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MODULE DE FORMATION: ETHIQUE ET DEONTOLOGIE |
2024 |
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« Le travail humain est la clé essentiel de
toute de toute la question sociale ; un élément fondamental de la
solidarité ; ne doit pas séparer les hommes, mais les unir, car la
caractéristique du travail est avant tout d’unir les hommes et c’est en
cela que consiste sa force sociale : la force de construire une
société » (JOHANNES
N.SCHASHING) La finance (…) peut même
être perçue comme étant au service
de l’homme, avec pour finalité la protection de l’être humain, de la
famille, de l’harmonie sociale et même de l’environnement. ü « le microcrédit allume le moteur
économique des individus rejetés par la société » (M.Yunus) ü « l’opportunité
donnée à chacun de construire sa vie, de se projeter dans l’avenir et de
participer à la création de richesse » (M. Nowak) ü « tout
travailleur est un créateur » (Paul
VI, Popularum
Progressio)
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PRÉAMBULE
« (…) tous les ouvriers
et gents de métier qui travaillent jour et nuit, ceux qui font profession de
graver des sceaux et qui s’efforcent d’en varient le dessin; ils ont a cœur de bien reproduire le modèle
et veillent pour achever leur ouvrage.
Pareillement le forgeron assis
près de l’enclume: il observe le travail du fer; la vapeur du feu lui ronge
la chair, dans la chaleur du four il se
démène; le bruit du marteau l’assourdit, il a les yeux rivés sur son modèle; il
met tout son cœur à bien faire son travail et il passe ses veilles à le
parfaire.
Pareillement le potier, assis
à son travail, de ses pieds faisant aller son tour, sans cesse préoccupé de son
ouvrage, tous ses gestes sont comptés;
de son bras il périt l’argile, de ses pieds il la contraint; il met son
cœur à bien appliquer le vernis et pendant ses veilles il nettoie le foyer (…)
Sans eux nulle cité ne
pourrait se construire, on ne pourrait ni s’installer ni voyager. Mais on ne
cherche pas à les avoir au conseil du peuple et à l’assemblée ils n’ont pas un
rang élevé. Ils n’occupent pas le siège du juge et ne méditent pas sur la loi.
Ils ne brillent ni par leur culture ni par leur jugement, on ne les trouve pas
occupés aux proverbes. Mais ils assurent une création éternelle, et leur prière
a pour objet les affaires de leur métier ». (Ben Sirak [Ecclésiastique],
38, 27-34)
Bien
plus;
« Le
travail humain:
est la clé essentielle de toute la question
sociale;
un élément fondamental de la solidarité des
hommes entre eux;
ne doit pas séparer les hommes mais les unir;
car, la caractéristique du travail est, avant tout, d’unir les hommes et c’est
en cela que consiste sa force sociale: la force de construire une communauté»
(JOHANNES N. SCHASCHING)
Les finalités de l’éthique dans les entreprises :
[Olivier Charpateau] |
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L’utilitarisme L’utilitarisme
est une éthique de type téléologique, elle repose donc sur une conception
particulière d’un «bien suprême» qui est à atteindre – les résultats
primeront. Elle commence en affirmant que le bien peut être défini à partir
du penchant « naturel » de l’être humain à rechercher le bonheur, le
plaisir, et à tenter d’éviter la souffrance. Au-delà de la diversité des
conceptions de ce qu’est une vie bonne/heureuse pour les uns et pour les
autres, s’il y a un point commun aux êtres humains, c’est donc de suivre
cette tendance naturelle : tous recherchent le plaisir/bonheur et fuient la
douleur/souffrance. Ce point de départ est donc, pour l’essentiel,
semblable au point de départ des «morales du plaisir». Cependant, leur
différence se situe dans leurs conceptions du «bien suprême» (leur but ultime). Par
conséquent, le but ultime de
l’utilitarisme sera non pas le bonheur individuel (comme dans les
morales du plaisir), mais le bonheur général. Selon la formule habituelle
(il s’agit en fait d’une formulation de Joseph Priestley, que Bentham a
lu), ce qui est visé est « le plus
grand bonheur du plus grand nombre ». Moyens pour y parvenir Ce
calcul devra en particulier tenir compte des quatre critères suivants : 1)
Tous
ceux ayant une capacité à ressentir du plaisir et du déplaisir doivent être
considérés dans le calcul utilitariste. « Chacun doit compter pour un,
personne pour plus d’un » (éviter le « pas dans ma cour », par exemple). *
Il importe de bien saisir la portée de ce critère : en prenant en
considération la capacité à ressentir du plaisir/déplaisir, les
utilitaristes sont les premiers à étendre les considérations éthiques 2)
Il
faut procéder à une estimation des conséquences [des implications, de ce
qui en découlera] – il faut mettre en balance les « pour » et les « contre
». Ici, il peut y avoir l’inclusion de l’impact pour les générations
futures (et la prise en compte de leurs plaisirs/déplaisirs). On peut aussi
ajouter comme sous-critère le degré de certitude des conséquences. 3)
Il
faut tenir compte de l’étendue des plaisirs/déplaisirs (l’étendue, c’est à
la fois le nombre d’individus touchés, parmi ceux ayant une capacité à
ressentir du plaisir/déplaisir, et l’étendue temporelle, la durée qu’auront
les effets). 4)
Il faut tenir compte de l’intensité des
plaisirs/déplaisirs (une difficulté ici, c’est que l’intensité est
subjective, variable d’une personne à l’autre, mais il faut tout de même
tenter de dégager des ordres de grandeur – par exemple, la mort d’un
individu a plus de poids que le sentiment de déception ; la privation de la
liberté a plus de poids que la privation d’un luxe ; |
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Ce qui intéresse Kant d’un point de vue
éthique, ce n’est pas l’impératif hypothétique,
c’est plutôt l’impératif
catégorique. Trois formulations/règles pour l’impératif
catégorique
: 1) Règle d’universalisation : «agis de telle
sorte que le principe de ton action puisse être érigé en règle
universelle» ; seule la règle générale est universalisable selon Kant. 2) Règle de naturalisation : agir comme si le
principe devait devenir, par ma volonté, analogue à une loi de la nature. 3)
Règle du principe
pratique
(ou le « critère de réversibilité ») : «agir de manière à ne pas traiter
autrui seulement comme un moyen, mais surtout comme une fin en lui-même»
(c’est l’idée de « ne pas réduire l’autre seulement qu’à un moyen (pour nos
objectifs), mais le respecter comme individu à part entière »). En
appliquant le critère de réversibilité, c’est
le respect de la personne que l’on cherche à assurer (se mettre à la place
d’autrui ; ne pas faire ce que l’on ne voudrait pas que l’on nous fasse). N.B : L’impératif hypothétique : c’est quelque
chose qui doit être fait mais en fonction d’une « hypothèse » correspondant
à quelque chose que l’on vise ou que l’on veut satisfaire. L’impératif
catégorique : est un devoir, le fait qu’il soit catégorique signifie
qu’il a
une valeur
absolue, qu’en principe
il est indépendant des circonstances, sans compromis… |
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La validité de l’action éthique Dans la considération de l’action morale, l’intention
va revêtir une importance capitale : pour Kant, l’action morale ne doit pas
seulement être faite librement, elle doit aussi être faite volontairement.
Ainsi, Kant va distinguer l’acte accompli par devoir et l’acte simplement
conforme au devoir. En fait, face à des devoirs, trois cas peuvent se
présenter : 1)
L’action
peut être contraire au devoir : elle est alors moralement incorrecte. 2)
L’action peut être conforme au devoir,
mais sans qu’il n’y ait aucune inclination
immédiate [pour Kant cette action est
libre, mais peu volontaire ;
lors d’un conformisme face à la loi par exemple] : elle est alors sans
véritable mérite moral (sans être
immoral). 3)
L’action
réellement conforme au devoir et pour laquelle le sujet l’accomplit avec
une inclination immédiate : c’est le seul type d’action réellement morale
selon Kant. La morale de Kant fait donc une distinction entre le même acte posé pour de «bonnes
raisons» (morales) et le même acte posé pour une «raison
immorale» (ex. sauver quelqu’un pour l’exploiter), ou par «calcul»
(soit par simple intérêt, soit par «convenance» comme dans le cas du
serveur dans un bon restaurant qui est très prévenant, que l’on peut
trouver sympathique, mais en les circonstances il reste qu’il est plus
approprié de dire qu’il a agi avec «professionnalisme» que «par
gentillesse»), ou par simple inclinaison psychologique (un simple
conformisme, par exemple, lorsqu’on suit la loi seulement parce que c’est
la loi, sans autre considération éthique). |
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Une problématique éthique Il y a trois conditions qui doivent
être remplies, afin que l’on puisse dire qu’une problématique relève de
l’éthique. 1) Il doit y avoir libre choix,
c’est-à-dire une possibilité de choisir entre au moins deux options. 2) Il y a un conflit de valeurs (ex.
conflit entre le respect de l’autonomie et la bienveillance à l’égard
d’autrui ; entre la liberté et la sécurité ; entre la liberté et l’égalité,
etc.). 3) Il y a une gravité des conséquences,
il y a quelque chose de fondamental dans le choix. Il faut pouvoir bien
identifier la ou les conséquences les plus importantes, les plus
significatives. D’où pour résoudre le problème
éthique, il faut : 1) Identifier clairement les options
possibles (choix) face à une situation, face à un dilemme éthique. 2) Identifier clairement les valeurs qui sont
en cause, ce qui peut être valorisé dans chacune des options. 3) Identifier les conséquences significatives
de chacune des options (ceci doit permettre d’indiquer qu’il y a quelque
chose de fondamental dans le choix). |
Introduction
Les
philosophes américains sont généralement portés à assumer la pleine synonymie
que révèle l’étymologie et font de l’éthique et de la morale un usage
indifférencié. A l’inverse, les penseurs européens aiment à préciser les domaines de compétence.
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La
morale intervient dans l’ordre de la
socialisation pour
enfin accomplir sa fonction d’apprentissage et de transmission des normes,
des règles de comportement, des valeurs du groupe social d’appartenance,
afin que l’enfant ou adulte puisse
fonctionner adéquatement dans sa société. Cette socialisation se doit
réaliser tant de façon consciente (remarques, punitions, rappels
à l’ordre…) qu’inconsciente (via l’imprégnation
quotidienne). [Jacques Marquet] |
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L’authenticité du patrimoine culturel burundaise: cas des contes
pour l’éducation des enfants et l’épanouissement des liens sociaux ______________________ Les
contes à travers l’école familiale du
soir avaient pour but l’évaluation, expériences vécues, personnes
rencontrées, succès, et échecs de la journée (A. NTABONA). Les parents
aidaient les enfants à interposer ce qu’ils avaient vécu en l’insérant dans
ce grand ensemble de la société, à travers un récit qui mettait en scène un
personnage. Une fois assimilait la narration, l’enfant apprenait sans
effort ni violence à remettre en question certaines de ses attitudes et en
améliorer certains autres. L’objectif de la narration était de situer les
évènements de la vie quotidienne, de façon que le présent intègre le passé
pour préparer l’avenir. [A. NTABONA] |
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Les
contes sont des mises en scène drôle ou dramatique
de nos virtualités relationnelles, Le conte est considéré comme un voyage symbolique, mobilisant les
ressources de l’imaginaire dans les virtualités de la réversibilité.
L’intériorisation des contes renvoie aux trois axes symboliques: 1) Les représentations mentales visibles et
invisibles (recours à la virtualité du dit et du non-dit sans explication) ;
2) Métamorphose imaginaires et jeux
avec le réfèrent (autonomie entre signes et réfèrent) ; 3) Respect/
transgression des conventions ;
[N. Régis, 2022] |
Le
terme déontologie a été forgé par Jeremy Bentham dans un ouvrage posthume
publié en 1834 : Deontology or the
science of morality. Son utilisation en France remonte au début du XXème
siècle. Littéralement, la déontologie
est la science des devoirs, ce qui est très proche de la définition
originelle de l’éthique vue comme la
science de la morale. Ce qui va progressivement différencier la déontologie
de l’éthique, c’est l’usage du vocable dans des contextes bien précis : ceux des devoirs professionnels. Comme le note
Couret (1992), « la déontologie est
nécessairement l’expression opérationnelle d’une éthique des affaires. L’éthique
donne des principes directeurs : la règle déontologique leur donne un contenu
concret ». La déontologie vise à réguler les situations couramment
rencontrées par un corps de personnes exerçant un métier identifié. Elle cherche à donner impérativement à
ces situations des solutions pratiques et précises définissant les règles de
comportement à adopter.
D’après COURNOT, tout principe déontologique repose sur un
triple questionnement :
1. Quid
liced ? Qu’est-ce qui est permis ?
2. Quantum liced ? Jusqu’à quel point est-ce permis ?
3. Quod decet ? Que convient-il de faire
pour le bien général et pour sa propre dignité ?
D’une façon synthétique, l’éthique
et/ou la déontologie se conçoit professionnellement comme :
-
un outil de régulation des relations entre l’organisation
et ses différentes parties prenantes.
-
un outil d’autorégulation des comportements
-
autodéfense des parties prenantes
Cependant, l’éthique se distingue de la déontologie :
La
déontologie se distingue de l’éthique par la nature de ses règles que par les
objectifs poursuivis.
Les
codes de déontologie sont plus homogènes que les codes d’éthique
Les
codes de déontologie visent à réguler les relations entre les clients et les
professionnels
|
Il va falloir ici de prendre référence un
parallélisme de deux codes en annexes (le code éthique et le code
déontologique) d’une entreprise prise au hasard pour enfin appréhender
la nette distinction existante entre ces dernières : la nature et la
finalité de l’un et de l’autre. Il est question ici de mobiliser la
participation active des étudiant(e)s, qui (en groupe de membres) après avoir analysé les deux codes,
relèvent les traits caractéristiques d’eux par rapport à leur finalité. Voir en annexe les deux exemples : code de
déontologie des affaires et code d’éthique
et de déontologie. Ils seront aussi
utiles dans la compréhension du chapitre VI : PRINCIPES
DE LA DEONTOLOGIE PROFESSIONNELLE ET
FORMALISATION DU CODE ETHIQUE : le contenu du code |
CHAPITRE I : LE CONTOUR DEFINITIONNEL : DEONTOLOGIE,
ETHIQUE ET ETHIQUE DES AFFAIRES
1.
Il s’agit pour ainsi dire d’une intériorisation d’un certain héritage
(socioculturel ou autre). Notons aussi que l’ensemble des valeurs de la
morale n’est pas nécessairement lié à des religions, ça peut aussi être lié
à un groupe social (ex. la morale bourgeoise – sécurité, tranquillité…), à
une idéologie ou une mouvance sociopolitique (ex. la morale
«progressiste»),
L’éthique et la morale
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Il s’agit pour ainsi dire d’une intériorisation d’un certain héritage
(socioculturel ou autre). Notons aussi que l’ensemble des valeurs de la
morale n’est pas nécessairement lié à des religions, ça peut aussi être lié
à un groupe social (ex. la morale bourgeoise – sécurité, tranquillité…), à
une idéologie ou une mouvance sociopolitique (ex. la morale
«progressiste»), |
1.1.
Définition de l’éthique par rapport à la morale
Etymologiquement, le mot éthique
vient du grec ethikos, qui signifie morale, mœurs. En effet, partant du sens
de étymologique, il n’y a pas d’opposition
entre les deux termes éthique et
morale : moralis en latin et
ethos en grec .L’ethos en grec signifie mœurs : ce qui est « estimé bon »
comme le mot mores en latin : ce
qui « s’impose comme obligatoire ».
Ricœur (1990) distingue les
deux notions :
-
La visée éthique prend en compte le désir, la finalité,
l’idéal recherche pour vivre humainement, pour signifier « la visée
d’une vie accomplie » ;
-
la morale « pour l’articulation de cette visée dans les normes caractérisées à la fois par la prétention à l’universalité
et par un effet de contrainte »
L’éthique est donc, la science
de la morale et des mœurs. C’est une discipline philosophique qui réfléchit
sur les finalités, sur les valeurs de l’existence,
sur les conditions d’une vie heureuse, sur la notion de bien ou sur les questions
de mœurs ou de morale.
L’éthique peut également être définie
comme une réflexion sur les
comportements à adopter pour rendre le monde humainement habitable. En cela
l’éthique est une recherche d’idéal de la société et de conduite de l’existence.
Dans
les simples termes on peut dire qu’étymologiquement le mot « éthique » est un synonyme d’origine
grecque de « morale ». Il a cependant, de nos jours,
une connotation moins péjorative que « morale » car plus théorique ou
philosophique. Tandis que la morale est un
ensemble de règles ou des lois ayant un caractère
universel, irréductible, voir éternel, l’éthique s’attache aux valeurs et se détermine
de manière relative dans les temps et dans l’espace, en fonction de la communauté
humaine à laquelle elle s’intéresse. D’où concrètement, la morale
« est l’ensemble des règles des conduites et valeurs au sein d’une société
ou d’un groupe »[1].
Dans Le capitalisme est-il moral ? (Albin Michel), le philosophe André
Comte-Sponsville distingue l’ordre moral de l’ordre éthique. Pour lui, la
morale est ce que l’on fait par devoir (en mettant en œuvre la volonté) et
l’éthique est tout ce que l’on fait par amour (en mettant en œuvre les
sentiments). Autrement dit, l’éthique concerne le sens que l’on peut donner à l’existence
(choix, motivations) alors que la morale dicte ce qui est bien et ce qui est
mal : elle commande ce que l’on doit faire (le devoir) et interdit ce l’on
ne doit pas faire.
1.2.
Analyse des notions d’éthique et morale
|
Pour comprendre
la logique kantienne, il nous faut revisiter, le siècle de Lumière. La
devise de Lumières est la suivante « Aie le courage de ton propre entendement. » (l’entendement : la
capacité à raisonner de manière autonome). Kant prône l’autonomie de la volonté par rapport au monde environnant.
Ainsi, l’éthique déontologique tente chez Kant d’universaliser les «devoirs
être», de se dégager des coutumes pour extraire des devoirs universels
servant de fondement à l’éthique. |
-
l’un d’Aristote, où l’éthique est caractérisée
« la visée » et orientée
vers le sens et la fin : «
le
bien réside dans une fin visée comme ce qui est digne d’estime ».
Ainsi, les individus doivent faire preuve d’une « sagesse
pratique lorsqu’ils sont confrontés à la justice des institutions ainsi qu’à l’obligation morale sous
la forme de l’interdiction»[2]. Cela
renvoie à « la manière de vivre »
d’où un grand nombre de questions philosophiques telles que : comment
vivre bien. Quelle manière de vivre à adopter pour trouver le bonheur, c’est-à-dire
l’harmonie avec soi-même d’une part, avec les autres et le cosmos d’autre part?
-
l’autre
est celui de Kant[3] où la morale est
marquée par « le caractère
obligatoire des normes » ; l’universalité
:
« Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux
vouloir en même temps qu’elle devienne universelle » (Critique de la raison
pratique, « Analytique »)
Ricœur(1990) revendique ce
double héritage et affirme la primauté de l’éthique sur la morale sans négliger
pour autant l’importance des normes. Selon lui, la morale et l’éthique se
marient à travers les valeurs
fondamentales mises en évidence et la
responsabilité qui, en fait de compte donnent liés à une éthique de la responsabilité d’où l’éthique implique ainsi à la fois
le respect des règles établies mais aussi une véritable prise de conscience des actions réalisées et des valeurs qui
leurs sont associées.
Faisons le discernement pour établir
la distinction et le lien existant entre ce qui est de l’ordre de la morale (les
valeurs) et de l’ordre de l’éthique (notre comportement).
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LA MORALE |
L’ETHIQUE |
|
1.
la morale a une connotation religieuse |
1.
l’éthique a une connotation laïque |
|
2.
la morale fait état du bien et du mal (jugement
manichéen) |
2.
l’éthique fait état du positif et du négatif (jugement relatif) |
|
3.
la morale est universelle (valeurs) |
3.
l’éthique est spécifique |
|
4.
la morale est « tu » ou « vous » |
4.
l’éthique est « je » ou « nous » |
|
5.
la morale privilégie le rapport à soi |
5.
l’éthique privilégie le rapport à l’autre |
|
6.
la morale est référence |
6.
l’éthique est discernement |
1.3.
La visée éthique
Ricœur définit les trois éléments
qui contribuent à ce qu’il soit possible d’entendre par visée éthique : « la vie bonne, avec et pour les autres, dans
des institutions justes ».
-
« La vie bonne » pour soi est
une de l’ordre personnel. Elle repose sur le développement de la personne dans ses différentes facettes
et demande de développer « une saine estime de soi »
-
Le Vivre « avec et pour les autres »
correspond à l’éthique de mutualité. Les autres suppose de développer ses capacités de communication, des valeurs de tolérance et
de respect mutuel. C’est dans la rencontre de cet autre qui renvoie à propre réflexibilité
et qui permet que « le soi s’aperçoit lui-même comme une autre parmi les
autres »
-
« Dans des institutions justes » Il
s’agit ici d’éthique d’ordre sociétal.
Elle vise en particulier à développer
le « sens de la justice ». Le « Je » qui rencontre des « Tu »,vit
aussi dans une société, dans des institutions : c’est le « ils » symbolisant cet espace collectif
qui se dote des lois , de règles qui régissent cette vie collective pour
qu’elle soit « juste » et humaine .Ces trois niveaux de la visée
éthique sont indissociables et complémentaires
pour un vivre ensemble, pour que l’action sociale et médico-sociale prenne tout son sens
.
L’éthique renvoie aussi à la
notion de posture qui situe l’acteur dans trois dimensions qui
interagissent : (Dhume, 2001)
-
La dimension personnelle : l’éthique, les valeurs,
l’individualité …
-
La
dimension professionnelle : compétence et expertise, déontologie,
formation.
-
La dimension institutionnelle : statuts,
organisations, orientations…
Et carrefour de deux espaces
recoupant les trois dimensions évoqués :
-
l’espace de professionnalité comme lieu d’interaction
entre la dimension groupale et la sphère des politiques publiques et des
institutions.
Ces deux espaces antagonistes
situent l’acteur dans un espace conflictuel. Le travail collectif, en équipe,
ou en partenariat nécessite que les acteurs qui s’y engagent aient préalablement
éclairci leur posture et acceptent l’idée de confrontations et de tensions. «Une action pertinente dans un cadre complexe
appelle donc des arbitrages et des repositionnements incessant au regard du sens
que l’on veut donner à l’action».
Selon J. Benoît, est éthique
ce qui est :
-
Altruiste
(rapport aux autres) : respect, l’écoute, solidarité, service, primauté du
devoir sur le droit
-
Loyal :
honnête, de bonne foi, sincère, respect de l’esprit de la au-delà de la lettre.
-
Universel :
non sélectif au affectif, philosophique, géographique.
-
Gratuit (rapport
à soi) : ne rien attendre en retour si retour ce n’est le plaisir de
faire, sinon, nous sommes dans la manipulation.
