration des enjeux et défis qu'il y a quand on
analyse la culture burundaise confrontée au conservatisme d’une part ou au progressisme
d’autre part. Notons que tenant compte
de sa souveraineté, « chaque nation se
reconnait singulière, unique grâce à son patrimoine culturel propre qui fait
partie d’un ensemble à l’échelle planétaire. Les affinités des citoyen d’un
pays sont avant tout d’ordre culturel»[9].
1.1. Le kirundi,
langue nationale, langue maternelle
Le
Kirundi, en tant que langue nationale, langue maternelle constitue une culture
partagée par l’ensemble de la population. Le kirundi est une langue parlée et
comprise par l’ensemble de la population, toutes ethnies confondues sur
l’ensemble du territoire avec des variations régionales au niveau des accents
et mots de vocabulaires très mineures. Margé l’officialisation du français, le
kirundi reste une langue précise, quelque peu complexe et est utilisée avec
circonspection dont chaque mot peut avoir plusieurs significations
1.2. L'habillement
Avant le contact d’avec le monde
occidental (via la colonisation), les barundi portaient des vêtements
confectionnés à partir d'écorces de bois. Actuellement, ces modes d'habillement
ne se voient qu'à l'occasion des cérémonies et festivals ou autres évènements
rituels ou folkloriques. La colonisation et d'autres références ont beaucoup
influencé les normes vestimentaires des Barundi qui ont adopté le mode
oriental pour les femmes, et occidental, pour les hommes. L'accoutrement
des femmes, en milieu rural, dit "imvutano"
serait d'inspiration indienne. Le port de la culotte/du pantalon et de la
chemise et éventuellement avec une veste ou un tricot sont une imitation de
l'habillement occidental. La mini-jupe qui n'est pas bien vue surtout en milieu
rural est aussi une imitation de l'occident. Le pantalon et la chemise cousus
dans un même tissu, connu sous le nom d’ « ensemble » ou
« abacost » seraient une un style de la création africaine que les Barundi
ont beaucoup apprécié et adopté.
IMPUZU Y’IGITI : L’HABIT EN FICUS
INVUTANO COSTUME
IMBEGA
1.3. Les croyances,
les mœurs et les connaissances techniques
Comme
tous les peuples, les Barundi avaient leurs croyances. Bien qu'une infime
partie de la population soit considérée comme animiste et aussi avec la religion de l’imanisme[10] :
les croyances des Barundi se référaient essentiellement à celles des ancêtres.
Ce pendant la religion de l’imanisme a
été substitué par le christianisme et l'islam dans survenue après le contact
avec le monde occidental à travers la colonisation. Une grande majorité des Barundi
sont, en effet, familiers des croyances ancestrales et du christianisme et
partagent plusieurs points : une croyance en un esprit créateur souverain sur les esprits. Cependant cet être suprême
est rarement la cause de tout évènement. Le nom de Dieu créateur est proche du
mot « Père ». Certains groupes le voient comme étant partout, omniprésent, d’autres
le voient comme siégeant dans le ciel. On notera que dans le Burundi
traditionnel, le lien avec le Dieu créateur était assuré par un certain Kiranga.
Une croyance en une force essentielle qui anime le corps mais qui le quittera à
la mort pour devenir un esprit ancestral. Cette force continue à être active
parmi les vivants de la même famille, soit en les punissant soit en leur
faisant du bien. Des cultes sont régulièrement organisés à l'attention de
certains anciens esprits ancestraux. (Plus tard, une partie de la présente sera
réserve à religion traditionnel. C’est cet élément qui décroche notre série. Il
sera question de l’analyser en comparaison avec le christianisme.)
1.4. L’artisanat
Le
patrimoine culturel burundais, c’est aussi l'artisanat très riche et fin qui
est une importante forme d'art au Burundi. Il s'agit d'une tradition plastique
englobant les domaines de la création picturale et la sculpture sur bois. La
peinture et la sculpture de tradition burundaise s’orientent essentiellement
vers les objets utilitaires obtenus à partir des techniques artisanales telles
la vannerie, la forge, la poterie, etc. Les principaux bijoux traditionnels du
Burundi étaient de cuivre, de coquillage ou de corne.
Des coopératives des jeunes
entrepreneurs à kayanza ont revitalise cette tradition où plusieurs objet de
beauté pour les hommes et pour les femmes, les tasse et les sous-tasses, les
assiettes, les gobelets, et autre objets à caractère décoratifs. Il est de même
pour la fabrication des sandales, les chaussures, la ceinture à partir des
peaux des animaux, les chèvres par exemples. Certains articles conjuguent leurs
efforts pour la fabrication de plusieurs objets à partir des ressources
naturelles et locales. Lors d’une exposition organisée récemment, février 2022
à kayanza, par le Ministère de
l’éducation nationale et de la recherche scientifique, pas mal des coopératives
ont été primées sur base de leurs objets artisanaux.
La vannerie est l’art des Barundi par
excellence. La poterie est une activité essentiellement féminine et une
spécialité de l’ethnie des Batwa.
Avec le modernisme, certaines croyances, mœurs et connaissances techniques
changent. A titre d'illustration, l'usage des ustensiles métalliques a affecté
la vannerie.
POTERIE ET USTENSILES DE LA CUISINE
BURUNDAISE
1.5. Les expressions
folkloriques et musicales
Sur
le plan culturel le Burundi est surtout connu à travers le monde pour ses
célèbres tambours qui ont joué un rôle extrêmement important dans la
construction du Burundi monarchique. Le mot « ingoma » signifie à la
fois « tambour » et « royaume ». Les tambours étaient le symbole du pouvoir
royal. Les tambourinaires du Burundi sont devenus très célèbres à travers le
monde. L'UNESCO a inscrit (le 27 avril 2014) l'art des tambourinaires sur la
liste du patrimoine mondial. Désormais, « Tous les Barundi devraient
en être fiers, car il va être protégé dans sa forme de sacralité et je pense
que cela va permettre aux Barundi de se rendre compte de cette richesse
culturelle que nous avons », a-t-il, à RFI, Léonce Ngabo ambassadeurs
culturel Burundais.
INGOMA:TAMBOUR
En dehors du tambour, le folklore burundais
reste très varié avec des spécificités régionales assez marqués telles la danse
Intore en Province de Kirundo, l’Agasimbo et l’Umuyebe en province Makamba, l’Umutsibo
dans la région de Buyogoma, l’Umuhanga
dans la province Bururi, l’Ihuruma
et l’Ubudemera dans la région de
Kumoso, l’Urwedengwe en province de
Ngozi etc. Une grande richesse est également observée au niveau de la poésie pastorale, la poésie épique et des berceuses,
INTORE
Sources : https://www.google.com/search?q=intore&client=firefox-b-d&sxsrf=ALiCzsZQPirfkz9vx13
UMUYEBE
Source :
Akeza net
UBUDEMERA
Source : Akeza net
INSTRUMENT
MUCISAUX TRADITIONNELS : IBICURARANGISHO KAMA
UMUDURI
IKIMBE
Source :
Google
INDONONGO
Source :
Google
INANGA
1.6. Sites historiques, musées, monuments et aires
protégées
Les
sites historiques du Burundi sont liés à plusieurs aspects dont le pouvoir monarchique et le culte de « Kiranga » qui,
selon la croyance des Barundi servait d’intermédiaire entre Dieu et les hommes.