Plus généralement, nous pouvons
constater voir conclure que, l’éthique dépasse la collectivité avec toutes ces
règles établies et relève davantage des valeurs individuelles : elle
permet aux individus d’apprécier le
caractère de leurs actions et la façon dont ils se comportent à l’aune de ces valeurs (bien ou mal, droit ou devoir)
mais surtout vis à vis des décisions qui en découlent. Ce que, Bougon (2003) qualifie
de « la science de la décision et de l’action
»[4].
Il s’agit en effet de la prise la prise de conscience de notre devoir d’intégrer
dans nos décisions et action la dimension humaine et d’œuvrer pour
celle-ci : l’esthétique du de dans » selon Pierre Reverdy
2. L’urgence
et la nécessité contemporaine de l’éthique
L’éthique est un fait de société profond, durable et
irréversible. Au-delà de la définition étymologique et philosophique du mot
éthique, il est indispensable d’identifier l’éthique de l’intérieur par les
vertus qui la caractérisaient.
Selon J. Bénoit, Spécialiste en Ethique, les 6 raisons pour
lesquelles on parle d’éthique aujourd’hui sont :
1.
|
Il y’a une perte de
certaines valeurs morales qui posent certains problèmes éthiques
comme exemple :
Dont l’éthique
arrive à régler. |
2. L’accélération des progrès de
la science
3. L’hyper méditation des
affaires ;
4. Le dérapage de notre système
économique;
5. La pollution et
environnement ;
6. Le passage d’un besoin d’avoir
à un besoin d’être.
3.1.
De la déontologie à la déontologie
professionnelle
Le
terme déontologie est un néologisme qu’inventa au XIXème siècle un
célèbre juriste anglais, Jeremy Bentham. Ainsi, ce mot est conçu à partir des
termes grecs déon et logia. En grec, Déon renvoie à « ce qui est
convenable » ou « ce qu’il convient de faire ». Tandis
que le suffixe –logia renvoie à la science, au savoir et à la parole.
Par conséquent, la déontologie peut se définir comme « la
science des bons comportements professionnels ». Ainsi, le Petit
Robert la définit comme « l’ensemble des devoirs qu’impose à des
professionnels l’exercice de leur métier ».
|
Pour les archivistes par exemple : Le code de déontologie a pour
objectif de « donner un débouché
institutionnel au débat sur certains défis auxquels sont confrontés les
archivistes dans des domaines non réglementés par le droit positif »,
comme l'explique Marco Carassi, archiviste italien, le propre d’un code de
déontologie est donc de couvrir les domaines d’action d’une profession pour
lesquels la norme juridique est absente, ou encore laisse à la
responsabilité de l'archiviste une marge d'interprétation ou
d'intervention. Tout en sensibilisant les
professionnels à certains problèmes moraux qui peuvent apparaître dans
l'exercice de leurs activités, les rédacteurs d'un code déontologique
cherchent aussi à renforcer la
confiance du public dans la profession : celui-ci saura en effet que la
communauté professionnelle s'est donné des règles de conduite. |
Mais
progressivement, la déontologie quitta le domaine de la théorie en
direction de la pratique. C’est ainsi qu’elle atteint le monde professionnel.
Ainsi que naquit la déontologie professionnelle. On désigne par ce terme
le code de conduite et les règles morales d’une profession. C’est
alors que chaque corps de métier adopta sa propre déontologie
professionnelle. Chacun développant plus ou moins son propre code
déontologique. Autrement dit, toute profession a sa déontologie, code non écrit
de standards de bonne conduite. Un long et patient effort d’éducation et
surtout l’exemple des chefs de file de la communauté financière donnent à une
collectivité professionnelle cette armature morale qui l’oriente tout entière
vers la satisfaction du bien commun, de l’intérêt général.
3.2.
La déontologie par
rapport à l’éthique
Afin de mieux distinguer la déontologie de l’éthique, il faut
tout d’abord comprendre que la première constitue une sous-catégorie de la
seconde mais sans toutefois faire de l’éthique puisqu’elle ne l’est pas. Elle
en est seulement proche et fournit des éléments en vue d’un discernement des
enjeux éthiques. Certes, la déontologie constitue l’une des expressions de ce
fond éthique qui doit gouverner tout comportement
en société sous l’égide d’un recueil d’un
ensemble de devoirs et règles codifiés
qui résultent des pratiques habituelles de la profession. D’une manière plus
générale, on comprend que la déontologie détermine, le bon comportement du professionnel, à l’égard de ses partenaires, de
ses collègues et de la société au sein de laquelle il exerce ses fonctions.
La déontologie, selon Robert
Henrion (La déontologie des banque
1977) « désigne, sans égard au
caractère juridique ou simplement moral, l’ensemble des devoirs qui s’imposent
dans une situation sociale déterminée », c’est-à-dire à chaque moment
de l’exercice de la profession. Ce recueil est nécessairement évolutives et
doivent être adaptées en permanence aux situations rencontrées (moment, lieu,
relation avec un collègue ou relation avec un partenaire, particulier ou
professionnel, local ou très éloigné, etc.). Par conséquent, au sens étroit, la
déontologie peut se définir comme un « ensemble
de règles de comportement propres à une profession dont la transgression est
sanctionnée par un organe disciplinaire » d’une part. De l’autre part
au sens plus large, elle veut se définir suivant une approche purement
juridique comme étant un recueil des « normes,
de contenu évolutif, tendant généralement à provoquer plus qu’à imposer une
adhésion au type de comportement souhaité par la persuasion morale, exprimant
la nécessité d’observer dans les pratiques professionnelles les exigences de
loyauté, de transparence et de respect des partenaires ». La
complémentarité de toutes ces différentes définitions se résume de façon
professionnelle en des valeurs souhaitées et attendus vis-à-vis des
professionnelles. Entre autre nous pouvons en déduire quelques une à savoir le
souci du respect (du client), la diligence, la
loyauté, la neutralité et l’impartialité. Pour ce faire, afin de
garantir et promouvoir sa profession, les obligations et conduites
professionnelles repose autours de sept principes suivant :
-
Se comporter avec loyauté et agir avec équité
au mieux des intérêts de leurs partenaires et de l’intégrité du marché.
-
Exercer leur activité avec la compétence, le
soin et la diligence qui s’imposent, au mieux des intérêts de leurs partenaires
et de l’intégrité des marchés.
-
Etre doté des ressources et des procédures
nécessaires pour mener à bien leurs activités et mettre en œuvre ces ressources
et procédures avec un souci d’efficacité.
-
S’enquérir de la situation complète de leurs partenaires,
de leur expérience en matière d’investissement et de leurs objectifs en ce qui
concerne les services demandés.
-
Communiquer, d’une manière appropriée, les
informations utiles dans le cadre des négociations avec leurs partenaires.
-
S’efforcer d’éviter les conflits d’intérêts et,
lorsque ces derniers ne peuvent être évités, veiller à ce que les partenaires
soient traités équitablement.
-
Se conformer à toutes les réglementations
applicables à l’exercice de leurs activités de manière à promouvoir au mieux
les intérêts de leurs partenaires et l’intégrité du marché.
A ceci
s’ajoute différents principes de base d’une bonne conduite d’un professionnel
(ce qui fera objet du dernier chapitre) :
-
un esprit d’ouverture et de clarté de l’information
-
le dialogue
-
la discrétion et la confidentialité
-
compétence et savoir-faire
-
la sécurité et la fiabilité
-
l’intégrité
-
la résolution des problèmes
Ainsi, tout professionnel résume ces
différents principes en quatre principes dont :
-
le devoir de diligence,
-
le respect d’une certaine discrétion sur les
informations reçues des partenaires par rapport aux aet par rapport aux autres
services similaires ;
- un
devoir de loyauté envers la hiérarchie et envers les partenaires. En ce qui
concerne le conflit d’intérêts, celui-ci se résout au regard des devoirs de
discrétion et de loyauté.
- le respect
des lois locales
4. Ethique des affaires
4.1.
L’éthique des affaires vise à expliquer la
manière dont les considérations prise en compte par l’entreprise. Elle vise
à proposer des critères éthiques permettant d’évaluer leurs activités. But
du développement des approches normatives susceptible de prescrire la
manière dont les entreprises devraient agir dans la société.
L’éthique par rapport aux affaires
|
L’éthique des affaires vise à expliquer la
manière dont les considérations prise en compte par l’entreprise. Elle vise
à proposer des critères éthiques permettant d’évaluer leurs activités. But
du développement des approches normatives susceptible de prescrire la
manière dont les entreprises devraient agir dans la société. |
L’éthique
des Affaires ou (Business Ethics ) «regroupe
l’ensemble des règles ,des normes, des codes ou des principes qui orientent les
comportements vers plus de moralité et de véracité dans chaque situation
rencontrée » (Lewis 1985). L’éthique
des affaires naît aux EU en 1975 et se manifeste comme une nouvelle discipline des sciences de gestion et comme un mouvement libéral.
Le premier instrument en usage est un outil à édition interne de la part des directions générales, qui est le code d’éthique. Dans ces codes d’éthique on retrouve
toujours deux perspectives pures qui sont mélangées : la perspective axiologique (des principes, des valeurs) et la perspective conséquencialiste (les
effets d’un certain comportement).
Au début des années quatre-vingt-dix deux lois fédérales majeures sont votées. La première est, en quelque sorte, le Code pénal américain appliqué aux délits liés aux affaires
: face à un délit, il y a une peine. L’existence et la mise en œuvre d’un code d’éthique dans les entreprises représentent alors un moyen de réduire les risques. La première
conséquence est que pratiquement toutes les entreprises américaines vont se doter d’un code d’éthique. La deuxième conséquence est que l’Europe va découvrir massivement ces codes au travers
des filiales des multinationales d’origine américaine
et, du fait de l’existence de filiales des multinationales européennes aux E.U. La deuxième loi fédérale apparaît en 1995 : elle concerne les fonds de placement et l’obligation à exercer leur droit
de vote pour les titres qu’ils détiennent de sociétés étrangères.
Cette éthique des affaires va accompagner un mouvement historique, qualifié de mouvement libéral, caractérisé par le principe d’ordre idéologique, basé sur trois éléments :
-
l’utilitarisme : n’ont
de valeur que les choses utiles ;
-
le pragmatisme : n’ont de valeur que les choses pratiques ;
-
le réalisme : n’ont de valeur que les choses qui se constituent au regard du réel.
|
Son [la loi] intervention pourrait au contraire avoir des effets nuisibles et pervers, mal traduire la réalité vivante, figer trop tôt une
situation en pleine évolution, «car
les lois, une fois rédigées, demeurent telles qu'elles ont été écrites. Les
hommes, au contraire, ne se reposent jamais; ils agissent toujours; et ce
mouvement, qui ne s'arrête pas, et dont les effets sont diversement
modifiés par les circonstances, produit, à chaque instant, quelques
combinaisons nouvelles, quelques faits nouveaux, quelques résultats
nouveaux.» [Jean Pardon (1993), Déontologie des opérations bancaires et financières] |
Toutefois, l’éthique des
affaires est généralement considérée comme l’une des formes de l’éthique
appliquée à un domaine concret qui examine :
·
Les règles et les principes de l’éthique dans
le contexte des affaires économiques et commerciales ;
·
Les diverses questions morales ou éthiques qui
apparaissent dans le contexte de l’activité économique des hommes ;
·
et tout devoir ou obligation pour une personne
se livrant aux activités d’échanges et de commerce.
4.2.
Les
niveaux de l’éthique des affaires
Pour avoir une idée
claire de ce que peut
être l’éthique des
affaires, nous allons
l’analyser selon
trois niveaux: celui des individus, celui des groupes d’appartenance et celui de l’universel.
Il y a d’abord le niveau personnel, où l’on parle d’éthique comme d’un art de vivre. Ce niveau personnel nous concerne tous : il est celui de nos actions, de nos décisions ici et maintenant, là où se joue notre
liberté et
où nous engageons
notre responsabilité. Concrètement, nos choix sont traversés, à chaque instant
par la question éthique.
Le deuxième niveau concerne notre appartenance à des groupes ; l’entreprise en est un exemple. C’est à ce niveau que l’on situe les lois, les codes, les mœurs, les rites et tout ce qui fait la trame de notre vie quotidienne
: les références
de nos décisions et actions comme membre d’une entreprise.
Nos
actions et
nos désirs ont toujours une dimension sociale. Nous avons
toujours tendance à nous définir par opposition aux
autres. Mais nous appartenons à plusieurs groupes et donc nos références, nos décisions et nos manières de conduire nos actions
sont multiples. A ce niveau, on constate qu’on
fait toujours référence à l’individu comme membre d’un groupe. Si l’éthique est essentiellement une réflexion
individuelle, se pose le problème de la transposition du concept d’éthique à l’entreprise : sa conduite peut-elle être évaluée en termes
éthiques, est-elle un agent moral ? Cette question renvoie
au débat sur la nature de l’entreprise : institution sociale avec personnalité propre (et donc sa propre
éthique), coalition d’acteurs ayant leurs propres objectifs, ou simple fiction légale (approche contractuelle). Dans les deux dernières visions, l’éthique organisationnelle (c’est-à-dire le sens, les repères et les valeurs qui guident son action) se confond avec celle de ses dirigeants.
Au niveau de l’entreprise, le champ de l’éthique comprend deux pôles : instrumental et critique.
D’un point de vue instrumental, l’éthique organisationnelle
définit la manière dont l’entreprise intègre
ses
valeurs clés dans ses politiques, pratiques et processus de décision. Cela inclut également la recherche de la
conformité à des principes légaux et l’adhésion à des règles internes. L’éthique
est aussi une réflexion critique qui peut pénétrer tous les champs d’activité de l’entreprise :
les
préoccupations éthiques touchent
tous
les domaines de la gestion. L’éthique est un champ de tensions qui se situe entre l’intérêt de l’entreprise, l’intérêt général et
les
intérêts d’autrui. L’enjeu de la réflexion éthique par rapport à la gestion d’entreprise, est de trouver
un équilibre quand les intérêts des parties prenantes ne peuvent
pas se réaliser simultanément.
|
Dans la culture africaine, en particulier celle Bantoue l’être humain n’existe
qu’en communauté : la personne n’est ce qu’elle est qu’à travers les
autres. Cette culture culmine sur le «
je suis grâce à ce que nous sommes tous » ou « je suis parce que vous êtes ce que vous êtes » d’où
l’importance de la société pour la réalisation de la personne humaine : « Umuntu
ngumutu ngamuntu ». Isolée, une personne n’existe pas, ou elle
existe, mais ne grandit pas, car c’est la tâche de la société de la faire
grandir (exemple du
paradigme de l’enfant). Il est difficile pour une personne de
développer ses dispositions naturelles, elle se courbe au lieu de s’élever,
et en dehors de la société, aucun progrès n’est possible. Car, la vie en
société impose les règles du droit et discipline, ceci pour souligner la
part de la société dans l’éducation humaine. [Régis,
2022] |
4.3.
L’articulation entre les trois niveaux.
Il y a d’abord l’articulation entre le niveau individuel et celui des groupes. Aristote
dit que « chacun tend au bonheur dans la rencontre avec l’autre ». C’est aussi une réalité de la vie des entreprises : à l’origine des affaires il y a toujours la
rencontre entre deux personnes qui s’estiment et
qui se font mutuellement confiance.
La deuxième articulation est double. Il y a d’une part le lien entre le niveau personnel et le niveau universel et, d’autre part, le rapport que nous avons avec cet universel à travers nos appartenances multiples à des groupes. Chacun de nous, dans son désir d’être respecté, rejoint l’aspiration première de l’humanité. Il en est de même pour les groupes auxquels nous appartenons. Tout groupe, toute institution,
toute organisation humaine
aspire à l’universel.
5. Les différentes approches et les règles d’éthique des affaires
Deux principales catégories d’approches peuvent être utilisées afin d’alimenter la réflexion sur l’existence et la nature des règles éthiques : les approches normatives et les approches téléologiques.
Dans les approches normatives, l’éthique suppose le respect des règles. (ex : agir
selon la nature
de l’homme [modération] (Aristote), selon la volonté de Dieu [amour] (St. Thomas) ou selon la loi.
|
ECHO Trois courants
de fond en éthique philosophique : les approches déontologiques, les
approches téléologiques et les approches des vertus ;
|
|
|
Réflexion de groupe : pour le raisonnement suivant, dire
s’il s’agit d’une approche déontologique, téléologique, normative ou
approche des vertus. Jusufier votre choix. « Lors de notre enquête sur un réseau de vente de
stupéfiants, nous avons vu passer sous notre nez de très nombreux clients.
Nous aurions pu arrêter ces nombreux clients, mais puisque tout cela se
déroulait sans engendrer de violence, nous avons préféré ne pas le faire,
afin de pouvoir continuer à récolter des informations sur le réseau de
vente de stupéfiants pour éventuellement le démanteler, ce qui nous
semblait avoir plus d’impacts globalement.» |
5.1.
Les différentes relations concernées par l’éthique des affaires en gestion
Afin d’aborder les relations dans lesquelles se pose le problème de l’éthique des affaires en gestion, il est nécessaire de rappeler d’abord les deux principaux sujets : l’individu (agissant au nom et pour le compte de l’entreprise), l’entreprise (en tant
que personne « morale »)
1.
2.
Relations entreprise – fournisseurs : exploitation
(termes d’échange injustes)
3.
Relations entreprise – collaborateurs : intégrité physique et psychique
4.
Relation entreprise – propriétaires :
privilégier les intérêts des actionnaires par rapport à tous les autres parties prenantes
5.
L’éthique des affaires
interviendra ensuite dans la gestion
et la régulation des
différentes relations dans l’entreprise ainsi que la gestion de certains risques éthique de l’entreprise dont
elle fait faire face :
1.

2.
Domaine de la concurrence : entente
sur les prix, partage de la clientèle, abus de position dominante, corruption,
publicité mensongère, marques déposées, secret de fabrication, infraction aux copyrights, espionnage économique…
3.
4.
5.
6.
7.
CHAPITRE II. APPROCHES THEORIQUES ET CONCEPTUELLES DE L’ETHIQUE
Selon A. COURNOT[5], Le
processus (individuel ou collectif) de l’éthique est fondé sur un double
mouvement réflexif qui constitue un mécanisme central de l’éthique. Celui-ci
comporte deux axes :
-
Un axe référentiel
qui permet à un acteur A de s’interroger sur lui-même, de se remettre en
question. C’est aussi l’axe de l’éthique de la conviction.
-
Un axe relationnel
(ou hétéroreférentiel) qui met en relation l’acteur A avec les autres acteurs.
C’est aussi l’axe où on évalue les conséquences sur autrui de ses convictions.
C’est donc l’axe de l’éthique de responsabilité. (p. 65)
Schématiquement,
ce mécanisme se représente ainsi :
Par
contre, le dysfonctionnement de ce mécanisme repose sur deux blocages :
-
Le blocage de l’axer autoréférentiel par un
refus de doute, de toute autocritique, c’est-à-dire un refus d’autodiagnostic,
donc de remise en question. La culture d’infaillibilité, qui amène
progressivement à une atrophie des capacités critiques et à une perte de
vigilance;
-
Le blocage de l’axe hétéroréférentiel par un
refus de faire convenablement fonctionner la relation avec un autre acteur, un
collègue, un autre service: refus de prévenir un service, refus de communiquer,
de consulter, de remettre une copie, blocage de la concertation ;
|
Influencé par J. Piaget avec une attention porté sur le développement cognitif
des individus selon quatre grandes étapes (stade sensorimoteur (0-2 ans),
stade préopératoire (2-7 ans), stade de la pensée concrète (7-11 ans) et
stade de la pensée abstraite (11 ans et plus)). |
1.1.
La théorie des différents stades du
jugement moral
C’est par référence à J. Piaget et à sa
théorie de l’apprentissage que L. Kohlberg[6] a élaboré la typologie qui
suit. La référence qui lui est faite en éthique des affaires tient au projet qu’il
serait possible d’améliorer le « niveau moral » des agents organisationnels par
apprentissage sur la base d’une mesure (où en est le niveau moral de chacun des
agents) puis par training.
Note : rappel des six stades (selon
les travaux de Kohlberg) :
ü Stade 1 (en bas âge) : stade de
punitions/récompenses ü Stade 2 (apparaît vers 10-12 ans) :
stade du donnant-donnant (recherche de l’intérêt propre) ü Stade 3 (apparaît vers 14-15 ans) : stade
des «bons» rapports avec un groupe d’appartenance (en fonction de son
groupe d’appartenance) ü Stade 4 (apparaît vers 16-21 ans,
mais certains ne le dépassent jamais) : Stade de la conscience sociale et
de la prise en considération de ce qui permet le maintien de l’ordre
social ü Stade 5 : stade de réflexion sur
les droits/devoirs (le contrat social) par rapport à ce qui peut être
considéré comme fondamental ü Stade 6 : stade de conscientisation
des principes universels _________________ |
|
|
|
|
|
Exemple de cas qu’il présente : Heinz vole des médicaments «Une femme souffre d’un cancer très
particulier est mourante. Les médecins ont indiqué qu’il y a un type de
médicament qui pourrait la sauver, une sorte de radium qu’un pharmacien de
la même ville a découvert récemment. Le médicament est dispendieux à produire,
mais le pharmacien charge dix fois le coût. Il paît 200$ pour le radium et
demande 2000$ pour une petite dose du médicament qui en résulte. Le mari de
la femme malade, Heinz, va voir tout le monde qu’il connaît pour obtenir
l’argent, mais il ne peut obtenir que près de 1000$, ce qui constitue que
la moitié du coût. Il mentionne au pharmacien que sa femme est mourante et
lui demande de lui laisser le médicament pour moins cher, ou encore de lui
permettre de payer la différence plus tard. Mais le pharmacien lui répond :
«Non, j’ai découvert ce médicament et je vais faire de l’argent à partir de
cette découverte.» Heinz, désespéré, s’introduit par infraction dans le
local du pharmacien et vole le médicament pour sauver sa femme. Est-ce que
l’action de Heinz est moralement acceptable ? Pourquoi ?» (Kohlberg, 1963,
p. 19) |
STADE
1 : OBEISSANCE PAR CRAINTE DE LA PUNITION :
-
Est « mauvais », une action dont les
conséquences sont négatives pour le sujet,
-
typique du jeune enfant : Obéir pour éviter d’être
puni.
ü «Heinz n’a pas bien fait
de voler le médicament, car il va aller en prison»
ü «Heinz doit voler le médicament, s’il croit qu’autrement
sa femme risque de lui reprocher de l’abandonner.»
STADE
2 : RECHERCHE DES RECOMPENSES :
-
Est « bon » ce qui procure du
plaisir, du bonheur,
-
Les intérêts d’autrui sont pris en compte s’ils
permettent la réciprocité dans un rapport « donnant - donnant ».
ü «Heinz a bien fait de
voler le médicament, car sa femme va l’aimer encore plus qu’avant et elle va
être de son bord et l’aider si jamais il se fait prendre.»
ü «Heinz n’a pas bien fait de voler le
médicament, car même si ça allège les souffrances de sa femme, elle va finir
par mourir pareil et c’est lui qui va devoir vivre avec l’accusation de vol.»
ü «Heinz a bien fait de
voler le médicament, car il avait tenté d’être conciliant avec le pharmacien en
lui offrant de payer le reste plus tard, alors que le pharmacien n’a pas «mis d’eau
dans vin» et n’a pas tenté d’être conciliant à son tour.»
STADE
3 : CONFORMITE SOCIALE :
-
Etre « bien vu » des autres,
-
Morale de la réputation qui peut conduire au
conformisme.
ü «Heinz a bien fait de
voler le médicament, car ses intentions étaient pures en souhaitant sauver la
personne qu’il aime. En fait, il a agi comme un chevalier, il est une sorte de
justicier des temps modernes.» (Remarque : mais ce raisonnement ne vient pas
justifier ce qui fait en sorte que la cause serait moralement juste...)
ü «Heinz a bien fait de
voler le médicament, car il n’y a rien de plus beau que l’amour et en agissant
ainsi, il montre que le véritable amour consiste à se supporter l’un et l’autre,
pour le meilleur et pour le pire. Et puis, le pharmacien semble quant à lui
être un bourgeois qui ne pense qu’en termes de relations d’affaires et d’argent,
et c’est bien connu que les bourgeois, c’est des cochons. Alors, il n’a que ce
qu’il mérite.»
|
Réflexion de groupe: Heinz vole des
médicaments «Une femme souffre d’un cancer très
particulier est mourante. Les médecins ont indiqué qu’il y a un type de
médicament qui pourrait la sauver, une sorte de radium qu’un pharmacien de
la même ville a découvert récemment. Le médicament est dispendieux à
produire, mais le pharmacien charge dix fois le coût. Il paît 200$ pour le
radium et demande 2000$ pour une petite dose du médicament qui en résulte.
Le mari de la femme malade, Heinz, va voir tout le monde qu’il connaît
pour obtenir l’argent, mais il ne peut obtenir que près de 1000$, ce qui
constitue que la moitié du coût. Il mentionne au pharmacien que sa femme
est mourante et lui demande de lui laisser le médicament pour moins cher,
ou encore de lui permettre de payer la différence plus tard. Mais le
pharmacien lui répond : «Non, j’ai découvert ce médicament et je vais
faire de l’argent à partir de cette découverte.» Heinz, désespéré, s’introduit
par infraction dans le local du pharmacien et vole le médicament pour
sauver sa femme. Est-ce que l’action de Heinz est moralement acceptable ?
Pourquoi ?» (Kohlberg, 1963, p. 19) |
|
|
|
|
STADE
4 : LEGALISME :
-
Respecter les règles sociales de l’autorité,
-
C’est vers l’adolescence qu’apparaît ce stade,
qui est celui de la majorité des adultes.
«Heinz avait un motif très compréhensible
pour agir comme il l’a fait et nous pouvons faire preuve d’une certaine
indulgence à son égard, mais même si nous devons considérer que son intention
était bonne, nous ne pouvons pas pour autant considérer que son acte, le vol du
médicament, est lui-même moralement juste. Car sinon, ça signifierait que tout
le monde qui manque d’argent pour se procurer des médicaments serait moralement
justifié de les voler lorsque bon leur semble, ce qui minerait la paix sociale.
Par ailleurs, qu’est-ce qui se passerait si on pouvait enfreindre les lois à
chaque fois que nous croyons avoir une bonne raison de le faire ? La vie en
société deviendrait chaotique, l’harmonie sociale serait brisée. Pour ces raisons,
il faut reconnaître que le geste de voler des médicaments ne peut pas être
considéré comme moralement bon, même si les intentions de Heinz étaient
bonnes.»
STADE
5 : MORALE DU CONTRAT, PRISE EN COMPTE DES DROITS INDIVIDUELS:
-
Prise de conscience de la relativité de
certaines règles,
-
La morale peut donc se trouver en contradiction
avec la loi,
-
En revanche, les normes morales provenant de
« contrat entre deux parties engageant celles-ci
«Heinz a moralement bien agi en volant le
médicament. Il est vrai que le vol ne peut habituellement pas être considéré
comme moralement acceptable et que la propriété privée, dès lors qu’on l’accepte,
doit être protégée en droit, afin de ne pas déstabiliser l’harmonie sociale.
Cela dit, dès lors qu’un médicament permet de sauver la vie d’une personne, il
faut se demander si on ne doit pas aussi reconnaître un droit à la vie pour
cette même personne.
STADE
6 : ADOPTION DE PRINCIPES ETHIQUES UNIVERSELS :
-
Référence à des principes moraux universels
(respect de la vie, liberté, justice, etc.) qui ont priorité sur d’autres
considérations,
-
Seuls les rares individus peuvent parvenir à ce
stade
1.2.
La théorie du contrat psychologique
A
travers la formalisation de son éthique, l’organisation chercherait alors à
préciser le « contrat psychologique » qui unit employeur et salarié : elle
formaliserait ce qui va au-delà de la question de l’équilibre « contributions/rétributions
». En échange du temps et de l’énergie consacrés au travail en son sein, l’organisation
aurait des responsabilités envers le personnel.
La
dimension éthique serait donc fondamentale dans les « contrats psychologiques »
:
-
Plus la connaissance des attentes respectives
de chacun est grande, plus la probabilité de trouver un terrain d’entente entre
l’employeur et l’employé serait élevée. Cela dépend donc de l’importance de la
communication entre les membres de l’organisation ;
-
La discussion, voire les concessions ne
suffisent pas toujours à résoudre certains désaccords. Il existe toujours des
différences entre les attentes des individus et celles de l’organisation, d’où
le fait de se référer à un niveau d’abstraction supérieur.
L’éthique
des affaires, du fait des valeurs qui s’y trouvent affirmées, jouerait donc le
rôle de référentiel dans le cadre de l’établissement de ces « contrats
psychologiques ».
2. Classification
des différents courants éthique
2.1.
Les principaux courants éthiques d’après
J. Russ[7]
|
Les principaux courants |
les auteurs |
Les fondements de base |
|
Ethique
du bien |
Aristote,
Platon |
La
vie morale consiste à acquérir et développer ses capacités fondamentales pour
répondre à l’attrait du bien. |
|
Ethique
du bonheur |
Spinosa,
Compte- Sponville, Mishari |
C’est
le principe d’immanence : la véritable sagesse réside dans la compréhension
de l’ordre de la nature qui permet ainsi d’affirmer le principe de joie
éternelle, de puissance. |
|
Ethique
du devoir |
Kant,
Hume, Hobbes, Ricoeur |
Elle
répond à la question « que dois-je faire ». La raison est la seule source des
valeurs morales. L’Homme vertueux est celui qui agit par respect du devoir.
Le devoir est une contrainte. |
|
Ethique
utilitariste |
Weber,
Bentham, Rawls, Sen |
La
téléologie, c’est-à-dire qu’une action ne peut être jugée bonne que par
rapport à ses conséquences. |
2.2.
Les principaux courants éthiques selon l’ordre des valeurs et d’éthique
· Le courant
déontologique,
souvent relié au philosophe allemand
Emmanuel Kant. Le fondateur du critisisme
critiques de la raison pure, de la raison
pratique. L’éthique
se présente comme le jugement
de tout comportement en termes de
bien ou mal. Ici la démarche
consiste à identifier les droits et devoirs
de chaque individu et d’identifier les actions
qui ont un fondement éthique. Le courant déontologique se rapporte
aux décisions organisationnelles dont le contenu moral vise le
respect de toutes responsabilités
sociales imposées de même que les normes
préétablies.
· Le
courant téléologique ou utilitariste : les comportements sont justifiés par la satisfaction
d’intérêts individuels. Pour ce courant « la fin
justifie les moyens ».
La
théorie dite utilitaire concerne les conséquences des actions individuelles et surtout met l’accent sur les conséquences néfastes
que toute décision à caractère moral peut avoir sur l’organisation.
· Le
courant contractuel
ou théorie de contrat se consacre « aux décisions
qui mettent en considération tous les caractéristiques moraux qui peuvent être sous-entendus
par l’existence de contrats sociaux implicites ou explicites » (Cathrine Morneau).
· La
théorie de justice distributive désigne le courant éthique
qui défend la distribution équitable des bénéfices et des fardeaux pour
chaque individu au sein d’une organisation.
· La
théorie de justice de procédure est le courant éthique qui proclame une juste répartition des tâches, des récompenses et des sanctions.
3. Différentes
conceptions et approches de l’éthique
3.1.
L’approche téléologique de l’éthique des
affaires (la business ethics)
La
business ethics se situe entre les deux principaux courants de pensées reposant
sur différentes approches entre autre :
· le courant le plus ancien plus ancien, dû
notamment à Kant (1982), Rawls (1971) et Habermas (1988),
repose sur une position déontologique selon laquelle il existe une éthique
universelle, fondée sur des obligations morales et sur des principes de
justice.
· Le courant le plus récent, inspiré par
Durkheim et Freeman (1984), adopte une posture téléologique (ou
conséquencialiste), selon laquelle un acte est moral lorsqu’il a des visées et
des conséquences positives. Ces dernières sont mesurées, selon une optique
utilitariste, par la valeur nette créée pour les différentes parties concernées
(Beauchamp & Bowie, 1988) d’autre part.
Ces
principaux courants de la bussiness ethics reposent sur les approches
ci-dessous :
o
Une
approche légaliste et normative
De multiples courants éthiques ont émergé aux EtatsUnis au
cours des années 1970, principalement étayés par les théories d’Adam Smith et
de Max Weber, qui fondent le capitalisme sur l’économie de marché et l’éthique
protestante (Pesqueux, Biefnot, 2002 ; Ferone et alii, 2002). La plupart de ces
courants ont adopté des approches légaliste ou formaliste (l’entreprise
respecte la loi), déontologique (elle se plie aux règles et usages
professionnels), normative et prescriptive (elle repose sur les best practices d’une
profession).
o
Une approche équitable et socialement
responsable :
La
notion d’équité (ou de justice) organisationnelle repose sur les concepts de
justice distributive et de justice procédurale :
Fondée
sur la notion d’équité sociale (Adams, 1963), la justice distributive se
définit, selon Greenberg (1990), comme « la perception subjective, par les
acteurs d’une organisation, d’une répartition (ou distribution) équitable de
ses ressources et/ou de ses débouchés ». Cette perception s’appuie sur la
comparaison entre les contributions (apports en travail, capital et/ou
industrie) et les rétributions (s alaires, dividendes…) des différents acteurs
(salariés, actionnaires) de l’entreprise.
Fondée
sur la notion de rationalité procédurale (Simon, 1947), la justice procédurale
repose, selon Lind & Tyler (1988) et Mc Cabe & Rabil (2002), sur les
jugements, portés par les acteurs d’une organisation, sur la façon, plus ou
moins équitable, dont ses règles et procédures sont appliquées. Rojot (1992) soutient plus généralement qu’une
décision est mieux acceptée par les acteurs concernés, lorsqu’elle est jugée
impartiale et assortie de garanties.
o
Une approche utilitariste et relativiste :
L’entreprise
est devenue le lieu privilégié d’expression de la légitimité des valeurs
économiques de la société. Elle est régie par une logique d’efficience orientée
à la fois vers la satisfaction des consommateurs, des salariés et des
actionnaires. Cette logique utilitariste s’impose face aux déficiences de la
logique doctrinale (ou idéologique) de l’Etat et aux dérives de la logique
procédurière de la Justice (Pesqueux, & Biefnot, 2002). Selon l’approche
anglo-saxonne (Stark, 1993), les pratiques éthiques sont plutôt relativistes
(elles tiennent compte des différences culturelles entre métiers, pays…), et
contingentes (elle s’adapte aux situations de gestion). Elles s’appuient sur
des questionnements ou « dilemmes », de natures différentes selon leurs
domaines d’application : fonctionnel (déontologies de la finance, de la
comptabilité, du contrôle, du commerce…), interne ou externe (charte éthique de
l’entreprise, de son métier, de son environnement…), géographiques (normes
locales, nationales, transnationales, internationales).
3.2.
L’approche
philosophique : l’éthique du comportement
Dans La
sureté éthique, du concept à l’audit opérationnel, J. Igalens & M. Joras identifient six approches philosophiques
fondatrices d’une éthique du comportement :
-
L’éthique de conviction selon Kant : faire
son devoir, s’en remettre à ses croyances, à son idéal, à sa culture;
-
L’éthique de responsabilité au sens de H.
Jonas : répondre des conséquences de ses actes pour le présent et l’avenir
;
-
L’éthique de l’altérité de Levinas : prise
en compte des intérêts d’autrui);
-
L’éthique
de la discussion d’Habermas : ajouter à ses valeurs celles des autres afin
d’agir selon des règles consensuelles, partagées et reconnues ;
-
L’éthique de la dialectique hégélienne :
répondre aux dilemmes éthiques ;
-
L’éthique
fondamentale de R. Ogien : régler sur sa conscience afin de ne pas nuire
3.3.
Les différentes conceptions
d’une
éthique
d’entreprise
L’éthique d’entreprise
centre l’action morale dans le
succès économique des actionnaires d’où la responsabilité sociale de l’entreprise consiste à augmenter son profit.
- La conception latine de l’éthique d’entreprise
La
conception latine de l’éthique se réfère à des valeurs, à une finalité morale
et aussi à des
interdits. Celle-ci repose sur l’intérêt social comme étant l’intérêt supérieur de la personne morale elle-même, c’est-à-dire l’entreprise considérée comme un agent économique autonome poursuivant des fins propres, différentes notamment
de celles de ses actionnaires, de ses salariés, de ses créanciers, de ses fournisseurs et de ses clients, mais qui correspondent à leur intérêt commun, qui est d’assurer la
prospérité et la continuité de l’entreprise.
- La conception anglo-saxonne
de l’éthique d’entreprise
La
conception anglo-saxonne de l’éthique d’entreprise, plus matérialiste
et pragmatique, privilégie
plutôt le profit des actionnaires que l’intérêt social de l’entreprise. Dans la conception anglo-saxonne, le terme de l’éthique d’entreprise reprend les règles de la Corporate Gorvernance, qui
pourrait être traduit – improprement
– par « gouvernement d’entreprise ». La recherche du profit maximum prédomine pour l’actionnaire (shareholder
value), qui devient
de plus en plus puissant.
L’entreprise n’est pas
concernée de prime abord.
Alors que l’approche latine
de l’éthique d’entreprise
insiste sur les valeurs orientant les actions et
les comportements des entreprises,
l’approche anglo-saxonne privilégie l’intérêt des actionnaires et
de la direction.
3.4.
Les
différentes
sortes
d’éthiques d’entreprise
Dans son ouvrage
Responsabilité
sociale de l’entreprise et déréglementation, Dion (2001) différencie « éthique des affaires », « éthique des affaires internationales », « éthique de
l’économie » et « éthique de l’entreprise ».
- L’éthique des affaires
Elle s’intéresse aux rapports des différents acteurs économiques. Elle constitue une éthique qui veut régler et remettre
en cause l’éthique dans le domaine des affaires entre les institutions, depuis la responsabilité sociale des différents acteurs économiques, l’influence de l’évolution et les activités de l’industrie sur la société jusqu’à l’attention nécessaire à porter à la nature, à l’environnement et aux générations
futures.
- L’éthique des affaires internationales
L’éthique des affaires internationales vise les pratiques d’affaires sur le plan international
et s’engage à soulever les problèmes de droit, d’équité et de justice sociale pour les multinationales et
les pays en développement. Elle propose des concepts, normes et standards pouvant
servir de révérence dans
les activités économiques internationales.
- L’éthique de l’économie
Ici,
il faut différencier l’éthique
économique de l’éthique de l’économie
mondiale. En effet, alors
que l’éthique de l’économie mondiale se propose d’analyser les enjeux et facteurs en jeu dans la
mondialisation des marchés, l’éthique de l’économie s’occupe de la réflexion sur l’éthique dans les
différents systèmes économiques.
Les thèmes
préférés de l’éthique de l’économie sont :
-
les conséquences
du gaspillage des ressources
naturelles,
-
les dépenses
militaires,
-
la
lutte contre les monopoles et oligopoles,
-
l’inflation
et le chômage,
-
les conditions du logement et de l’éducation,
-
le salaire
minimum,
-
la compétitivité internationale
-
le développement durable et
la répartition inéquitable des revenus.
Les
thèmes typiques de l’éthique de l’économie mondiale sont aussi les thèmes
des grands sommets:
-
l’organisation des marchés internationaux,
-
la réorganisation
monétaire,
-
les
solutions et outils financiers contre
-
le
sous-développement,
-
l’hégémonie
du dollar américain et les mesures et initiatives pour une stabilisation des devises
au niveau mondial.
- L’éthique de l’entreprise
L’éthique de l’entreprise quant à elle vise l’analyse des pratiques,
discours, principes, normes et valeurs éthiques
qui représentent
l’entreprise et que cette dernière
mobilise pour régler ses problèmes et conflits. L’éthique de l’entreprise traite des différentes sortes d’éthique formalisée, du
rôle des responsables d’éthique dans l’entreprise,
du processus de formalisation de l’éthique, de la gestion de l’entreprise par les valeurs, de la construction de la culture
d’entreprise, de l’organisation du processus éthique de décision.
L’éthique de l’entreprise s’intéresse aussi aux relations
interindividuelles et aux relations entre les salariés et l’entreprise et vise l’amélioration du climat de
travail dans l’entreprise.
4.
Le parallélisme avec les disciples voisines
4.1.
Ethique des affaires et philosophie des affaires
L’éthique des affaires est à
bien distinguer de ce que les anglo-saxons appellent la philosophie des
affaires (philosophy of business), une branche de la philosophie qui traite des
fondements philosophiques, politiques et
éthiques des affaires et de l’économie
La philosophie des affaires s’intéresse
également à des questions telles que :
- Une entreprise peut-elle
avoir une responsabilité sociale et laquelle ?
- La théorie du
management ;
- Les théories de l’individualisme
et du collectivisme ;
- Le libre arbitre des
participants au marché ;
- Le rôle de l’intérêt
individuel ;
- Les théories de la main
invisible ;
- Les exigences de justice
sociale ;
- Les droits naturels, tout
particulièrement le droit de propriété, en lien avec les entreprises
4.2.
Ethique des affaires et économie politique
L’éthique des affaires est
également liée à l’économie politique,
qui est l’analyse économique sur un plan politique et historique. L’économie
politique étudie les conséquences des actions économiques sur la distribution
de la richesse. Elle regarde qui gagne et qui perd lors des activités
économiques et si la répartition de la richesse qui en résulte est, ce qui est
une question éthique clef
4.3.
Ethique des affaires et droit
Le Droit et l’éthique
recouvrent des domaines différents. Ils se distinguent d’abord par leur
but : le droit vise à maintenir l’ordre
dans une société, alors que le but de l’éthique est relatif au comportement des agents économiques et leur dicte la
meilleure conduite à retenir. Au regard de ses moyens d’action, le droit s’en
tient, en principe x attitudes extérieures, quantifiables ou tout au moins aux
intentions qui se manifestent par un acte. Ce n’est pas là la démarche de l’éthique
qui sonde les cœurs et considère qu’au-delà de l’acte, c’est l’intention
profonde de chaque agent qui imprime à celui-ci sa nature véritable et sa
portée réelle. Et c’est la même qui explique la différence des sanctions du
droit et de la morale. Kant explique cette différence en considérant que le
droit est hétéronome (nul ne peut à la fois juge et partie), alors que l’éthique
dérivant des règles de la morale est autonome (chacun est son propre juge et c’est
la voix de conscience qui joue le rôle de censeur). Facile à comprendre de
façon théorique, la barrière entre le droit et la morale n’est pas toujours
très étanche en pratique. La première raison en est que le droit est à l’origine
issu des règles de la morale et qu’il ne s’en est distingué qu’au cours du
temps .Même aujourd’hui les zones d’interpénétration entre le droit et l’éthique
restent nombreuses. par exemple, certains articles du code civil font
directement référence à la notion de bonnes mœurs.il leur arrive également de
prendre en considération de grands principes d’ordre moral et d’en faire des
règles (principe de réciprocité, la bonne foi, l’abus de droit et l’équité, principe
de proportionnalité ). il arrive enfin ,et c’est l’éthique individuelle qui est
alors prônée ,que la loi attache des effets juridiques obligatoires à certains
agissements dictés par la bonne moralité elle interdit tout retour en arrière,
une fois que l’acte purement moral a été volontairement exécuté .c’est
notamment le mécanisme de l’obligation naturelle lorsque l’exécution d’une
obligation sans aucun caractère obligatoire crée, sous certaines conditions,
une obligation à la charge du débiteur.
C’est le même mécanisme qu’emprunte
l’aveu judiciaire qui irrévocable l’aveu d’un plaideur, alors même que rien ne
l’obligeait à dire la vérité .
Le droit ne peut être
totalement dissocié de l’éthique morale .certains auteurs pensent même que le
droit ne peut qu’être soumis à l’éthique, mais qu’il convient de ne pas
accorder une place trop importante à cette dernière, car « un excès
de vertu peut aboutir à un système totalitaire ».
Récemment, avec la
diversification de plus importante de documents mise en vigueur au sein des
entreprises, une nouvelle distinction venue du droit anglo-saxon se répand de
plus en plus dans les droits continentaux européens. Ces documents,
appelés « chartes », « code », « accord »
etc., ont pour objet de créer des normes non revêtues de sanction édictant les
principes d’ordre éthique que les actionnaires, les dirigeants ou les
employeurs s’engagent unilatéralement à respecter au sein de leur entreprise
.Ces normes particulières se distinguent des règles de droit, de droit,
revêtues de la force de coercition qui leur est fourni par l’Etat, sont
appelées « Hard Law »,et les normes édictées par les
entreprises ou par certaines ONG en matière d’éthique, plutôt déclaratives et
dépourvues de sanction ; sont appelées « Soft
Law » .La fragilité de ces dernières provient du fait que leur
application n’est assurée que par la bonne volonté des agents économique .Mais
l’éthique n’est-elle par définition tributaire de cette bonne volonté ?
|
Lisez
le cas (mise en situation) ci-dessous, et dites à quelle approche
pouvez-vous l’associer selon les possibilités de réactions éthiques Supposons que vous avez prévu étudier toute la soirée
pour un important examen le lendemain et qu’un ami ou une amie vit une
rupture amoureuse au même moment, et aurait besoin de vous parler pendant
une bonne partie de cette même soirée. Vous pouvez étudier comme prévu, au
nom de la valeur des études (ou encore, de la valeur de réalisation de
soi). Ou vous pouvez prendre une partie de la soirée pour écouter cet ami
(ou cette amie), au nom de l’amitié (ou encore, de l’empathie, ou de la
compassion, ou de la solidarité). Par contre le choix aura des conséquences
: soit vos résultats risquent d’en souffrir, soit c’est l’ami(e) qui risque
de continuer de souffrir sans votre soutien. |
Chapitre
III. L’éthique et la déontologie au cœur
de la finance
|
La première fonction de la monnaie
est d’être un moyen de paiement,
elle permet d’acheter des biens et des services. En fait elle est la
contrepartie dans l’échange : on achète une paire de chaussures en payant
50 000 Fbu avant de sortir du magasin. C’est la paire de chaussures que
l’on achète, que l’on choisit, que l’on compare, que l’on essaye. Ce n’est
pas le commerçant qui choisit un billet dans le portefeuille du client ! |
1. La finance et l’éthique, deux concepts
inséparables
Par
définition, la finance se définit par les différentes transactions effectuées
sur et autour de la monnaie elle-même. Par contre, la monnaie serait définit
comme la contrepartie de la transaction si on parte de l’ordinaire des réalités : l’échange de la monnaie avec l’Object
désiré. Dans la finance, au contraire, elle est l’objet même de la transaction.