Le Burundi compte plusieurs monuments
répartis sur tout le territoire national entre autre les ibigabiro royaux et d’autre monument entre autre le mausolée Prince Louis Rwagasore, le monument
de l’unité, la pierre dressée pour commémorer la rencontre des explorateurs
Stanley et Livingstone à 10 km de
Bujumbura vers le sud, la pyramide
érigée sur la source la plus méridionale du fleuve Nil à plus de 2.000 m
d’altitude à 114 km de la capitale, l’ancien
château Mauss transformé en hôtel restaurant, à Rumonge, l’ancien palais du roi Mwambutsa Bangiricenge à
Gitega, le sanctuaire de la Vierge
Marie de Mugera, les chuttes de
mwishanga, etc.
MAUSOLEE DU
PRINCE LOUIS RWAGASORE ET PIERRE STANLEY ET LIVINGSTONE
Source : https://medihal.archives-ouvertes.fr/medihal-00913517
MONUMENT
DE L’UNITE NATIONALE ET PALAIS DU ROIS MWAMBUTSA
Source : Akeza
net
1.7. Les rituels et
rites y associés
Deux
rituels ont marqué l’histoire du Burundi. Il s'agit de l’intronisation du roi et de la cérémonie dite « Umuganuro ». Selon les historiens,
l’intronisation du roi comportait plusieurs phases dont le choix d’une vestale
pour le culte complexe du tambour « Karyenda » (le tambour égide du
Burundi), qui était conservé sur le flanc ouest du mont Saga (Mbuye). Pendant
la colonisation, la cérémonie d' « Umuganuro », appelée aussi
« fête des semailles »
était la plus importante des fêtes rituelles de la monarchie. La cérémonie
avait lieu annuellement au mois de décembre et au cours de laquelle le roi
donnait l’autorisation de commencer les semailles de sorgho. Soulignons que
c'est en 1929 que l’administration coloniale interdit cette fête sacrée et actuellement
peu nombreux sont les Barundi qui en connaissent la substance. On notera aussi quelques fêtes nationales et jours fériés fort en
signification selon le contexte notamment : la fête du travail célébrée le 1er mai, la fête de l’Unité nationale célébrée le 5
février, la fête de l’Indépendance
nationale célébrée le 1er juillet, la fête de l’Assomption, célébrée le 15 août, la commémoration
de l’assassinat du Prince Louis
Rwagasore, héros de l’indépendance, le 13 octobre, la commémoration de l'assassinat du
Président Melchior Ndadaye, héros de la démocratie, le 21 octobre, la fête
de la Toussaint, célébrée le 1er
novembre, la commémoration de la
naissance de Jésus Christ, le 25 décembre, l'Aid-al-Fitr, ou fin du Ramadan, et l'Aïd el kebir, ou fête du
mouton qui n'ont pas de dates précises, etc.
2. La sauvegarde de la culture burundaise:
enjeux et défis
2.1. La culture
nationale comme valeur à sauvegarder jalousement
A
part que le patrimoine culturel peut contribuer à la consolidation de l’Etat-Nation, il représente aussi une immense valeur socioéconomique. La sauvegarde
de la culture nationale doit donc faire partie des préoccupations des pouvoirs
publics et d’autres parties prenantes, en l'occurrence les privés. Ces préoccupations
se situent dans un cadre national, régional et même international. Il est
intéressant de noter la prise en compte de la sauvegarde du patrimoine culturel
dans les principaux textes de planification et dans les différentes
manifestations auxquelles des privées prennent une part active. En effet, des
initiatives privées s’associent aux pouvoirs publics pour sauvegarder et faire
progresser la culture nationale.
2.1.1. La culture nationale dans les textes de planification
Selon
la Vision 2025, le pays est bâti sur une société de droit qui jouit de son
patrimoine culturel riche et diversifié. En outre, la Vision « Burundi 2025 »
se donne comme objectif de valoriser la richesse culturelle du Burundi afin
qu’il devienne le pays phare de la culture sous régionale à travers différentes
manifestations socio-culturelles propres au terroir national. Pour concrétiser
cet
objectif, la Vision 2025 prévoit que le kirundi sera renforcé notamment en
renouant avec la littérature burundaise composée essentiellement de contes, de
proverbes (les bitito, les migani, les bisokozo, etc..) de poésie, de théâtres (ces éléments feront
partie des séries ultérieures[11]). C’est
pour cet effet que l’université du Burundi a instauré l’académie rundi dans le but de renforcer la langue maternelle[12].
Le
PNDB[13]
2018-2027 note d’abord les performances
réalisées dans le domaine de la culture, dont :
i)
l’inscription du Tambour sur la liste du
patrimoine mondial,
ii)
la préparation des textes d’adhésion sur
la protection des œuvres littéraires et artistiques et d’autres traités
internationaux,
iii)
la validation de la Politique Nationale
de la Propriété Intellectuelle
iv)
la mise à jour de l’inventaire du
patrimoine culturel immatériel burundais.[14]
Malgré
les performances enregistrées dans le domaine, le PNDB relève certains enjeux à
mettre en évidence : la visibilité des activités culturelles et des beaux-arts
du Burundi ; l’augmentation des centres d’exposition des objets d’art ; le
soutien aux orchestres traditionnels (inanga, ikembe, etc.) et le
rétablissement,
la revalorisation et la sauvegarde du patrimoine et de l’industrie culturels.
Le pays capitalisera sur les initiatives des clubs culturels qui ont fait
connaître et aimer les danses folkloriques en mettant en relief les spécificités
régionales.
Comme
perspectives, le PNDB se fixe l’objectif de promouvoir et protéger le
patrimoine culturel et naturel. Il se donne le programme de rétablissement, de
revalorisation et de sauvegarde du patrimoine culturel et naturel et
développement de l'industrie culturelle et créative. Il prévoit des projets de
:
i) redynamisation
des valeurs culturelles burundaises au service de la cohésion sociale[15],
au développement et au changement des mentalités,
ii) aménagement
des infrastructures culturelles, réhabilitation et restauration des musées, des
sites historiques et des monuments,
iii) appui
à la créativité artistique et littéraire, les spectacles et les loisirs,
promotion et protection du droit d’auteur,
iv) promotion
des archives et revalorisation de la bibliothèque nationale.
A
ces textes de planification, il faut ajouter l’adoption en 2005 de la loi
relative aux droits d’auteur, du document de Politique Culturelle en 2007, de
la mise en place de l’office burundais du droit d’auteur : comité d’éthique.