C’est la monnaie qui est donnée par l’un et reçue par l’autre mais en
contrepartie de quoi ? Eh bien cette fois-ci,
il n’y a pas de contrepartie, ou plutôt la contrepartie est
simplement la promesse du débiteur de rembourser le créancier à
échéance donnée : un engagement pleine de volonté et de liberté. L’enjeu éthique repose ici sur la confiance entre les deux parties, et
rien n’est plus fragile que la confiance.
La
finance possède ainsi tous les ingrédients qui font d’elle un monde à part dans
l’économie, en permanence soumis aux choix faits par les agents et aux
décisions qu’ils prennent. S’il est dans l’économie un domaine plus social et
plus humain que tous les autres, c’est bien celui-là. Dès lors la finance est
inséparable de l’éthique, des deux
formes d’éthique que l’on distingue habituellement (Collin, 1998,
54) :
§ de l’éthique
dite de
conviction, qui consiste à se donner un but qui respecte certaines
valeurs, énoncées le plus souvent par la religion, sinon par la loi naturelle.
Elle est la fidélité à un certain ordre, la volonté de faire le bien, l’obligation
que l’on se donne d’y parvenir coûte que coûte. Elle met en jeu la conscience
qui dicte à chacun sa conduite en lui permettant de discerner le bien et le mal
et qui l’amène à choisir le bien. Elle se fonde sur l’impératif
catégorique bien connu d’Emmanuel Kant et, au-delà, sur des normes
morales que beaucoup d’entre nous tiennent pour naturelles.
§ de l’éthique
dite de responsabilité, analysée par Max Weber, qui consiste plutôt en
un comportement, une attitude qui se voudrait
exemplaire. « Il faut donner l’exemple, tu dois montrer l’exemple »,
disait-on autrefois aux enfants. Avoir
un comportement éthique, c’est s’efforcer de faire le mieux possible dans le
contexte où l’on se trouve, au milieu de contraintes qui ne peuvent être
toutes évitées. C’est aussi ne pas faire
d’excès, rester maître de soi, conserver le sens de la mesure. C’est une
éthique que nous préférons appeler de comportement.
Sans
être vraiment un autre nom de la morale, l’éthique en est cependant très
proche. Elle en est une sorte d’application au quotidien. La morale est unique.
Elle est « totalisante ». L’éthique dépend du genre d’activité
concernée, il n’y en a pas une mais autant qu’il y a de secteurs, c’est
pourquoi les éthiques sont « sectorielles » (Perrier, 2007,
94-95). A cet égard elles se rapprochent des lois et des règles en tous genres.
Mais le comportement éthique suppose plus que le simple respect des lois, il
prend en compte leur esprit, et il s’adapte plus rapidement que de nouvelles
lois sont promulguées ou de nouvelles règles définies.
L’éthique s’applique tout naturellement à
la finance. Dans un domaine où tout repose sur la confiance, où les acteurs
deviennent créanciers et débiteurs les uns des autres pendant un certain temps,
où les opérations deviennent de plus en plus sophistiquées, où leur impact
devient de ce fait de plus en plus difficile à maîtriser, où la monnaie
elle-même semble devenir purement virtuelle, il est bien évident que les personnes ne
peuvent pas faire n’importe quoi, et les institutions non plus. Et il ne suffit
pas, pour les institutions surtout et pour ceux qui les dirigent, de respecter
les règles, d’être ouverts aux contrôles, d’être transparents. Il faut que tous les agents, quels qu’ils
soient, agissent non seulement en respectant la loi, mais en écoutant ce que dit leur conscience. Cela est tellement
vrai que la crise actuelle tient sans doute pour beaucoup à ce que la finance s’est écartée de l’éthique.
2.
Secteurs
éthique de la finance : mode d’application
1.
L’éthique
au cœur de la finance : la finance éthique et la finance islamique
a) la finance éthique
D’une façon vulgaire, la finance éthique,
celle qui l’est réellement, se définit par sa destination : à qui l’argent va-t-il être prêté, à quoi
va-t-il servir ? Cette définition
purement moins scientifique s’est trouvée rapidement mieux précisée. La finance
éthique est désormais celle qui est orientée vers certaines entreprises,
certaines activités. Leur liste n’est pas arrêtée, mais elle fait le plus
souvent référence à trois critères, qui ne sont pas des critères financiers :
· Le
premier critère est social. Il concerne l’attitude des entreprises à l’égard de
leurs salariés. Quelle est sa politique de recrutement, de licenciement, les
salariés sont-ils impliqués dans la vie de l’entreprise, sont-ils bien traités
par leur employeur… ?
· Le
deuxième critère est économique. Il concerne la gouvernance. Quelle est l’attitude
des entreprises à l’égard des « parties prenantes », non seulement de ses
salariés, mais de ses clients, de ses fournisseurs, des collectivités locales
où elle est implantée, de tous ses partenaires de la société civile… ?
· Le
troisième critère est plus politique. Il concerne le respect de l’environnement.
Les entreprises ont-elles le souci de respecter la nature et d’exercer leur
activité en se situant dans le long terme sans compromettre la capacité des générations
futures à satisfaire leurs besoins ?
Ces trois critères sont ceux-là mêmes qui
caractérisent le développement durable. Ils correspondent aussi à ce que l’on
appelle aujourd’hui l’investissement socialement responsable (ISR) qui repose à la
fois sur
des critères financiers et sur des critères extra-financiers. Les deux
concepts ne se rejoignent pas parfaitement, mais on peut dire que la décision d’investir d’une façon « socialement responsable » caractérise un comportement éthique.
b)
La finance islamique
La finance islamique n’est pas éthique au
regard de sa destination, elle l’est par son inspiration, qui n’est autre que
la charia,
la loi de la religion musulmane, basée essentiellement sur le Coran. Le
précepte le plus connu est l’interdiction de l’usure[8] « le riba » qui est normalement
un taux d’intérêt excessif, mais
qui se traduit par une interdiction du prêt à intérêt.
1.1.
|
Aristote
et l’usure: « La monnaie a été inventé en vue de l’échange, tandis que l’intérêt multiplie la quantité de
monnaie elle-même » La chrématistique : Maximiser le profit ou
acquisition des richesses : - Chrématistique naturelle et celle nécessaire
via possession et petit négoce : survie de la famille (accepté) ; - Chrématistique via le commerce extérieur, le
prête à intérêt et le louage (prohibée) car elle engendre le désordre dans la cité e détruire le lien social [La politique] |
|
La bible et l’usure ; Dt 23,20-2 Tu ne prêteras pas à intérêt à ton
frère, qu’il s’agisse d’un prêt d’argent, ou de vivres, ou de quoi que ce
soit dont on exige intérêt. À l’étranger tu pourras prêter à intérêt, mais
tu prêteras sans intérêt à ton frère, afin que l’Éternel, ton Dieu, te
bénisse en tous tes travaux, au pays où tu vas entrer pour en prendre
possession. |
|
Le
coran et l’usure; La
sourate 2, 276-279: « Dieu a permis la vente, il a interdit
l’usure »; « Dieu exterminera l’usure et fera germer l’aumône »; « Ô
croyants ! Craignez Dieu et abandonnez ce qui vous reste de l’usure, si
vous êtes fidèles; « Ne lésez personne et vous ne serez point lésés » |
L’intérêt n’est pas replacé dans la finance
islamique, il n’y a plus de créances et de dettes, ni par conséquent
de créancier
et de débiteur, il y a deux acteurs engagés dans une entreprise
commune. La finance islamique est bien une
finance éthique, elle peut même être perçue comme étant au service de l’homme, avec pour finalité
la protection de l’être humain, de la famille, de l’harmonie sociale et même de
l’environnement.
1.2.
La
pratiquée du finance islamique au quotidien
|
Coran : Sourate
2 ; 269. 273.275 «
Ô croyants ! Faites l’aumône des meilleures choses que vous avez acquises…
L’aumône que vous ferez, le vœu que vous formerez, Dieu les connaîtra… Ceux
qui feront l’aumône le jour et la nuit, en secret et en public, en
recevront la récompense de Dieu ». |
1)
La
Zaqât (aumône) : sous forme d’un
impôt religieux qui s’impose à tous les croyants sur l’ensemble de leurs
biens et qui est généralement recouvré par les banques, mais qui peut être
versé directement à des associations. En fait, le Coran parle toujours d’aumône.
|
La
chrématistique au M.A provient : - L’art
possessivae : acquisition des richesses naturelles servant de couvrir
les besoins primaires ; - L’art
pécuniative : acquisition des richesses artificielles ;
commerce et l’usure Saint
Thomas d’Aquin: Les théologiens insistent sur le fait que la perception par le prêteur
d’argent d’un intérêt est absolument contraire à la justice, car on ne peut
pas exiger « deux compensations » : la restitution d’une même
quantité d’argent et le prix de son usage, ou l’ « usure ».
Sont acceptées l’échange
naturel et nécessaire (bien de la
famille), administration (bien de la cité) et prohibés les deux
cités ci-dessus [Somme théologique] ssh |
2)
Le Marabaha : le plus pratiquée pour des transactions commerciales ; la
banque ne prête pas à un client le prix du bien qu’il achète, elle l’achète et
lui revend à un prix naturellement plus élevé ;
3)
Le Mudaraba : il est un contrat de prêt avec partage
des bénéfices. Le bailleur prête à une entreprise qui gère seule son projet et
qui supportera seule la perte s’il en est une, l’entreprise perdant la valeur
du travail fourni. Les bénéfices seront répartis selon une clé librement
convenue entre les parties, obligatoirement dès le début de l’opération ;
4)
Le Musharaka : il est un contrat de participation
par lequel le bailleur (ils peuvent être plusieurs) s’associe avec l’entreprise
(elles peuvent être nombreuses) qu’il finance pour gérer avec elle un projet.
Les profits seront partagés selon une clé fixée librement dès le départ. Les
pertes seront supportées par le bailleur ou, s’ils sont plusieurs, supportées
par chacun en pourcentage de son apport.
2.
L’éthique
en marge de la finance : la finance solidaire et la microfinance
a) la finance solidaire
Avec la finance solidaire, nous revenons
près de la finance éthique. Les deux sont souvent confondues, et pourtant ces
concepts se distinguent de plusieurs façons :
-
par l’emploi de leurs ressources. Dans la finance
éthique, si la rentabilité n’est plus toujours une motivation essentielle des
agents concernés, elle reste une motivation importante. Elle l’est beaucoup
moins dans la finance solidaire. Le but recherché cette fois est d’obtenir « une
plus-value sociale », en aidant les personnes en difficultés à se
réinsérer dans leur milieu, en proposant d’autres services tels que le suivi ou
l’accompagnement de projets, en visant davantage les retombées locales. La
finance solidaire est une finance de proximité qui tend à
maintenir ou à restaurer « le lien social » (Artis, 2013).
-
par l’origine de leurs ressources. Comme dans la
finance éthique, l’argent qui cherche à se placer est de l’argent épargné. Mais
l’épargne est cette fois le fait de particuliers qui placent un peu de leur
argent en dépôt auprès d’une institution financière en renonçant à tout ou
partie du revenu correspondant, soit qu’ils acceptent un intérêt moindre, voire
nul, soit que tout ou partie de cet intérêt soit versé à une association à
vocation solidaire. On parle alors de placement de partage. Ils peuvent aussi
prêter leur argent directement à des organismes partageant cette vocation.
-
par les modalités du financement : Dans la finance éthique, le financement
est plus souvent indirect, il passe notamment par les fonds ISR. La finance
solidaire est aussi indirecte, elle passe notamment par des fonds d’investissement
solidaires qui financent des projets ou des entreprises à vocation sociale.
Mais elle peut être directe, car il arrive souvent que des épargnants prêtent
de l’argent à des associations de proximité qu’ils connaissent bien et dont ils
apprécient la vocation sociale ou humanitaire.
2.1.
En
quoi réellement la finance solidaire est éthique ?
-
D’abord par sa destination : la plus-value sociale, le bien-être social,
celui de la société en même temps que de chaque personne, en un mot le bien
commun ;
-
Ensuite par ses modalités : les
institutions et plus encore les associations impliquées dans la finance
solidaire sont presque toutes à taille humaine ; elles proposent des services d’accompagnement
qui permettent de rapprocher les personnes et qui contribuent au lien social;
-
Enfin par
sa proximité : comme l’épargne solidaire est investie auprès d’associations
de proximité ou d’organismes à vocation solidaire, et non pas en actions de
sociétés cotées, il y a peu de risques que la finance solidaire soit détournée
de sa vocation et utilisée pour améliorer l’image d’une banque ou d’une
entreprise.
b) La microfinance
La
microfinance doit a naissance à la finance informelle qui est un ensemble de
pratiques financières entre des personnes qui se prêtent et s’empruntent
directement. La microfinance est au contraire de la finance formelle car une
institution intervient qui emprunte aux uns pour prêter aux autres. Son
caractère éthique revient alors de par sa finalité que ses modalités :
dans la microfinance de petits crédits,
le plus souvent accompagnés, sont accordés aux pauvres, aux personnes sans
emploi, aux exclus du système bancaire. La microfinance est donc et pour
toujours revêtu son caractère altruiste pour multiples raisons :
-
Avec le micro-crédit, elle se veut un outil qui
libère les rêves des hommes et aide même le plus pauvre d’entre les pauvres à
parvenir à la dignité, au respect et à donner un sens à sa vie (Yunus,
1997) ;
-
Le micro-crédit peut donner à chacun l’opportunité
de construire sa vie, de se projeter dans l’avenir et de participer à la
création de la richesse (Nowak, 2005)
- Avec le micro-crédit, la microfinance est toujours un moyen de lutter
contre la pauvreté : un moyen de lutter contre l’exclusion financière
|
Les monts de piété créés au
Moyen Age en Italie puis en Espagne par des moines franciscains l’ont été
pour libérer les pauvres des usuriers (Attuel-Mendès, 2011). Les
coopératives d’épargne et de crédit imaginées par Guillaume Raiffeisen en
Rhénanie à la fin du XIXème siècle et reprises par Alphonse Desjardins au
Québec au début du XXème n’avaient pas d’autre but que de défendre les
paysans en les détournant de l’usure. L’initiative de Mohamed Yunus de prendre en
charge les plus pauvres de son quartien. |
2.2.
La
nécessité du code éthique
Est-ce
que le code éthique et déontologie maintient sa place dans l’éthique financière
où celle la confiance mise en évidence ?
Autrement dit, qu’en est des comportements des parties prenantes ?
Cette problématique semble la meilleurs
pour nos resituer dans le fil de notre communication. Elle en est aussi pour
conclure ce chapitre.
|
Et enfin, qu’allons-nous faire de notre argent ? Quel
financement envisageons-nous s’il en est ainsi ? «Fais aux autres ce que tu
voudrais que l’on te fasse.» (Mt7 ; 12) «L’amour de l’argent est
source de toutes sortes de maux. D’aucuns ont été si avides de
l’obtenir qu’ils se sont éloignés
de la foi et ont brisé leurs cœurs avec beaucoup de chagrin» (Timothée
6 ; 10 « Notre propre
intérêt doit être nuancé et équilibré par la préoccupation pour les
intérêts et les sentiments des autres. C’est cela qui fera un système
économique éthique et réussi. » (A.Smith) |
Chapitre IV. Ethique et compétences comptables
La profession comptable, à l’instar des
professions de services intellectuels aux entreprises, se distingue par sa
devise trilogique « Science, Conscience, Indépendance ».
Dans l’ordre pratique et professionnel, cette
devise poursuit le développement d’une morale de conviction en plus d’une morale
de responsabilité.
La morale de conviction amène le
comptable à rechercher constamment :
1)
A respecter ses propres valeurs ;
2)
Le bien
commun, tel que le respect des lois ;
3)
Le service au client dans le respect des normes
professionnelles
La morale de responsabilité dicte au
comptable à se préoccuper de l’efficacité de ses actions par le choix des
moyens adaptés au but poursuivi.
|
Il entre en jeu
ici la formation continue
pour un renforcement des capacités et mise à niveau : Au minimum 40
heures de formation et la formation peut être assurée par : -la lecture de
la documentation -la
participation à des cours et à des cycles de formation, -
Collaboration avec des activités et travaux collectifs. |
a) La
science
Le comptable doit avoir conscience que l’incompétence
produit des effets analogues voire, des fois, plus graves que l’immoralité. L’obligation
de se tenir à jour et l’impératif de maintien des compétences posent deux
problèmes :
1. Le
premier a trait au volume des connaissances : un individu peut-il prétendre à l’aptitude
de tout connaître ? Aussi, le pléthore de réglementation et l’explosion des domaines
de connaissances poussent-ils vers le développement du travail en équipes que
les économistes érigent en facteur de développement économique des nations.
2. Le
second a trait à la qualité de la pensée qui nécessite une ouverture du
comptable sur la culture, les arts et la philosophie. En fait, il ne faut pas
croire que l’obtention du diplôme d’expertise comptable est l’ultime étape de
la démarche. Il est plutôt le billet d’accès à une carrière libérale où le
besoin de sagesse se fait cruellement sentir. Tout compte fait, il ne faut
jamais exagérer ni l’effet de la révision comptable ni celui du diplôme qui, en
soi, ne garantissent pas une brillante carrière professionnelle
b) La conscience et l’indépendance
A titre d’exemples des situations qui
peuvent affecter le libre choix du comptable et porter, par voie de
conséquence, atteinte à son indépendance, on peut énumérer :
1. Les
intérêts financiers (le type de rapport du comptable avec l’argent peut le
rendre plus vulnérable) ;
2. Les
liens familiaux ;
3. Les liens
d’amitié ;
4. La
manipulation qui procède par la mise en ambiance et la désinformation ;
5. La
pression exercée et les interventions. Il faut être conscient sur ce point que
les personnes qui exercent des pressions ou interviennent pour d’autres (sauf
dans les cas de nobles dessins ou de convictions profondes de la justesse de l’objectif
poursuivi) se désolidarisent généralement une fois leur objectif atteint. Il ne
faut pas fois l’indépendance de celui qui les subit mais aussi de celui qui les
exerce.
6. L’intimidation
: qui consiste, par des menaces réelles ou ressenties comme telles, à dissuader
le professionnel d’agir objectivement.
7. Une
faible personnalité : de nature à placer l’individu en état de complaire avec
des situations ou idées qu’il n’agrée pas.
2.3. Les principes fondamentaux de l’éthique
comptable
Pour réussir à ces objectifs, les
professionnels comptables doivent satisfaire un certain nombre d’exigences de
qualification scientifique et morale exprimées dans les principes fondamentaux
de l’éthique comptable, à savoir :
1) L’intégrité,
la probité et l’objectivité.
Un comptable intègre est un professionnel droit et honnête lorsqu’il rend
des services professionnels, «l’intégrité n’implique pas seulement l’honnêteté,
mais aussi des transactions équitables et de la sincérité. Les avis et le
travail d’un comptable ne doivent être ni corrompus par son intérêt personnel
ni influencés par des partis pris».
La probité comme étant le caractère d’une
personne d’une honnêteté stricte et scrupuleuse, qui observe rigoureusement les
principes de la justice et de la morale.
Un comptable objectif est un
professionnel équitable et qui ne laisse pas des préjugés ou des partis pris,
des conflits d’intérêt ou l’influence de tiers nuire à son objectivité.
L’intégrité implique aussi, qu’en matière
de promotion de leurs services, les professionnels comptables ne doivent pas :
a) utiliser
des moyens qui portent atteinte à la réputation de la profession ;
b) surévaluer
les services qu’ils sont en mesure de fournir, les qualifications qu’ils
possèdent ou l’expérience qu’ils ont acquise ;
c) dénigrer
le travail de leurs confrères.
2)
La
compétence professionnelle, la diligence et le professionnalisme
L’ordre des comptables dispose qu’un
professionnel comptable doit fournir des services professionnels avec compétence, soin et diligence et est tenu de conserver en permanence un niveau de connaissances et de compétences professionnelles justifiant
les attentes du client ou de l’employeur.
La compétence professionnelle procède,
notamment, de deux phases
a) Acquisition de la compétence
professionnelle : l’acquisition
de la compétence professionnelle exige au départ une formation générale de bon
niveau, suivie d’une formation spécialisée sanctionnée par des examens dans des
disciplines professionnelles, ainsi que des stages, qu’ils soient obligatoires
ou non. C’est le cheminement normal pour un professionnel comptable.
b) Maintien de la compétence professionnelle : le maintien de la compétence
professionnelle implique de se tenir en permanence au courant des évolutions de
la profession, notamment des normes nationales et internationales pertinentes
en matière comptable, d’audit, de nouvelles technologies de l’information et de
la communication ainsi que les autres réglementations et exigences législatives.
3)
La
confidentialité et le secret professionnel
Le devoir de confidentialité s’applique
aussi au professionnel et à l’ensemble de ses collaborateurs. Dans ce sens, le
professionnel a le devoir :
a) d’assurer
que tous les collaborateurs sont formés en matière de confidentialité ;
b) d’assurer
que toutes les mesures visant à préserver la confidentialité et notamment que
les barrières dites murailles de Chine sont scrupuleusement instituées ;
c) d’obtenir
un engagement ferme du personnel sur la confidentialité et leur engagement à
respecter les murailles de Chine au sein du cabinet notamment en s’abstenant de
rechercher toute information sans lien direct et sans nécessité pour la bonne
exécution des missions auxquelles ils participent.
A titre d’exemples, les aspects suivants
sont à prendre en compte pour déterminer si des informations confidentielles
peuvent être divulguées :
a) Lorsque la divulgation est autorisée : lorsque le client ou l’employeur donne
une autorisation de divulgation, les intérêts de toutes les parties, notamment
des tiers dont les intérêts peuvent être lésés, doivent être pris en compte.
b) Lorsque la divulgation est exigée par la
loi par
exemple, le professionnel comptable peut être légalement tenu de révéler des
informations confidentielles dans les cas suivants : (i ) produire des
documents ou fournir des preuves lors d’une procédure judiciaire ; (ii )
informer les autorités publiques compétentes de violations de la loi.
c) lorsqu’il existe un devoir professionnel
de divulgation, par
exemple pour : respecter les normes techniques ou les règles d’éthique ; cette
divulgation n’est pas en contradiction avec les règles de confidentialité ; (ii
) défendre les intérêts professionnels d’un professionnel comptable lors d’une
procédure judiciaire mettant en cause sa responsabilité ; (iii ) se conformer
aux exigences d’un examen de qualité (ou d’un examen interne) d’un institut
membre ou organisme professionnel ; (iv ) répondre à une demande d’informations
ou à une enquête de l’institut professionnel ou d’un organisme de
réglementation.
4)
La
courtoisie professionnelle
Les professionnels comptables doivent
faire de sorte qu’ils se traitent mutuellement avec le respect, la courtoisie
et l’intégrité qui conviennent. La courtoisie professionnelle est une
composante essentielle du comportement professionnel basé sur des règles et des
sentiments appropriés dont notamment :
1. La
politesse et le respect d’autrui ;
2. S’interdire
toute curiosité déplacée synonyme d’intrusion et non-respect des domaines et
espaces de confidentialité d’autrui ;
3. Ne pas
être envieux ou jaloux.
4. La
prise en compte des contraintes et sentiments d’autrui.
5. Ne jamais se moquer d’autrui.
6. Observer les réserves nécessaires quand on est
amené à établir un jugement pouvant affecter autrui.
7. S’interdire de dénigrer autrui ou d’acquiescer
par son silence au dénigrement d’autrui.
8. Adopter un bon ton professionnel et un regard
poli qui soient compatibles avec les règles de courtoisie et de respect d’autrui.
5)
Le respect des normes techniques et
professionnelles
Un professionnel comptable doit rendre des
services professionnels conformes aux normes techniques et professionnelles
applicables et est tenu de suivre avec diligence et compétence les instructions
de son client ou de son employeur dans la mesure où elles sont compatibles avec
les exigences d’intégrité, d’objectivité et, dans le cas de professionnels
comptables libéraux, d’indépendance. En outre, le professionnel comptable doit
respecter la législation en vigueur.
2.4. L’éthique
et la compétence dans la stratégie du professionnel
Les principaux facteurs clés de réussite
dans l’exercice libéral sont les compétences (techniques,
relationnelles, de communication, etc...) et les valeurs. Toutefois,
une stratégie de développement des compétences consacre une grande place à l’éthique
et garantit mieux le développement des activités à moyen et long terme en
raison. Les valeurs dont le professionnel cherche à mettre en évidence repose
sur:
1.
la
sérénité que l’observation
des règles éthiques procure aux activités professionnelles ;
2.
la cohésion et le partage des valeurs que
procure à l’ensemble son activité ;
3.
l’attrait qu’une philosophie éthique exerce sur les
collaborateurs ; ce qui attire vers ce métier
les ressources humaines de qualité nécessaires à son développement.
L’éthique
conduira aussi au comptable à faire preuve d’intégrité dans tout ce qu’ils font
garantir la confiance de leurs clients et des forces du marché.
D’où, un comportement éthique et emprunt de
professionnalisme implique de :
(1)
Protéger l’intérêt public.
(2)
Accomplir son travail de façon intègre et
objective.
(3)
Conserver son indépendance lorsque la nature du
service en cause l’exige.
(4)
Protéger la confidentialité de l’information.
(5)
Faire preuve de courtoisie professionnelle.
(6)
Maintenir et renforcer la réputation de la
profession.
(7)
Adhérer aux règles de la déontologie
professionnelle.
En
plus de cela, le développement de toutes ces caractéristiques appropriées à l’exercice
de la profession comptable avec noblesse intègre doit être nécessairement
accompagner par les caractères suivants
:
(1)
Être autonome ;
(2)
Faire
preuve d’initiative ;
(3)
Maintenir à niveau et démontrer sa compétence,
et reconnaître ses limites ;
(4)
S’efforcer d’ajouter de la valeur ;
(5)
Appliquer un processus de réflexion
stratégique ;
(6)
Concevoir des idées novatrices / être
créatif ;
(7)
Développer une pensée positive ;
(8)
Traiter les autres de façon
professionnelle ;
(9)
S’adapter au changement
3.3.
Le
jugement et l’indépendance professionnelle
Le
jugement professionnel se trouve au cœur du métier du comptable. Aussi, chaque
professionnel de la comptabilité devrait-il raffermir sans cesse son aptitude à
l’exercice du jugement. Le jugement professionnel, qui s’inscrit dans le processus de prise de décision, représente l’art du
professionnel, son aptitude à l’analyse et à la formulation de solutions
pertinentes pour résoudre, dans le cadre des normes officielles à caractère
général ou en l’absence de norme officielle, les problèmes résultant aussi bien
des situations courantes qu’inédites.
Dans l’ordre
pratique, il faut souligner que, certains
comptables sont en mesure d’exercer leur jugement plus rapidement et avec d’avantages
de pertinence que d’autres. D’où pour faire honneur au principe de
mutualité professionnel, le professionnel comptable se doit ouvert à la
collaboration. Et d’ailleurs, le travail
en équipe, la consultation et la concertation améliorent généralement la
qualité du jugement. Car, plus un système est le siège d’interactions multiples
et variées, plus il est capable de bien agir.
L’approche
conceptuelle pour l’indépendance
L’indépendance
dans les missions de certification s’appuie sur deux principes et deux outils :
Les
deux principes de l’indépendance sont : l’indépendance
d’esprit et l’apparence d’indépendance
tandis que Les outils pour préserver l’indépendance sont : l’identification des menaces pour l’indépendance, et les sauvegardes.
· L’indépendance d’esprit : l’indépendance d’esprit désigne «l’état
d’esprit qui permet d’émettre une opinion sans être affecté par des influences
qui compromettent le jugement professionnel permettant à un professionnel d’agir
avec l’intégrité et d’exercer l’objectivité et le scepticisme professionnels
adéquats».
· L’apparence d’indépendance : «L’apparence d’indépendance
implique que le professionnel doit éviter les faits ou les circonstances qui
sont tels qu’une troisième partie objective et raisonnable, bien informée et
ayant connaissance de tous les éléments pertinents y compris les mesures
préventives appliquées, peut raisonnablement conclure que l’intégrité, l’objectivité
ou le scepticisme professionnels sont compromis».
Différents menaces peuvent être porté
atteinte à l’indépendance. C’est à ce moment que cette dernière peut être
compromise. Ceux qui peuvent être en jeux sont les menaces suivantes : intérêt personnel, auto-contrôle,
représentation, familiarité, intimidation.
· Intérêt personnel : II y a un risque lié à l’intérêt personnel
lorsque le cabinet ou un membre de l’équipe de mission pourrait tirer avantage,
soit d’intérêts financiers dans un client de services de certification, soit d’un
autre conflit d’intérêts avec ce client.
· Auto-contrôle : Il y a un risque d’auto-contrôle lorsqu’il
faut apprécier un produit ou un jugement découlant d’une précédente mission
afin d’arriver à des conclusions sur la mission de certification en cause, ou
lorsqu’un membre de l’équipe de mission a déjà été un administrateur ou un
dirigeant du client de services de certification, ou y a occupé un poste lui
permettant d’exercer une influence directe et importante sur les éléments
faisant l’objet de la mission de certification
· Représentation : Il y a un risque lié à la représentation
lorsque le cabinet ou un membre de l’équipe de mission défend ou peut sembler
défendre une position ou une opinion d’un client de services de certification
au point où cela pourrait porter atteinte ou être perçu comme portant atteinte
à son objectivité. Ce serait le cas si le cabinet ou un membre de l’équipe de
mission devait subordonner son jugement à celui du client.
· Familiarité : Il y a un risque de familiarité lorsque
le cabinet ou un membre de l’équipe de mission, en raison de ses relations
étroites avec un client de services de certification ou avec ses
administrateurs, dirigeants ou employés, devient trop complaisant à l’égard des
intérêts du client.
· Intimidation : Il y a un risque d’intimidation lorsqu’un
membre de l’équipe de mission pourrait être dissuadé d’agir en toute
objectivité et de faire preuve de scepticisme professionnel en raison de
menaces, réelles ou perçues, émanant des administrateurs, des dirigeants ou des
employés d’un client de services de certification.
Chapitre
VI. Résolution des conflits et problèmes d’éthique comptable
Pour prévenir et aider à la résolution de
ce type de conflit et pour garantir une qualité optimale des comportements et
des services permettant de conserver la confiance du public dans la profession
comptable, il incombe aux instituts professionnels comptables de définir des
règles d’éthique pour leurs membres. Et d’ailleurs, Un comptable objectif est un professionnel équitable et qui ne laisse pas des
préjugés ou des partis pris, des conflits d’intérêt ou l’influence de tiers
nuire à son objectivité.
1.
Démarches
pour la résolution des conflits
Pour arriver à résoudre les conflits,
différentes stratégies sont à mettre en œuvre étape par étape :
-
Obtenir les opinions des différentes parties
quant à la nature des enjeux ;
-
Amener les parties à s’entendre sur l’objet du
litige ;
-
Obtenir toute information susceptible d’aider à
résoudre le conflit ;
-
En
tenant compte de toutes les opinions et informations pertinentes, tenter de
trouver une solution acceptable par la négociation ou la facilitation ou un
autre moyen visant à résoudre le conflit ;
-
Avec les autres parties, confirmer tous les
points d’entente et, pour tout point de désaccord qui subsiste, un processus
convenu de résolution ;
-
Consigner le travail en dossier.
2.
Démarches
pour la résolution des problèmes éthique
Face à un dilemme de nature éthique, le
comptable doit mettre en œuvre une démarche scientifique. En cas de difficultés
pour surmonter la complexité de la situation, le comptable ne doit pas hésiter
à faire appel à l’assistance d’un tiers de sa confiance ou/et à la concertation
en consultant d’autres professionnels ou les institutions de soutien (ordre des
experts-comptables ou autres).
2.1. Méthode d’analyse
Une
démarche scientifique pour l’analyse et la résolution d’un problème éthique
peut consister à suivre une construction en cinq étapes :
(1) L’identification du problème éthique : plus la
définition est objective et précise, plus la recherche d’une solution est
facilitée ;
(2) L’identification
des parties concernées ;
(3) Identification
des hypothèses alternatives de comportement : cette étape d’analyse consiste à
faire l’inventaire de toutes les possibilités offertes y compris celles qui
impliquent, éventuellement, un comportement non conforme à l’éthique comptable
;
(4) Appréciation
des conséquences de chaque hypothèse alternative. Dans cette phase cruciale de
l’analyse, le comptable doit veiller à conserver à la fois toute son
objectivité et son bon sens professionnel ;
(5) Décision
finale raisonnée et étayée : une fois les éléments qui préparent la prise de
décision sont bien définis et leurs conséquences envisagées, le comptable prend
la décision qui lui paraît la plus conforme à ses politiques et valeurs
professionnelles.
Tout
au long de sa construction logique en vue de préparer une décision pour la
résolution d’un problème éthique, le comptable doit particulièrement veiller à
éviter de laisser sa passion l’emporter sur l’objectivité du raisonnement.
2.2. Cadre de référence pour la prise de
décision en matière d’éthique
La firme internationale
PricewaterhouseCoopers définit dans son code de conduite les procédures à
suivre sous la forme d’un questionnaire en
cinq étapes et d’une liste de questions à se poser pour la prise de
décision en matière d’éthique.
Þ Procedures
1.
Identifiez
d’abord l’événement, la décision ou le problème
-
Vous a-t-on demandé de faire quelque chose qui
pourrait être impropre ?
-
Êtes-vous informé de conduites de tiers
pouvant être illégales ou contraires à l’éthique chez un client ou chez le
cabinet ?
-
Essayez-vous de prendre une décision sans être
certain de la conduite éthique à suivre ?
2.
Réfléchissez
avant d’agir
-
Résumez
et clarifiez votre problème.
-
Demandez-vous d’où provient le problème.
-
Examinez
les options et les conséquences.
-
Réfléchissez aux personnes qui pourraient en
supporter les conséquences.
-
Consultez les autres.
3.
Décidez
des mesures à prendre
-
Déterminez votre responsabilité.
-
Analysez les informations et les faits
pertinents.
-
Référez-vous aux politiques du cabinet ou aux
normes de la profession.
-
Évaluez les risques et la façon dont vous
pouvez les minimiser.
-
Réfléchissez à la mesure la plus appropriée.
-
Consultez les autres.
4.
Testez
votre décision
-
Relisez les «Questions à prendre en compte...».
-
Appliquez les valeurs du cabinet à votre
décision.
-
Assurez-vous d’avoir bien pris en compte les
politiques du cabinet, la législation et les normes professionnelles.
-
Consultez les autres et sollicitez leur avis
sur les mesures que vous comptez prendre.
5.
Agissez
en toute confiance
-
Communiquez votre décision et ses fondements
aux parties prenantes.
-
Tirez les enseignements de vos expériences.
-
Faites part de vos succès.
Þ Dix questions à prendre en compte pour la
résolution d’un problème éthique
(1)
Est-ce
contraire aux normes professionnelles ou à celles du cabinet ?
(2)
Avez-vous le sentiment de prendre une bonne
décision ?
(3)
Est-ce légal ?
(4)
Est-ce qu’elle aura des conséquences négatives
sur vous-même ou sur le cabinet ?
(5)
Qui d’autre pourrait subir les conséquences de
cette décision (au sein du cabinet, les clients, vous-mêmes, etc.) ?
(6)
Seriez-vous gêné que les autres sachent que
vous prenez ces mesures ?
(7)
Existe-t-il une alternative qui ne crée pas de
conflit éthique ?
(8)
Quelles seraient les répercussions dans la
presse ?
(9)
Qu’en penserait une personne raisonnable ?
(10)Dormez-vous sur vos
deux oreilles ?
3.
Le
comité d’éthique
De nombreux ordres professionnels ont pris
l’initiative de créer un comité éthique composé de professionnels et d’autres
personnalités du monde des affaires, des finances et du gouvernement.
Ces comités sont chargés d’étudier les
problèmes et questions éthiques qui sont soumis à leur examen par les clients
de la profession, les pouvoirs publics et les professionnels. Ainsi, ils jouent
un rôle préventif et régulateur permettant d’éviter à la profession et à ses
clients nombre de déconvenues et de litiges et d’envoyer des signaux forts au
marché sur l’attachement et le sérieux avec lequel la profession, en confiant
les problèmes d’éthique à un comité indépendant et compétent, envisage la
question des valeurs morales et du comportement professionnel. Ce comité joue
aussi un rôle de soutien aux professionnels qui font face à des situations
difficiles où l’éclairage apporté par une structure objective et compétente est
de nature à améliorer leur prestation éthique.
Le gouvernement des professions peut s’appuyer
sur deux logiques visant la même fin de croissance et d’efficacité durables :
soit la régulation par les mécanismes du marché et de l’autorégulation (la
sagesse collective en somme) soit la régulation par la réglementation.
Le premier type de régulation repose sur
des règles souples, évolutives, sujettes et objet d’un dialogue et de recherche
permanents. Son efficacité dépend de la qualité du fonctionnement réel des
mécanismes mis en place. Cette logique de régulation repose principalement sur
la prévention et l’autorégulation, contrairement à la régulation par la
réglementation nécessairement plus rigide et plus marquée par la sanction.
Mais si la première voie nécessite
beaucoup de temps pour arriver à maturité, la seconde est plus rapide à mettre
en place sans que l’on soit sûr que le résultat réel obtenu sera au niveau des
attentes.
Aussi, la gouvernance des professions
exige-t-elle le recours à un sage mixage des deux logiques de régulation qui
peuvent se compléter dès lors qu’elles s’attachent à la rigueur et au réalisme
nécessaires à toute activité de régulation efficace.
Ce qui caractérise une profession, ce sont
ses compétences et ses valeurs.
Un des outils permettant de rendre plus
effectif la déontologie est la création d’un comité éthique chargé de piloter
la mise en œuvre sur le terrain des règles de la déontologie, d’anticiper le
développement des risques et de rechercher des solutions appropriées aux
litiges ou risques de litiges.
Composé de professionnels et de
compétences reconnus et choisis en dehors de la profession, un comité éthique
actif et disposant des moyens appropriés nécessaires à son efficacité peut se
révéler un outil efficace de régulation et de développement d’une image forte
de toute profession. On trouvera dans notre histoire des institutions proches
qui avaient fait la preuve de leur efficacité pendant plusieurs siècles. Je veux
citer l’amine du marché ou encore Al mouhtasab. Si ces institutions ont
disparu, c’est parce qu’elles n’ont pas su s’adapter à l’évolution. Mais la
logique de gestion dynamique, pragmatique et proactive, reposant sur le
dialogue plus que la confrontation, la prévention et le pilotage préventif plus
que la sanction produit toujours des résultats meilleurs.
CHAPITRE III. L’INTEGRATION
DE L’ETHIQUE DANS LA GESTION DES ENTREPRISES
Le
rôle de la gestion des ressources humaines a toujours
eu une importance capitale dans le
processus de développement d’un pays. Dans La Richesse des Nations
(1776), Adam Smith avait déjà déclaré à l’époque que les ressources humaines, qu’il définit comme étant la somme des talents
et compétences d’une population
acquises à travers l’éducation et l’apprentissage, pouvaient être
considérées comme une forme
de capital productif.
Avec la maîtrise de la gestion de l’entreprise en général et celle des ressources humaines
en particulier, on peut faire un pas de géant dans le développement. Alors comment
maîtriser ou mieux améliorer la gestion
des ressources humaines ? En face d’une telle problématique, la question de la recherche des
solutions éthiques pour améliorer la gestion d’entreprise reste actuelle
et contemporaine. Une chose
est claire, le thème d’éthique est continuellement
présent
dans le quotidien des affaires.
Ainsi, la question d’éthique dans le management se pose
partout dans le monde.
L’intégration de cette dernière dans la gestion des affaires joue une
importance majeure : les managers agissent d’ors et déjà, continuellement d’une façon éthique.
1. Nécessité et problématiques de l’éthique des affaires
Le domaine de l’éthique des
affaires a un recouvrement avec la philosophie des affaires, dont l’un des
objectifs est d’identifier les finalités
fondamentales d’une Entreprise. Si la finalité principale d’une entreprise
est de maximiser le rendement de ses actionnaires, alors on pourrait dans ce
cadre considérer qu’il est contraire à l’éthique pour cette entreprise de prendre
en compte les intérêts et les droits de toute autre partie prenante.
La notion de partie prenante
fait allusion à plusieurs notions :
·
Responsabilité sociale des entreprises (en
anglais CSR pour Corporate Social Responsability): un terme générique sous
lequel on débat des droits et devoirs entre les Entreprises et la société
civile.
·
Les questions relatives aux droits et devoirs
moraux entre une entreprise et ses actionnaires: responsabilité judiciaire
(fiduciary responsability), concept de partie prenante (stakeholder) plus large
que celui de l’actionnaire).
·
Les questions éthiques relatives aux relations
entre plusieurs entreprises: par exemple une offre publique d’achat(OPA)
amicale ou hostile, l’espionnage industriel …
·
Les questions de modes de fonctionnement et de direction :
gouvernance d’entreprise.
·
Le financement illégal de parti politique ou d’élection
politique, par les entreprises.
·
L’évolution de la loi, avec par exemple aux
Etats Unis un débat législatif sur l’homicide par personne morale (Corporate
manslaughter).
·
L’instrumentalisation de codes éthiques d’entreprises
comme pure façade à visée marketing.
Toutefois,
L’accomplissement
professionnel entre les parties
prenantes implique une prise en
compte de la dimension éthique du métier car, l’éthique
est une dimension
clé du management pour les entreprises, de plus en plus conscientes de la nécessité de répondre
aux attentes de leurs parties
prenantes :
-
les actionnaires souhaitent sécuriser la stratégie et le management
de l’entreprise ;
-
les clients veulent favoriser
le développement durable à travers leurs achats et être
rassurés sur les produits ;
-
les fournisseurs cherchent à développer des relations de partenariat fondées sur la confiance ;
-
les salariés ont besoin de formation et d’un environnement de travail sain, donnant du sens à leur
engagement.
D’où, l’éthique est l’instrument de gestion d’entreprise qui essaie de concilier le rôle d’unité économique
et d’institution de l’entreprise
2. Débat fondamental
entre éthique réaliste et éthique normative
On peut aujourd’hui opposer
deux grandes tendances en éthique des affaires : l’éthique dite
« normative » d’inspiration anglo-saxonne (Business Ethics) et l’éthique dite « réaliste » d’inspiration
plus européenne (Real Ethic).
Une éthique se disant plus
« réaliste » et moins « normative » peut se résumer en
trois points: positive, personnelle, pratique.
1. L’Ethique Réaliste est
positive :
De
façon très complémentaire à la morale, l’éthique est dite positive car elle
vise ce qu’il convient de faire et s’énonce sous forme de recommandations
positives. Cela signifie que l’éthique ne doit pas être confondue avec la
morale qui se préoccupe de ce qu’il ne faut pas faire et qui s’énonce sous
forme d’interdiction (ne pas ).
2. Ethique Réaliste est personnel :
Le
principe est la finalité d’une éthique réaliste est l’être humain. L’idée que
les entreprises puissent être qualifiées d’éthique est erronée car seuls les
individus sont capables d’un réel discernement et engagement éthique. L’éthique
réaliste ne saurait être pratiquée par des personnes morales (entreprises ou
autres institutions) mais uniquement par des personnes physiques, seules dotées
de conscience individuelle.
3. L’Ethique Réaliste est pratique : L’Ethique Réaliste débouche
sur une sagesse pratique car elle doit être une ressource vitale pouvant être
pratiquée au quotidien par des professionnels. En tant que sagesse pratique
appliquée au monde professionnel, elle doit viser un
« vivre-ensemble » professionnel de qualité. Elle poursuit cette
visée par certains moyens privilégiés tels que : la recherche des biens
communs, la pratique du discernement, etc.
3. L’éthique de l’entreprise et l’éthique professionnelle
L’éthique de l’entreprise et professionnelle vise l’analyse des pratiques,
discours, principes, normes et valeurs éthiques
qui représentent
l’entreprise et que cette dernière
mobilise pour régler ses problèmes et conflits
ainsi que les stratégies mises en évidence pour la promotion de l’entreprise
entière. Elle traite dans l’ensemble des différentes sortes d’éthique
formalisée, du
rôle des responsables d’éthique dans l’entreprise,
du processus de formalisation de l’éthique, de la gestion de l’entreprise par les valeurs, de la construction de la culture
d’entreprise, de l’organisation du processus éthique de décision.