2.1.2. Etude des
cas pour l’authenticité du patrimoine
culturel: cas des contes pour l’éducation des enfants et l’épanouissement des
liens sociaux
2.1.2.1. Education:
interprétation interactionniste des contes
Selon l’anthropologue A. NTABONA, l’école familiale du soir avait pour but
l’évaluation, expériences vécues, personnes rencontrées, succès, et échecs de
la journée[16].
Selon lui, les parents aidaient les
enfants à interposer ce qu’ils avaient vécu en l’insérant dans ce grand
ensemble de la société, à travers un récit qui mettait en scène un personnage.
Une fois assimilait la narration, l’enfant apprenait sans effort ni violence à
remettre en question certaines de ses attitudes et en améliorer certains autres.
L’objectif de la narration était de situer les évènements de la vie
quotidienne, de façon que le présent intègre le passe pour préparer l’avenir.
«(…) visiblement, la véritable veillée au coin feu (igiteramo), était très souvent une
soirée littéraire. C’était par exemple le meilleur moyen d’acquérir un hôte. Et
ce d’une part de transmettre un patrimoine culturel et d’autre part pour
vérifier le présent et lui donner un sens» [17]
IGITERAMO : AUTOUR DU FEU
Pour
Petitat[18],
dans la culture burundaise, la culture de l’enfant est envisagée à partir d’une
analyse de la dynamique du voilement
et dévoilement dans les
interactions. Les contes sont des mises en scène drôle ou dramatique de nos
virtualités relationnelles, Le conte est considéré comme un voyage symbolique, mobilisant les ressources de l’imaginaire
dans les virtualités de la réversibilité.
L’intériorisation
des contes renvoie aux trois axes symboliques:
1) Les
représentations mentales visibles et invisibles ; recours à la virtualité
du dit et du non-dit sans explication
2) Métamorphose
imaginaires et jeux avec le réfèrent ; autonomie entre signes et réfèrent
3) Respect/
transgression des conventions ; « l’enfant
(adulte) reçoit dans les conte l’image finalement assez réaliste de la
condition d’homme symbolique, c'est-à-dire d’homme dont la liberté et
l’apprentissage de la liberté passent par un jeu de voilement/ dévoilement autours de règles,
dont le respect et la défense des convention s’effectuent à travers des
transgressions et des érosions permutantes dans une fragilité et une
incertitude qui fournissent trame de nos drames et de nos amusements quotidien»[19].
2.1.2.2 Rituels:
rapports sociaux ou devoir de proximité
Historiens
et sociologues affirment et observent
une dé-ritualisation de nos
sociétés par des influences extérieures, or la vie humaine était
traditionnellement décrite par des rites de passage:
1) A
la naissance : assistance familiale ; présentation des cadeaux et
félicitations aussi pour le rétablissement de la mère. Dans les milieux urbains
(chez les évolués, « intellectuels »), l’évènement prend une autre
allure sous l’angle de soutien
moral
et matériel : « bride baby[20] ».
2) Au
tour du mariage : soutien ; moral et matériel ; contribution à
la réussite du mariage. Le « bride[21] »
sert de cette utilité chez les jeunes contemporains.
3) A
la mort: tout pour rendre à la famille endeuillée la douleur moins atroce, mais
aussi éviter de signifier par son absence que l’on auteur de la mort qui a semé
la terreur autour de soin. Assistance et aux cérémonies d’enterrement, frais
nécessaire. Pratique méritant l’hommage traditionnellement dit « udukwi »,
« ibidyazagu ».
4) Travaux
communautaire: tout le monde est impliqué ; car tout le monde
s’attend à bénéficier des mêmes
avantages, se désintéresser
d’une seule action, c’est se
montrer insociable, ennemi de la solidarité et nuire pour la mise à la bonne
relation de la société.[22]
« Guhinda ikibiri » dans le langage traditionnel.
2.2. Défis de la sauvegarde du patrimoine culturel
burundaise
2.2.1. Progressisme et dégradation de la culture burundaise
Plus
haut, le kirundi a été décrit comme la langue nationale parlée et comprise par
l’ensemble de la population. Nombreux sont les Barundi qui sont très fiers de
leur langue et la considèrent comme une aubaine. Toutefois, le « progressisme » fait que certains Barundi,
une minorité certes, surtout ceux que l'on considère comme des
« intellectuels » encouragent leurs enfants à apprendre le français
ou l'anglais au détriment du kirundi. Au salon, certains parents sont très
fiers quand leurs enfants savent mieux s’exprimer en français (expression impeccable)
devant des visiteurs, même s'ils sont incapables de formuler une seule phrase
en kirundi.
Le
même « progressisme » fait que dans certains ménages des milieux
urbains, les parents ne sont pas inquiets quand leurs enfants ne parlent que le
Kirundi. Bien évidemment, moins nombreux sont des parents qui disposent mois de
connaissances et compétences à propos des contes, « imigani » la poésie dite « ibicuba » pour les apprendre à leurs enfants. Les chansons,
les poèmes, les contes, les proverbes et les dictons qui étaient déclamés le
soir, autour du feu « kuziko », par les ancêtres en
faveur de leurs enfants, de leurs petits-fils et petites-filles, ne le sont plus
à grande échelle comme c'était autrefois.
Cependant,
la connaissance des langues n’est pas à ignorer car à côte de la fierté
nationale, nous avons besoins d’autres compétences et performances.
Le
« progressisme » est aussi observé au niveau de la croyance où
les guérisseurs
ou les tradi-praticiens[23]
sont considères comme de purs charlatans qui ne devraient même pas exercer leur
métier en face de la médecine moderne.
Dans
la vie quotidienne, certains rites et
cérémonies sont dépouilles de sens d’où la pire dégradation ritualiste.
Avant
la dot, les deux familles des futurs
époux organisent la fameuse pré-dot, « gusaba amarembo » en
kirundi qui est une fête qui n'est pas des moins considération. Au départ, ce
premier contact avait pour but de fixer le montant de la dot. Aujourd'hui, ce
sont les fiancés qui se mettent d'accord entre eux pour fixer ce montant. Les
parents à peine sont informés de la date du mariage précédée pour la plus part
des cas la matinée (du jour de mariage) dans un endroit autre que dans leur
familles : « salle de réception ».
La
cérémonie du mariage et d’autre y
relatives entre autre la fête de levée de voile sont n’ont en aucun cas de
raison d’être. Au fond on n’y trouve aucune réalité. Les aspects extérieurs
tels que location de la salle de fête, les véhicules, les décorations, la
sonorisation, etc. Sont devenus prioritaires.
Dans
le passé la cérémonie de levée de voile
avait généralement lieu le lendemain du mariage. Aujourd'hui, il y a des
familles qui, voulant faire des économies, battent le record d'organiser la
dot, le mariage civil, le mariage religieux et la levée de voile le même jour.
Elles réussissent cet exploit mais nombreux sont ceux qui estiment qu’une telle
organisation est une dénaturation des cérémonies. C’est une atteinte à la
culture nationale.