L’éthique de l’entreprise et professionnelle s’intéresse aussi aux relations interindividuelles et aux relations entre les salariés et l’entreprise et vise l’amélioration du climat de travail dans l’entreprise.
Elle
couvre le vaste ensemble des questions
et phénomènes éthiques qui sont soulevés par l’exercice concret de fonctions ou
de métiers particuliers dans l’entreprise : l’éthique de la finance et de
la comptabilité, de la GRH (relations entre l’employé et l’employeur), l’informatique,
l’éthique du vente et du marketing (relation entre entreprise et les
clients) etc.
3.
Dimension internationale de l’éthique des affaires et éthiques des systèmes
économiques
On
regroupe ici ces deux thèmes car ils représentent une vision beaucoup plus
vaste(en fait mondiale) des problématiques d’éthique des affaires.
o
Dimension
internationale de l’éthique des affaires
Alors
que l’éthique des affaires a émergé en tant que domaine de connaissance dans
les années 1970, la perspective internationale d’éthique des affaires n’a
émergé qu’à la fin des années 1990, suivant ainsi tout naturellement les
développements de la mondialisation
de cette dernière décennie du siècle. Un grand nombre de problèmes pratiques
sont ressorties du contexte internationalisé des affaires. Des questions
théoriques, comme la relative culturelle des valeurs éthiques, ont reçu une
attention toute particulière dans ce domaine. D’autres problématiques plus
anciennes peuvent également être regroupées ici.
La
question est d’autant plus vitale que l’éthique sous-tend des prises de
décision qui mènent a des règlementations sur le commerce international, comme
celles de la chambre de commerce internationale.
Les
problématiques et sous-domaines comprennent :
· La
recherche de valeurs universelles comme fondements pour les comportements dans
le commerce international ;
· La
comparaison des traditions d’éthique des affaires dans les différents
pays ;
· La
comparaison des traditions d’éthiques des affaires des familles de pensée
religieuses ;
· Les questions
éthiques qui émergent dans le cadre des transactions internationales s;
comme la bio-piraterie de l’industrie pharmaceutique, le mouvement en faveur du
commerce équitable ou les questions de prix de transfert ;
· Les
grands sujets comme la globalisation et l’impérialisme culturel ;
· L’hétérogénéité
des normes sociales à travers le monde, par exemple le travail des enfants, ou
l’hétérogénéité des normes sociales en Europe ;
· Les
arbitrages qu’opèrent les entreprises multinationales en profitant des différences
entre les pays, notamment en délocalisant leur production (de vêtements par
exemple) et leur services (par exemple les centres d’appels) dans des pays à
main d’œuvre peu chère.
- Ethique des systèmes
économiques
Il s’agit d’un domaine qui n’est
que très vaguement défini, peut-être pas une partie mais plutôt un domaine lié
à l’éthique des affaires, le domaine ou l’éthicien des affaires, s’aventurent
dans les domaines de l’économie politique ; et de la philosophie
politique, cherche à discerner le bien du mal dans les différentes systèmes de
répartition des plus-values économiques.
4. Les
mobiles de l’introduction de l’éthique dans la gestion des entreprises
D’une
manière brève, certains évènements historiques marquant l’histoire
mondiale à la fois le système socio-productif du sont devenus causes majeurs de l’introduction
de l’éthique dans la gestion des entreprises. Entre autres, nous pouvons
retenir la question ouvrière considérée
comme une nouvelle forme d’esclavagisme.
Face à ces différents
évènements bouleversant l’économie mondiale, l’alerte éthique
apparaît comme une nécessité pour toute entreprise, ne serait-ce que pour
répondre à la multiplication de nouvelles réglementations, aussi, s’affirmer
comme un dispositif essentiel de détection, de prévention et de régulation de
problèmes éthiques. D’où, la mise en place d’une culture éthique de
qualité qui suppose notamment :
· l’adhésion
du management et la mise en place d’actions concrètes de « leadership
éthique » basées notamment sur l’exemplarité
(selon l’expression anglo-saxon "the top sets the tone") ;
· gérer
les conflits d’intérêt en privilégiant l’intérêt social à l’intérêt particulier
;
· s’orienter
vers des programmes éthiques dits « ascendants » en opposition avec
les programmes dits « descendants » car il est difficile, voire
impossible, d’imposer une culture éthique de « qualité », l’éthique d’entreprise
n’étant pas basée sur l’obéissance mais sur l’adhésion et le discernement ;
· recruter
des personnes sensibles aux principes éthiques de l’entreprise
· récompenser
et/ou sanctionner les comportements de ses collaborateurs ; il s’agit, sans
doute, d’une des meilleures façons de démontrer la réalité de la culture
éthique prônée par l’entreprise et ses dirigeants
5. Les
conséquences liées à l’intégration de l’éthique dans la gestion des entreprises
A la lumière de l’encyclique Rerum Novarum, nous nous situons dans
les réalités d’avant pour bien cerner de quoi s’agit-il. Selon cette source, la
situation sociale et physique des ouvriers durant la révolution industrielle s’avère
catastrophique : absence de règles
juridiques protectrices, le travail apparaît comme une marchandise, etc.
L’intégration de l’éthique
dans la gestion des entreprises fut désormais une solution la plus efficace en
qui, sortiront des bonnes et meilleures conditions d’emploi. Face à la question
ouvrière (considérée comme une nouvelle forme d’esclavagisme), l’éthique met en
évidence certaines perspectives ainsi que l’universalisation des conditions d’emplois:
Les
perspectives :
Le
retour à l’ordre corporatif ( Adam Mullcr) : humanisé le travail humain
Le
respect de la loi naturelle : le travail humain comme un sacrifie a fin le
bien-être de tous
La
lutte de classe (Karl Marx) : mobiliser la conscience de classe, la lutte
des classes, en vue de réaliser une nouvelle organisation du travail
Les conditions d’emplois :
-
Contrat et Sécurité sociale :
repos hebdomadaire (1906), limitation de la journée de travail en 8 heures de
travail (1919), la sécurité société (contre les risques sociaux :
maladies, vieillesse, invalidité, (1928)
« Toute personne qui, en raison de son âge,de son état physique ou
mental, de la situation de l’économie et de l’emploie, des trouve dans l’incapacité
de travailler, a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existences »
-
Le salaire :
le salaire ne doit pas être insuffisant à faire subsister l’ouvrier ;
« l’ouvrier doit disposer d’un juste
salaire lui permettant de satisfaire ses besoins et ceux de la famille ».
-
Négociation collective, droit syndical et
le droit de grève :
· La
grève ne doit pas être fautive ou abusif
· L’ouvrier
ne doit point léser son patron, ni dans ses biens, ni dans sa personne :
ses revendications doivent être exemptes de violences et ne jamais revêtir la
forme de séduction.
· Les
patrons doivent respecter en l’ouvrier la dignité de l’homme ; donner à
chacun le salaire qui convient.
-
La participation : quelqu’un a-t-il l’art de
gouverner, qu’il s’applique avec soin à en partager avec son frère et l’exercice
et les bienfaits.
6. Fondements de l’éthique : l’intelligence du cœur
L’étude de son point nous
amènera d’abord à analyser les différents niveaux de l’appropriation de l’éthique et les fondements de l’éthique.
6.1. Les différents
niveaux de l’appropriation de l’éthique
Ils sont aux nombres de sept
(7) :
-
L’éthique
hypocrite : c’est la prévision de l’éthique qui a toute l’apparence
de l’éthique mais dont la finalité est égoïste e malhonnête
-
L’éthique
défensive : C’est l’éthique que nous pourrions appelé
éthique passive et dont la motivation première est de se protéger
-
L’éthique
marketing : C’est l’éthique de séduction dont la motivation
principale est de s’attacher à la sympathie à travers un lien affectif.
-
L’éthique
utilitariste : Nous pouvons aussi l’appeler l’éthique,
gagnant-gagnant, c’est-à-dire l’éthique investissement
-
L’éthique
citoyenne : C’est l’éthique responsable au sens le plus
noble du terme.
-
L’éthique
dynamique ou innovante : C’est l’éthique visionnaire
ou pionnière qui bouscule les conventions.
-
L’éthique
exemplaire : C’est le top de l’éthique qui fait référence.
Si l’on considère cette
analyse en termes de progression les niveaux correspondent alors à des stades d’évolution :
notre jugement sur l’éthique dans l’entreprise devient positif.
6.2. Les fondements de
l’éthique
L’amour
est premier. Le besoin d’aimer et d’être aimé est la source du bonheur. Ce
besoin a tout naturellement généré les vertus qui ont fait et feront références
et appelées aussi « valeurs » parce qu’elles sont précieuses pour
satisfaire la qualité du bonheur.
L’amour
est l’alpha de toutes les valeurs : le courage, la simplicité, la
générosité, le respect, l’humilité, la compassion, le pardon, la solidarité, la
tolérance, etc.
L’homme
a accommodé ces valeurs à ses croyances et à ses convictions philosophiques. Ces
différentes philosophies et religions participent pour une large part, avec d’autres
éléments (géographiques, linguistiques…..) à des comportements spécifiques
appelés éthique ou plus communément culture.
Dans
la logique de ce processus, les hommes inscrivent ces règles de conduite en les
formalisant : droits de l’Homme pour l’humanité, constitutions et les
entreprises.
6.3. La force de l’amour
L’amour
est « mystère », « énergie » et « manque »
L’amour
est une quête permanente vers un mieux-être, le bonheur, un absolu.
Cette quête peut prendre
plusieurs formes.
1.
2.
3.
4.
5.
6.
Pour qu’il y ait Amour, il faut donc qu’il y ait un manque
présent ou à venir.
6.4. Le discernement et la beauté intérieure
Discerner :
c’est identifier, séparer, hiérarchiser et relier tous éléments possibles d’une
problématique afin de prendre la juste décision.
Pour prendre une décision, d’ordre privé ou professionnel,
trois paramètres de référence.
1 –l’ego :
recherche de la satisfaction personnelle
2. –l’intelligence :
le bons sens, la raison de la décision
3.-le
cœur : la décision à prendre est-elle dans l’amour ?
|
INTELLIGENCE |
|
EGO |
|
AMOUR
(le CŒUR) |
« Le cœur de l’intelligence est l’intelligence
du cœur»
Jacques
de Bourdon -Busset
Y a –t-il une limite de l’éthique ?
L’éthique
n’est pas un absolu en soi mais le fragile équilibre d’une conduite à tenir
dans un monde parfaitement imparfait.
Notre comportement éthique est lié à notre
discernement
Notre ego la seule limite à l’éthique. Quelle que soit la
pertinence des questions que nous nous posons, il n’y a pas de méthodes pour
être éthiques tant que nous ne combattons pas cet ego qui « pollue » toute
la dimension d’Amour, nous voyons que l’ego devient intelligence.
CHAPITRE IV : REPERES ET AUTHENCICITE DE
L’ETHIQUE DANS LES ENTREPRISES
Les problèmes éthiques
se posent quand les actions menées librement par un individu ont un impact
positif ou négatif sur d’autres. Ils apparaissent donc dès qu’il y un
engagement à prendre, un choix à faire ou une responsabilité à assumer. Les
décisions de l’entreprise n’obéissent pas seulement par des éléments de
caractère analytique mais aussi par des références de valeurs.
Le choix éthique ne se pose donc que là où il existe un degré de liberté d’action :
les décisions prises sous une contrainte absolue ne sauraient être évaluées du
point de vue éthique. Cependant, au niveau de la direction des entreprises, il
existe une marge de manœuvre importante et les interrogations éthiques
permettent de forger un choix personnel. Ce degré de liberté est le point
précis sur lequel la gestion rejoint l’éthique (S. Mercier).
IV.1. Postulats et hypothèses générales
1.1. L’engagement des dirigeants
La réflexion éthique
dans l’entreprise revêt donc un intérêt hautement stratégique et est devenue
une nouvelle dimension de la politique d’entreprise : par expression se
son éthique, l’entreprise affirme son caractère unique et permet à
ses membres de vivre un sentiment d’appartenance. Ainsi, la formation
éthique se pose comme une nécessaire prise de position de la part de la
direction générale en jouant le rôle de cadre de référence pour les différentes
décisions qui seront prises. Les principes directeurs, règles et normes qu’elle
véhicule ont pour objectif d’orienter en permanence l’action.
L’engouement pour la réflexion éthique concerne plus spécifiquement les grandes
entreprises. Plus une organisation devient complexe, plus le maintien de sa
cohésion devient un enjeu important. Jusqu’à présent, les entreprises s’appuyaient
essentiellement sur une forte culture implicite. Or, la diversité des
collaborateurs devient trop grande pour que cela soit suffisant. Il est donc
nécessaire de poser les bases d’une éthique commune et explicite. L’intégration de la dimension éthique dans le
management relève donc d’abord de l’engagement des dirigeants.
1.2. La culture organisationnelle
Chaque organisation a
une culture. Parfois, cette culture peut être fragmentée et difficile à
percevoir. Dans d’autres cas, au contraire, la culture est très
forte, cohésive et clairement perçue aussi bien par les employés que
par ceux qui se trouvent à l’extérieur de l’entreprise.
La culture remplit plusieurs fonctions dans l’entreprise :
· Elle délimite les
frontières de l’entreprise, c’est-à-dire qu’elle crée une distinction entre une
organisation et les autres.
· Elle permet de
transmettre une certaine identité à ses membres, ce qui facilite la notion d’implication
à quelques choses de plus large que la recherche de l’intérêt personnel. Elle
peut donc contribuer à augmenter la stabilité du système social.
· Elle est un mécanisme de
contrôle qui permet de guider et de façonner les attitudes et les comportements
des employés.
1.3. Le contrat psychologique
A travers la
formalisation de son éthique, l’entreprise cherche donc à préciser le contrat
psychologique qui unit employeur et salarié : elle formalise les
contributions et les rétributions.
En échange du temps et de l’énergie consacrés au travail en son sein, l’entreprise
présente ses responsabilités envers le personnel. La dimension éthique est donc
fondamentale dans les contrats psychologiques. Celui-ci s’explique ainsi :
· Plus la connaissance des
attentes respectives de chacun est grande, plus la probabilité de trouver un
terrain d’entente entre l’employeur et l’employé est élevée. Cela dépend donc
de l’importance de la communication entre les membres de l’organisation.
· La discussion, voire les
concessions ne suffisent pas toujours à résoudre certains désaccords. Il existe
toujours des différences entre les attentes des individus et celles de l’organisation.
2. Les enjeux de l’éthique
entreprise
2.1. Rappel : la
distinction éthique, morale et déontologie
Selon Jean-Jacques
Wunenburger, il existe deux traditions de définition pour différencier les
termes éthique et morale :
·
L’éthique comme réflexion sur les fondements de la morale.
· Morale universelle et
éthique particulière.
A la suite des travaux d’Isaac,
on peut définir la déontologie comme un « ensemble de règles dont se dote une profession, ou une
partie de la profession, au travers d’une organisation professionnelle, qui
devient l’instance d’élaboration, de mise en œuvre, de surveillance et d’application
de ces règles ».
Si l’on admet que les trois termes sont des éléments qui découlent l’un de l’autre,
« la morale, science du
bien et du mal, permet de dégager une
éthique qui est un art de diriger sa
conduite, son comportement, qui s’exprime dans les principes guidant les aspects professionnels de ce
comportement : la déontologie ».
L’éthique permet donc d’élaborer un certain nombre de règles dirigeant la
conduite des individus pour distinguer la bonne et la mauvaise façon d’agir.
2.2. La formalisation de
l’éthique
La formalisation éthique
consiste à poser explicitement, par écrit, les idéaux, valeurs, principes et
prescriptions de l’entreprise. Elle prend donc l’aspect d’un document de
référence rédigé par l’entreprise, énonçant ses valeurs et comportant une
dimension éthique.
2.3. Les enjeux de l’éthique en entreprise
1.
La dimension environnementale
Les pressions de l’environnement
sociopolitique
Martinet définit une
pression sociopolitique comme étant une « exigence formulée par une partie de la société
environnante envers l’entreprise afin que cette dernière intériorise des coûts
sociaux nouveaux, imputables ou non à ses activités de production ». L’environnement sociopolitique s’attend à
plus d’engagement éthique de la part des organisations et cherche à se situer
dans un environnement plus honnête. Il est donc prompt à condamner et à
sanctionner le comportement d’entreprises mettant en danger par leurs produits
ou leurs pratiques de gestion la santé ou la sécurité humaine [Seider]. La pression
morale et la mobilisation de l’opinion publique peuvent considérablement
réduire la marge de manœuvre des entreprises, voire leur imposer une démarche à
suivre »
Le rôle fondamental de
la réputation et de la confiance
De plus en plus, les
entreprises doivent répondre aux obligations et devoirs qui sont leurs
vis-à-vis de l’environnement. Il s’agit donc de maîtriser leur image externe
auprès des différents publics : actionnaires et milieux financiers,
pouvoirs publics, clients, fournisseurs, grand public. Pour se faire, l’entreprise
cherche à communiquer le plus clairement possible les éléments clés de son
identité.
Trois grandes croyances managériales guident la démarche des entreprises :
· La formalisation des
règles éthiques favorise les relations avec les actionnaires et permet d’obtenir
et de conserver la confiance des investisseurs.
· Elle contribue à
promouvoir le respect du client.
· La formalisation permet
à l’entreprise de souligner l’importance accordée à la protection de l’environnement.
L’adaptation à l’environnement
technico-économique
Le contexte économique
dans lequel les organisations évoluent s’est radicalement transformé depuis une
vingtaine d’année. Les entreprises sont confrontées à des problèmes d’organisation
interne car elles doivent s’adapter rapidement à l’accroissement de la concurrence. Cela conduit les entreprises à prendre position sur
le plan éthique pour accélérer les changements devenus indispensables.
2.
La dimension organisationnelle
Les nécessités
stratégiques internes
Pour l’entreprise, il s’agit
de trouver l’équilibre entre l’adaptation aux pressions et exigences de l’environnement
et le maintien de la cohésion et de l’efficacité du système organisationnel.
Le besoin d’une
référence culturelle commune
Les entreprises
éprouvent, de plus en plus, le besoin de disposer d’une référence culturelle
commune. Il existe une croyance managériale dans l’influence des valeurs pour
promouvoir les comportements éthiques. La vitesse et l’amplitude des
changements des vingt dernières années ont brouillé les repères et les valeurs
qui concouraient à l’unité et à l’identité des organisations. Les valeurs et
normes existantes (et implicites) ne sont pas toujours suffisantes pour guider
les employés confrontés à des problèmes éthiques. Il peut également exister des
incohérences et des contradictions entre les différentes valeurs et normes
implicites dans l’entreprise.
La volonté de guider ou
de contrôler les comportements
La formalisation éthique
permet de guider et de contrôler les comportements afin de maintenir la
cohésion de l’entreprise. Cela est rarement mis en avant par les responsables,
mais il est évident que c’est une volonté sous-jacente à toute démarche d’engagement
éthique de la part des entreprises. La formalisation permet de mettre en
lumière les situations dans lesquelles un individu peut être amené à avoir des
réaction contraires à l’intérêt de l’entreprise. Il s’agit, pour l’entreprise
de protéger contre des comportements malhonnêtes ou opportunistes. L’éthique formalisée est donc vue comme un modèle de
comportement : toute organisation humaine fondée sur des relations entre
personnes est amenée à établir une règle du jeu qui fixe les normes
fondamentales de son fonctionnement.
En résumé, il convient
de noter que la formalisation éthique semble être une réponse à des
préoccupations tant externes qu’internes. L’objectif externe peut être de promouvoir une image
positive de la firme par la formulation d’engagements
autonomes. En effet, une telle démarche montre que l’entreprise est concernée
par l’éthique et qu’elle se soucie de la communauté dans laquelle elle opère. Du point de vue interne, l’objectif est de déterminer
des principes éthiques que les employés devront suivre. La formalisation
constitue donc un moyen de régulation. L’entreprise cherche à susciter l’adhésion
et le dévouement de ses collaborateurs, et donc à instaurer stabilité et
prévisibilité dans leurs comportements. Ce recours à l’éthique est peut-être l’expression
d’une quête de nouveaux rapports sociaux au sein de l’entreprise.
3. Intégration de l’éthique dans l’entreprise
3.1. L’importance de la
direction générale
L’influence du dirigeant
sur les comportements de ses employés
Les dirigeants
conditionnent l’esprit et les valeurs des entreprises. Ils doivent donc être
conscients des effets que leurs décisions et comportements ont sur le climat et
les rapports sociaux dans leurs organisations. Cette influence est liée à la
taille de l’organisation : l’influence du comportement du dirigeant est
plus visible dans les petites organisations que dans les grandes entreprises.
Malgré tout, leurs actions servent de modèle ou de référence pour le comportement
désiré. De même, ce que la direction punit ou récompense peut influencer les
comportements.
L’interface entre
environnement et contexte organisationnel interne
La direction générale
est située à l’interface entre l’environnement et le contexte organisationnel
interne, et joue un rôle primordial dans la décision de formaliser l’éthique de
l’entreprise. Le directeur général est tout à la fois à l’écoute du marché
extérieur et capable de donner les consignes convenables à l’intérieur. Il a le
pouvoir de formuler la politique éthique, mais le recours à la formalisation
suppose une prise de conscience de la nécessité éthique propre à l’entreprise.
Un nombre croissant de dirigeants considèrent l’éthique comme un moteur de
réussite et ont la conviction que seules les entreprises qui ont su clarifier
leurs valeurs sont susceptibles de réussir.
|
Le détournement des fonds et projets des co-promoteurs
entrepreneurs : En observant ce qui ce passe dans les coopératives et sociétés, on
constate un phénomène de détournement et/ou des conflits d’intérêt entre
les co-promoteurs entrepreneurs, qui finalement touche à la séparation
définitive de ces derniers. Quels effets liés à ces phénomènes quant à l’avenir de ces
sociétés-coopératives ? (Echange de groupe pour mobiliser la participation des apprenants
+mise en commun |
Dans la plus part des
entreprises, les valeurs et principes apparaissent comme des éléments de continuité et de
stabilité essentiels pour le développement et la prospérité de la société.
La pression du court terme, des logiques financières et l’extrême mobilité du
personnel sont telles que les entreprises recherchent un facteur de stabilité dans
les pratiques managériales. Dans ces entreprises, les documents élaborés
sont donc fortement imprégnés de la philosophie des fondateurs. Les principes éthiques ont animé et soudé plusieurs
générations, et ont fait la réputation et la réussite de l’entreprise.
Cependant, la stabilité des valeurs énoncées contraste avec la nécessité pour l’entreprise
de s’adapter aux exigences actuelles. L’arrivée au pouvoir d’une nouvelle
équipe dirigeante peut également donner lieu à un engagement éthique. L’origine culturelle
des dirigeants de l’entreprise a une importance capitale dans la manière d’intégrer
une dimension éthique dans le management. La formalisation doit, en effet, être
le reflet du charisme des dirigeants.