La levée de deuil ;
normalement la levée de deuil se fait en temps : la levée de deuil provisoire
qui consiste à honorer la mémoire du défunt pendant une semaine et la levée
deuil définitive qui est organisée interviendra en général une année après.
Pour l’Abbé NTABONA, les gens ont détourné le sens symbolique du rituel.
Auparavant, les invités offraient des cadeaux utiles en nature (vivres, bois de
chauffage, poules, chèvres) pour soutenir la famille éprouvée et attirer sur
elle la bénédiction divine ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Grosso modo, le présent parcours a pour objectif
d’analyser et se faire une idée sur de la mobilité de la culture et son
enjeu dans la vie momentanée car l’essentiel est de pouvoir se situer selon le
sens ethnocentriste. Selon les différentes séries constituant les
éléments culturels l’un après l’autre, il question dans la présente de tenir
compte des potentiels socio-culturels
sur base desquels on pourrait s’appuyer afin de pouvoir mieux s’adapter. Bien
évidemment, il nous faut accepter tacitement les
richesses de la culture locale, les modèles et les traditions sur bases
desquelles l’un ou l’autre peut prendre comme
référence. L’idée motrice sur
base de laquelle s’articule la présente est la suivante:
l’analyse et
l’interprétation des dynamiques de changement socioculturels, socio-politiques,
socioéconomique constitue la clé pour mieux s’adapter. Une
rétrospective sur la religion traditionnel marque le début de notre parcours.
La religion traditionnelle est tenue donc pour le premier numéro.
LE CULTE D’IMANA AU BURUNDI[24]
La religion traditionnelle au Burundi
Nous,
la génération d’aujourd’hui, avons le risque de ne rien connaître, ne fût-ce
qu’une idée sur ce qu’a été notre tradition. Nous sommes souvent transportés
par certaines tendances (nouvelle éthique mondiale) comme si nous n’étions pas
intéressés du passé de notre chère patrie. Par exemple, c’est par écho ou par
ouï-dire que la plupart des jeunes arrivent à connaître quelques éléments
fondamentaux qui avaient caractérisé jadis, leur tradition. Heureusement que
quelques personnes de référence se sont données corps et âmes pour nous laisser
quelques traces à travers leurs écrits.
Avant
l’arrivée du christianisme au Burundi, les
Barundi comme tant d’autres peuples avaient la connaissance d’un Dieu
suprême, créateur de toutes choses, celui qui donne l’être aux êtres : IMANA.
Ils avaient leur manière de s’exprimer devant cet Etre suprême, la manière dont
ils le professaient. A partir des
attributs donnés par les Barundi, exprimant l’existence, la nature et l’action
d’Imana, nous avons cette assurance que jadis, malgré les mutations accordées
par le christianisme, la religion de l’Imanisme avait le fondement en un seul
Dieu créateur de toutes choses. La présente intervient le lendemain de
l’ouverture de l’année jubilaire de 125 ans de l’existence de l’église catholique
au Burundi : la religion qui a plus déplumé la croyance traditionnelle en
Imana.
En
effet, après avoir été convaincu que les Barundi croyaient en Imana qui est le
principe de tout d’où émanent toutes
choses. On peut se demander s’il y a
une
différence entre Imana dont parlaient
déjà les Barundi et Dieu révélé par
Jésus Christ qui nous est enseigné par les missionnaires. Inspiré par l’œuvre, Le fondement de l’Imanisme ou religion
traditionnelle du Burundi, de Jean Baptiste BIGANGARA, nous allons passer en
revue le sens et le fondement du terme « Imana ». Et enfin, nous allons nous focaliser sur le culte d’Imana exprimé
sous deux aspects : le culte direct à Imana et le culte intermédiaire à travers
Kiranga. Nous allons parler aussi, voir qui est Kiranga, son origine, ses
relations avec les hommes. Nous conclurons avec le souhait d’une part, de
partager notre ancienne croyance, d’autre part de nous enrichir de l’apport du
christianisme.
I.
Historique du terme « Imana » et le problème d’inculturation
au Burundi
Après
une longue analyse menée par BIGANGARA, j’aimerais souligner quelques sens
donnés à Imana : Imana qui vient du verbe kubana, être avec, habiter avec. Imana qui vient du verbe Kumana, être à côté
de, se tenir vers le sommet de quelques choses ; (Kumana : se tenir sur). Donc
Imana signifie l’être par excellence qui est au-dessus de tout[25].
Selon le même auteur le terme Imana est un nom propre que les Barundi ont
toujours employé pour désigner la divinité.
Le nom par excellence dont ils se servent pour désigner cet Etre au-dessus
de tout, maître de tout, tout puissant, origine de tout, bienfaisant. A la
venue des missionnaires, le terme
riche pour les Barundi avait subi une transition en terme « Mungu » terme
étranger importé par les missionnaires dans le but de vouloir implanter dans
l’Esprit des Barundi le Dieu du Burundi comme ils disaient. Prétendant qu’Imana
c’est « le Dieu des païens Barundi »[26].
Soulignons que Mungu est un terme swahili utilisé sans doute dans les pays
limitrophes qui précèdent le Burundi en termes d’évangélisation. Certes,
faisant adopter le terme Mungu, ils
avaient l’intention de changer au fur du temps la mentalité gravée dans
l’esprit des Barundi du terme Imana. Cependant, cela n’a pas été facile du fait
que le terme « Imana » fut enraciné dans leur culture pendant que le terme «
Mungu » avait reçu une autre connotation qui lui est étranger. « Beaucoup des gens étaient choqués de
l’employer, non seulement parce que le mot était étranger mais surtout parce
que ce terme en kirundi avait une résonnance choquante qui fait penser, au mot
Imungu »[27], qui
veut dire en langue locale un insecte qui ronge le bois et d’autres plantes,
d’où le terme Mungu importé par les missionnaires n’a pas été bien accueilli
chez les Barundi faisant référence à ce terme rundi « Imungu » qui leur faisait
subir tant de sort mauvais. Ceux qui adhéraient à Mungu, ils étaient mal
considérés dans la société avec un rapproche d’adhérer à un « Mungu » ou «
Imungu ». Telle est donc l’une des conséquences ou problèmes d’inculturation
qu’avaient subi les missionnaires en voulant mettre à part ce qui est ancré dans la culture. Heureusement le
terme Imana a gardé sa consistance
surtout dans certains écrits, voir même officielle puisque l’officiel n’a
jamais donné son avis et ordinairement le mot est employé souvent à travers les
expressions, les noms, les souhaits,
etc. et plus tard dans le domaine religieux, ce terme avait repris sa
place grâce au Concile de Vatican II. Qui mit en valeur le sens de
l’inculturation.
I.1.Les autres
sens du concept Imana
Le
terme Imana dans la tradition burundaise a
d’autres sens, ce qui a semé la confusion surtout pour les étrangers.