3.2. Le processus de
formalisation de l’éthique
On peut distinguer deux
étapes dans le processus d’intégration de la formalisation éthique : l’élaboration
et la diffusion du document.
L’élaboration de l’éthique
En règle générale, le
dirigeant d’une entreprise qui décide de formaliser son éthique nomme un
responsable chargé d’orienter la réflexion éthique. Ce dernier s’entoure d’un
groupe de travail qui réunit des personnes provenant de grandes fonctions de l’entreprise.
Deux départements sont consultés en priorité : celui des Ressources humaines et les directions
juridiques. Bien évidemment, les
tâches de ce groupe de travail dépendent de la volonté de la direction :
· Il peut avoir pour
mission de rédiger un document à partir des objectifs déjà établis par la
direction.
· Cette dernière peut
également choisir de laisser le groupe de travail définir lui-même les
objectifs du document qui répondront au mieux à la culture organisationnelle.
La diffusion de l’éthique
Le département des
Ressources humaines joue un rôle majeur dans l’opérationnalisation du document
éthique et à le communiquer en priorité, aux cadres. Ces derniers sont chargés
ensuite de faire descendre l’information. La politique éthique formalisée est
diffusée dans un cadre beaucoup plus structuré dans les filiales de groupes
étrangers, avec remise à chaque employé. Les grandes entreprises diffusent plus
largement leur document éthique à tous les employés.
Le document peut être également diffusé en externe. La diffusion du document
éthique s’accompagne souvent d’un processus de sensibilisation
(séminaires de formation, réunions d’information, conférences). Certaines mesures sont prévues pour faciliter la mise
en pratique du document, des réunions d’information sont organisées pour
expliquer les sens de la démarche : il s’agit d’aider les employés à
comprendre et à appliquer les principes décrits dans le document.
En résumé, le processus
de formalisation est supervisé par la direction générale qui intervient
fortement dans la phase d’élaboration et c’est le département des ressources
humaines qui a la charge de diffuser la politique éthique formelle.
4. Liens entre éthique
et culture d’entreprise
La culture d’entreprise
Le concept de culture d’entreprise
est devenu très populaire à partir des années quatre-vingt et beaucoup d’écrits
ont insisté sur son importance dans le succès des entreprises. La littérature
en culture organisationnelle voit l’entreprise comme le moyen et le résultat de l’interaction
sociale. La culture organisationnelle est un ensemble complexe
de valeurs, de croyances, de symboles, de pratiques qui définissent la manière
dont une entreprise réalise ses activités. C’est une manière spécifique à l’entreprise de répondre à ses problèmes.
L’influence de la
culture d’entreprise sur le comportement éthique
La culture
organisationnelle est un concept clé pour étudier le comportement éthique. Qu’elle
soit forte ou faible, la culture a une profonde influence sur les employés. Elle touche tous les
aspects de la vie quotidienne : système de promotion, de décision, attitude au
travail. On reconnaît que les entreprises tout comme les individus ont des
personnalités et que la culture joue un rôle important dans la vie des membres
de l’entreprise. Qu’elle soit vue comme un système de contrôle informel dans l’organisation
ou un instrument de domination, la culture est susceptible de donner une direction
aux comportements quotidiens.
Ainsi, toute éthique d’entreprise est enracinée dans sa culture propre et n’a
de sens qu’à travers elle.
L’éthique peut être au
cœur de la culture d’entreprise mais les mythes, symboles, rites et coutumes
qui construisent cette culture peuvent aller à l’encontre de l’éthique. L’éthique
d’une entreprise regroupe un ensemble de procédures, de règles qui lui permet d’agir.
La culture est la manière de penser l’entreprise : elle concerne manière
dont les choses ont été faites, elle n’explique pas pourquoi. Le lien éthique-culture apparaît quand l’organisation
traverse une crise : pour changer de
culture, il faut nécessairement parler d’éthique. Seule la réflexion éthique
permet de savoir pourquoi les choses sont faites.
La culture n’est pas un état, elle évolue en permanence parce qu’elle constitue un processus d’apprentissage
continu de l’organisation qui se construit au fur et à mesure des réactions de l’entreprise face
aux situations nouvelles qu’elle rencontre. La culture est donc essentiellement conservatrice, elle est enracinée dans la tradition et reflète ce
qui a fonctionné plutôt que ce qui va changer. Plus la culture est forte, plus
il est difficile de la changer. La culture peut donc
parfois constituer une contrainte redoutable, susceptible de favoriser l’inertie
ou de provoquer l’échec des changements trop brutaux
|
vision américaine de l’éthique en
entreprise La manière dont les
américains abordent les problèmes éthiques en entreprise relève bien
souvent d’une logique utilitarisme. L’éthique ne
prétend pas servir un idéal, elle est simplement un moyen en vue d’une fin
donnée. La finalité est la recherche d’une meilleure image et d’une plus grande
rentabilité pour l’entreprise. L’éthique est donc une clé
stratégique pour la survie et la rentabilité des firmes engagées dans la
concurrence farouche et mondiale. La prédominance de
la loi dans la culture américaine rend difficile pour certains dirigeants
américains de penser éthique en dehors de termes législatifs. L’éthique
formalisée constitue un moyen juridique de dégager la responsabilité de
l’entreprise en cas d’agissements
illégaux d’un employé. Les Etats-Unis cherchent à supprimer les
comportemets non éthiques en les déclarant hors la loi. La manière la plus
commune et la plus aisée pour les entreprises de répondre à leurs
responsabilités éthiques est de rédiger un code éthique. |
|
vision japonaise de l’éthique en
entreprise :une éthique communautaire La culture japonaise
est fortement influencée par trois courants de pensée : le confucianisme,
le bouddhisme et le shintoïsme. Ces trois courants ont contribué à
constituer la vision du monde et les valeurs qui sont propres au peuple
japonais. La formalisation
éthique dans les entreprises japonaise peut être décrite comme un
instrument d’identification sociale (sentiment d’appartenance au groupe) et d’internalisation (incorporation des valeurs du groupe dans
son propre système de valeurs). Les principes éthiques sont
considérés comme un fondement de la réussite. Les problèmes
éthiques de la communauté japonaise sont de trois ordres : la discrimination, la dépendance des
employés à l’égard du groupe et le repli sur soi. |
|
vision européenne de l’éthique en
entreprise : L’Europe est un
ensemble de nations engagées depuis plusieurs décennies dans un processus
d’unification économique, politique et même sociale. Cependant, l’éthique,
en tant qu’institution sociale, ne peut rester insensible aux différentes
traditions et convictions dans lesquelles elle se construit. Comparés aux
américains, les européens semblent plus réticents à aborder publiquement les problèmes éthiques par peur d’être exposés
à la critique, et utilisent souvent des moyens indirects pour exprimer des
responsabilités éthiques (législations,
négociations avec les partenaires sociaux).Par rapport à l’Allemagne ou à la
Grande-Bretagne, la France possède, en outre, la spécificité d’avoir de
plus faibles connexions avec les entreprises américaines. |
5. Le débat de la responsabilité
sociale de l’entreprise
5.1. Les responsabilités
de l’entreprise envers ses partenaires externes
Le concept de
responsabilité sociale de l’entreprise oscille entre deux extrêmes : l’un réduit la
responsabilité de l’entreprise à l’obtention du profit (le plus important possible) pour ses
actionnaires, et l’autre étend la responsabilité de la firme à tous les
acteurs ayant un intérêt dans l’entreprise.
Le débat concerne donc la finalité de l’entreprise : son rôle est-il d’enrichir
ses actionnaires ou peut-il être plus large ? D’un point de vue éthique, c’est
bien sûr la seconde perception qui semble la plus satisfaisante.
La responsabilité sociale
de l’entreprise est d’accroître ses profits
L’entreprise n’a, dans
ce cas, aucun devoir à l’égard des salariés, des consommateurs, des
fournisseurs, des sous-traitants ou des collectivités publiques. Ses rapports
avec les uns et les autres sont subordonnés à l’intérêt des seuls apporteurs de
capitaux.
La théorie des parties
prenantes
Pour les tenants de la
théorie des parties prenantes, l’entreprise capitaliste a d’autres
responsabilités beaucoup plus étendues. Cette théorie présente une vision
systémique des rapports que l’entreprise entretient avec son environnement. Une
entreprise qui assume ses responsabilités sociales, d’une part, reconnaît les
besoins et les priorités des intervenants de la société ; d’autre part,
évalue les conséquences de ses actions sur le plan social afin d’améliorer le
bien-être de la population en général tout en protégeant les intérêts de son
organisation et de ses actionnaires.
Les responsabilités de l’entreprise
vis-à-vis de son personnel : éthique et gestion des ressources humaines
La gestion des
ressources humaines dans l’entreprise fait référence à des préoccupations
éthiques importantes. La relation entre le salarié et son employeur est
fondamentalement inégale. Cette relation est mise en œuvre au moyen d’une
hiérarchie et de procédures dans l’entreprise.
Le management des hommes
dans la politique éthique de l’entreprise
Le personnel est un
partenaire vital pour l’entreprise. Il est très dépendant de la firme pour son
bien-être. L’entreprise a donc une responsabilité forte face à ses employés. Il
existe bien évidemment diverses obligations imposées par la loi mais, dans une
véritable perspective éthique, la responsabilité de l’entreprise va au-delà de
la loi. La politique éthique est donc l’occasion pour les entreprises d’exposer
leur politique sociale, de décrire leur idéal de management (découlant de la
vision de l’entreprise comme une communauté humaine).
5.2. Les responsabilités
de l’entreprise envers ses partenaires externes
Le respect des
partenaires de l’entreprise
L’éthique de l’entreprise
vis-à-vis des tiers est une éthique du respect [la Bruslerie]. C’est un respect
qui s’inscrit dans une logique de relations à long terme. Le respect du
partenaire actuel est une nécessité car il sera peut-être aussi le partenaire de
demain.
Le respect de l’environnement
L’entreprise doit s’engager
à fabriquer des produits de telle manière que l’environnement n’en subisse pas
des conséquences négatives. L’objectif est de faire en sorte que procédés et
produits aient le minimum d’impact sur l’environnement.
L’entreprise citoyenne
La notion d’entreprise
citoyenne repose sur le fait que l’activité d’une entreprise est
inséparable de la communauté au sein de laquelle elle exerce. Etre « bon citoyen » pour une entreprise,
ce n’est pas seulement respecter scrupuleusement les lois et les règlements du
pays où elle opère, c’est, tout en apportant une plus-value économique,
constituer un élément vivant de l’environnement social.
Le concept d’entreprise citoyenne découle du constat que l’Etat ne peut prendre
seul en charge la solution des grands problèmes de société. Le danger est alors
de dédouaner les instances politiques de leurs responsabilités et de laisser
supposer que le marché peut remédier lui-même à ses imperfections.
5.3. Les responsabilités
des employés
Le pouvoir normatif de l’employeur
Lorsqu’ils prennent la
forme de codes d’éthique ou de guides de conduite, les documents éthiques
comportent un certain nombre de règles que les employés doivent respecter. Ces
règles retiennent l’attention par leur variété et sont toutes une manifestation
du pouvoir normatif de l’employeur.
Les normes régissant les
rapports internes à l’entreprise
Quelles sont les valeurs
attendues par les entreprises ? Dans les documents éthiques, les valeurs
comportementales (telles que l’honnêteté, l’intégrité, le professionnalisme et
le respect d’autrui) sont plus largement abordées que les valeurs structurantes
liées à la régulation sociale (l’équité, la liberté ou la solidarité).
Les normes régissant les
rapports externes
Ces normes ont pour but
d’orienter les comportements des membres de l’entreprise lorsqu’ils sont en
relation avec son environnement.
En matière de gestion
des ressources humaines, l’éthique formalisée répond à un double enjeu :
· Dans une logique de
responsabilité, elle sert de référentiel à l’action. Elle permet à l’entreprise
d’exposer se responsabilité envers ses employés et de présenter sa politique
sociale (son idéal de management).
· Dans une logique d’obéissance,
la formalisation manifeste le pouvoir normatif de l’employeur et présente les
règles de conduite qui s’appliquent aux collaborateurs dans le cadre de leur
travail. C’est une règle du jeu qui fixe les normes fondamentales concernant
aussi bien les relations internes à l’entreprise que celles régissant les
rapports avec des tiers externes.
|
La notion de conflit Le
conflit est toute opposition survenant entre des parties en désaccord,
l’une souhaitant imposer ses positions à l’encontre des attentes ou des
intérêts de l’autre partie. Cependant, il peut y avoir un désaccord sans
qu’il ait de conflit. Les sources des conflits sont parfois classées en
huit catégories : (1) Les conflits d’intérêts, (2) Les conflits de pouvoir,
(3) Les conflits de relation, (4) Les conflits affectifs, (5) Les conflits
territoriaux, (6) Les
confits culturels, (7) Les conflits
cognitifs, (8) Les conflits
d’identité N.B : les conflits peuvent commencer : (1)
D’une divergence d’opinion, (2) d’un constant de comportement différents,
(3) de la recherche d’appropriation, (4) de la jalousie, (5) d’une
confrontation à l’inconnue. Sont aussi à retenir les différents
types de conflits : (1) Les conflits intra-personnels, (2) Les
conflits intra-groupe, (3) les conflits intergroupes, (4) les conflits
interpersonnels Les trois N de conflits : Naturel ; Normal ; Neutre : Le
conflit est Normal et naturel dans la mesure où nous sommes nés avec ; il
fait partie de la vie ordinaire ; c’est quelque chose dont on ne peut
carrément bannir et qu’on côtoie toujours avec. Il Neutre dans la mesure où
en soi, il n’a aucune position et ne cherche aucun gaie. Lorsqu’il surgit,
c’est la façon dont on le gère qui détermine sa raison d’être : situation «
bonne ou mauvaise » d’où on distingue des conflits constructeurs et des
conflits destructeurs. |
6.1.
Les dimensions de la réflexion éthique dans l’entreprise
Une réflexion
axiologique
Elle est la dimension
principale de la formalisation éthique : les valeurs centrales abordées
par la majorité des documents sont les notions d’intégrité, d’honnêteté, d’équité,
de professionnalisme, de respect, d’exemplarité, de loyauté, de
solidarité ; la notion de responsabilité est également très présente.
Une réflexion
déontologique
La dimension
déontologique manifeste une réflexion sur les règles et traduit la volonté de
faire adhérer les membres aux règles et normes de l’organisation.
Une réflexion
téléologique et ontologique
La téléologie conduit à
se préoccuper des intentions et exprime l’objectif d’adhésion aux buts
(finalités de l’organisation). L’ontologie traduit la volonté de l’entreprise
de réfléchir sur sa propre nature. La dimension ontologique exprime la volonté
d’adhésion à l’identité de l’organisation.
La dimension
psychologique
Il convient d’ajouter
une dimension transversale, la dimension psychologique, qui vise à faire en
sorte que les membres se sentent partie prenante de l’organisation. Le document
éthique est donc un outil du système d’incitation qui vise à faire en sorte que
l’entreprise devienne un univers de l’adhésion et non de la contrainte.
6.2.
Typologie des documents éthiques
Quels sont les conflits
couverts par l’éthique formalisée ?
Michel Dion identifie quatre types de
conflits éthiques couvert par la formalisation :
· Les conflits interpersonnels sont liés aux
relations tissées entre les différents membres dans l’organisation.
· Les conflits intra-organisationnels sont
issus des relations entre les individus et l’organisation elle-même.
· Les conflits inter-organisationnels
proviennent des relations qu’entretient une organisation avec les différents
intervenants de l’environnement économique (les parties prenantes).
· Les conflits extra-organisationnels sont
issus des relations qu’entretient une organisation avec la société en générale.
Les différents types de
documents éthiques
· L’énoncé de
valeurs : il indique quelles sont les croyances et valeurs qui guident les
membres d’une organisation.
· Le credo ou philosophie
de management : ce document présente les grands principes d’une conduite
éthique dans l’entreprise et incite les employés et les gestionnaires à
intérioriser les valeurs et les normes de comportements éthiques véhiculées
dans l’entreprise.
· Le projet : il vise
à intégrer les projets individuels dans le projet collectif de l’entreprise.
· Le code éthique :
il formalise l’ensemble des règles et devoirs qui régissent l’activité de l’entreprise,
il exprime une obligation pour les employés. (Ces éléments sont pris en
développement dans le chapitre suivant)
L’objectif de tous ces
documents est le même : mettre en place un processus d’homogénéisation. Chaque document constitue une facette de la
réflexion éthique : les entreprises possèdent souvent plusieurs documents
permettant d’aborder ces différentes dimensions.
En sommes
Alors que la déontologie
en tant que code de pratiques et de règles propres à un métier particulier s’impose
à tous ceux qui le pratiquent, l’éthique est un lieu d’interrogation et de
débat, elle ne vise donc pas le consensus. Cette caractéristique explique sans
doute l’attrait croissant que suscite ce champ de recherche prometteur.
Ainsi, la réflexion
éthique en entreprise rejoint les préoccupations actuelles, en socio-économie
et en sociologie des organisations par exemple, concernant la constitution des
accords (c’est-à-dire la manière dont les acteurs trouvent les moyens de
coopérer malgré les intérêts divergents), les formes d’organisation du travail,
les comportements et normes qui régissent les relations dans et entre les
organisations. La formalisation éthique répond à la nécessité de construire une
identité sociale et vise à maîtriser les problèmes issus des
relations dans et entre les organisations : elle permet donc de
sensibiliser les employés à certains problèmes et de les aborder concrètement
avec eux. Pour que cette pratique perdure et évite les aléas de la mode, deux
conditions peuvent être mises en avant :
· Elle doit s’appuyer sur
les développements de la gouvernance des entreprises.
· Elle doit s’intégrer
dans les processus de décision.
CHAPITRE V. LES PRINCIPES DE LA
DEONTOLOGIE PROFESSIONNELLE
V.1. Introduction
L’entreprise a des engagements
(c’est la finalité humaine) avec toutes ses parties prenantes ou
« stakeholders ». Ses dirigeants seront à la fois dépendants et indépendants
de toutes les parties prenantes (être impartiaux et ne pas favoriser un
groupe ».
Cette notion de nouvelle
responsabilité est associée au concept de gouvernance ou les décisions ne sont
pas prises en fonction de l’intérêt de quelques-uns mais au regard de l’intérêt
de tous.
L’entreprise doit passer de la
notion d’activité à la notion de mission. En effet, le changement de paradigme
remplaçant la finalité financière par la finalité humaine induit la notion de
mission.
V.1. Importance pour l’entreprise
de passer de la notion d’activité à celle de mission
Comprendre que l’entreprise a
une mission, c’est lui donner une âme, une dimension spirituelle, c’est lui
donner des fondements inaltérables qui lui garantissent sa longévité et l’appropriation
d’une culture forte.
Avec la notion de mission l’entreprise
n’est plus là pour vendre un produit mais pour apporter un service. En termes
de marketing et de communication ; cela change considérablement les
choses.
La notion de mission permet à
chaque collaborateur de sentir fier de son travail, fier de son entreprise et
par là même de se réaliser complètement
La notion de mission implique
que l’entreprise se responsabilise vis-à-vis de toutes ses parties prenantes et
passe progressivement d’un rapport de forces à un rapport de solidarité et de
partenariat.
La notion de mission induit
que chaque service de l’entreprise prenne en compte sa responsabilité sociale,
sociétale et environnementale, c’est la notion d’économie d’énergie, de
recyclage du produit, des conditions de travail…
La notion de mission, permet
aux dirigeants de mieux prendre conscience de leur devoir de service (à la
place d’être servis) et d’humilité.
La notion de mission, permet à
l’entreprise de rassembler tous ses acteurs au-delà de leurs différences sur
des valeurs humaines de respect ; de tolérance, de dignité.
La notion de mission fait
comprendre que les salariés sont la première de l’entreprise et que tout doit
participer à leur bonheur et à leur épanouissement personnel.
La notion de mission fait
comprendre que les représentants du personnel sont des partenaires importants
qui doivent être traités loyalement.
La notion de mission fait
comprendre que la planète est aussi le village dans lequel l’entreprise est
responsable.
V.1.1. Les vocations
et les performances de l’entreprise
1.1 Les vocations de l’entreprise
Les vocations de l’entreprise
sont au nombre de sept. Il s’agit entre autres de :
-
Répondre à des besoins et des attentes,
-
Fédérer des hommes,
-
Optimiser des compétences,
-
Innover(le progrès),
-
Créer des richesses,
-
Participer au bon fonctionnement de la société,
-
Participer au développement durable
La finalité d’une entreprise
est avant tout sociale et humaine. La sortie de toutes les pollutions d’aujourd’hui
est la confusion qu’il y a entre la finalité des actionnaires qui est le profit
et la finalité de l’entreprise qui est de gérer équitablement les intérêts de
toutes ses parties prenantes
1.2.
Les performances de l’entreprise
Les performances de l’entreprise
sont au nombre de huit
-
LE
METIER : Savoir –faire, achat, recherche et développement,
etc. ;
-
ENTRPRISE
CITOYENNE : Discrimination positive, handicapés, chômeurs
de longue durée, médical,etc. ;
-
SATISFACTION
DU CLIENT : qualité, service, prix, etc.
-
ACTIONNAIRES :
valorisations des actions, dividendes transparences des informations
-
CONDITIONS
DE TRAVAIL : sécurité, hygiène, communication,
organisation, délégation, relation avec les élus, formation, etc ;
-
FOURINISSEUR :
Partenariat, fidélité, équité, etc
-
SOCIAL :
Emploi, salaire, relation avec les élus, formation, etc.,
-
DEVELOPPEMENT
DURABLE : Environnement, économie, d’énergies
humanitaires, social, etc
V.2. Principes de la déontologie professionnelle :
la formalisation de l’entreprise
|
cd Un modèle type de code déontologie nous
aide bien à analyser et parcourir sa totalité afin de bien notifier les
éléments essentiels qui le composent et ses différents domaines
d’intervention : prenons les codes en annexe pris au départ ba |
Le
terme déontologie professionnelle fait référence à l’ensemble de principes et
règles éthiques (code de déontologie, charte de déontologie) qui gèrent et
guident une activité professionnelle. Ces normes sont celles qui déterminent
les devoirs minimums exigibles professionnels dans l’accomplissement de leur
activité.
VI.2.1
La
conception « classique »de la déontologie
La création
du mot « déontologie » (du grec « deontos » : « ce
qu’il faut, nécessaire » et « logos » : « la
connaissance ») est attribué au juriste anglais Jeremy Bentham, père de la
pensée utilitaire, qui en donnait la définition suivante :
-
«comme
art, c’est faire ce qu’il est convenable de faire ;
-
comme
science, c’est connaitre ce qu’il convient de faire en toute occasion »
(J .Bentham, Déontologie ou science de la morale, chapitre II, 1834).