Peut-être je pense même que les missionnaires voudraient détruire radicalement
le mot « Imana » dans les
esprits
des Barundi en instituant le terme « Mungu » dont nous avons parlé tout à
l’heure. Voici donc les autres sens d’Imana :
1) Le
roi était parfois appelé Imana. Il était intermédiaire entre Dieu et les
Barundi. Il était sensé être l’élu d’Imana. Il tenait d’Imana son pouvoir. Il
était lui seul, occasionnellement qui réalisait vraiment le rôle de
représentant d’Imana d’où il était appelé Imana.
2) Les
maris étaient appelés Imana par leur femmes du fait que l’homme dans la culture
burundaise était toujors considéré comme protecteur de sa femme d’où elle
appelait son mari imana. Dans le cas d’un homme irresponsable, ce titre lui
était radicalement privé.
3) Le
mouton blanc, surtout mâle est imana, symboliquement le mouton est pacifique,
doux, patient. Il caractérise le sacré et est réservé pour un sacrifice, dans le culte de
Kiranga.
4) Il
y a aussi des arbres : réservés pour la construction des huttes, lieu où on
rend le culte à Kiranga. Ceux-ci aussi sont appelés imana.
5) Kiranga appelé aussi occasionnellement imana.
I.2.Les
attributs d’Imana selon la conception burundaise (noms imanistes)
C’est en partant du monde matériel que les Barundi
ont pu découvrir la nécessité d’Imana, comme par exemple, la cause première.
Dans leur vie quotidienne, ils avaient l’expérience de la contingence et des limites des êtres
qui les entourent en commençant par eux-mêmes. Dans toutes les époques, la
question de l’existence de Dieu a toujours été primordiale. Prenons l’exemple
de l’antiquité ici représentée par Platon. Celui-ci affirme l’existence d’un
Etre suprême par des preuves dites : preuve par ordre du monde et preuves par
le mouvement. Platon comprend que l’ordre partout visible ne peut s’expliquer
sans
une Intelligence souveraine, organisatrice du cosmos. Aussi dit-il que tout
mouvement suppose une cause, c’est-à-dire un moteur qui précède ce mouvement et
le communique ; il faut un premier qui soit source de tout le mouvement.
Celui-ci n’est autre que Dieu. C’est aussi le cas de saint Thomas d’Aquin qui
prouve l’existence de Dieu suivant les cinq voies ou preuves de l’existence de
Dieu : preuve par la voie du mouvement, de la contingence, des degrés de
perfection, de la causalité efficiente et enfin de la finitude. Cet ordre
d’idées, on peut parler aussi de saint Anselme qui montre comment et à partir
de ce monde-ci, on peut parvenir à Dieu par des preuves dits preuves à
posteriori : comme il existe des choses bonnes, il doit y avoir une bonté absolue ; en partant de
l’idée de la grandeur, cela exige la souveraine grandeur ; comme tout ce qui
existe, existe en vertu de quelque chose, il existe aussi un être suprême ; et
comme on constate ici des degrés de perfection, exige aussi une première
perfection absolue. Tout cela est expliqué à partir du monde sensible. Pour
notre cas, les Barundi aussi ont leur manière d’affirmer l’existence de cet
Etre suprême partant de l’expérience quotidiennement sensible souvent à partir des noms imanistes ou
attributs classés en catégories exprimant l’existence d’Imana.
I.2.1. Les
attributs d’Imana[28] :
1) Iyamaho
: l’être éternel, Dieu éternel, Infini
2) Iyamyeho : celui qi a toujours été,
l’être éternel, Dieu éternel, Infini
3) Nyawamaho : à côté de, Dieu éternel
4) Iyambere
: l’Etre premier, Principe premier
5) Iyakare
: Premier principe
6) Indemyi
: le créateur
7) Rurema
: le créateur
8) Rugira
: le Faiseur, le Créateur
9) Inganji : le Vainqueur, le
Gouvernant, l’Absolu Inconditionnel : Imana est maître de toutes les créatures,
Imana à côté de
10)
Rugaba
: le Maître, le Donateur, le Généreux par excellence : Imana à côté de, le
Distributeur, le maître de ce qu’il donne et de ceux auxquels il donne. Le
plein parfait Imana fait subsister toutes les choses en leur donnant tout pour
accomplir leur destinée, les oriente vers un équilibre parfait. La lecture parallèle et/ou comparative avec
saint Thomas d’Aquin lorsqu’il explique les attributs de Dieu, n’est pas loin
avec la réalité burundaise dans le sens où en permanence, les barundi chante et
acclame la toute-puissance d’Imana. Saint Thomas d’Aquin énumère huit
attributs de Dieu à savoir : la simplicité, la perfection, l’infinité,
l’omniprésence,
l’immutabilité,
l’éternité
et l’unicité
de Dieu[29].
Ainsi nous pouvons constater que l’Imana dont préférés les barundi et le Dieu
révélé par les missionnaire est l’unique malgré que les missionnaires ont donné
une connotatif autre à l’Imana.
II. Le culte
d’Imana au Burundi
Nous
avons déjà vu que les Barundi par l’expérience quotidienne ont pu découvrir
l’Etre suprême juste en s’interrogent sur l’origine des choses ; ils étaient
conscient de la finitude des êtres crées. Par conséquent, les Barundi comme
tous les autres peuples, ont des sentiments de gratitudes envers cet Etre
suprême
et ils ont cherché comment entrer en
relation avec celui-ci tout en espérant trouver chez lui le bonheur durable, la
protection et le secours. Bref, la manière dont les Barundi s’exprimaient
ordinairement rendait témoignage et constituait leur moyen de prier directement
Imana. Cela est donc réalisé à travers le culte rendu à Imana : Culte direct et culte
intermédiaires
II .1. Le culte
direct d’Imana
Le
culte direct est soit individuel, soit communautaire. Le culte rendu à Imana sous-entend
un triple aspect: D’abord, la reconnaissance
de la grandeur d’Imana: tout dépend de lui sans aucune influence externe.
Cela est manifesté dans les attributs donnés à Imana ou noms imanistes.
Ensuite,
le culte (prière) continuel et permanant
: la manière de donner les noms à ses enfant en y intégrant le phonème « Imana
» constitue un mode de culte continuel et permanent adressé à l’Etre suprême car une personne qui porte
ce type de nom durant sa vie, aura conscience qu’il est né dans des
circonstances établies par ses parents en rapport avec Imana. Quiconque entend
son nom penserait à Imana et aux bienfaits accomplis par ce dernier non
seulement pour le détenteur du nom mais aussi pour tout le monde. Certaines
expressions ou souhaits relatifs à cet Etre suprême ainsi que les salutations
ont le même objet de rendre témoignage et de prière à Imana d’où le troisième
aspect d’annoncer les merveilles d’Imana à temps et à contre temps[30],
on dirait de l’aspect missionnaire.
Par exemple, « lorsqu’un Murundi dit un proverbe à un autre Murundi, ce n’est pas
seulement un comportement théorique, mais l’intention du locuteur est une
invitation à la réalisation du contenu du proverbe .Un Murndi qui dit un proverbe
relatif à Imana à une
autre personne le fait dans le but
de demander à l’Etre suprême de réaliser pour l’auditeur ce qu’exprime le
proverbe en question »[31].
II.1.1. Pratique
dans le culte extérieur envers Imana[32]
Comme
dans la liturgie chrétienne, les Barundi se servaient des symboles pour rendre
un culte à Imana. Les symboles selon la liturgie chrétienne, « sont des signes qui expriment ce qu’on ne
peut pas voir ou ce qu’on ne peut percevoir que difficilement. Si quelqu’un
offre une rose à une autre personne, il veut dire que cette personne lui est
chère. Même s’il ne le dit pas avec des
mots»[33]. Les
symboles dans la liturgie chrétienne expriment ainsi. Pareil, était le même cas
pour le culte que faisaient les Barundi. Voici quelques symboles (comparable au
rituel sacramentel et sacramentaux qui nous viennent de la religion chrétienne[34])
qui accompagnés par des prières ou non, constituaient le culte envers Imana :
1) Petite quantité d’eau d’Imana
(utuzi tw’Imana) : L’eau symbolise la vie. Aucun ménage n’ose passer une nuit
sans avoir au moins une petite
quantité
d’eau dans la maison. La conception vulgaire dit qu’Imana en créant peut se
servir de l’eau. On doit donc être préoccupé de la présence
d’Imana
pour la survie de l’homme. Surtout la naissance des enfants dans ladite
famille.
2) Le petit feu d’Imana
(akariro k’Imana) : Dans chaque famille, ce petit feu doit être entretenu
(Umuvumbiko), surtout durant la nuit. Il symbolise l’amour qui doit régner
entre les époux, et la présence d’Imana.
3) L’habit
d’Imana (Indabe y’Imana) : la jeune mariée porte cet habit (de fabrication
locale) au moment d’accomplir les relations sexuelles. C’est une sorte de
prière de la jeune mariée pour demander
la bénédiction afin qu’elle ait des enfants ; il s’agit là d’une nouvelle
famille.
4) La petite ouverture d’Imana
(Indorero y’Imana) : En construisant une maison, on laisse une petite ouverture
pour qu’Imana regarde les habitants de la maison et les bénisse. Tout cela
exprime la prière continuelle et permanente dans la tradition burundaise.
Le
rite symbolique, dans la religion de l’imanisme que dans la religion chrétienne, fait éloge à la
substance même et non aux symboles physiques. Ces derniers importent peu mais
en même temps élève l’esprit vers l’au-delà.
II.2. Le culte
indirect à Imana : le culte de kiranga
II.2.1. Qui est kiranga ?
Kiranga
porte trois noms selon la tradition burundo-rwando : soit Kiranga, soit
Ryangombe soit Kiranga-Ryangombe désignant le grand esprit, souvent appelé
Kiranga tout court. Kiranga veut dire celui qui montre, qui indique.
II .2 .2. Origine, historique de kiranga[35]
L’origine
de ce grand esprit pose des problèmes. Certains pensent qu’il est d’origine
céleste mais cela ne tient pas du tout. Kiranga est d’origine humaine. Et
d’ailleurs, il est le fils de BABINGA fils de NYUNDO, ayant comme femme Muka-kiranga
et comme fils INAKAJUMBU et BINEGO. Kiranga était le chef religieux des adeptes
initiés : Ibihweba. Pour ce qui est de la date et le lieu de naissance, on n’en
sait rien. Souvent on aime dire qu’il serait né à Nduga (Rwanda) aux environs
du XVI ème siècle. Il est mort à la chasse tué par une antilope. Après sa mort,
Kiranga reste au service des hommes en relation avec Imana. Il devient un
esprit parmi les esprits des ancêtres, mais il est plus grand que tous. Il
n’est pas Imana comme le concevraient tant de personnes étrangères de la
culture burundaise, plutôt il est chef des esprits inférieurs, médiateur entre
les hommes et l’Etre suprême. Il est donc le représentant d’Imana. Kiranga
n’est pas Imana mais souvent il est
appelé Imana comme il était considéré comme intermédiaire entre les divinités
et les hommes. En réalité il n’est pas Imana mais son représentant.
II.2.3. Le culte de Kiranga, Esprit
intermédiaire, est un culte indirect à Imana
Comme
Kiranga est devenu un esprit parmi les autres esprits après sa mort son culte
nécessite l’institution (des ministres) et l’initiation des ministres à son service.
Les ministres sont présents physiquement tandis que Kiranga s’incarne en eux au
cours des cérémonies. « Kiranga
est sensé prendre possession d’une personne. (…) La personne dont il prend perd
momentanément sa
personnalité et devient
Kiranga lui- même»[36].
La personne dont il a pris possession tient par les deux mains un petit bâton
(icumu ry’umuhuga) lorsque il siège pour être prié.
Comme
c’était normal, on s’adresse à Kiranga soit étant en réunions publics,
soit en particulier, en famille, soit
même individuellement pour l’honorer, l’implorer, lui faire des vœux, le
remercier, lui faire offrande, d’où
Kiranga a deux cultes : public et
privé. Quant au culte public, la présence de Kiranga devant un public assez
grand et diversifié ; au cours des cérémonies chacun venait se présenter devant
le grand Kiranga et lui demander des faveurs. Retenons que toutes ces
cérémonies se faisaient d’habitude la nuit dans une hutte ad hoc, petite hutte
d’occasion faite des arbres sacrés.
II.2.4.Quelques occasions
principales du culte public[37]
1) Aux
initiations des ministres de culte ;
2) A
l’occasion d’une maladie appelée intezi ;
3) A
la reprise de cette maladie chez les initiés ;
4) Pour
remercier Kiranga d’une faveur obtenue ou s’acquitter d’une promesse ;
5) A
l’occasion d’un mariage d’une fille initiée et à l’occasion de la naissance des
jumeaux, même s’ils sont morts
Quant au culte privé, Les individus
s’adressaient à Kiranga soit en particulier, soit en comité restreint, soit en
famille. Kiranga était souvent absent mais chaque famille devrait avoir un lieu
réservé à Kiranga pour le culte « Igitabo
». Souvent on y déposait un peu de
bière, de nourriture en l’honneur du grand
maître lui adressant des prières.
Quelqu’un est-il dans l’angoisse, dans la misère, il ira offrir de la bière à
Kiranga pour retrouver la consolation et la joie.
Souvent on le faisait aussi à la croisée
des chemins, surtout les jeunes filles qui demandaient à Kiranga un mari ou une
autre faveur.
IGITABO
II.3.Les cultes des morts
Le
culte des morts pour les Barundi justifiait deux réalités à savoir
l’immortalité de l’âme humaine et la communion entre les vivants et les morts[38].