Ce concept philosophique, initialement à vocation
exclusivement extra juridique, a d’abord été repris par les ordres
professionnels, auxquels le législateur a confié la mission de régir l’exercice
convenable d’une profession libérale, c’est-à-dire de déterminer l’ensemble de
devoir inhérents à son exercice. La profession médicale a ainsi été la première
à se doter d’un code de déontologie, et à revendiquer son caractère
coercitif : « Aujourd’hui, la
déontologie rassemble les éléments d’un discours sur les devoirs. C’est ce qui
distingue d’un recueil de principes éthiques, dont la non-application n’encourt
pas d’autres sanctions que morales »
Ainsi, au-delà d’exposer les règles déontologiques de
plusieurs professions, il est capital de comprendre les principes de base que
les professionnels sont tenus d’observer d’une manière générale.
Ces principes sont au nombre de cinq : (1) Intégrité ;(2) Objectivité ; (3) Compétence professionnelle, soin et
diligence ; (4) confidentialité ;
(5) comportement
professionnel
Le principe d’intégrité impose à l’ensemble des
professionnels l’obligation d’être droits et honnêtes dans leurs relations
professionnelles. L’intégrité fait intervenir également l’équité et la
sincérité. Le professionnel ne doit pas être associé à des rapports,
déclarations communications ou autres informations lorsqu’il considère que les
informations données :
-
contiennent une affirmation significativement
fausse ou trompeuse,
-
contiennent des déclarations ou des
informations fournies de façon irréfléchie ;
-
omettent ou obscurcissement des informations
devant être obligatoirement incluses lorsque cette omission ou cet
obscurcissement est de nature trompeuse.
Le
principe d’objectivité impose à l’ensemble des professionnels l’obligation de
ne pas laisser des partis-pris, des conflits d’intérêts ou l’influence
excessive de tiers compromettre leur jugement professionnel concernée doivent
être évitées.
1.3.
compétence et diligence professionnelles
Le
principe de compétence professionnelle impose les obligations suivantes aux
professionnels :
- Maintenir
les connaissances et les aptitudes professionnelles au niveau requis pour que
les clients ou les employeurs bénéficient d’un service professionnel
compétent ;
- Agir
de façon diligente en conformité avec les normes techniques et professionnelles
applicables lors de la prestation des services professionnelles.
Le service professionnel
compétent requiert d’exercer un bon jugement dans la mise en application des
connaissances et des aptitudes professionnelles.
La compétence professionnelle
peut être scindée en deux phases distinctes :
-
L’acquisition de la compétence
professionnelle ;
-
Le maintien de la compétence professionnelle
Le maintien de la compétence
professionnel exige la tenue au courant en permanence et la compréhension des
développements, techniques et commerciaux pertinents. La formation
professionnels continue développe et entretient les capacités qui permettent à
un professionnel comptable d’exercer avec compétence dans les environnements
professionnels.
La diligence englobe la
responsabilité d’agir en conformité avec les exigences de la mission, avec
soin, de façon exhaustive et dans les délais. Le professionnel doit prendre des
mesures pour s’assurer que les personnes travaillant sous son autorité en
qualité professionnelle, disposent de la formation et de la supervision
appropriées.
Le cas échéant, le
professionnel doit informer les clients, les employeurs ou les autres
utilisateurs des services professionnelles des limitations inhérentes à ces
services afin d’éviter que l’expression d’une opinion soit à tort interprétée
comme l’affirmation d’un fait.
1.4.
Confidentialité
Le professionnel doit
respecter le caractère confidentiel des informations recueillis dans le cadre
de ses relations professionnelles et d’affaires.
Ainsi, le principe de
confidentialité impose aux professionnelles l’obligation de s’interdire :
ü De
divulguer en dehors du cabinet ou de l’organisation qui les emplois des
informations confidentielles recueillis dans le cadre de ses relations
professionnelles sans avoir d’autorisation spécifique appropriée à moins qu’il
existe un droit ou une obligation légale ou professionnelle de le faire
ü De se servir
d’information confidentielles recueillis dans le cadre des relations professionnelles
pour leur avantage personnel ou à l’avantage de tiers.
Le professionnel doit
maintenir la confidentialité, même dans un environnement social. Le
professionnel doit prendre garde à la possibilité de révéler des informations
par inadvertance, notamment à une relation d’affaires de longue date ou un
membre de la famille proche ou de la famille proche ou de la famille immédiate
Le
professionnel
doit également maintenir la confidentialité des informations communiquées par
un client ou un employeur prospectif. Le professionnel doit également s’interroger
sur l’opportunité de maintenir la confidentialité des informations circulant au
sein de l’organisation qu’il l’emploi.
Le professionnel doit prendre
toutes les mesures raisonnables pour s’assurer que les collaborateurs placés
sous sa supervision et les personnes auprès desquelles sont recueillis conseils
et assistance respectent bien l’obligation de confidentialité du professionnel.
La nécessité de se conformer
au principe de confidentialité se poursuit même après la fin des relations
entre un professionnel et un client ou son employeur. Lorsqu’il change d’emploi
ou acquiert un nouveau client, le professionnel peut à bon droit servir de son expérience .il ne
doit toutes pas utiliser ou révéler des informations confidentielles recueillis
auprès d’autres clients ou employeurs.
Les situations ci-après
décrivent les circonstances où les professionnels sont, ou peuvent être obligés
de révéler des informations confidentielles ou cette communication peut se révéler
appropriée :
-
la communication des informations est permise
par la loi et est autorisée par le client ou l’employeur,
-
la communication des informations est imposée
par la loi, à titre d’exemple :
·
La production de documents d’autres éléments de
preuve dans le cadre de procédures judiciaires ;
·
Révélation aux pouvoirs publics compétents des
infractions à la loi qui ont été mise à jour ;
-
il existe une obligation professionnelle ou un
droit de mentionner, tant que cela n’est pas interdit par la loi :
·
Afin de se conformer au contrôle de qualité
pratiqué par un organisme membre ou un corps professionnel
·
Afin de répondre à une demande de
renseignements ou une enquête effectuée par un organisme membre ou organisme de
réglementation ;
·
Afin de protéger les intérêts professionnels d’un
professionnel lors de procédures judiciaires ;
·
Afin de se conformer aux normes techniques et
obligations déontologiques.
Pour décider s’il convient de
révéler des informations confidentielles, les professionnels doivent se
demander :
ü Si
quelqu’une des parties, y’ compris les tiers dont les intérêts risquent d’être
affectés, pourrait être lésée si le client ou l’employeur consentait à la
révélation des informations par le professionnel ;
ü Si
toutes les informations en cause sont connues et validées dans la mesure du
possible ; lorsque la situation comporte des faits non vérifiés, des
informations incomplètes ou des conclusions non documentées ;il doit être
fait appel au jugement professionnel pour déterminer le type d’informations à
mentionner, le cas échéant
ü Quel
est le type de communication attendu et quels en sont les destinataires ;
en particulier, les professionnels doit avoir l’assurance que les parties
auxquelles la communication est adressée sont des destinataires appropriés
1.5.
Comportement professionnel
Le principe de comportement
professionnel impose aux professionnels l’obligation de se conformer aux lois
et règlements applicables et d’éviter tout acte susceptible de jeter discrédit
sur la profession. De tels actes sont ceux dont un tiers raisonnable et averti,
ayant connaissance de toutes les informations pertinentes, conclurait qu’ils
nuisent à la bonne réputation de la profession.
Les professions ne doivent pas
nuire au renom de la profession dans les activités de marketing et de promotion
portant sur eux-mêmes et leurs travaux. Les professionnels doivent être
honnêtes et sincères et ne doivent :
ü Ni
exprimer de prétentions exagérées quant aux services qu’ils sont en mesure de
rendre, aux qualifications qu’ils possèdent ou à l’expérience qu’ils ont
acquise ;
ü Faire
des allusions désobligeantes ou des comparaisons sans fondements avec les
travaux d’autrui.
1.6.
Résolution de conflits d’ordre éthique
Lors de l’évaluation de la
conformité aux principes de base, le professionnel peut être amené à résoudre
un conflit dans l’application des principes de base.
Lorsqu’il initie une procédure
formelle ou informelle de résolution de conflit ; prendre en considération
les éléments suivants, individuellement ou considérés avec d’autres :
-
Le résumé des faits pertinents ;
-
L’identification des questions d’éthique
impliquées ;
-
La détermination des principes de base liés au
problème en cause ;
-
L’identification des procédures internes en
place ;
-
Et localiser les diverses voies d’actions
possibles
V.2.2. La
formalisation de
l’éthique
et typologie des documents éthiques
Formaliser l’éthique
d’entreprise signifie rédiger
son concept, sa conception et ses valeurs éthiques
dans un document. Le document éthique
constitue le document qui résulte de la formalisation éthique. Il existe plusieurs types de documents d’éthique
formalisée :
le code éthique, le credo
et le projet d’entreprise.
2.1.
Le code éthique ou Règles de comportement ou Règles de
conduites
Le code éthique « formalise les règles, devoirs et obligations
qui régissent l’activité de l’entreprise.
Basé sur une logique d’obéissance, il exprime la volonté de l’entreprise de faire adhérer son
personnel à ses règles et normes.
C’est un outil de gestion
permettant d’encadrer les comportements. Son objectif est d’éviter tout conflit éthique
entre l’organisation et ses parties
prenantes, avec comme préoccupation centrale la protection des intérêts de l’entreprise.
L’éthique distingue différents types de document formalisé.
2.2. Le credo
Le credo
et le
projet d’entreprise « sont davantage centrés
sur la culture de l’entreprise et expriment,
à des degrés différents, une volonté d’adhésion à l’identité de l’entreprise, à ses valeurs et à ses
buts.
Avec le credo, l’entreprise
exprime
sa philosophie « vis-à-vis
de tous les groupes d’intérêts. D’un point de vue stratégique,
son intention est de rassurer
les fournisseurs, clients, employés
existants ou futurs qui sont en relation
avec une entreprise en
qui ils peuvent avoir confiance ». (Mercier, 2000). « Le credo constitue
et est donc l’expression écrite du climat
éthique souhaité dans
l’organisation. Il contient
les grandes orientations de l’entreprise,
les valeurs à préserver,
ce
à quoi elle croit profondément et qui guide son action. » (Mercier, 2000).
Il
existe plusieurs types de credo. En effet, on distingue les « simples
énoncés de valeurs (quelquefois illustrés
par des applications
concrètes) telles :
-
l’expression des responsabilités de l’entreprise vis-à-vis des parties prenantes
- des
documents mettant l’accent sur un thème particulier comme la gestion des ressources humaines
2.3. Le projet d’entreprise
Enfin, le projet d’entreprise a pour objectif d’« intégrer les projets individuels dans le projet collectif de l’entreprise. L’intérêt
est plutôt porté sur les valeurs et la culture d’entreprise. (Mercier,
2000). Il vise un objectif précis : « démontrer
la nécessité d’une mobilisation générale pour changer
l’entreprise et lui assurer un avenir plus stable
économiquement. » (Mercier, 2000).
V.2.3. Le
contenu d’un code
de déontologie
3.1. Objet : Faire la distinction
entre la notion d’éthique et la déontologie
Si le
fondement de l’éthique consiste à bien faire la différence entre le bon
comportement et le mauvais, dans la pratique professionnelle, cette différence
est parfois nuancée. Le code d’éthique et de déontologie est en quelque sorte
un guide de gestion des zones grises de ces comportements d’affaires et des
conflits de valeurs qu’ils pourraient soulever.
Origine :
Le plus vieux code est celui des médecins.
Le
serment d’Hippocrate remonte à 2400 ans. Il a évolué depuis mais on
demande encore aujourd’hui au médecin de prêter serment :
ü Les circonstances : Au moment d’être
admis(e) à exercer,
ü Un
engagement solennel : je promets et je jure ;
ü Des
principes d’honneur et de moralité : d’être fidèle aux lois de l’honneur
et de l’intégrité ;
ü Un champ d’action : Mon premier souci
sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses
éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux ;
Les
thèmes abordés dans le serment d’Hippocrate
ü Le respect :
je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans
aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. (valeur
fondamentale du client et des collègues ; toujours autour du
projet) ;
ü La protection :
J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou
menacées dans leur intégrité ou leur dignité. (intérêt du client);
ü L’intégrité :
Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les
lois de l’humanité. (même sous la contrainte, ne pas plier (déontologie) =
assurer sécurité) ;
ü L’information :
J’informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de
leurs conséquences. (conséquence des propositions) ;
ü La confiance :
Je ne tromperai jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité
des circonstances pour forcer les consciences. (des employés, des employeurs,
du client = intérêt de la profession. Le client évolue ; toujours la confiance
de l’Architecte Paysagiste.) ;
ü L’altruisme :
Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me le demandera. Je ne me
laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire.
ü La compassion :
Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement
les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. Je préserverai l’indépendance
nécessaire à l’accomplissement de ma mission
ü La compétence :
Je n’entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et
les perfectionnerai pour assurer au mieux les services qui me seront demandés.
(Ne pas dépasser nos compétences – reconnaître l’importance de faire appel à d’autres
professionnels pour compléter l’équipe de travail.) ;
ü L’entraide :
J’apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu’à leurs familles dans l’adversité.
(Entres confrères on peut s’aider) ;
ü La punition :
Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes
promesses et que je sois déshonoré(e) et méprisé(e) si j’y manque. (L’architecte
paysagiste a, lui aussi, des règles déontologiques.)
Pourquoi
un tel code de conduite ? Cinq raisons peuvent être
invoquées:
1.
Afin que le client et le public puisse
apprécier la qualité de la formation et de la personne.
2.
Afin de promouvoir une image publique et pour
des raisons de marketing.
3.
Afin d’inspirer un sentiment d’appartenance et
de confiance
4.
Afin de respecter la Loi
5.
Le choix
3.2.
Contenu type d’un code ou éthique de déontologie
1.
Définitions et interprétation
2.
Principes généraux : idéal de service
3.
Serment d’office ou engagement solennel
(quelques cas)
4.
Devoirs et obligations envers le public :
· Qualité
et disponibilité des services
· Responsabilité
de ses actes
· Éducation
et formation
5.
Devoirs et obligations envers le client :
· Conscience
de ses limites
· Qualité
du service
· Disponibilité
et diligences
· Indépendance
et désintéressement
· Respect
de l’autonomie du client
· Intégrité
dans la pratique
· dans
les ententes contractuelles
· dans
la publicité
6.
Fonctions incompatibles
7.
Devoirs et obligations envers la
profession :
· Relation
avec l’association
· Relations
avec les collègues
· Relations
avec les « charlatans »
· Contribution
à l’avancement de la profession
D’une
synthétique, le code d’Éthique et de déontologie doit être mis à jour et actualisé
selon les finalités d’une entreprise à une autre. Il comporte en effet
quatre (4) sections obligatoires :
Section
1 : Définitions et interprétations
Section
2 : devoirs et obligations envers le public
Section 3 : Devoirs et obligations envers
le client et l’employeur
Section 4 : Devoirs et obligations envers
la profession
Dans
le texte du Code d’éthique et de Déontologie, toute mention utilisant le
terme de « devrait » réfère à un choix qui engage un comportement
éthique alors que la mention de « doit » prescrit une
obligation déontologique et toute infraction est susceptible d’une sanction.
Par exemple : Un membre devrait (éthique) faire preuve d’objectivité
lorsqu’il donne son avis relativement à un document contractuel liant son
client ou son employeur à un entrepreneur. Un membre doit (déontologie) agir,
en toute circonstance, avec honnêteté, dignité et intégrité dans ses relations
avec le public et les autres membres de l’Association, ainsi qu’avec ses
clients, employeurs et employés.
3.3. Les mots caractéristiques d’un code éthique
et déontologique
L’analyse des
mots composants des codes éthique ou code déontologie donne lieu à des
indications très éclairantes sur leur finalités en même temps leur
distinctions. Ainsi, Les mots caractéristiques des codes d’éthique[9]
renvoient au comportement des individus (comportement,
confiance, loyauté, coopération) et à leur appartenance à un groupe, une
communauté (notre, groupe, nos, nous, on, au sein). Tandis que les mots caractéristiques des
codes de déontologie renvoient à plusieurs dimensions qui ont trait aux
relations entre l’entreprise et ses clients (clients, contractuels, interlocuteurs, mission, qualité, garanties,
honoraires). On remarque également que la notion de devoir (doivent, doit,
devoir) est très présente tout comme celle de professionnalisme (professions, professionnelle, qualifications). Le tableau ci-dessous présente une aperçue synthétisée
distinguant le contenu du code éthique
et celui du code déontologique.
|
Code
éthique |
Code
de déontologie |
|
Mots
caractéristiques |
Management,
valeurs, confiance, loyauté, projet, hom mes, coopération, principes,
comportements, employé, hiérarchie, groupe, au sein, notre, nos, nous, on,
vous, votre, vos, comportements |
Mission, qualité, conseil, honoraires, garanties,
professions, professionnelle, client, contractuels, confrères, membres,
interlocuteurs, formation, litiges, doit, doivent, devoirs, discipline,
qualifications, contrôles. |
Conclusion : Critique sur l’efficacité et l’inefficacité de la déontologie
Les
travaux sur la pratique de l’éthique par les RH dans les organisations
aboutissent à deux conclusions. D’une part, la codification des valeurs et
comportements attendus par une organisation n’est pas systématique (Mercier
2000). D’autre part, l’efficacité des codes est aléatoire (Weaver and Trevino
2001; Granitz 2003; Valentine and Fleischman 2004). Parmi les raisons qui
peuvent justifier une faible efficacité, voire une influence néfaste des
politiques de déontologie, on trouve d’abord le fait que la diffusion de codes
fasse appel à la rationalité des individus. Or cette dernière n’est pas un
point commun à tous les courants de philosophie éthique. Certaines personnes s’attachent
à réagir à des valeurs en fonction de leurs émotions ou de leurs croyances et
non de leur rationalité. Ensuite, les valeurs étant profondément ancrées dans l’individu,
leurs modifications sont nécessairement lentes, alors que le code peut évoluer
en quelques minutes. Il arrive aussi que toute tentative d’influence des
valeurs éthiques d’un individu soit perçue par ce dernier comme une tentative
de conviction et provoque, automatiquement, inconsciemment, un processus
intellectuel de rejet permettant de lever des barrières défensives. Enfin les
politiques de déontologie font l’hypothèse que le salarié reçoit le code sans l’interpréter.
Or les travaux en communication montrent combien le sens donné à un document
est dépendant du lecteur et non de l’émetteur. Pour terminer, et pour ne citer
que les facteurs centraux de risque d’inefficacité des codes de déontologie,
leur diffusion ne prend pas en compte les phénomènes culturels et l’historique
de l’entreprise. Ceci peut, par exemple, mener à exiger des salariés l’adoption
de valeurs déjà assimilées et dans ce cas cela pourra être perçu comme une
défiance.
Evaluation des
connaissances
Exercice
1
Parmi les énoncés suivants, lequel est faux ?
o
Le code de déontologie a une visée et une
application plus pratiques que le code d’éthique.
o
Le code
de déontologie sert à couvrir les domaines d’action d’une profession pour
lesquels la norme juridique est absente, ou encore laisse à la responsabilité du
professionnel une marge d’interprétation ou d’intervention.
o
Les codes de déontologie se veulent contraignants sur le plan juridique
afin que la communauté professionnelle puisse faire foi de tout son sérieux et,
ainsi, renforcer la confiance du public.
o
Aucune de ces réponses
Exercice
2
Cochez la proposition exacte afin de compléter la phrase :
Le code de
déontologie est destiné à fournir _________________ aux membres de la
profession.
o
des solutions pratiques à des problèmes
particuliers
o
un cadre de conduite
o
un ensemble de lois régissant le comportement
moral
Exercice
3
Question 1 Quel est l’objectif principal d’un code de
déontologie ?
Þ Le code de déontologie sert à
couvrir les domaines d’action d’une profession pour lesquels la norme juridique
est absente, ou encore laisse à la responsabilité du professionnel une marge d’interprétation
ou d’intervention.
Question 2 Quel est la différence entre un code de
déontologie et un code d’éthique ?
Þ Le code d’éthique renvoie à des notions surtout abstraites tandis
que le code de déontologie fait appel à des notions plus pratiques. Si le code
d’éthique renseigne les professionnels sur la façon morale de se comporter en
général, le code de déontologie renferme un ensemble précis de devoirs à
respecter.
Bibliographie
1. A.
COURNOT, « Risques », in Ethique
et assurance, n°18, Les cahiers de l’assurance, 1994
2. Henri
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déontologie : quelles différences pour quelles conséquences managériales ? L’analyse
comparative de 30 codes d’éthique et de déontologie, IX eme conférence internationale de management
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se mêle de société ? Master. France. 2020
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fonctionnaliste: L’étude du cas Enron », in La Revue des Sciences de Gestion 2005/6 (n°216), pages 17 à
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9. J.
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10. Henri
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déontologie », IXIEME CONFERENCE
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STRATEGIQUE " AIMS 2000 Montpellier, Mai 2000
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12. Olivier
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17. Logie
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18. Françoise
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22. _______________, La
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et/ou la parcimonie pour réhabiliter la culture de la société d’héritage de nos
ancêtre ?EUE, 2022
[1] Kahn P., Hansen-Love L., Clément E. et Demonque C., La philosophie de A à Z : Auteurs, œuvres et notions philosophiques (2011).
[2] Kahn P., Hansen-Love L., Clément E. et Demonque C., La philosophie de A à Z : Auteurs, œuvres etnotions philosophiques (2011).
[3]
Les
maximes kantiennes ou les principes de la morale kantienne :
(1) Agis
toujours de telle sorte que ta maxime puisse être érigée en loi universelle ;
(2) Agis
toujours comme si tu étais tout à la fois législateur et sujet de la république
des volontés ;
(3) Agis
toujours de telle sorte que tu traites l’humanité, aussi bien en ta personne
qu’en celle d’autrui, comme fin
et non seulement comme moyen.
[4] Bougon B. (2003). « Quelle pourrait être l’action éthique pour un entrepreneur et ses collaborateurs ? ».
[5] A. COURNOT, « Risques », in Ethique et assurance, n°18, Les cahiers
de l’assurance, 1994
[6]
Yvon Pesqueux. Ethique des Affaires : quand l’organisation
se mêle de société ? Master. France. 2020
[7] J. Russ, Les théories du pouvoir, Livre de Poche, Paris, 1994
- [8] Intérêt perçu au-delà du taux licite : Prêter à usure.
- Délit
consistant à stipuler dans un prêt d'argent un intérêt à un taux excessif
dépassant un plafond fixé par la loi
[9] Henri ISAAC, « Ethique ou
déontologie : quelles différences pour quelles conséquences managériales ?
L’analyse comparative de 30 codes d’éthique et de déontologie », IXIEME CONFERENCE
INTERNATIONALE DE MANAGEMENT STRATEGIQUE- " PERSPECTIVES EN MANAGEMENT
STRATEGIQUE " AIMS 2000 Montpellier, Mai 2000
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