Les célébrations pour les défunts
consolident « les liens profonds
qui unissent
les
morts et les vivants »[39]
selon la conception chrétienne. Sans doute ces deux réalités coïncident avec
les deux derniers articles du credo. Mais aussi les Barundi avaient peur des
esprits de leurs ancêtres. Ils s’occupaient d’eux pour « les
calmer afin qu’ils ne nuisent nuire aux membres de la famille lorsque ces
derniers les oublient ou n’observent pas les prescriptions contenues dans les
testaments qu’ils ont laissé »[40].
La première chose à faire pour ce culte
est de construire un lieu adéquat, lieu de repos appelé indaro. On y étend un petit foyen composé de trois pierres, trois
objets parmi ceux qu’il aimait, certains des objets qu’il a laissés et qu’il
aimait (les bisigi[41])
: le cas d’un grand-père. Comme offrande, elle est composée d’une bonne
nourriture bien préparée, de la pâte d’éleusine, d’un peu de viande, de lait ou
de la bière. Tout le monde c'est-à-dire les membres de la famille mangent de
cette nourriture et le reste est gardé sur le feu jusqu’au lendemain. Ce rite est accompagné par une prière : « Grand-père nous offrons ces vivres,
grand-père agrée le, ne nous fait pas du tort, Cesse de nous rendre malades.
Protège nous, donne nous des forces »[42].Tout
cela se faisait le soir dans l’endroit réservé.
Ce qu’on peut retenir dans ce culte est
que les Barundi ne croyaient pas à l’anéantissement de l’homme après sa mort,
ils croyaient à l’immortalité de l’âme. Les défunts étaient toujours considérés
comme si, ils vivaient avec la famille. Le but de ce culte était la communion
entre les vivants et les morts de
la
même famille. N’est-ce pas la foi chrétienne ? Pourquoi ne pas marier la
religion de l’imanisme d’avec la religion chrétienne en l’honneur d’Imana ?
CONCLUSION
Pour clore, rappelons-nous encore une fois
que, les Barundi, vue par l’expérience quotidienne, avaient en eux le sens
profond d’Imana. Imana est ancré dans leurs esprits suivant la conception
culturelle. C’est un être avec, un Etre à côté de, un Etre habité avec, l’être
par excellence qui est au-dessus de tout être. Tout dépend de Lui et sans Lui
rien n’a de sens. Il est l’unique Etre mérité d’être honoré comme on l’exprime dans le langage ordinaire soit par
des noms donnés aux enfants, soit par les salutations, soit par les souhaits,
etc. Le culte rendu à Imana soit en public ou privé vient pour justifier la
reconnaissance qu’avaient les Barundi que l’Imana est le maître de toutes
créatures. En Lui seul la gloire et l’honneur. Différentes manières dont nous
avons déjà parlé montrent comment les
Barundi réalisent le culte à Imana soit le culte direct ou le culte
intermédiaire. Certes, le culte indirect ou intermédiaire était beaucoup plus
populaire que le culte direct ce qui aurait suscité des reproches que les
Barundi ne priaient pas Imana mais Kiranga. Mais en réalité, les cultes rendus
aux esprits intermédiaires s’adressent indirectement à Imana. Seulement, les
Barundi d’un côté avaient une crainte envers Imana, Il est le maître, on
ne pense pas à Lui sans une certaine
crainte, de l’autre côté, c’est vraie les Barundi avaient peur des esprits,
ceux-ci s’ils sont oubliés, peuvent leur causer du mal, donc on doit s’en
occuper d’eux, tandis qu’Imana, essentiellement bon, ne peut jamais faire du tort[43]
mais plutôt capable de leur épargner de tout mal. Et d’ailleurs dans la culture
burundaise,
pour gagner un rendez-vous avec une personne digne comme roi par exemple, on
passe d’abord aux personnes proches de celle-ci ; surtout par exemple la reine
ou la mère du roi et d’autres alliées d’où le culte intermédiaire a un sens
dans la culture. Dans le culte chrétien, on pourrait faire comparaison aux des
dévotions: culte indirect à Dieu.
REFFERENCES
BIBLIOGRAPHIQUES
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sociologie, Sup'Foucher, Paris, 2004
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2) http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html
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MUSICAUX TRADITIONNELS :IBICURARANGISHO KAMA
MAUSOLEE
DU PRINCE LUOIS RWAGASORE ET LA PIERRE STANLEY
ET LIVINGSTONE
MUNUMENT DE L'UNITE NATIONALE ET
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[1] E. NORBERT trad. par K. PIERRE, La
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[2] Melville
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numérique par Jean-Marie Tremblay, Dans le cadre de la collection: "Les
classiques des sciences sociales"
Site web:
http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html
[3] Melville J. HERSKOVITS , Op.cit.,
p. 11
[4] Ibid. p. 12
[5] Melville J. HERSKOVITS, 0p.cit,
p.12
[6] Edward
Sapir (1921), Anthropologie Tome 1 : culture et personnalité, Paris : Éditions
de Minuit, 1967. Un document produit en version numérique par Jean-Marie
Tremblay, Dans le cadre de la collection: "Les classiques
des sciences sociales" Site web: http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html
[7] B. BARBUSSE et D. GLAYMANN,
Introduction à la sociologie, Sup'Foucher, Paris, 2004, p. 86. Cité par,
C-B.MFOUNGUE, Le mariage africain, entre tradition et modernité: étude
socio-anthropologique du couple et du mariage dans la culture gabonaise,
Université Paul Valéry - Montpellier III, 2012 p. 10 ; Disponible en ligne sur
: http : // tel.archives-ouvertes.fr/tel-00735563.
[8] La dynamique de changement
repose sur un principe selon lequel la société et/ou la culture n’est pas une
donnée mais un ajustement approximatif
entre les divers structures. La dynamique de changement pend son point de
départ sur des considérations historiques et met l’accent sur trois
éléments en relation : la crise, l’histoire et l’approche
critique. Le premier engendre de nouvelles sociétés en les situant dans
le temps avec modification de forme et de mode de vie. Le second incite à
chercher et à comprendre les conditions clés du changement cause par le
premier. Le troisième se focalise sur des réalités situées du contexte pour les
replacer dans un ordre après une série de purification. La complémentarité de
ces derniers crée un processus ininterrompu et /ou permanant sous trois ordre
de dynamique à l’œuvre : la reproduction, la réalisation
et le changement en soi. Etant
dans un état permanant, la société et /ou la culture se confronte à des
facteurs internes et externes qui nécessitent une
certaine interprétation ainsi qu’une intégration suivant le
contexte sociale et /ou culturel.
[9] S. NTAHUGA, La conscience de l’essentiel, RPP, Bujumbura, 1997, p. 42.
[10] Nous entrerons en détail dans la
partie ultimement détaillée : la Religion traditionnelle au Burundi
[11]
Série ultérieure : DE LA DEVINITE, CONTE, RECIT, PROVERBE A LA
TELEVISION ET AU CHATING
LES ÉLÉMENTS FONDAMENTAUX DE LA CULTURE BURUNDAISE
EN DÉSUÈTUDE.
LES DEVINETTES(IBISOKOZO), LES
CONTES ET LES RECITS (IMIGANI, IBITITO), LES PROVERBES (IMYIBUTSA) EXISTENT-ILS
DANS L’ORDNAIRES DES BURNDAIS?
[12] République du
Burundi 2011. Vision Burundi 2025. Bujumbura : Ministère du Plan et du
Développement Communal/Cellule prospective. République du Burundi 2018.
[13] PNDB : Programme National
du Développement du Burundi
[14] République du
Burundi, Plan National de Développement du Burundi 2018-2027. Bujumbura.
[15] La réhabilitation
d’ « Intahe yo kumugna »
sera abordée dans les parties ultérieures pour cet effet. Nous invitons à
suivre nous observations et communications ultérieures. Nous vous proposerons
l’intitulé suivant :
Série ultérieure : L’INSTITUTION DES BASHINGANTAHE AU BURUNDI EN MUTATION
DE L’INVESTITURE COUTUMIÈRE AU SUFFRAGE UNIVERSEL DES MEMBRES
DU CONSEIL DES NOTABLES COLLINARES.
LA LECTURE SYNOPTIQUE DES BASHINGANTAHE TRADITIONNELS ET
CONTEMPORAINS EN QUETE DE LA VERITE, DE LA JUSTICE ET DE LA RESOLUTIONS DES
CONFLITS
[16] A. NTABONA cite in Xxx, La civilisation ancienne des peuples des
grands lacs, Karthala, Paris, 1998.
[17] B. Zuure, L’ame du Murundi, edition Beaucherne et fils, 1932.
[18]
A. Petitat, cité in La
civilisation ancienne des peuples des grands lacs, Karthala, Paris, 1998.
[19] Xxx, La civilisation ancienne des peuples des grands lacs, Op.cit.
[20] Les proches de la mère
s’organisent et mettent ensemble leurs moyens qui servent d’acheter pour elle
l’équipement nécessaire répondant aux besoins du nouveau-né composé des habits
et autres. Le soutien (le matériel en matière) lui sera donné et fait de la
surprise le jour d’accouchement dans la cérémonie traditionnellement dite de
« gukeza umuvyeyi ».
[21] Les amis proches de la jeune
mariée s’organisent et mettent ensemble leurs moyens qui servent d’acheter pour
elle l’équipement nécessaire dont elle doit disposer dans son nouveau foyer. Le
soutien (le matériel en matière) lui sera donné et fait de la surprise à la
veille du mariage dans la cérémonie traditionnellement dite « gusiga
umugeni ».
[22] A. NTABONA, cite in Xxx, La civilisation ancienne des peuples des
grands lacs, Op.cit,p. 216
[23] Pratique ayant une connotation satanique
selon la religion chrétienne. La religion chrétienne aussi en plus de la
médecine moderne contribue pour la dénaturation de la médecine traditionnelle.
[24]
Jean Baptiste BIGANGARA, Le fondement de l’Imanisme ou religion
traditionnelle au Burundi, Expression et valeurs africaines burundaises,
Bujumbura, 1984
[25] Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. p.14
[26]
Ibidem, p.9
[27]
Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. p.10
[28]
Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. p.15
[29]
Thomas d’Aquin, La somme théologique, Edition numérique, Mise à disposition sur
des oeuvres complètes de saint Thomas d’Aquin : http://docteurangelique.free.fr,
2008.
[30]
Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. p.104
[31], Ibidem. p.106
[32]
Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit, p.110
[33] G .SCHIKART, Le petit guide du servant de messe,
éd.saint augustin,
[34]
Le sacrement est un
rituel sacré en usage dans la plupart des religions chrétiennes. Selon la
doctrine, un sacrement produit un effet dont la source est Dieu qui donne sa
grâce. Les chrétiens y trouvent le symbole et le moyen d'une alliance entre
Dieu et les hommes. Théologiquement
le sacrement est définit comme
étant un signe destiné à donner ou à augmenter la grâce sanctifiante des
croyants. Le catholicisme en conserve sept répartis en quatre groupe : les
sacrements de l’initiation (le Baptême, la Confirmation et
l’Eucharistie), les sacrements e guérison (la Pénitence ou la Réconciliation,
l’Onction des malades), les sacrements au service (l’Ordre,
le Mariage) ainsi que autres célébrations liturgiques dites aussi sacramentaux.
(Voir Benoit XVI, Catéchisme de l’Eglise
Catholique abrégé, Ed. MEDIASPAUL et
LIBRAIRIA EDITRICE VATICANA, 2006, pp.73-94).
Qui plus est, les sacramentaux sont des signes
sacrés par l’église dans le but de sanctifier certaines circonstances de la
vie. Ils comportent une prière
accompagnée du signe de la croix et d’autres signes. Parmi les sacramentaux,
les bénédictions occupent une place importante. Elles sont une louange à Dieu
et une prière pour obtenir ses dons ; de même, il y a les consécrations
des personnes et la consécration d’objets dont l’usage est réservée au culte
divin. (voir, Benoit XVI, Catéchisme de
l’Eglise Catholique abrégé, pp 93-95.
[35]
Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. pp.39-40
[36]
Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. p.112
[37]
Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. p.113.
[38][38] Voir, Benoit XVI, Catéchisme de l’Eglise Catholique abrégé,
pp. 58-61. Peut-on communier avec les
défunts ? « Ce que nous devons après la mort est un grand
mystère. Nos mots sont maladroits. Déjà le mot après qui suggère l’idée
de continuité temporelle est mal adaptée pour parler de l’éternité (même si
l’éternité n’est évidemment pas moins
que le temps. (…) sur la crois, Jésus dit à son Père : « Entre tes
mains, je remets mon esprit ». Ainsi, Dieu à qui vous remettez votre
souffle, Dieu nous l’espérons, accueillera en lui la vie, l’âme et l’esprit que
vous aurez donnés aux autres et remis, dans la confiance, à sa tendre
miséricorde : il vous donnera sa vie pour toujours. (Michel Souchon, Les
cahiers CROIRE, 50 questions de foi, Ed. Bayard, n.d, p.26.).
Le désir de communiquer avec les morts est vieux
comme le monde et vous savez la fascination qu’exercent sur beaucoup des
pratiques comme le spiritisme. Celui-ci a un succès inquiétant chez pas mal de
jeunes. La bible, en nous remontant la visite de Saul à la sorcière d’Endor,
condamne fermement le recours à de telles pratiques (1 Samuel 28,7-20). (Michel Souchon, Les
cahiers CROIRE, 50 questions de foi, Ed. Bayard, n.d, p.93) Cependant, avec
le Nouveau Testament, Jésus nous révèle la communion d’avec les morts d’où les
réalités du credo : la communion avec les saints et la surrection de la
mort.
[39] Lectionnaire pour la liturgie des défunts
[40]
Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. p.118.
[41] En comparaison avec les reliques
des saints dans le rituel chrétien.
[42]
Ibidem,
p.119.
[43]
Jean Baptiste BIGANGARA, Op.cit. p.1O2.


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